‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 36 sur 86 · Ë HISTOIRE · texte numérisé non relu

Ë HISTOIRE

positions de l'Episcopat. L’Archevêque de Paris’, le Nonce du, Saint-Siége :et les autres Prélats réunis dans la Capitale jugèrent qu'il importait de mettre un terme:aux dissentiments. Sans accepter néanmoins la légalité des ordonnances; il fat: décidé qu'un projet de:lettre au Ministre: des affaires ecclésiastiques serait soumis à chaque Evêque. Le 8 octobre, les Pré- lats firent passer à leurs collègues une note secrète qui expliquait le but de cette démarche. Elle est ainsi conçue : li | }

« La note adressée à NN,SS. les Evêques, sous la daté du 8 octobre 1828. n'a point été numérotée, parce que, ayant éte communiquée au gouvernement, elle n’a point paru devoir être comprise dans la série des notes purement confidentielles.

» On croit-uile d'envoyer celle-ci pour mettre NN. SS.'mieux à même de juger la position des choses, et de continuer, autant que possible, cette précieuse unanimité de conduite et d'expression. de sentiments en des actes d’une si haute importance. Sans doute il reste libre à chacun de penser que l'opinion du Souverain Pontife a pu être influencée par les envoyés du gouvernement ; que Sa. Sainteté a pu ne pos être informée bien exactement du véritable état politique et religieux de la France et de l'effet plus ou moins favorable de la résistance des Evêques, comme aussi des conséquences probables qui en résulteraient pour l'avenir. Mais, indépendamment de ces réflexions (et de plusieurs, autres qui. peuvent faire naître des craintes bien légitimes), toujours est-il que l'Episcopat semble à couvert par les insinuations et les désirs qu'a manifesté la cour de Rome. On sait que, dès le commencement de ces tristes affaires. le zèle et la fermeté des Evêques ont.été loués par le Souverain Pontife ; toutefois, l'espèce d’obscurité qui enve-

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loppeles motifs de la conduite présente du Saint-Siége abien son avantage. en ce que les Evêques ne feraient maintenant , par leur déférence , qu'honorer l'autorité prépondérente du chef de l'Eglise et conserveraient intacts leurs droits pour l’avenir. Ce ne serait qu’une condescendance temporaire, qui répondrait à une nécessité actuelle ou présumée telle par ‘le Souverain Pontife. La question de droit demeure entière , puisqu'il est certain qu'il n’est intervenu, de la part du Saint-Siége, ni jugement ni décision qui combatte ou redresse les principes posés par les Evêques dans leur Mémoire, et que Rome n’a fait non plus aucune concession réelle , rien qui puisse légitimer ou consacrer pour la suite les derniers empiétements du pouvoir civil sur les droits incontestables de l’Episcopat. Le parti proposé dans la note et la lettre du 8 octobre, signées par monseigneur l’Archevêque de Paris, semble offrir Favantage de conserver plus facilement l'unité dansle corps des Evéques de France, et de retrouver aussi plus facilement celte presque unanimité de conduite et de défense dans tous les graves intéréts religieux qui pourraient

"encore nous menacer.

» Il est d’ailleurs facile d'apprécier à combien peu de choses se réduisent les concessions des Evêques s'ils suivent le mode indiqué (mode qui a êté communiqué au gouvernement, et dont on sait qu'il se contentera s'il est généralement adopté), surtout si, comme le jugent nécessaire les sept Prélats dont les noms sont inscrits, on:s’en tient rigoureusement à ne se servir d'aucun des tableaux du Ministre, mais à donner, par forme de lettre, les seuls renseignements désignés dans la note du 8 octobre, savoir : un exposé libre de la situation du ou des petits Séminaires. qui contiendrait le nombre actif des élèves, le nom-

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bre présumé nécessaire , le nom. des Supérieurs, qu Biresteurs qui seraient qualifiés de prôtresséeuliers; énfin:une: note générale sur les ressources péCunéaires du:diocèse, qui ferait connaitre que:la plus. fonte somuie de secours: serait encers:bien au-dessous. des besoins. » : ris,

Dans la: position, où l'Eglise: gallicane.se débattait sous une funeste condesecendance:du peuvoir, le plan adopté par les Evêques était le seul. praticable, Ils consentaient bien à: ne: pas entrave de minisière; ils faisaient: tous-les sacrifices: que le: hasoin dela paix leur imposait; mais, en s'épargnänt la: responsabilité d'un avenir chargé de nuages, les Prélaés s’arrétaient, à la limite:de leurs draits.eb de eux eonscience. Cétait, pour ainsi: dire, un armistiee: que LEpiscopat. aocordait au.gouvernement afin de lui laisser le:temps de réparer le:makou de:se précipiter-plus avant dans la voie des concessions. Le Cardinal de Croi.el l'Archevxèque administrateur: de Lyon furentiles seuls qui refusèrent toute espèce-d'adhésianau projst:conciliar teur ; d’autres , tels que les Evêques.de.Chartres, de Nevers, de Nantes.et. de-Rennes, s'en, rapportèrent, à la majorité. tes

