‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 50 sur 86 · CRETE · texte numérisé non relu

CRETE

SB&SsEe.

Er ÉFERRTSECPEREE RTS

DE LA COMRSONIBIDE JÉSUS: me anilil ceux qui le::soHicitaient:. Les .gnerres:de dos Garlôs contre Christine, les luttesehtre don: Pedsoiet don'Miguel produisirent des résultats: fnestesrsux Monarchies ; la Société de Jésus en ones a

” sentit lé: contrescoup:

Dôn:Miguel n 'gnoroit pas la popularité dünt-après soixante-dix ans d'exil, le nom des :Jésuites:juuissait encore sur les:rives du Tage. Son trône ‘était ma’ affermi; il. pensa qu'en rendant à sés :sujets:lés:apôs tres:que Pombal leur avait arrachés, il ferait ua:acte aussi agréghie qu'utile à sa patrie: El: :n'existait: plus dé: Pères: portugais: il demande à Godinot, Proviacial\de:France, d'envoyer à Lisbonne .-quelques::Mish . sionnaires de:la Compagnie: Le:généralat ast vacant par la'::mort de Fortis. Le: Vicaire:dènne :son1-agnément à. cette mesure:: Godinot: désigne sis: Jésuites et’deux’ Frères:coadjuteurs qu'il place sous:ladiragi tion'du Père Delvaux::Rétablin:les enfants de-saint Ignaee-sur:cette terre où:la mémoire de leuvs servines eti de leurs souffranves:restait:gravéa denses coursy était une:pensée qui devait produire: d'heureux:résultats; imais. il fallait Vacoepter :aven courage et:na

récaler: devant aueune:da:ses conséquences légales,

Leidécret dir: :40 juillet, 1829,: que: Delvaux .negnt à Madrid; ne pouvaitipas:satisfaire:les:amis de, la, Com pagnie ; il semblait n'être destiné. qu'à äinriter sea.ads versaires: Dôn Miguel: avait: pris un: moyen: terme :

sansse prononcer sur le passé: il: offrait les Jésuites comme dé: nouveaux. auxiliaires .au-Clergé. séculier. «Considérant, disait-il dans cet.acte. officiel, le:grave préjudiceique souffrent l'éducation chrétienne:et la civilisation. des. domaines .de..ces. royaumes. par. le manque.de ministres, évangéliques,. et: voulant, sller au-devant des maux deitoute nature. que. la durée | rondnait irrémédi:oles, ayant toujours.en.vue. le bien

de la Chrétienté, et par lui la félicité de mes fidèles sujets, j'ai pour bon d'appeler à cette fin la Compagnie de Jésus "ss de LRRRER qu'elle s’établisse de nouveau. »:

Ce técontisaé, décelant tant de craintes, cachait les justices d'une réhabilitation sous des besoins. trop réels. Il ne dut guère rassurer les Jésuites sur l'avenir, il ne ‘les intimida- point cependant. Les Pères comprirent que don Miguel et le duc de Cadaval, son ministre, etaient nlacés dans une fausse position; ils crurent qu’il n'appartenait pas aux disciples de l’Institut d'en aggraver les périls. Une porte s'entrouvrait - devant eux dans ce pays si cher à saint François- Xavier et aux fondateurs de la Compagnie, ils résolurent d'y pénétrer sans discuter le protocole d'admission. Le 13 août 1829 ils arrivent à Lisbonne. Rien n'avait été préparé pour les recevoir. Ces Jésuites, toujours si opulents, au dire de leurs adversaires, revenaient à la demande du gouvernement, et ils se trouvaient exposés à mourir de misère sur'la voie publique. Les Lazaristes pourvurent à leurs premiers besoins, ils leur offrirent un asile. La duchesse de La Foens mit plus tard sa maison de campagne la Maraviglia à la disposition des enfants de saint Ignace, et ce ne fut que le 24 octobre que le ministère de don Miguel s'occupa de leur entretien.

