‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 68 sur 86 · Qn.ne denntrenké s pas qu’ils observent ue leursvœux · texte numérisé non relu

Qn.ne denntrenké s pas qu’ils observent ue leursvœux

de pauvreté et d'obéissance: au contraire, brignes, ambitions...

A quels autres faut-il imputer les forfuits de la Ligue ?

-#-Pid'IV tour a accordé la direotion des Séminaires et de quelques:Colléges ; or, y .a-tril sûreté:à leur.confier. la je neue, wi :cleat l'assassinat qu'ils enseignent ?

. ækBloge de l'Université; garanties qu’elle donne.

» Système accapareur des Jésuites. Depuis cinquante dx ans que leur Société s'est formée, déjà les voilà confesseurs des Rois ‘dé Franco et maîtres d’une partie de la jeunesre.

… BŒn:mettant le poignardaux mains de cet homme, ils aligao- «aient: pas qu'ils risqnaient le salut du royaume. |Quoil: alors, «penssient-ils servir la Religion en faisant assassiner le Roi de

France ?

»' C'est au Parlement, le premier corps de l'Etat, qu’il appartient de le préserver:enntre cette ambition impie, de'ne pas souffrir qu'on donne à la jeunesse des enseignements douteux,

et aux peuples des poignards.

500 ich HISTOIRE

l’Académie Française, et quelle polémique plus intelligible pour notre temps que la résistance de tant -d'hommes éclairés et vertueux. dont Pascal était l'âme et la voix, et leurs combats passionnés contre celte Société remuante et impérieuse que l'esprit du gouvernement et l'esprit de liberté repoussent également!» Ainsi, d'après le Ministre de l'instruction publique, l'esprit de liberté procédait par l'intoiérance; aux yeux de l'autorité, il n’acquérait droit de vie qu'en repoussant une classe de citoyens. Ces singulières théories trouvaient de l'écho. On y applaudissait avec fureur ; la presse les commentait chaque jour avec des frayeurs incompréhensibles. Le pouvoir jetait le cri d'alarme ; toutes les nuances de l'opposition anticatholiques prirent ce cri au sérieux, M. Dupin, devant l'évocation des Jésuites, pâlit sur son siége de Procureur-général à la Cour de cassation ; M. Mignet essaya ses forces (1) çontre « cette Société fameuse qui ne reconnait d'autre gouvernement que celui de Rome, n'a d'autre patrie que la Chrétienté et ne sort de sa mystérieuse obscurité que pour reparaitre en dominatrice parmi nous. »

Au dire des plus hauts fonctionnaires, les Jésuites étaient les maîtres de la situation ; ils absorbaient la France; ils régnaient à la place de Lovuis-Philinpe ; ils gouvernaient malgré les Minisi:es ; du fond dela

rue des Postes, ils avaient prise sur les deux Chambres. Les uns les accusèrent de tendre au renversement du trône ; les autres affirmèrent qu'ils avaient la force et la volonté de bouleverser les Institutions. Ce fut la thèse la plus commune; la Gazette de France en inventa une nouvelle. Les Jésuites lui apparurent sous les traits des plus fermes appuis de

(1) Séance de l'Académie française du 8 décembre 1842. .

s intele tant l était contre prit du nt égaruction ’intoiélroit de 2es sinapplauchaque pouvoir ’opposi- , M. Dusur son ssation ; Société sent que rétienté our re-

bnverseavaient

la Royauté de 1830. Ils avaient prêté leur concours “à la dynastie d'Orléans; ils l'avaient patronée ; et, ‘puisqu'ils n'étaient ni Gallicans ni Réformistes, la Gazette les abandonnait à l'ingratitude de leurs: « anciens protégés (1).

