‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 55 sur 86 · NUE · texte numérisé non relu

NUE

pésà faire'la distinction entre l'indépendance natio-

nale et la liberté individuelle, Pans leur passion de libre arbitre; ils confondirent ces deux principes opposés : le triomphe de l’un deyint un excès et une causé de ruine sociale par l’autre. Le joug à écarter pour les enfants de l’Union, ce fut l'autorité paternelle ou le pouvoir temporaire des instituteurs qui en dérive. S'y soustraire immédiatement est un désir inné au cœur de l’homme. En Amérique, on le fomenta, on l’exalta par toutes les théories d’indépendance. Le.peu dé sévérité des parents ou la certitude de voir leurs conseils dédaignés facilitèrent l’impulsion de cet esprit insubordonné. Il agissait sur la jeunesse indigène ; il réagit sur ‘celle: qui: accourait d'Europe'pour se consacrer à l'Institut: de Loyola ou au Säcerdoce. L'air de liberté que ces Novices inexpérimentés respiraient dans les Etats de l'Union en jet: plusieurs au milieu des voies ‘du monde; mais ls: Jésuites s'étaient attendus à ces échecs. Ils persévérèrent dans leur plan: cette persévérance fut enfin couronnée de succès.

Quant:la victoire eut laissé les Américains maîtres de léur pays, John Carroll comprit que la Religion catholique devait , elle aussi, avoir son église et sa maison d'éducation parmi tous les temples que la liberté élevait à chaque culte, Il fonda donc au bord du fleuve Potomak et presque aux portes de Washington le Collége de Georgetown l’4/ma domus des Jésuitesanglo-américains. Le Congrès et les présidénts des Etats-Unis prirent sous léur protection cet établissement, qui, comme la plupart des résidences de l'Irsutut, s'élève sur une colline, afin de présenter au loin ce spectacie si moralement utile; le temple du Très-Haut devenu l'indice visible de la protection céieste. D’autres églises se construisirent

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par les soins des Pères. Ils n'avaient qu'un faible : : espoir de se régénérer, mais. le. Catholicisme-devait: ! survivre à Ja: Compagnie : ils travsillièrent: à-l'accrot: : : tre.et àle rendre populaire. Marchant sur:les traces du Père Hunder, les derniers survivants dé l'Ordre de Jésus assistaient au mouvement social qui emportait l'Amérique septentrionale ; ils: y participérent comme citoyens, ils s'efforcèrent de le réndre favorable au Catholicisme. Les Jésuites avaient efficacement travaillé à civiliser ces peuples : les Protestants eux-mêmes leur témoignaient de la gratitude:pour les bienfaits passés: on leur facilita les moyens de s'étendre dans le Maryland, dansla Pensylvanie, dans les districts de Columbia, de Philadelphie, de Boston et de New-York.

En 1818, sous la direction du Père Grassi, les Missions commençaient à prospérer, lorsqu'un incident sérieux mit les Jésuites en divergence avec la. loi. Le cas était épineux, car il s 'agissait du secret de la confession. Un négociant fut tout à coup dépouillé d'une certaine somme d'argent: Le voleur échappait aux recherches de l'autorité ; il était Catholique, il neput échapper aux remords dé sa conscience. Il s'adresse au Père Kohimann, Jésuite français, né à Colmar le 18 juillet 1771. Ilavoue son crime ; l'enfant de saint Ignace se charge de le réparer en restituant la somme enlevée. Kohimann remplit son devoir; néanmoins les magistrats le citent à leur tribunal. Ils lui décla-

qui cache le nom du malfaiteur est censé son com-

plice, et qu'il devient passible de la même peine: Cette

menace n’intimide point Kohlmann. La Cour suprême

de justice évoque l'affaire qui, en soulevant de pa-

reilles difficultés, tenait en éveil l'attention publique.

