F HISTOIRE
Après de pareillesturpitudes, il n’y avait plus qu’à arrêter la presse dans ses débordements ou qu'à mourir de honte sous ses coups. Les Bourbons et le ministère Villèle acceptèrent les fourches caudines -qu'elle dressait devant eux. Le cabinet auquel le vicomte de Martignac prête son nomacquitta le legs que ses prédécesseurs lui avaient imposé,
Dans ce; combat, dont les-esprits prévoyants e se déguisaient pas les” conséquences. les écrivair.s indépendants ne s'abandonnèrent pas au momeat même où tout les abandonnait. Il y avait prostration de la force royale, épuisement chez les gouvernants. On craignait de froisser des préjugés dont la source était connue, on essayait d'atermoyer avec les dificultés que tant d'impérities avaient créées; il se rencontra des hommes qui s’exposèrent intrépidement au choc. Dans ce duel suprême, ils jouaient plus que leur vie. Bonald, Bellemare, Picot, Saint-Chamans, Laurentie, Martainville ne redoutèrent pas d’affronter les sarcasmes que le Libéralisme leur tenait en
réserve. La Gazette de France.elle-mêème monta sur la brèche ; par une discussion où l'esprit rehaussait la logique elle défendit les Jésuites (1): Au mi-
(1) La Gaseite de France, qui dans ce temps-là voulait des Jésuites, publie, le 24 mai 1828, un annqle où se trouvent les fragments qu'on va lire :
« Enfin votre sentence est portée ; vous ne voulez point de Jésuites. Expliquons-nous là-dessus : il peut y avoir premièrement des hommes dispersés dans le monde qui observent isolément la règle de saint Ignace. Est-ce à ceux-là que vous en voulez ? S’il est »insi, que faites-vous de la liberté civile et de la liberté de conscience ? Il peut y avoir secundement des hommes ‘qui aient fait société pour vivre ensemble dans une maison qui leur appartient, des hommes à qui la vie cénobitique convienne, et qui préfèrent peut-être la règle de saint Ignace à toutes les autres 3 des hommes à qui il plaise de se vêtir du même habit,
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lieu de cette guerre, dont, avec le caractère des Ministres, les résultats étaient prévus, les Evêques vinrent à leur tour protester en faveur de la liberté religieuse et du droit des pères de famille. Cette protestation se rattache d'une manière si intime aux annales de la Société de Jésus, qu'elle a nécessairement ici sa place avecles ordonnances du 16 juin 1828. Eloigncr les Jésuites de tous les établissements d'instruction publique n'était qu'un fait très-vulgaire ; il montrait le Libéralisme tuant la liberté et se faisant une arme de ses calomnies pour rendre le plus magnifique Lémoignage au prodigieux pouvoir de l’absurde. On essaya de tenter une chose moins commune ; on voulut renverser les Jésuites par le Roi très-chrétien, par ses conseillers et par les Evêques de France. Le comte de Villèle avait sacrifié les intérèts moraux du pays au développement des intérêts matériels et. de l’agiotage. La juiverie commençait, sous la protection de ce Ministre, l'apprentissage de son règne usuraire; ce Ministre tomba devant une nouvelle Chambre que lai-même avait inconsidérément évoquée. La Royauté avait perdu son dernier prestige ; on disait que Charles X s'était fait Jésuite, et
de prendre leur repas à la même table, de faire abstinence aux mêmes jours, de se lever à la même heure pour faire à Dieu les mêmes prières ? Est-ce à coux=là quevousen voulez P S’ilést ainsi qno reprenez-vous? la règle de vie ? Qu’est-cenlors que la liberté civile? la règlo des prières? Qu'est-ce alors que la liberté do conscience? 11 peut y avoir troisiéèmement quelques hommes qui aient fait eussi de certains vœux religieux, ceux de saint Ignace, par exemple, ct qni aient d'ailleurs consacré leur vie à l'éducation de la jeunesse, Est-ce à ceux-là que vous en voulez ? S’il est ainëi, prenes garde : on ces hommes enseignent dans les Cullèges qui vous sont soumis, et, dans ce cas, à qui la faute, si c'est une faute ? ou ces hommes enseignent dans les établissements soumis à la juridiction exclusive des Evêques, et, dans ce cas, de quoi Aist de La Comp. de Jésus. — T, VE, il
