‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 18 sur 86 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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qui frappe les Jésuites. L'autorité municipale est méconnue et outragée jusqu'au moment où elle passe à l'émeute ; alors on l’enivre de louanges.

” C'était une tourbe de jeunes gens ou d'hommes étrangers au pays, qui dictaient la loi; leur nombre pouvait se constater à chaque heure; mais, sachant qu'ils seraient toujours forts contre la faiblesse, hardis contre l'indécision et la pusillanimité, ils poussèrent à la résistance. Le 25, l'Evêque de Quimper mande au Sous-Préfet : « Il est permis d'être surpris que, sous le gouvernement du Roi qui a donné une Charte pour assurer la liberté des cultes et qui a proclamé la Religion catholique la Religion de l'Etat, cette Religion ne puisse jouir à Brest de cette liberté. Je ne réclame que Ja protection de la loi et non sa sévérité. Ce n’est pas à moi de tracer aux autorités la manière de la faire respecter. » Le 27,

il s'adresse au Maire pour déplorer cet attentat. L'é-

meute parcourt la ville en criant : Mort aux Jésuites! À bas le Christ et la Religion!

Les magistrats municipaux et les administrateurs civils avaient encouragé ces manifestations. La presse libérale lés avait prédites d'avance; le ministère ne sut pas les réprimcr. Les honnètes gens de tous es partis se résignaient déjà à ce rôle passif, qui rend si audacieux les esprits turbulents. On baissait la tête devant l'insurrection; on en déplorait les résultats. et personne ne se levait pour agir contre elle. Cette inertie lui révéla sa puissance. Au nôm d’une population qui souffrait en silence une pareille tyrannie, larévolte prononça que la France entière ne voulait pas de Missionnaires, et qu'il fallait les expulser de Brest. Son vœu fut un ordre. Le 98, les Jésuites s’éloignèrent, Le Libéralisme avait tenté un grand

coup; la victoire lui restait; il comprit qu'il importait

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de lui donner tout le retentissement possible. Il ameuta les révolutionnaires de Morlaix, qui, âvec des chants obscènes entremélés -de cris de : Vive la Charte! accuéillirent'les Jésuites à leur passage.

Au dire du Moniteur; rien ne devait justifier ces tumultes; les paroles mêmes des Missionnaires ne pouvaient servir de pretexte; mais ces hypocrites lamentations offraient aux Libéraux la mesure de l'impéritie ou des connivences secrètes du gouvernement. Ce premier succès enhardit leur témérité. Les villes de Bourges, de Nevers, Saint-Malo, Autun, Châlons-sur-Marne, Lisieux , Dôle, Chälons-sur-Saône, Seurre, Mende, Coulommiers, Craon, Seez, Alençon, Chinon, Beaugé, Laigle, Orléans, Amiens, Le Puy, Avranches, Niort, Le Mans, Avignon, Aix, Bordeaux, Alby, Metz, Resnes, Cosnes, La Charité, Issengeaux, Montauban, Clérac, Saumur, Besançon. Doué, Périgueux, Angers, Paimbœuf, Gaillac ét Langres devinrent tour à tour le théâtre sur lequel les Jésuites firent éclater leur zèle. Parmi les Pères qui se vouaient ainsi à l’accomplissement d'une grande tâche, il y avait d'habiles orateurs, des hommes qui savaient remuer les multitudes et les enchaîner au pied dé l’autel. On remarquait dans leurs rangs Antoine Thomas, ancien docteur de Sorbonne et pendant vingt ans supérieur de Laval; Charles Gloriot, dont la vaste science et la riche imagination faisaient oublier les écarts du style. L'éloquence de Gloriot débordait avec tant d’impétuosité qu’il:subjuguait ou terrassait ses auditeurs. Auprès de lui apparaissaient Calliat, plus doux, plus fleuri ; Louis Bouet. à la parole invisive ; Louis Séllier, que l'originalité de son talent fait passer du sublime au trivial, et qui, plus admirable qu’imitable dans sa vie, électrise les populations; Nicolas Petit, l'homme qui éclaire par le

raisonnément ;'Claude:Besnoin; à l'esprit caustique ; Chables Balandret, toujours onctueux :et'instruetif ; JosephBarelté et Maxime de: Bussy, pleins-de cetiart de biendire; quientratne par la forceunie à l'adresse : et-au sentiment; les deux:Ghanon;::auxquelsi le zèle donne:des:forcess' Maximeitle Caüsans ; écrivain et prédicatennisur:qui l'élégance:exerde peut: étre trop. d'empire: Étienne Mollet, Clément. Boulanger.et:de

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cachet ‘indivéduel. un | talént à‘part. Le Père: Claude Guyon:les absoïba téus dans sa :puissante‘indiidua: : lité: Dôué: des:avantages .qui constituait: l'orateur.

véritablement:populaire ,-hoau:et passionné: ardent:

et. sensible, il: faisait Æour :à tour::frémir:et pleuver:; on:seipressait:avec: transport autour:de sa chaire'et de;son tonféssiénaal,:oar sa paréle dorninait les.massesiet provoquaitle:repentir dans:les:âmes.