- Don Miguel, maître du Portugal et régnant par la terreur, ainsi que l’affrmaient les Libéraux, n'osait ni avoir une volonté ni manifester un désir. Prince honnête homme, mais irrésolu et toujours dominé par la crainte de déplaire à ses ennemis, il n'avait pas jugé prudent de mettre encore les Jésuiles à l'œuvre. On enchatnait leur zèle afin dé ne pas fournir de nouvelles armes aux hostilités du dehors. Ces précautions étaient un inutile ‘palliatifs le Cardinal

- Alexandre Justiniani, Prononce du :Saint-Siége, le

comprit au mois de mars 1830. Il y avait à Lisbonne l'église du Laureto destinée aux étrangers, et qui, exempte de la juridiction du Patrierche, restait; par un privilége spécial, soumise à l'autorité des Nonces apostoliques. Justiniani détermine les Jésuites à y: prêcher le carême et à y donner les exercices de la retraite. Les Pères Barelle, Mallet, Bukacinsky et Pouty se livrent avèc ardeur aux travaux de la prédication et de la confession: Les Jésuites ‘étaient avoués ; leur voix se faisaient entendre ; les habitants: de Lisbonne se pressent autour de leurs choires. La réaction tentée par le marquis de Pombal, les doctrines désolantes qu'il répandit pour corrompre le cœur des peuples n'y avaient laissé aucune trace. Il avait affaibli le pouvoir moral: de la noblesse en la dépouillant de sa foi et de son prestige ; mais le Peuple était resté fidèle aux sentiments religieux. Le Peuple saluait dans les Jésuites les maîtres des géné rations éteintes ; il accourait à leur passage ; il se prétait docilement à leurs leçons. et, pour protester contre les désastres du dix-huitième siècle, il entourait de sés hommages les Pères de la Compagnie. Ce retour d'opinion était si manifeste que la comtesse d'Oliveira, petite fille de Pombal, voulut elle-même s'y associer. Elle se rendit auprès du Père Delvaux, et, duns uné lettre du 27 mai 1830 adressée par ce Jésuite au Père Druilhet. nous lisons :

» La comtesse d'Oliveira m'a offert quatre de ses fils: toute fière qu'ils fussent les premiers acceptés par les Pères de la Compägnie, Je n'ai pas besoin, nous dit-elle d'examiner ni de condamner la conduite de mon sïeul. S'il a pris à la destruction de la Compagnie la part qu’on lui attribue, c'est à nous, ses énfants, à réparer une aussi grande injustice, autant

q'ilesten mous ; s'il aiété, cèlomnié, s'il en:est:ine nocont:destià nous à.le-prouver : Eee ut sement à vous:accuoillir.:" :

rEelles étaienties dispositions dé Portu., al à égard

des Jétuites. Aumois de décembre 4860, ils:sétablireût dans la. maison de Saint Antoine où. François- Xavier, Simon: Rodriguez, Ignace, d'Arevedo, Alterès et Gencaives::dle : Camera: avaient: prié, enseigné et vécu ;:puis ils:oommencèrenit. à Sonner à leurs :tea+ vaax:une-divection:plus:unifenme. Lesi.uss, comme JeiPèrdRouty, s'éffoncèrent, parile:secours religieux, d'alléger les chaînes des:prisonniers ; les autres-cherchèrent à rédeilier dans. les :àmes-des ;sentiments.de vertu:et:de:piété. Témoin.des snocès-de.ces quelques Jésuites le: Cardinal Patriärche-de Lisbonne ne-veut plus: demeurer indifférent: au bien qui!s'epèraper leur'intermédiaire sil nend'un üécret:en :faveur.de Flhstitnt:: À peu de. mois d'intervalle dom Fortuné deSaint Bonatenture, A evèque-d'Érora et Grand: Maître des-études :pébliques; imite cetexemple: IH conseille:de vestituer:aux Jésuites leur :ancies.Cellége des: Arts. à Goimbre : 40,9 janvier 1862, don Miguel:signe. l'édit. qui, lesrrermet orpoemion de reel établissoment,

