‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 63 sur 86 · HiSroiNE · texte numérisé non relu

HiSroiNE

ebifices:quien: résulteront comimede veritabtés tier- ‘Les: eesipanoles de l'Evangile donnez et'ontivots donasra trouvent ici leur #pplicationHin’ést pas nôcessire:d'âttendrequ'une province soit'assez fournié de sujets pour: pouvoir dénnertauxiMissions : quelque chose:de son'abondancei et ipow ainsi! dire’ de sôn ‘superflu; Jésus-Christ voutant que chacun :se:plaise à donner méme desa pauvreté; etsetiénneassuréque ce qu'ilaura donné ainsi lai:sera rendu avec usure par :lm bonté divine, it dit:: Donnez: 'et:on vous:donnera ; date et dabitur vobis. Ainsi, devons :nous être peruadés que plus une prôvinee:ise montrera libérale en 0e qui: tient à cette:œuvre, plus «elle: donnera:de bon cœur à Dieu.et aux Missions:ses meilleurs-et sesplus &tiles sujets, plus aussi:la bonté: divine ausa:soin (de lenrichir, de nt recrues et de sujets non moins précieux. »

“Qnze ans plus tard, le 14 juin 1844,.le Père Louis Maillard, Provincial de: Lyon, indique : aux iJésuites de.nouvelles terres. L'ile: de Madagascar ‘implore:des Prêtres français. Elle a été longtemps:letombeau:des Européens ; :son.climat. meurtrier :a; dévoré ‘les:Lazaristes que:saini Vincent de Paul :y envoya et lesidiver. ses générations d’émigrants que:la; cupidité pousse vers ces côtes. Mais, en échange de tant:dr périls avoués..il ya plusieurs; nations idolâtres: qui, à l'ex” emple des Malgaches, aspirent au Christianisme” M. Dälmont, préfet apostolique de cetteile, fait appel aux Pères. de l'Institut, Maillard y répond : Si,: dit-

il dans la lettrequ'iladresseà chaque Jésuite, : le:zèle n’était pas.cette flamme:sacréerquisne cesse de bralet sur \a' terre corrifire elle" brûle” ‘dans Les cieux; "si les té, au lieu de l'affaiblir, ne servaient pasau contraire à l'accrottre et à l’alimenter , oserai-je aujourdilmi

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préseñter: à notre petite province laigrande et belle mission qui est proposé àj:son. inépuisable :générost6? Après les admirables; efosts:-et:les-sacrificés inouis que nous:coûte:déjà l'entreprise: immense et du Maduré, et del’Algérie, etide la Syrie, pounrai-je bien, sans: crainte de lasser. une: constance même in: fatigable, parler:encore.et:de nouvelles: conquêtes à faire et de terres inconnues à cultiver ? Oui, mon-révérend: Père, je-puis: et. je dois: hardiment en parler aujourd'hui, et jesuis assuré de trouver de l’écho/dens lesicœr.rs dévoués de nos dignes Pères tune: sympatbie toute; divine: dans l'âme de nos-jeunes.amis. N'entendons-nous:pas:d'ailleurs; une;; voix: chérie et vénérée, la voix:de notre :père:eommun quirnousicrie à tous.üe la part de: Dieu : Vous: avez, il es tvrai, éiergi.vos entrailles ; vous avez dilaté.; agrandi votre

tente ; et pourtant vos entrailles ne sont pas encore ‘ :

assez dilatées, et votre tente n'est pas: assez élargie. Portez, portez donc plus:loin, vos limites. Avaneez, avancez: toujours. Data docum: tentorii étui, el pelles: tabernaculorum extende. Voyez: à :vetre droite ces: peuples:qui: vous:tendentlesibras, je vous les abandonne; ils, sont. à vous. Et. à votre, gauthe voyez ces autres peuples qui implorent votre.compatissant secours, ils sont également à vous. Mais voiei au delà des mers, des ierres inconnues, des.contrées assises à l'ombre de la mort, un peuple nombreux qui n'a pas. encore entendu. Ja bonne ,nouvelle. Eh bien ! je-le réserve aussi à votre. vigoureuse. jeunesse, il estivotre domaine et votre héritage: Vous péaétrerez dansses solitudes, etsous vos pieds fleuriraun nouveau désert, et. à votre, voix: s'élèveront. les: murs: dun sanctusire chrétien, et resplendira. de .beauté«et.de puneté une Jérusalem nouvelle, «4 dexteram.enim etcad læuam, penetrabis,.elsemen tuwm gan-

” tes hœreditabit, et civitates desertas inhabitabit.