que, por so8 vœux, il devait une:obéissanee nveutite au 'Générel de fa Compagnie. Le: gouvernement, battu en brèche-per l& Révolution, qu'il ifosait'mettriser, harcelé par les Reyälistes. dont H ne sstisfaisuit aucun: desbesoins légilimeset pout-étreaussiaucune des ambitions passionnées, était menacé ‘dans son .e vous ocaupes-vous ! Zélés proteutenrs des mesimesetdos libertés de notre Eglise. de France, n’uubliez-vous: queiles franchises de PEpiscopat? oubien-enfin ces hommes :instrniseut les file dg famille au sein dela famille méme qui les leur confie, et, dans ce cas, où prenez-vous le droit de vous enqnérir des règles qu'ile suivent et des prières qu'ils font? Vans prétender, je crois, que tout soit libre dans:votre prys; n'y aura-bil précinment:que l'éducation de famille;qui:neile-snit pas ? I:peut y avoir:enfin d'autres, hommes; qui, eyant ferné une Société religieuse, pré tendant vous obliger à la reconnaître à.la favoriser, à lui imprimor un caractère publicet civil, qui, non contents de s’unir quand il leur plait et d’être protégés ‘individuellement denscette union, \ cxigent que leur union /mêmesoit protégée, qu'élleait une existonce légale, des droitsà part, desprimilégesavonéss: sisv'estècenxlà.que vous en voulez, que ne purliez-wus ? Celte affaire ci, est une autre affaire. Puisque ces hommes sullivitent vos grâces, permis à vous de les refuser, Puisqu'ils vous demandent d'approuver leur Société, permis à vous-de leur nicr votre approbation; La difrérence cest grande entralaisser faire @t: faire soi-même. Tailoi peutêtre obligée de tolérer des choses qu’elle ne peut pas être obligée d'autoriser. —.Je conclus de à que s'il y a des Jésuites épars en France, dussiez-vous en sécher de dépit, il faut le souffrir; que s’'il.y en a qui se,soicnt réunis pour vivre ensemble et:qu’ilsne vous demandent rien, Jl faut.le souffrir; que, s’il y en a qui enseignent la Religion et les lettres dans les lieux dont l’aroëès,cst interdit aux inquisitions de l’Université, il‘fant encore le souffrir; que, s’il y.en a qui voulussent vous contraindre à.les re- raison l'h connoître comme Ordre religieux et comme corps,collectif, vous Jésuite : seriez les moltres de les repousser, même, sans motifs et sans et les Juf “ examen. Pour les premiers, cela va sansdire: on n°est comptable gui ont ac. envers la loi que de ce qu'on fuit quoiqu’elle l'ait défendu, ou civile la }; de ‘e qu’on ne fait pas, quoiqu’elle l’ait ordonné, Or, je nesnche ie
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ligieusesquemous t'aimez pas bien que ce soient :aussides Constintions.
» Vous me dites : Mais d
n’est pas de ‘Cela qu'il'est: Québtion.
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Considéré par :
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ÿ ‘dpelog} de scan rdité, Car, si le Juif fait tout. ce:qu'i Juif, si le Protestant fait 1
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rengais:la ‘liberté ique et la liborté de, Conseiense ?1ot. vous.
nt-une-exceptionide <envitude. et «le. dei “istolétance at d'intemdictianiem fers ection qui avaient frappé les Jésuites ?
l'Episcopat, le Sacerdoce et les Catholiques ; on était Jésuite par cela seulement qu'on répugnait à marcher sous le drapeau de la Révolution. 11 fallait en finir avec les difficultés accumulées autour du trône; Louis Lambruschini, nouveau nonce du Suint-Siége à Paris, essaya d'arracher le pouvoir à sa somnolence. Homme d'énergie et de conciliation, Lambruschini était depuis long-temps rompu aux affaires. Théologien et diplomate, il savait résister et céder à propos; c'était la politique romaine dans toutes les traditions de sa courageuse patience, opposée aux précipations irréfléchies du caractère français. Lambruschini s’effrayait peu des tumultes constitution nels dont il était témoin ; il en connaissait la source, et il savait le moyen de la {arir. Ille proposa au baron de Damas, ministre des affaires étrangères.