Les Protestants se partagent.en deux camps : les uns Mist. de la Comp. de Jésus. —T. VE, 17

se rédgént: du;côté des: Jésuites; les autres:demah-: : dent:qie : force! resté) la loi, Des débats ‘sotennéleres 9 s'engagentisur cette question deivie:owdé/mort pour: le Gatholicisme: Le: Pèré’ Kohlinann expose devant: :: la Cour judiciaire le/respecti traditionnel dûiæ secrét: ‘ de larconfession;'il:émeut les Protestants ; it porte :'

la convictionidans leürs âmes: et, sous la: puissante: ! de cette parole, là niagistratune déciare que la liberté: :" de consdiente‘acvoré à tousdbit:s’'étendre jusqu'au: : secret:confié aux Prêtres catholiques dônsile-tribtr nal:de la:Pénitence.

C'était un: triomphe:que: le Jésuite avait préparé: par son livre-intitulé Catholic questioniet par sadéfense ;:en 1815;.le: gouveitnement:voulüt: récompehser tant de services. Le Collége de Georgetown réçut :: le titre et: les privilég£s d'Université. Le 2 décembre 1815, John. Carroll ‘expire entre: les. bras du Père. Grassi. Cet Archevâque octogénaire; qui-a vu tant: de révolutions, mouraitien laissant: la Compagnie. de. : Jésus en voiede prospérité. Un Noviciat venaitid'être: créé à ‘White-Marsch,,; dix-neuf jeunes:gens yen. traient,.et: les funérailles du Prélat ellnient-encore, fournir'unc: nouvelle démonstration de:la liberté ne ligieuse. qu'il sut.si-sagement:faire proclamer. Ce: fat. la première fois.que larcité de Baltimore: vit la croix : parcourir sesrues:et-les prêtres; renétus de-leur habit. : de-chœur, psalmodier les-chants-de l'Eglis, La foule. accueilkit cette pompe funèbre avec un:silence reéspectueux., Elle s'était. battue: pour jouir dela liberté, elle: l’accordait aux autres aout éhenduniuaile ld désirait:: pour elle-même...

Deux.ans: après; le Père Lésnend Nésle, loisuecesseur, de Carroll:sur le.siége météopolitain, mourut à: son toun. laissant. sis de. ses-frènessengagés: danslé.

Compagnie. Rex gaiobtie-snntr se: développait. Em !

#11 HSTOIRB: ‘1 "

1818 les enfants dé saint Tgnace se trouvaient au nombre ‘de: quatté-vingt:six. Le Père Kennéy:prononçaitidevant'le Congrès ei le eorps/diplomatiquél'oraison funèbre du: duc'de Berry!'Les “Jésuites se | mélaiént activement au bien qui se projetaié. Ils fondaient à Georgetown des ‘écoles griatuitesi où trois cents enfants étaient élevés par eux;' sans distinction de cuite! Par la force seule du principe cattivlique, ils attiraiént à la Foi, Chaque: semaineidés familles entières ‘abjaraient le: Protestontisme: entre leurs mains, et l'on vit mème'des ministres anglicans, des: chefs de l'Université, renoncer aax avontaäges- dé léur position pour écouter la voix de Dieu-quilés appelait à la Compagnie de Jésus (1}.'En présence de tels résultats, le gouvernement ne s'effrsiéipoint dés succès dont ilsüit la'marche progressive ; mais il exige-que, comme les autres établissements d'éducation publique, les Jésuites reçoivent la rétribution que les familles ont l'habitude dé payer. C'est une garantie de loyale concurrence qui sembtèe porter'atteinte-auvœu des Pères. Ils vonsultent leur Général! Fortis ‘décide que soumission est due’ aux 10is civilés; mais que, pour rester dans la rigueur dela pauvreté: religieuse, toutes les sommes provenant de ces rétributions-seront offertes publiquement‘ et. sous le controle-de: chacun ‘aux indigents, aux hospices.et) aux prisons. Earésurrection des Robes Noires était! annoncée : dans:les savanes. Les: tribus errantes rétlamèrsnt . D En sara a PUnion:iles tu |

(t) La conversion Aigle ébtante: fo) cell dati} pis teur:de l'Eglise réfomhée: et: verteur:dn Goléguide tonnectiqut:, 1 embreasta lo Catholicigme aveo-tonte su fatoillel et-énisa, 15. Noviciat des Jésuites. Son. épome se fit recevoir an. spavent de la Visitation; quinse Rene tri dur fs fut adœis pen, Lg Pèréb'de lTastitut,

