‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 53 sur 86 · MIGTOIGB · texte numérisé non relu

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qu'ils ne refusèrent pas à John Carroll d'assurer Le priavipe de l'indépendance :religieuse. Carroll. fut admis-à en disouter.les bases.avec.eux: : il Les posa ai uettement,: que; jamais la libertérdes cultes n'a été violée dans les Etats-Unis, Des Awérioains s'étaient engagés à la maintenir ; ils.ne.se erurent.poiat.autorisés. à tuahir. Jeur serment même. parles progrès que les Missionnaires.firent faire à la Foi romaine.

Quand l'Union fut constituée,.ile,pape Pie VI, en

1789, songes à donaer un guide. à..tous ces fidèles dispersés dans les-villes et dans les foréts..John Carrollraçutile premier le titre d'Evèque de Baltimore; plus tord il-devint Métropolitain des .autres.diocèses et Légat-apostolique.avec.un autre Jésuite,, Léonard Neale, pour : Coadjuteur. Le.25 mai 1805, ces.deux Prélats, qui n'avaient point oublié l'Institut de saint Ignace, écrivirent au père Gruber, général de l'Ordre, la ilettre suivante :. « Très-révérend père en, Jésus- Christ, ceux.quis'adressent à votre Paternité-étaient autrefois membres.de. la Compagnie de Jésus. Après sa.malheureuse subversion, en 1775, nous.retournà-

mes.dans. notre patrie. Nous y travaillions avec .no08 confrères; car, depuis le jaur où ie Christianisme pénétra dans ces contrées, les Jésuites. sont les seuls prêtres catholiques qui.aient veillé au salut des âmes.

Lorsqu’en 1785 les Etats-Unis furent entièrement |

séparés de a Grande-Bretagne, hotre saint Père Pie VI, d'heureuse mémoire, jugea nécessaire d’enleyer les fidèles de l Amérique à l'autorité.et à. la juridiction du Vicaire apostolique d'Angleterre, et de les soumettre à un .Evêque spécial. Il établit un nouveau. siége.à Baltimore, et. accorda au Prélat nommé par Jui juridiction. sur l'immense territoire de cette République. Depuis ce jour, beaucoup de prêtres, tant séculiers que réguliers de différents Ordres, se

droit de l' deda vérit il'heireste hommes J més par: le Maryland la Religios maintenan » :Parle aVOns appr espèceden existe encg sie. Nous:s nait, et: que nité la. fac appartenu ; pères;sollie:

les vœux qu mandent.à :

propasent.d blir la Socié » Votre 1 dra faire po cienneComp lableforme.

son propre ( parait essen les membres prudence, we saint.Tgnace ici par vous, tre autorité.

possédaient.

sont répandues dans les nombreuses provinces de l'Amétique ;:et:cette dispersion:ainsiique nousavions droit de l'espérer , a profité à l’heureuxaevroissement deda véritable Foi. Mais de :la:Compagniei de Jésus, il neireste à présent que treize: prêtres, Ge sent des hommes pouf/la plupart :aff.iblis par. l'âge et:consumés par les travaux; ils:résident principalement au Maryland éten Pensylvanie, provinces-dans lesquelles la Religion: catholique a été d'abord implantée, et où maintenantelle est.plus florissante queparttout ailleurs.

» :Par.les lettres de-plusieurs de -nos Frères, nous avons appris avec la plus vive: joie: que, grâce è:une espèce de miracle, la Compagnie a été sauvée et-qu’elle existe encore surle.territoire-de l'empereur de Russie. Nous savons.que. le: Sauveräin Pontife, la resonnaît, et. que, par unibref)il est donné à votre paternité la faculté d'admettre de nouveau-œux:qui: ant appartenu à la Compagnie. Presque tous: nos anciens pères; sollicitent avec.ardeur la grâce: de renouveler les vœux qu'ils ont fait à Dieu dans l'Institut; üs.demandent.à achever leur vie dans.son;sein, iet.ils .se proposent de consacrer ‘leurs derniers jours. à rétablir la Société, si la Providence le permet. :

» Votre Paternité n’ignore.pas.les-efforts qu'il faudra faire pour ne point ressusciéer un: fantômede l'ancienneCompagnie. Elle. doitreviwre, mais.aveosa véritableformeson,gouvernementeutouteschosesetavec son propre esprit. Paur atteindre,cerésultat, il: nous parait essentiel.que Vatre Paternité choisisse; parmi les membres de l'Ordre: un Pèredoué. d'une.extrême prudence, versé dans les affaires, plein de l'esprit de saint.Ignace-et de ses, Constitutions, afin:qu'envoyé, ici.par vous, il dispose tout.en.votre nom et:sous. votre autorité. En.un mot, il. doit jouir du pouvair.que: possédaient les visiteurs chargés par saint: Jgnace.