“been deileur nlistlontlsnnmmnines de Bare futan ‘ériomphe pounr:eux. ese-vérileble fête pourde Glergé etpourlePesple. Sar lesrautes que. les Pères Delvaux, Pallavicioiiet Martin: pencouratent, à: tous les villages. :à toutes les: oités,; fxifoule se portait à leur-rencontre.:Le:tempset les révolutions.n'avaient pas:effaibli son smour {raditionnel.; La reconnaissance: ct l'espoir étlataient:en.chants d'allégresse, en émbnstralionsunanimes.:sceucillant ke.cortége. Le Rlergéde diserses-paroisses,: les Ordres-religieux.a0woureicatirhennièms:en itôte, pour s'unir auxitrans-

portsiet aux:diénédictions de la: multitude: partout, hlaiwue:rdes ieufants de Leyola, on faisait'enteñdre: des :ctisid'enthousiasme ; partout: on leur 'appliguait ées paroles ie l'Bcviture : Frnes ibant et: flebant,

- vemienéss-autom, venientiown: cxultatione; 'é-

taitpeinère par un seul mob. lesisouleurs de: Honilset: Iss:joies' dt retour,

‘ilapromière ville:qui s'offrit aux Jéonites-iopsès leur entrée dans le diocèse. de Cotmbre,;icefut: Pom: bal, iè où avait été exilé. là où était mort le ministre dece:no. Hs sont en face ide: leur :persécuteur.: Econtons:èe Père Delvaux raconter:leur vengeance :: Nous fümes rocus, écrit-il & 6:mers 1452; ausen des.sleches, complimentés :et conduits en triomphe perle Curé-Archi-prètre, accompagné de: tout:son Noa Pr de nes: Pères allènest dire la sainte messe; : était: magnifiquement ‘illuminée, comme aux plas grandes solennités. Pour: moi,-prassé d'un sentiment: religieux ‘impossible à exprimer ,ÿe: inétuis esquivé:avec: un : Pèreset an: Frère. ‘avant la rencohtve du'bon Quré, et j'arais couru à l'égliseries Francisesins; pour yprier sur la:tombôidu marquis, meis l'fortuné n’a point:de toibe. Nous trouvhines à peu de distance duimattre-autel-unerbière couvérte d'en méchsat:drap:mortusire;uque:le Père . gardien

” Gucouventinous ditiêtre la sienne.:1à y:attendhét:en

vain iles: n ne: lac sos sr prené moi 1782.

Ceitdoncien! toutereérits sav je puisidire: quibprts plus d'en demisièele de: proseription; le premierpes de la Corapegaie; rentrant slenmellement à Cotmbre, fut:d'aller:célébrer unemesse d'anniversaire, te:conps présent; pour le repos de me :de:eelui-qui:: Vènait proserite;'st/dans 20!Meu où il: passa les dernières

années de sa vie, disgracié, exilé et condamné à mort. . Quel concours d'événements ne fallait-il pas pour . amener cet événement? Je: sortis de Pombal sans ‘bien savoir si c'était songe ou réalité. Le cercueil

présent, le nom de Sébastien prononcé dans l’oraison,

le son de loutes les cloches de la paroisse qui célé-

braient le retour de la Compagnie, tout cela à la-fois!

Jecrois bien que cette i impression ne s'effacera unis . de mon:cœur. »..

Au milieu des divers sentiments que provoquaient dans leurs âmes tant de souvenirs et les joies si chrétiennement expaänsives de la multitude, les Jésuites arrivèrent à Colmbre. De nouvelles fêtes, des sollicitudes ce toute espèce les :y attendaient, et, à l'annonce de ces transports d'allégresse, le général dela Compagnie leur écrivait; « Aujoûrd'hui kosanna ; humilité. Bientôt peut- -être ce sera : dolle, oruoifigel» Le pressentiment du père Roothaan se réalisa ; mais il ne prit point les Jésuites au dépourvu.