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399 Loi STOIE

avaientQonlis. béni il, leurs ancêtres. Elles les invoquéerent pour :fén0n@er le désert par la prière et:le civiliser par l'édiiéilion. Les Osages. avaient donné. l'exemple, les Nègres de Saint:Domingue le suivirent. Le 14 septembre; 1825, l'abbé Tournaire, missionnaire apostolique à Haïti, écrivait aux Jésuites : « Des Pères de l'Institut ont pendant de longues années dirigé les missions de ce pays: ils y ont bâti des églises et appris à faire vénérer lenom de Jésuite. Leurs travaux y consacrèrent pour jamais celui de Père, dont depuis lors les sauvages honorent le simple Prêtre. Les vieux noirs y parlent:encore de leurs bonnes œuvres; ils récitent divers fragments de prières, seul reste de splendeur et de piété conservé dans le cœur de:ces: pauvres gens après tant de guerres cruelles. Les Jésuites abandonnèrent le pays, et avec eux la Religion disparut. Voyez s’il vous est possible de laisser perdre quatre cent mille âmes; si la piété des Jésuites peut y laisser éteindre le souvenir de cet apostolat ; si le portrait horrible qu'en trace la haine ; si les vues de la France sur Saint-Domingue ; si quelques autres misères toutes terrestres peuvent fermer le ciel à ces àmes de Jésus-Christ. »

Des sollicitations aussi touchantes arrivaient des points les plus opposés. Ce cri d'une reconnaissance ‘traditionnelle était un hommage rendu à l'ancienne Compagnie de Jésus. la moderne aspirait à s'en ren-

dre digne. Mais quand la prière des Nègres parvint

aux enfants desaint Ignace, ils se trouvaient déjà engagés par une espèce de concordat avec Guillaume du-Bourg, Evêque de la-Nouvelle-Orléans. Ce dernier les avait chargés d'évangéliser les peuples qui habitent les bords du Missouri et dés fleuves voisins ; les Jésuites avaient accepté. Quelques Novices venus de Belgique fufont éholsis Pour st le yœu du

Prélat. Ces Novices étaient Frarigois de af de Smet, Verreydt, Van Asche, Clet,'Smedts/ét Ver- -haegen. ls avaient pour mattres ‘les Pères Chafles ‘Van Quickenborn et Temmermann, déjà familiarisés avec la langue anglaise. Du Bourg, comme les disciples de l'Institut , n'a pour toute ressource que son æèle, Ainsi que lui, les Missionnaires ne désespèrent cependant pas de }a Providence. Van Quickenborn se met à mendier dans le pays ; il s'adresse aux Pro- «testants et aux Catholiques, stupéfaits de cette inno- ‘pation. Le Jésuite était aimé ; l'œuyre qu'il entreprenait excitait l'intérêt. publique : il recueillit en peu'de jours:assez d'aumônes pour accomplir le voyage. Cette excursion ne fut pas sans danger. Les Pères eurent d'immenses prairies à traverser, d'interminables circuits à faire pour retrouver leur route-ou pour - éviter la rencontre dus'bêtes féroces. Ils marchèrent longtemps. ici à pied, là placés sur de frêles barques descendant ou remontant des fleuves inconnus. Enfin ils arrivèrent à Saïiat-Louis, où un autre genre d'épreuves les attendait. Ils s’établirent près de Florissant, sur un terrain vierge au bord du Missouri. Alors, tous confondus dans le même travail par la même nécessité, ils commencèrent. à bâtir de leurs mains une demeure en charpente et à préparer des champs pour la culture. A cette latitude, le climat est rigoureux en hiver. Ils n'étaient habitués nièun pareil froid ñi à d'aussi pénibles labez”5; mais, au terme deces fatigues, ils savaient qu'in grand but de civilisation leur ‘était proposé par le Christianisme, leur persévérance triompha. Van Quickenborn avait jeté les fondements d’une Mission, créé ur Collége et des Résidences ; il pénètre dans l'intérieur des terres pour tracer la voie à ses successeurs, Des Pères belges ouvraient ces contrées à l'Evangile ; quelques

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.…-Jéttitééthengeis, appetés.par FEvéquedeBandstonn,