'Les:fruits recueillis étaient abôndants:etincontestables: on'en;fit un erime aux Jésuites: À Vineennés; le:Père Guyon'avaitévangélisé les tronpes :en garnison ‘dans la. forteresses il:leur :avait :parlé de Dieu et:de-leurs devoirs avec:eette énergie qui convainc:: À; Bicètre, ‘d’autres: : Zésuités: venaient + 24rjüin: 4824; conduits par;:l'Archevèque: de Ps faire déscendre les consolations évangéliques .sur. ia tête: des:infirmes,; des vieillär ds:et:des coupables que. laisetiété: retraméhe: de:son: sein. Hs::réveillaient iles sentimbats de Foi::ilsrépanidaient sur: France entièreiles: germesi de: Christianisme que: la Révolution croyait avoir:étouffés. Il y:avait:-des:villes-où l’on:assiégeait pendant la:nuit les: portes-des églises, joù l'on. sexprédipitait:sur:lés pas des Missionnäires., où l'on pleurait à leur départ; aprèsiavoir souvent maudit leur:arrivée. Sans :donte;:dans. ces :transitions subit tes, il:se rencontrait autant: d'entrainement passager

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que de/remorié darables!Phisieursoublisient tes ent gagementsipris au pied ‘dela croix; mais; danse : cœur de ces-mullitudes :vaincues: par: A'ascendant'des Miséonnaires, il 'survivait aux‘fêtés et: aux 'enthou: : siatmes de’ la ferveur un: prinicipe.de refigian, dont le: Clérgé pouvait ‘évoquer partout lés'traccs etile son: ventir:'Le Missionnaire semait danses éxagérations: caktülées nette hé c'était: ÉPORRUE mois:

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Les soins de l'apostotat et dé l'éducation, les tra: vaux littéraires"ou’théétlogiques auxquels les “Jébuites se Yivratent dans l'intérieur de’ leurs maisons:les outrapes-qui’passatent ‘au-dessus deleurs:têtes'sans: les attéitidre pour aller : saisir d'une béâte stupéfaètion’ les esprits forts dé'l'éstaminet.'n’empéchaient ‘pas les Pères: d'étudier lamarche des ‘idées, dé: s'appliquer à en. secondér‘'ou à’en ‘suspendreile progrès; selon ‘qu elles leur paraïissaient utilés oui dangereuses. À peine 'née, la Compagnie ‘de Jésus -était,/ comme aux premiers jours de sa fondation! devenue: un'cen-; tre‘où k'prètre, le‘philosophe ét'le savant accou- : raieht Chercher la lumière. Les Jésuites la: répandaïent sur les’wns. ils la recévaient des autres. Ts! s'associaient au mouvement que h'science imprimait: à toutes les études, ‘ét ce fat alorsiqu'ils’se virent engagés avec’ l'abbé de La Mennais dans umede ces:dis<: cussions qu'il'importe de juger sur pièces.

Dans ’ec temps-là, Félicité della Mennaisétaitun : vigoureux génie-attaquant les ermemis du Cathrolicisme avec l'arme de l'éloquence’et ide: la raison: 1Esprit lucide et:passionné, cœur : plein: d'amouriet de! colère; l'écrivain'breton cachaitiun caractère; de fer * sousiune twéladive enveloppe, Bon: opiniâtre:dialdes tique; son ironie étincelante dé verve, son:stylepuist : sat lui':avetent ‘En: quelques années :conquis üne

célébrite dont. l'humble candeur du prêtre faisait. hommage à l'Eglise. L'abbé.de La Mennais défendait

les Jésuites, parce que leur cause était juste; il les aimait, parce qu’il lui avait été donné de les voir de près. Lorsque le système philosophique présenté par lui dans :le deuxième volume de l’Zndifférence en matière de Religion eut engendré la discorde parmi les théologiens, quelques nuages ne tardèrent point à altérer la bonne harmonie existant entre les disciples de saint Ignace et le Tertullien du dix-neuvième siècle. Les questions qu'il soulevait lui attirèrent des panégyristes et des censeurs. Les uns.le saluèrent. comme un dernier Père de l'Eglise, les autres le critiquèrent avec des paroles dont la fraternité sacerdotale et le respect dû à un immense talent auraient pu modérer l'acrimonie. Dans ce: combat. : qui prépara si tristementla chute de La Mennais, il y eut de graves torts à reprocher aux deux partis. L'écrivain se portait le défenseur le plus absolu de l'autorité. Avec un ton impérieusement dogmatique, avec une hauteur dédaigneuse, il'citait à son tribunal, il jugeait sans recours les écoles anciennes et modernes.