Il n'était plus possible de nier que la cause des Jésuites devenait la cause de la Religion et de la Mo-
* Alles;:allez, hommes libres, apprenez dono qu’il n’est pus vrai que vous le soyez, si votre égal ne l’est pas,
» Vous dites euvore : Mais les Jésuitcs se soumettent par des serments, des engngements, des promesses à un souverain étranger. — Je ne le crois pas, et cela n’est pas. Mais d’ailleurs de deux choses l’une : ou ces engagements scraient incompatibles avec leurs devoirs envers leur souverain naturel, ou bien ils ne le seraient pas. S’ils ne l’étsient pas, qu’auriez-vous à dire ? S'ils l'étaient, qu’auriez-vous à faire ? Voudriez-vous en conclure que celui qui aurait contracté cet engagement aurait perdu la quulité de Français? Quand je l’accorderais, malgré quelques diffioultés qui viennent de l’article 17 du Code civil, qu’y gagneriezvous ? Cet homme serait étranger ? Prétendriez-vous donc interdire aux étrangers la faculté d'avoir en France des habitations snmmunes ? Déchireriez-vous l’article 11 de votre Code civil? Ilumiliericz-vous votre haine au point de les expulser come de lat Le étrangers, n’osant etne pouvant les expulser comme Jésuites ?.. pr ve à “4 Songez-y... et puis, je reviens au serment : où cst-ilP et que a D
suite! Oh contient-il? — Vous dites aussi : Leur ambition est extrême. “AR
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narchie; on attaquait les principes sociaux sous le nom de la Compagnie; Lambruschini conseille de porter aux deux Chambres un projet de loi qui assarera aux enfants de saint Ignace leur droit d'existence et celui de se former en corporation. Le résultat de celle tentative n'eût pas été douteux. Les Députés auraient adopté te projet, et les Pairs, qui cherchaient à se rendre populaires aux dépens du Roi, se seraient contentés d’une opposition toute prête à se laisser désarmer. Ce fut sur ces entrefaites que le comte de Villèle prit le dangereux parti d'en appeler aux élections générales. Il se trompa dans ses calculs ainsi que dans ses espérances, et sa chuteamena célle du trône.
La plupart des hommes qui arrivaient aux affaires après lui étaient dévoués à la monarchie : mais, venus dans des circonstances difficiles et désirant à tout
— Quelle pitié! de quel siècle nous parlez-vous, s’il vous plait ? l'ambition des Moines avec des journaux, des élections et des chambres? l'ambition des Moines avec l'esprit de ce temps! l'ambition ! puissant motif en effet pour empêcher les gons de vivre paisiblement chez eux et d’y prier Dieu comme il leur convient! Cette passion-là estaujourd'hui si faible et si rare ! si peu de gens en sont possédés! les ennemis des Jésuites surtout en ont si parfaitement purgé leur âme simple et modeste!
s- Vousu’en voulez point ! Cela est bien superbe et bien absolu.
Mais si les pères de famille en veulent, eux qui sont quelque peu intéressés, je pense, à cette question, sera=ce au nom de la liberté qne vous les contraindrez à y renoncer ? Vous n’en voules point! et si les Evèques en veulent, eux, ou pour desservirleurs églises, ou pour diriger les écoles qui sont sousleur dépendance, sera -ce au nom des franchises de l'Eglise gallicane et par respect pour les droits de l’Episcopat que vous leur résisterez? Vous n’en voulez point ! et si l’on vous montre l'instituteur protestant, juif, mahométen, que vous approuvez et encouragez, sera=ce au nom de la tolérance et de l'égalité constitutionnelle que vons repousserez etjque vous proscrirez l’institutcur catholique qui sera Jésuite! Oh! que nous sommes libres, et que votre impartialité m'édific! »
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