Don Pedro, pour combattre: son frère don Miguel etimposer aux Portugais un gouvernement national, avait rassemblé une armée. Cette armée s'était recrutée d'Anglais., de Français, d’Italiens, de Polonais et de tous les mercènaires que la Révolution tient à ‘sa solde. Repoussés de leur patrie, tantôt par la loi, tantôt par la crainte, ils n'avaient pour la plupart qu'une vie de débauche ou dé honte à egpier, L'Europe s'en débarrassait en les jetant à-la suite d'un souverain dépossédé qui s'improvisait constitutionnel afin de trouver des alliés, Une: guerre fratricide leur outrait le Portugal: ils s’y précipitèrent au nom de la liberté; ils y introduisirent le. pillage. et la licence. En face detant de périls, le courage des disciples de l'Enstilut ne resta point au-dessons de leur tâche: Le Portugal élait en feu; les familles se divisaient selon

teurs passions ou leur intérêt. Chacun prenait parti pour le prince ou pour le gouvernement de son choix; quand un fléau, encore: plus terrible que la guerre, vint consterner ce pays. Le choléra est aux portes de ses cités : il envahit les campagnes, il'entasse partout victimes sur victimes ; il a fait irruption sous la tente; il frappé sans relèche au fond des hôpitaux. Par une de ces incuries que les préoccupations de la guerre civile peuvent seules expliquer sans lés excuser, la misère et la famine se joignent à l'épidémie. :

Pour affronter une raort, apparaissant soûs tant de formes différentes. il fallait un deces dévouements qui ne reculent devant aucün péril: les Jésuites en firent preuve. Pendant plus de six mois, on les vit à chaque heure du jour et de la nuit prodiguer'aux mourants !:s consolations dela Foi et les sécours de la bienfaisance ; ils furent les prêtres de l’agonie et les médecins de la souffrance ; ilss’élancèrent partout où une douleur éfait signalée, Les soldats de don Miguel, ceux de don Pedro faits captifs, les prisonniers politiques, lès coupables, les innocents devinrent des frères que la charité des enfants de Eoyola confondit dans le même amour et dans les mêmes soins. L'armée miguéliste campait sous les murs de Coïmbre : elle se repliait pour couvrir Lisbonne. Cè mouvement militaire provoqua dé nouveaux désastres : le choléra engendra letyphus. Ea contagion qué tant de causes réunies devaient: alimenter, épargna les pères ; mais le typhus ne leur fit pas grâce. Bientôt ils se virent presque tous en même temps aux portes du tombeau. Trancart seul succomba.

Dans ce drame , qui se jouait au milieu des combats et auquel trois armées assistaient, il y eut. de . la part des Jésuites ainsi exposés , une longue, uñe sainte lutte en faveur de l’infortune. Les deux pré-

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tendants de la maison de Bragance se battaient, dans l'espoir de conquérir un trône. Leurs -adkérents: de l'intérieur ou du dehors:avaient les armes à:13main pour faire tMompher:un principe politique : les dis: ciples de saiht‘Tgnace se saerifièrent: seuls: en: l'honnour de l'idée: olirétionne. Seuls ils: restèrent sur:la brêche; afin:de: faire entendre quelques:paroles d'humanité au milieu des imprécations de la défaite royaliste et des chants de joie de la victoire constitution nelle. Trop habitués: à prendre en pitié ces guerres d'opinion pour se créer les serviteurs d’un parti, les Jésuitesn’ont cherché dansla tourmentequ'àsauvegarder les principes de Foi. Ils y:ontréussiautant queles