Il-substituait sa propreraison individuelle au. senti: ment presque universel de l'Eglise,

Ce système comptait de nombreux partisans: ilen fit surgir même autour des Jésuites, Dansleurs maisons, dans les Séminaires et même dans le monde, on rétrograda tont d'un coup vers ces époques où la scolastique tenait. les esprits attentifs et surexcitait les intelligences. Une pareille situation offrait plus d'un danger. Le Père. Richardot. provincial : de France, prit des mesures pour les conjurer : ilinterdit lés controverses publiques sur: ces:matières,: et le 12octobre 1821, Le Père Rozaven lui écrivait de Rome : « Vous avez parfaitement fait de supprimer les

. Mist, de la Comp. de Jésus. — +. vi.

thèses où l'on combattait le système de M. de La Meñnnais. Outre qu'il ne nous convient en aucune manière de nous déclarer contre un homme justement célèbre, et à qui la Religion:a des obligations, c'est. un fort mauvais moyen pour faire triompher la vérité. Les disputes ne font que piquer et aigrir les esprits. Des discussions pacifiques où l'on ménage l'amour propre et la ‘délicatesse sont des moyens plus: sûrs. Il faut réserver toute sa châleur pour combattre les ennemis de la Religion et de l'Eglise. — Vous me demandez ce que je pense de la défensé de l'Es: sai; je vous avoue, «entre nous, que je n'en suis pas satisfait. Il me paraît que tout porte sur un principe : faux: ‘M. de La Mennais se plaint qu'on ne. l'a pas compris, etil a raison jusqu'à un certain point ; il est certain qu'on:lui attribue dés sentiments qu'il n’a pas. ce qui lui donne lieu de se défendre avec avantage; mais, de son côté, il tire des principes de ses adversaires des conséquences qui né suivent pas de ces principes. Dans ces matières de püre métaphysi-. que; il n’y a rien de si facile, je: dirai de si commun, que de se disputer sans s'entendre. On a tort et raison des deux côtés. Quand je lis ces sortes: d’ouvrages, il me semble entendre se disputer un avare et un prodigue, Le premier déclame:contre les funestes suites de la prodigalité, et:s’étend à prouver la nécessité et les avantages d’une sage économie ; le : sécond a un champ non moins vaste pour: dépeindre l'avarice dans toute sa laideuret pour faire l'élogede la générosité et du détachement des biens de’ ce monde. L'avare à parfaitement raison éontre lé pro" digue et lé prodigue ontré l'avare ; mais l’un n’en a pas moins (oft d'être avare et l’autre d'être prodigue. ” — Jéitravaille, pour mon propre usage, à réduire cette controverse à quelques points précis, ‘que l'on

puisse discuter sens s’écarter: à: droite :ou à:gauche, etje pense que j'enverraianes réflexions à M. de. La Mennais; qui, je erois, neiviendra pasà bout de renverser. l'anciephéméthode. ».:.,.:

-C'étaiten ees termes pleins d'atticismeconcilisteur que l’Assistant:des Jésuites à Rome:s'exprimait en s'adressant au: Provincia} de, Paris. Le: Père de:Rozaven voulait combattre l'erraur involontaire à armes courtoises;il désirait surtout qu'on respectât la gloire de l'auteur del /ndifférence.: Ls:ligne des Pères de l'Institut.dans cette polémique était tracée ; ilsnes’en éecartèrent qu'une:tois, L'agitation se; perpétuait; les espritsis'échauffaientau dehors, et la paix intérieure de la Compagnie-était menaoie; lorsque, à l'insu des chefs de l'Ordré; ile professeur: de philosophie. du petit séininaire: de Forcalquier fit soutenir; publique-+ ment par ses élèves ; à la fin de d'année: scolaire de: 1892, une:tlièse en-faveur des théories: de l'abbé de La Mennais. Le 18: janvier 4893; le:Père Rozaven se plaint à Richardot de-cetteinfraction : « Nous:étions convenus; lui mande:t-il, ét::vous me l'avez promis. dèns une de:vos lettres, que:vôus ne: permettriéz ni d'attäquer ini de: seutenir.ce système dans les thèses publiques, et c’est évidemment :le parti que diete la prudente: Permettre, à, qui. voudrai d'attaquer et à qui voudré de: défendre un système que l'on dit fondamantal, ce serait introduire :dans la Compagnie. la divérsité.: ide: doctrine; contre. .n0s.Constitulions et contreln volonté si-souvent:manifeste de. notre saint fondateur. Permettre. seulement de défendre:et..ne pas permsltre d'attaquer, ce sergit.unnonçer : au, pu-

blic.que Ja Ro pp adople celle dastrine,;çe,qui assurément .n: 8tde l'espère, me:sera jamais ; car; a: SUÉPIys H sapprouyerais épalament, qu'on affaquat, pour b, méme raison: savoir, parce Vas das

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