Rome: avait, parlé:d'une manière indirecte; néanmoins, la cause: fut finie, L'Église. de Frange.éçouta des conseils que:le: Souverain, Poatife ne dounait. que sous forme. diplomatique, afin de laisser au Clengé toute: sa latitude d'action dans une affaire qui n'intér ressait ni le dagme:ni.la morale. Les, Évèques.na.reeulaient devant aucune des exigences administratives; mais ils s'opposaient.à ee que: de. nouvelles atteintes fussent pantées, à la.liberlé des consaiences. Le,gouvernemené.ne sut pas. s'en tenirà.ce briormyhe négatif. IL avait soif des applaudissements libéraux : il brisa les huit maisons d'éducation que, de Faveu.mâme de

l'Université. les Jésaites rendaient prospères.: Sous l'empire d'une: Charte- proclamant. la-Uberté, ML de Vatismenil réalisa une idée qui avait échappé au:génie ombrageux de: l'Empereur ; ikiobligea tous: les :professeurs à déclarer qu'ils: n’appartenaient à aucune Congrégation non autorisée: par: les: lois. Le besoin douvrir:lss:petits Séminaires. était flagrant; MM: Vatismenil et Feutrier: pressaient les Évèques de: se soumettre, il fallut subir avec-une: douloureuse résiguation ce dernier attentat: à l'indépendance: du Prètuée et de homme. Il y eut des:letéres pleines de dignité adressées au Ministres lé Cardinal de Clermont fillentendre som célèbre : eféamnsiiomnes, ego non, et Feutrier répondit: souvent avec: autant, de convenance que: d'esprit à:ce: blàme-universel.

:‘Le ministère Martignae-Portalis croyait avoir:enfin rattaché à sa fortune:l'oppositian révolutionnaire; &: Globe: ne ‘lui laissa pas. long-temps: cette. pensée de satisfaction intime. , Les :Conatitutionnels avaient poussé le gouvernement: de Charles X à mutiler l'Eglise : ils allaient attaquer: le: gouvernement lui même, et: ils insültaient. le Clergé: avec des. naretes que l'histoire ne: peut:omettre. « La, querelle des Evêques, disait. la feuille: doetrinaire le: 10: septembre. 4828; touche à :sa: fins cette petite fronde: de sacristie meurt: sous le ridigule,, comme toutes: les insurrections. sans force let: sans: nationuliéé , qui débutent per des cris de : Vainere: ou: nousir Let désarmeat paisiblement au premier choc. Ll y auraik, en vérité, trop de bonhomie. à se :haâtre. plus longtemps-contre ce spectre de l'Episcopat:; ear,.si 68 clameurs peuvent. encore troubler [quelques. âmes pieuses: et erédules perdues çà et à. dans: la foule, si quelque danger peut venir de ses intrigues et. de ses menées, il y:& bien un autre danger à se: laisser

prévenir et à détourner notre attention des actes du ministère. C'est avec le ministère que nous avons . affaire. »

Au milieu de ces débats, les Jésuites, que le Libéralisme représentait comme les dominateurs de la France et comme des casuistes toujours prêts à tourner la loi ou à violer les serments, se retiraient de leurs Colléges sans proférer une plainte.

L'Episcopat avait soutenu une lutte qui étaitun

glorieux témoignage de leurs services; ils jugèrent opportun de ne s'y mêler en aucune façon. Ils se séparèrent de leurs élèves, qui versaient des larmes et qui protestaient publiquement contre l'œuvre de destruction ; ils entendirent le Clergé- rendre hommage à leurs vertus; ils virent les cités les plus importantes du Nord et du Midi s'associer au deuil de l'Eglise et de la jeunesse ; ils ne trouvèrent partout qu’estime et regrets. Cette douleur eut une manifestation si saisissante qu’elle se refléta jusque dans les travaux et les vœux des Conseils généraux, les véritables représentants des besoins du Royaume, et elle n’échappa point au Constitutionnel lui-même. Le 4 août 18928, il la signale avec terreur : «Ce qui contraste, dit-il, d'une manière bien plus choquante avec les sentiments du pays, c'est l'expression des votes d’un très-grand nombre de Conseils sur l’instruction publique. Ils sollicitent une loi pour qu'elle soit exclusivement selon les uns, ou en concurrence selon les plus modérés, livrée à des corporations re ligieuses. Le Conseil général du Doubs demande que les Congrégations déjà existantes soient autorisées légalement. Celui du départ:ment de Vaucluse est plus franc : il vote pour que l'instruction publique soit confiée notamment aux Jésuites, dont l'intérêt de la Religion et de laSociété réclame le rétablissement.»

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Ainsi cette persécution de dix ans, organisée par le Libéralisme et sanctionnée par un ministère immolant la Religion et la Monarchie pour vivre quelques jours de plus sous la protection des idées démagogiques, n’aboutissait qu'à faire glorifier la Compagnie de Jésus. La presse libérale la calomniait, le pouvoir essayait de la bannir, et le Clergé, la jeunesse, les pères de famille, les Conseils généraux . S'unissaient pour proclamer sa nécessité. La France chrétienne adoptait les Jésuites, la France révolutionnaire les flétrissait. Pendant. ce temps, voilà les mesures qu'ils prenaient pour résister à l'assaut permanent que l'impiété leur livrait. Le Père Godinot, Provincial de France, écrivait, le 7 août 1828, aux Supérieurs des huit petits Séminaires : « Après votre distribution de prix, qui doit être faite sans éclat et sans discours qui tendent à faire des.allusions ou à exciter des regrets, vous donnerez à tous les huit jours de vacances pleins que permet l’Institut ; puis, tous feront la retraite annuelle avec le plus de recueillement et le plus de ferveur qu'ils pourront. »

Ce fut ainsi que les Jésuites sortirent des établissements que les Evêques leur avaient confiés sous la protection des lois. :

La Révolution venait de faire une large plaie au Catholicisme. Elle avait pu mesurer jusqu’à quel degré Charles X pousserait les sacrifices. Après ce premier succès, elle résolut de tenter une campagne décisive contre la Royauté. Le monarque, aveuglé par de menteuses déférerices, hésitait devant les Libéraux ne tirant leur audace que de la pusillanimité des administrations. On espéra amener le Roi à briser de ses propres mains le sceptre que sa loyauté trop: débonnaire n’osait changer en épée de justice. La Révolution avait dit, même sous les ministères Villèle

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