“stenfancentsdens tes salu levdu Kentuuky. D'autres .tfurdes,pos de/Purcell, Evéque dé:Gineisnati;sstéta-

blissent:spr l'Ohio. Mais, toutiencédant aux inslances de ces Prélats, qui sentaient Je besoin: de: s'appuyer «sur. des dévouements aussi: éprouvés; iles iJésuites

: pensentique le-moment n'sstpasencoreivenu déines- Suseiter des :prodiges passés. Tloétaitiheaut:àseux, à opeine,sortis du:sépulere. de-néveilar ces tribus et de des convoquer: encore aupied:de:la croix; lemombre - “8lnestreint des enfants. de Layola:ne permettait pas

néanmoins d'envoyer. auimartyre:où:à mort tant de Pères-qui-soupiraient après ce: dérapostolat. L'Institnt s'était vu:contraint ide :néduireen système les sacrifices, individuels. L'obéissance enehatnait à; de

moins périlleux travaux.et.les :ésuites n'obtinrent

plus que difficilement l'honneur: d'aller mourir au milieu. des Sayanes.

C'est qu'un. fait. immense nenait de.s accomplir, et ‘ils-avaient.à en tenir.compte. Aux Etats-Unis.:lai po- ‘pulation.blanche, non catholique lemportait numéri-

quement sur.celle. des-Indiens. Sans cesse refoulées

: par les-blançs auxquels ;élles ne: eonsentent jamais

à se méler , toujours..en..guerre les :unes avec:iles autres , les races:indiennes-déeroissent, sans: cesse ; ‘elles tendent mème à s'effacer. Les:Jésuites,; dans ‘les; jours:les plus :prospères de leurs: Missions, ; ne

‘purent: jamais les plier en:masse aux ibesains:et aux mœurs de la vie civilisée. Quelques peuplades ;dans

de Maine et ‘au, delà. du Mississipi semblaient foire «exception à cette «règle: générale ;:maisle probläme était résolu::par d'expérience. Autrefois; pour icon-

server le germe du: Chnistianigme, :adoncirdesmœurs

-etiat: ter les Sauvages. à un,progrès-réal, ilifallaitrles

sevrer deitoute |oommunisation nec, les sblancs.

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» eûatre les: yisesiinbérents à: deur :mature. C'est en

: faueideipareils:;:nbstacles:que lea Jésaites:n'ont,pas eru: devoir sainoidir ieontneles impossibilités morales a et matérielles dant ds;avaient le;preseentiment:iL'al-

. teruative:laur: était laissée ; ils: préférèrent.leieertain

väfiasertain.Oniessavait autrefnis.aceusés: de poétiser les Missions, d'abriterdes:ambilions owlesicrimes de

: 4'Enstisut:dernière elite page d'histoire dont:chacun

s40hfussait. la: grandeur at Lutilité:;ils ne voulurent jpas:qu'un:pareil repradhepât. étre:adressé à la So-

-ciété renaisgante, Ondes condamnait.à.èére hommes ;

» eniatééndant des jours meilleurs, ils 5e ol auxoproportions, de l'humanité. | -Perpétuerla Foi dans des Mitimians catholiques,

TT «ramener les sentaires par.la:discussion.et former un .ssolergé aationalkitelle fut Ja friple.fin.qu'ils:se, propo-

.sèrent., Ils :embrassaient: par la pensée: les. travaux

-desi anciens, Pères; ile, voyaient:ee qu'illeur restait à apcormglir pour féconder: cel, ne demandant.;pas omieux.queideproduire.des:moissons chrétiennes, Ils

… tamplaient:de,patil, membre de,Ridèles,mélés àune

“multitudade, sectaines ;;ils cxunent que. leur, premier . devair:était. de.sombatire là où le péril apparaissait

auainent.|Le libre examen. l'indépendance jahçglue

«tole:luxe engendraient.de fréquentes -apastasies et

wine liosucesans.frein..Le.manque de,prêtres produi- “s8itià da longue. nn sommailivoisin, de Ja mort,.Les

Américains, amx. yeux, des Hésuites;:paraissaient. des- , dinés.à jouer. plus tard un rôle; important: dans les riaffaires: du monde. iles. Jésuites. apprécièrent. leur

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