passions déchaînées le permirent; et; dans:une lettre,

du:Père Soimié à Godinot, on trouve: la preuve. de cette estime inspirée aux Pédristes et aux Miguélistes. Soimié écrit le 21 juillet 1834 : « Ce qui nous avait attiré la confiance des deux partis, car nous l'avions autant qu'il'est permis d’unir les deux extrémes, n’était pas seulement le: dévouement: que: nos avions montré danse temps: du choléra ni la bonne volonté avec:laquelle nôusnousprêtions à toute sorte de ministère; ce. fut surtout la diserétionavec laquelle, autant. qu'il nous füt. possible, nous nous: comportions avec'les uns etles: autres. Dans nos classes, il n'y avait aucune distinction entre:le fils d'un Royaliste et celui d’un:Constitutionnel\: c'est! ainsi que:le voulait d'ailleurs: Sa: Majesté. Dans nos: instructions. nous ‘nous: contentions: d'expliquer” l'Evangile sans entrer dans la politique. Bourtout;le reste; nons ne cherchions également qu'à: être utiles à:tous: sans égard'pour lés:opinions, dès qu'il wyravaitrien:contre la:constience: et l'honneur de: la: Compagnie. Ge west pas: toujours ainsi; malheureusement, qu'il en était aillèurs. On faissit peut-êtretrop ressentir la dif

férence d'opinion, La politique nevensit pas propos dans les sermoss ; elle.y-entrait pourtant assez ordinairement et|aveo.une certaine aigreur ;il n'y avait pas non plus toujours: assez, d'induigence: ni: mème de. charité, pour les personnes, d'une opinion différent te. Ces.sortes d'indisorétian où hors- d'œuvre, sppelez-les comme vous voudrez, prodüisaient encore: de plus tristes effets en Portugal qu'elles n'auraient fait ailleurs; comme.nous ne:votlionsique leur salut à tous, nous comdamnions: également: tous:les: excès. Il faut reconnaitre qu'en:Portugal , ples: que partout ailleurs, bien des gens embrassent: une:opinion: et la défendent assez.innocemment. Ce serait unerinjustice delescondamnertousindifféremment:Cesbops Portugais, quel: que: soit: le :ponti qu'ils-embrassent, n'en sont assez.ordinairement ni moins boas'ni plus mauvais chrétiens;:enfin, pour:tout direen,un mot, nous évilions d'entrer: dans :toutesces misères: de:parti à parti, qui ne: font da bien à personne: et idu: mal à plusieurs.» |

Ces. paroles sont le:résumié: de: là: ‘politique-des hsuites ; ilan’endévient jomais! Don Miguel :les: avait appelés. De nouveaux. évérements changent: la::face des.choses.; don: Pédro:est: vainqueur. Les Pères ne se. préoccupent decetterévolütionqu'au:point de:vue catholique. Le trône leur étaitaussi indifférent que:la vie., Le: 24: juillet 1855, l'arméc:constitationnelle pénètre:dans Lisbonne, et Vitlafior, qui lu commande, fait:annonces:aux diseipies de l'institut qu'illes cou vre. deisa protection. Don Pedro lui-même, ne: se déguisant pasaisituation da pays, négocie: avec:eux poux: conserver:un: moyen assuré de: pacifiér. Ll:est l'arbitre du Portugak;:mais il saitque lésétrangerseuls ont ve avec joie:son triomphe il n'ignoro:pes à quels auxilinires ce triomphe est-dù ; il: fait sonder

les Jésuites pour connaître leurs projets ultérieurs.

Ce n'est pas la première fois qu'il s'adresse à eux. Au mois de mars 1833, trompé comme les autres'sur l'ascendant politique dont il croit que les Pères disposent, l'ancien empereur du Brésil n'a rien épargné pour les lier à son parti. Illeur écrit de sa main, il leur offre le rétablissement de la Compagnie, l'Archevêché primatial de Prague, la direction de la conscience de dona Maria 11, des trésors et des faveurs de tout genre, s'ils mettent au service de la Révolution le crédit dont ils jouissent auprès du peuple. Don Pedro neleur-demande en échange de tant de bienfaits futurs que de lui livrer Cormbre et Lisbonne.