….» Semen tuum : cette postérité, mon révérend Père, quelle eët-elle en effet, au jugement des interprètés? sinon les Apôtres, les‘hommes apostoliques, les intrépides Missionnaires, tous ces cœurs de Prétres, larges et dévoués qui volent ‘à la conquête des âmes, et cherchent à dilater le sein maternel de la Religion. 0 710 ich) 01

» Et quelle est ici pour nous la terre inconnue qui s'ouvre devant notre zèle, et le peuple nouveau qui va nous être confié? Cette terre, ce peuple, c'est Madagascar, contrée dont vous connaissez sans doute l'immense étendue, ét qui semble d'autant plus admirablement placée sous ia main de notre chère province, qu’elle occupe la route même que doivent souvent parcourir. nos ouvriers et amis de la Chine et du " Maduré.» 0

Ainsi, à toutes les époques et en face de tous les besoins. l'Institut s'empresse de réchauffer le zèle pour l'œuvre évangélique. Il accepte les Missions que le Saint-Siége lui impose; les plus difficiles ou les plus dangereuses sont celles qui provoquent les plus saintes concurrences. Madagascar a ses Missionnaires: Guatimala, le Chili, Buenos-Ayres, le Brésil, la Vouvcile-Grenade, le Paraguay, Ja Chine et le Maduré possèderc:t les leurs comme les États-Unis, le Üanada, les Montagnes-Rocheuses et la Syrie.

Après s'être soustraites par la force à l’autorilé de la Métropole, les colonies espagnoles et portugaises essayèrent de se former en États indépendants. Elles étaient librés ; elles se firent démocrates. A peine ces Républiques furent-elles constituées, qu'elles songèrent à perpétuer, dans le cœur des générations futures, la Foi et l'enseignement chrétien. C'était la condition de leur existence ; elles la comprirent. De-

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venus hommes par le Christianisme, ces peupiss; dont l'histoire ne faisait que de commencer, n'avaient point oublié, dans les guerres de fédération et d'indépendance, les Missionnaires qui jadis se dévouèrent à leur émancipation intellectuelle:et à leur bon. heur, Les Jésuites avaient réuni toutes ces tribus éparses ; ils leur avaient appris les félicités de la famille, l'amour de la patrie et du travail. Dans l'Amérique méridionale, il n’y eut qu'un cri pour réclamer le concours des Pères. Le 26 août 1836, Rosas, cédant au vœu de la République argentine, accueillait à Buenos-Ayres les Péres Berdugo, Majesté, Coris, Gonzalès et Macarron. Son décret était ainsi conçu : « Etant venus d'Europe à cette capitale. six Religieux de la Compagnie de Jésus, qui ont été reçus par le gouvernement d'une manière toute particulière au grand applaudissement des habitants de ce pays catholique, et ces Pères ayant témoigné le désir de se rendre utiles à cette province, par l'exercice des fonctions de leur Institut jugées les plus nécessaires à son bonheur ; le gouvernement, considérant que l'occasion est arrivée de rétablir ladite Compagnie, si vénérée parmi nous par les services immenses qu'elle rendit autrefois à la Religion et à l'Etat dans toutes les contrées qui forment aujourd'hui la Répnblique argentine, a accordé et décrète que les Jésuites seront placés dans leur ancien Collége. Ils y vivront en communauté, conformément. à leurs règles; ils y recevront tous les autres individus de la Compagnie qui viendront d'Europe, et ils ÿ ouvriront les classes que le gouvérnement voudra leur indiquer. » |