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d'aller chez les peuples lointains, comme le Père Jé-

rôme Natal. parle de saint Borgia et nos annales de

PME autres.

.»: On éviterait les dangers d'une longuë navigation si on:trouvait en Angleterre ou ici: quelqu'un de la Compagnie à qui on pût confier cette Mission. Mais, pour dire:toute:la vérité, nous avons été si employés

dansides ministères en dehors de l'Institut, nous

sommessi peu expérimentés dans son gouvernement ;

le défaut de livres, de Constitutions et d'actes mêr1e des Congrégations générales est si flagrant qu'on ne rencontrerait ni parmi nous ni en Angleterre quelque Jésuite ayant assez de force, de santé et de qualités nécessaires: pour remplir ces fonctions. Il pa- Trait donc opportun d'envoyer ici un des Pères qui sont auprès de vous. Il faut qu'il connaisse à fond vos intentions, qu'ilsoit assez prudent pour n’entreprendre rien précipitamment avant d'avoir étudié le gouvernement, les lois, l'esprit de cette république et les mœurs du peuple.

»Les biens apparténant à la Compagnie sont presque tous conservés; ils suffisent à l'entretien de trente Religieux. Après la destruction de l'Ordre, une partie de ces propriétés a été consacrée à l’établissement d’un Collége assez vaste où la jeunesse est instruite dans les belles-lettres. Lorsque Pie VI voulut donner un Evêque à ce pays, et plus tard un Coadjuteur avec droit de succession, il les choisit tous deux parmi les Pères: de la Compagnie. Dans

cette république: lesPrêtres, de quelque culte que ce

soit, jouissent tous d’une égale liberté. Rien n'empêche les Réguliers de: vivre d'après leurs Çonstitutions, pourvu qu'ils obéissent aux lois civiles. Dans les contracts de tout genre néanmoins, il est bon de s'abstenir du nom de communauté. Tous les biens

que possèdent les Religieux sont censés appartenir aux individus ; et, si quelqi'un secoue lé joug de la Religion, il le fait impunément dans:cé monde; le bras séculier ne se prétant en aucune tac à le réintégrer daïs le devoir. :

» Tels sont les vœux qué nos confrères désirent ‘ qui vous soient exposés en leur nom. En le faisant, nous'prions du fond de notre cœur la Majesté divine afin que de cette ouverture naisse l'espérance et un commencement d'exécution pour réédifiér la Compagnie, et que Dieu vous accorde la’ vic'et les forces nécessaires à l'accomplissement d'une paréille œu: vre. »

Les deux Prélats signataires de cette lettre ef caient pour faire place au Jésuite. Is sont libres, indépendants, comblés d'honneurs,'et, tout en'aspirant à rentrer sous le joug de Loyola, ils ne veulent pas même: attacher leur nom'au rétablissement de l'Institut. Ils s’accusent d'incapacité relative et implorent une lumière plus vive que celle: qu'ils projettent. La réponse dè Gruber ne se ft pas attendre. En vertu dè l'autorisation accordée: par le Saint: Siége. le Général pouvait recevoir dans la Compagnie les anciens Pères et les jeunes gens qui se présenteraient, à condition néanmoins que, dans les royaumes où les princes refuseraient de favoriser le vœu du Pape, les Jésuites ne porteraient pas l'habit de l'Ordre et ne vivraient point en communauté. La prohibition étant peu apolicable aux Américains, Gruber les admit. Le Pere Molineux fut nommé Supérieur de la Mission, et dans l’espace de quelques années elle compta parmi ses prédicateurs, ses savants ou ses professeurs Antoine Kohlmann, Pierre Epinette, Jean Grassi, Adam Britt, Maximilien de Rantzaw, Pierre Malou et Jean Henry. Ils devaient

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