‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 52 sur 86 · ET · texte numérisé non relu

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irlsunros La forcé de cetté Unité résulte de la multiplicité des lténs qui joignent les rayons au centre, et les Pères ne therchaient qu’à développer une pareille force. °°"! 5

‘Une autre objection a souvent été présentée contre les travaux des Jésuites, et en accusant l’ancienne Compagnie, elle n'a point épargné la nouvelle. Cette objection est formulée en ces termes. à Rome et dans le monde catholique. La Société de Jésus trouble les Missions; elle bouléverse les chrétieniés par son intolérance de-toût rité étranger et par sun obstination à vouloir réduire toutes les Eglises à la liturgie et au rite latins.

Ce grief, dont l'importance n'échappe à personne, a souvent rétenti à nos orvilies. Nous avons dû rechercher s'il était général ou particulier, et, en étudiant le passé comme le présent, nous sommes arrivé à une conviction basée sur des actes ou sur des faits authentiques. Ainsi, il nous est démontré qu'en Amérique les chrétientés n’ont pas même l'idée d’un autre rite que le latin ; qu'aux Indes ét à la Chine il reste seul en usage; au Maduré et à Calcutta. les Jésuites acceptent le concours des Prètres du rite syriaque et du rite arménien; dans le Liban, ils vivent ‘én frères avec les Maronites ; en Gallicie, ils ne s'opposent pas à la liturgie ruténienne. Jadis on faisait un, crime aux Pères de l’Institut de leur condescendance à l'égard des coutumes religieuses qu'ils n’osaient modifier qu'avec le temps ; aujourd’hui, on leur impute une intolérance complétement en dehors de leurs mœurs, en contradiction même avec leur besoin de propager le catholicisme. Ils ont pour principe de laisser la plus entière liberté aux peuples qui ne renoncent pas volontairement aux rites de leur pays. et ce principe. c'est celui que le Saint-

Siége a toujours adopté. Dans les chrétientés qu'ils organisent, on les voit imposer la liturgie latine; mais cette préférence ne va jamais jusqu’à contraindre les Fidèles d'Orient ou d'Occident à abandonner des usages que Rome a respectés ou sur lesquels il lui a plu de fermer les yeux.

Au delà des mers comme au centre de l'Europe, les Jésuites se savent en butte à des rivalités que le zèle peut rendre hostiles. Ils comprennent que, pour réussir, ils doivent avant tout s'armer d’une modération inébranlable, et ce qu'ils avaient autrefois entrepris et mené à bien. ils le continuéfñit sur les mêmes bases sans se préoccuper des divergences d'opinions ou des calomnies que leur système soulèvera. Ce système était consacré par le temps. Le Saint-Siége l'adopte, il ne reste plus qu’à le mettre de nouveau en pratique.

Au moment où la Compagnie était abolie par Clément XIV, quelques Jésuites abandonnèrent la Grande-Bretagne pour se, retirer dans l'Amérique septentrionale, leur patrie, où il n'y avait jamais eu d’autres Prêtres qu'eux ; John Carroll les conduisait. Lié à l'institut par la profession des quatre vœux, Carroll ne tarda pas à conquérir l'estime de cette immortelle génération, qui préparait dans le silence l'affranchissement du pays. Il fut l'ami de. Washington et de Franklin, le conseil de ce Carroll, son frère, qui travailla d'une manière efficace à la Constitution des Etats-Unis. La prévoyance et le savoir du Jésuite étaient appréciés par les fondateurs de la liberté américaine : ils l'invitèrent à signer avec eux l'acte de fédération. Attachés au culte protestant, ils allaient consacrer son triomphe par la loi; mais le catholicisme leur apparaissait avec les Pères de la Compagnie si tolérant et si propre à civiliser les Sauvages,

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