Ces propositions ne furent que plus tard connues des

Pères ; mais alors la victoire avait décidé. Pedro était

arrivé. au comble de ses vœux ; il régnait sous le nom de sa fille; et, dans le chaos même de ses préoccupations, l'idée de rattacher lés Jésuites à sa cause le poursuivait encore ; il voulait les avoir pour intermédiaires entre don Miguel et lui. Le duc de Palmella leur promettait son appui s'ils consentaient à ne pas se relirer dans l’intérieur du royaume.

Ils étaient à Coimbre et à Lisbonne par ordre de leur Général. La violence seule pouvait les empêcher d'obéir jusqu’au bout. Cette détermination était irrévocable. Les Pédristes soupçonnent qu'il ne leur sera pas donné de commander longtemps : pour faire acte d'autorité, ils se ruent, le 29 juillet, sur la Maison de Saint-Antoine. Le meurtre allait commencer avec le pillage ; on avait forcé les appartements, on se mettait en devoir d’outrager les Jésuites. Le Père Moré semblait destiné à devenir la première victime, lorsque tout à coup il. est saisi par un des envahisseurs. De la crosse de son fusil cet homme écarte ses compagnons, puis tombant aux pieds de Moré :

5 ES LAeonm em mone.

DB LA COMPAGNIS DE JÉSUS. 569 « Père, s'écrie-til, mon bienfaiteur, c'est à vous que Je dois la vie; vos soins m'ont sauvé lorsque j'étais en

prison (1). » Oetle scène frappe d'étonnement les Révolutionnaires accourus. pour mettre à sac la de- .méure des Jésuites. Ils reculent devant l'idée d'un nouveau crime, et ils laissent à leurs chefs le soin de consommer avec les apparences de la:légalité l'attentat qu'ils n’ont pas 056 commettre. Don Pedro était débordé, Dans les rangs de son armée, parmi ses administrateurs, il ne trouvait obéissance que pour le inal. On le contraignait à le faire , il le.At., Le cardipal Justiniani reçut ordre de sortir de Lisbonne suus trois jours, afin de bien constater la rupture du nouveau gouvernement avec le. Saint-Siége. Les Cortez démocratiques de 1820 avaient gardé les Oratoriens dans le palais des Necessidades, don Pedro les oblige à évacuer sur-le-champ cette habitation. Avec une inexpérience qui accuse encore plus d'irréflexion dans le caractère que de vices dans l'âme, ce prince essaie de jouer le rôle de libérateur. Il a fait ouvrir aux voleurs etaux assassins les portes des prisons. Ces misérables, encouragés par.les désordres dont ils sont témoins. exités par les vœux impies qui retentissent à leurs oreilles, se mettent à investir les églises et les couvents. Ils égorgent. ils pillent, ils plongent dans les cachots tous les Prêtres qu'on désigne à leur vengeance. é verte ds

Malgré les loyales assurances que les ducs de Ter-

{1) Parmi les notes manusorites du Père Délvaux, nous trouvons plusieurs traits qui honorent. les prisonniers politiques. Leur parti était vainqueur, ils n'oublièrent pas les consolations et l’appui que les Jésuites leur avaient offerts pendant la captivité. Comme gage de reconnaissance; et peut-être mus par une pensée d'avenir, plusieurs de ces prisonniers adressérent des pétitions à don Pegro dans l'intérêt de 1à Compagnie de Jésus.