: Le peuple réclamait les Jésuites; le Dictateur Rosas cède à ce vœu. Il avait espéré trouver dans les enfants de saint: Ignace un nouvel instrument de règne; il les laisse s'établir, se développer, et prendre

sur les masses l'influence morale nécessaire! à: ses projets; Quandil:les voit en possession dé l'estime publique, Rosasiténte de les faire les complices de sa: marche tortueuse. Au milieu des querelles intéstines quicétlataient:chtique jour, :le:diètateur'invite:les Jé:: suités: à se prononcér'en faveur de:son despotisme. Les Jésuites! né se déguisèrent pas que l'avenir de leur Mission était ’menacé ; ils's’efforcèrent de faire renaîtte la paix dansles esprits divisés: ils parlèrent : de concorde et de pardon des injures à ces cœurs ulcérés: Le rôle de modérateurs qu'ils avaient adopté n'entrait pas dans les vues de Rosas : il leur fit con-: naître son mécontentement ; :ce:méconténtement n6' modifia ‘en: rien là-conduite des disciples de l'Institut. Ils étaient accourus dans la République argentine, pour maintenir : la : Foi ‘aux cœurs des 'populations, instruire la jeunesse et propager le Christianisme parmiles tribus non civilisées, La politique ne devait jamais les préoccuper : ils restèrent dans les terres de leurs Constitutions. Rosas s’aperçut qu’il ne pour: rait rien obtenir de leur condescendance ou de leur ambition. Il les avait comblés de favéurs dans l'espoir qu'ils seraient ses auxiliaires ; et il ne rencontrait chez eux que de silencieux improbateurs. Les Jésuites refusaient de bénir le ciel de ses meurtres et deplacer son portrait sur le mattre-autel : Rosas organise:la perséculion ‘pour les obliger à le servir. Le Père. Berdugo se réfugie chez un Protestant; puis, afin d'échapper à la mort, il demanc ‘leen brick l’4lcyon; où il fut reçu par l'équipage rrançais avec tous les égards dus au Sacerdoce. Cet état de choses dura jusqu'au mois de mars 1845. Les Pères avaient passivement résisté à toutes les iniquitéside détail:qu'une tyrannie -ombrageuse peut inventer:; à cetteépoque; Rosas #'inmagine qu'en: fülminant un:

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édit de suppression: de la. Compagnie; il-va dompter | leur,patience, L'édit paraît ; ‘il -enjoint aux: Jésuites" de sortir.de Buenos:Ayres.sous-huit. jours, ou de se: séculariser. Les Jésuites partirent ;+.ils étaient au nombre de quarante ; ilsse dispersèrent dans le Bré: silet dans le Chili; quelques-uns, s8.dirigèrent:sur Montevideo: et sur Cordoue du Tucuman; où les hé: ritiers des Néophytes du Paraguay leurs tendaient les bras. Les Pères Martos et Sato s'enfoncent dans:la province de. Rio-Grande.du sud ; Vilà, Lopez et Cabeza., dans celle .de, Sainte-Catherine: Au milieu de fatigues et;de périls. incessants, ils. poursuivent leur Apostolat.. |

Rosas n’a pu faire: sortir les Missionnaires des limites tracées à leur charité. Les plus riches négociants de Catamarca s'adressent à Santos de Nieva, chef militaire dela; province. et. ils demandent: des Pères, L'assemblée provinciale fait entendre le même: vœu; elle déclare, le 18:août 1844, que: « Convaincue de l'utilité de: l'Ordre deJésus dans les rapports : ecclésiastiques. civils, religieux et sociaux ; elle le rés! tablit à dater de ce jour.».Le 28.avril 1842, la Ré: publique de la..Nouvelle-Grenade; de concert avec : l'Archevèque de Santa-Fé-de-Bogota,:avait pris l'ini-: tiative. Elle rappelait.les Jésuites dans son sein ; cle: accueillait.avec une:filiale allégresse les! maîtres) qui: venaient achever l'œuvre.de: leur: émancipation chrétienne ; elle leur confiait le soin d'élever la jeunesse et de propager dans toutes les classes l'amour des lois et de la science. Ainsi, sur tous. les. continents où : le nom.des Jésuites avait.autrefois retenti.comme:le.. précurseur: de la:civilisation, les peuples se liguaient: dans:un sentiment de pieusc reconnaissance pour'en* obtenir encore. Ti s'adressaient au Saint-Siége et 4t. Général‘ de la Contpagnie. Leurs représentants dans.

les assemblées législatives regularisaient ce vœu des masses, et partout les Evèques s’y associaient. Les deux Amériques avaient imprimé l'élan ; la Chine catholique ne sut pas y résister plus long-temps. Bési, administrateur de Nanking et Vicaire apostolique de Chang-Tong, sollicite à Rome des Missionnaires de l'Ordre de Jésus. Le 27 avril 1841, les Pères Gotteland, Brueyre et Estève (1) s'embarquent à Brest sur la frégate /’Érigone. Le zouvernement français a compris que, comme les anciens Bourbons, il doit faciliter ces dévouements qui tournent au profit du Christianisme et de la société européenne. Il prend à sa charge les frais de traversée, et, au commencement de novembre, ’Érigone dépose les trois Jésuites à Macao.

Depuis l'extinction de la Compagnie, ce sont les premiers Pères qui entrent dans le Céleste-Empire ; ils prêtent le serment relatif aux cérémonies chinoises. et que la bulle de Benoît XIV Ex quo singulari a exigé. Cette formalité accomplie, ils s'introduisent dans le Chang-Tong. C'est à Chang-Haya que Ricci, l'Apôtre de la Chine, a débuté dans sa mission. Là vivent encore en fervents Catéchumènes les descendants de Paul Sin, son plus illustre disciple ; c'est là que les Jésuites se décident à faire entendre la parole de Dieu. Leur souvenir était vivant au cœur des

Néophytes ; les Missionnaires n’eurent donc pas de

(1) En annonçant au prélat le départ des trois Jésuites, la :

Propagande lui écrivait le 30 juin 1840 : « La Sacrée-Congrégation se propose de se servir de ses trois Religicux de la Compagaieet desautres qu'on pourra envoyer dans la suite pour rouvrir la Mission du Japon, lorsqu'il plaira à la divine, Providence de faire briller de nouveau la lumière de l'Evangile dans ces régions désolées et d'enlever les obstacles qui s'opposent à l’eutrée des ministres de Jésus-Christ, à

poine à gagner leur confiance; ils avaient au Nanking et au Chang-Tong plus de cent quarante-cinq mille Chrétiens à maintenir dans la Foi si merveilleuse. ment conservée ; ils fondent un Séminaire pour préparer les vocations sace! les. De nouveaux ouvriers étaient indispense \u mois de décembre 1845, lés Pères Clavelin , Languüillat, Taffin et Vanni sont embarqués ;u: l'escadre qui porte à la Chine l'ambassade de M. de La Grenée. Le 15 octobre 1844, Clavelin écrivait: « On espère beaucoup de notre ambassade, et tous les Missionnaires sont persuadés qu'il n’y a qu'à demander la liberté des cultes pour l'obtenir. Les Anglais. dit-on, se repentent de ne l'avoir pas demandée, et s'ils ne l'ont pas fait, c'est qu’ils n’y ont pas pensé; ce qui le prouve, c'est l'article qu'ils ont fait insérer dans le traité supplémentaire. D'après cet article, les Chinois ne doivent plus mettre à mort les Missionnaires. L'ambassadeur américain vient de partir ; il a obtenu, dit-on, tout ce qu’il a voulu, entre autres choses des conditions très-avantageuses pour la Religion protestante, par exemple la permission d'élever des temples dans les différents ports. » La France ne restait pas indifférente à ce grand mouvement, qui fait enfin tomber, devant la civilisation européenne, les préjugés et les précautions que le Céleste-Empire maintient depuis tant de siècles. M. de La Grenée a manifesté les vœux de son pays; en dehors des intérêts commerciaux, il a stipulé, pour les Missionnaires etpour les Chrétiens indigènes, tolérance et sécurité. "7"

*Garantis par des actes diplomatiques , placés sous la sauvegarde de l’Europe, les Jésuites n'ont plus à redouter les tribulations auxquelles jadis ils se voyaient exposés. La mort ne sera plus possible que par l'excès du travail ou de la charité. Une lettre du

Hist. de la Comp. de Jésus. — T. vtr. 19

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