we DC OS

cère etde Palmétis avsient donnes, ‘les ‘Jéstites, couraiént encore de aarigérs que” es autres'Religieux eutiè”Angtais; M°'Yvers, sedévous poardessauver! Dans edtte réronition de gal les: Anglais jouaient le; premier rôte:1ls durent en retirerdes plas grands béfiéces. Yvers-avait si Chaudement épousé la! cause ‘des Pérés de’ la Compa nie quilnl dèns'Iéars’imtérétk'iès offéters della inatine britamtique;-ét; avec autant de courage que d'adresse, il réussit arracher plüsieurs enfants de saint Ignace à une mort-certaine."Yvers ne ‘put'veîler sur tous : ceux: de'Comibre, dont 16 PéréMhhep était Supérieur, ne furent pas sl'héurenx ‘Lè gouvernement constitutionnel se imontrait'Hostile à ‘la Soctété de Jésus. Don Pedro n'avait ‘pu l'amener “à séryir ses intérêts par ‘uneläèhe trahison; fl espéra que ‘lès menacés produiraient plus Wefot que les sétluctions. Les Jésuites restaient inébranlälles dans leur devoir. À Cotmbre, sous Ie eoup dé la térreur ét Arateupion à mdin armée , ‘ils se livraiéht à leurs travaux habituels! ‘enséignantt: h'jeunessei visitant'les malades et les hôpitaux , ‘essayant par leurs sages avis de faire descentlie:la paix suricette terre désolée. L'influence que ha-prière “ét Fautorité de Ha'ivertu donnaient à

quelques pauvres (prêtres françdiscüntrecarrait tous |

les plans des Eibéraux. Dsavaient rêvé qu'il léurserait facile de détacher le Portugal du lien qui unissait le Royaume très-fidèle au Siége -de saint Pierre. Tout était dirigé dans ce sens. On appelait les Moines et les Séeuliers à l'indépendance, on'éveillait l'ambition des uns, les convoitises des autres; mais l'exemple des Jésuites était.un obstacle à tant d'innovations. Don Pedro prend le parti.de. les .expulser. Le 24 mai 1854, il remet en vigueur.tous iles .édits marquis de Pombal. Son décret est'ainsi libellé :

14 Le.de de:Bragsñce; au nom: de ila Reine, dû ment:informé que quelques: mièembres de:l4 Cempagdie de d'ésus rétaient véhus dans ce :roÿauine :aw temps deilaidomiagation de Husurpateur, tique; fonts deda:foveur des circodstances ; ils avaient conçu ‘te: projet-téménaite d'y rétablir la Société éteinte par:les: nonibreux-et puissants motifs:que :dut :prèndre en: considération le: seignèur Roi don Joseph 4°; étant certain d'ailleurs-que:0es:individus;:se confiant dans l'appui que dévaitrenpérer d'eux da cause de l'uisurpateur, quiest da cause de: l'ignorance:ét du fanatisme, obtiendraient-facilement:le: but qu'ils se:praposaient, ce.quirestarrivéide fait, ayänt:obtenu du: gouvernement intrus d'ampliation nullb ebinon avenue ‘de la bulle du Shint Père Pie VHiquicommence So/icitudo omnium Evolesiarum, datée :du 20 : août: 1814; étantmalheureusementde:plus de notoriété publique que les susdits Religieux se sont montrés fidèles aux prineipes de Ja. Compagnie .dont.ils font. partie. Sa Majesté Impériale ordonne : que le. <orrégidor -de la Municipalité de Ceimbre: intime à-tous.les membres de, la Compagnie qui se trouvent dans ladite ville l'ordre, d'en sortit immédiatement. Il leur donnera leur ifinéraire., et dans. le. plus bref délai ils se présenteront à la seerétairerie d'État, Là, on pourvoira aux moyens. de les embarquer pour ‘l'extérieur du royaume et de ses domaines. Bien entendu-que. dans le cas de contraxention., le gouvernement de Sa Majesté Impériale usera à l'égard. desdits Religieux de la sévérité qu'ils ont méritée. par leur audacieux et criminel projet...

Cet édit. dans lequel les dates ne sont pas plus respectées que la raison et la vérité, fut signifié aux Jésuites. On les arrêta, on les mit àla disposition de don Pedro, on les tralda, comme des malfaiteurs, de pri-

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