(1) On lit dans la Gaseite de Franre du 29 decembre 1844 :

« 11 cst hors de doûte que les Jésuites ont rendu de très-grands services à l’ordre de cl:oses actuel. Ce sont eux qui ont pluidé sa cause à Rome; ce sout eux encore qui, par leur action, ont rallié une partie du Clergé au nouveau gouvernement. Partout enfin où leur influence a pu s’exercer, elle a été favorable à la dynastie de 1530. 1ls ont blämé de la manière la plus formelle l'opposition qu'on faisait à son gouvernement. Ils ont continuellement représenté l’avénement d’un régime nouveau comme un effet dela volonté de la Providence qu'il fallait respecter, et leur tendance a toujours été d’éloigner lesesprits des luttes de la politique pour les occuper uniquement de la Religion ; si bien que les Royalistes qui ont subi laur direction se sont ou rattachés à la Royauté de juillet, ou du moins détachés de leurs opinions, au point dene plus les regarder que comme un souvenir qui ne devait devenir

- pour eux le principe d'aucune action politique, »

Et plus loin, la Gasette ajoute :

« Les services que les Jésuites rendaient avaient quelque chose d’intime et do confidentiel qui ne pouvait être apprécié que par un gouvernement personnel. Ils savaient très-bien que la révolution qui domine dans les assemblées, loin de leur être favorable, leur était contraire : aussi ce n’est pas pour elle qu’ils avaient travaillé, et ce n’est pas sur elle qu’ilscomptaient L'espoir qui était entré dans leur csprit était le même que celui qui avait

‘décidé l’Autriche à favoriser l’ordre de choses actuel ; ils pen-

saient, comme elle, q'ie le nouveau gouvernement fondé en France réussirait à se mettre hors de page, et prendrait place parmi les gouvernements absolus, ce qui leur permettrait de tenir les promesses qui leur avaient été faites en échange deleurs bons offices.

» Ainsi les Jésuites étaient tout à la fois favorables à la dynastie et contraires à ceux qui avaient élevé la dynastie sur le pavois ; ils acceptaient le résultat de lu révolution, mais ils repoussaient les principes de le révolution ; ils étaient dynastiques sans être

11Toneces-rêves de; serreauximalades, tous as dan Sers faslicesrauxqueis chaque-partis'efforçait,d'anrasther:.la:-Krance.:préeccupaient fort; pen l'attention -publique. Leipeuple-refusait.de. se laisser prendre au piége de 1828. Il cherchait à s'expliquer sehruit:qe la presse et la tribune faisaient autour de lui; il demandait à sentir lui-même l’action d’un de ces inyisibles Jésuites qu'on disait.être assis au foyer dé chaque -famille,.qu'on peignait comme. disposant.de la for- 1fupe:du: pays et complotant dans l'ombre son asserwissement. Le peuple se montrait inerédule à ces ‘étranges récifs s'il restait indifférent aux passions qu'on. essayait de lui souffler au cœur : on résolut de faire violence, à. celte. attitude par.une émeute.de -éoutes les capacités philosophiques et législatives, Dans les premiers mois de l'année 1843, un livre ‘parut sous le titre de : « Le Minopole universitaire, destructeur de la Religion ef de la Liberté. » Ce

révolutionnaires. Bien Join de là, ils étcient. dynastiques afin d'enlever la dynastie aux Révolutiannairess:et à conditiongu’elle serait placée dansdes conditions nouvelles, qui lui permettraient tde payer aux Jésuites: la dette qu’elle: avait .contractée envers eux, ot qu'elle la mettrait à portée de:reudre.des services. à:la -Religion:en France. :

sn Geci explique parfaitement: la levée :générale, de, boucliers 1quia eu lieu dans tant le-camp dynastioo-révelutionnairecontre lesJésuites. L'alarme a:été d'autant:plus vive et les attaques ent -êté d'autant plusviolentes, que l’un a:compris que l’on avait ‘affaire non-seulement à des adversaires, . mais à. des conouræonts, ,

| Telles sont les bases de la polémique soutenue par.la Geseite »eoatre les Jésuites, Nous in'incriminons pas les: iatentions:dont Dieu seul reste juge; nous croyons même que le-jouruakdu Æablicanisme n’a poussé:si loin les: démonstrations de sa.théarie ;quepar::un de ces jeux d'esprit: dont oertains publicistes prcnsent. l'initiative pour donner :plus:.de saveur. à : lour politique. Dans, cesartiticieux mensonges, la, Ganatte ne vit qu'un: mogen

dd ao ea = à e … …

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‘passions ‘ésolut de meute.de latives,

sy un livre ersitaire, rté. ». Ce

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line était signé par l'abbé. des Garets., Chaneine dela Métropole de Lyon. Jamais peut-étre-plus rude coup n'axabtiété porté:à lEclectisme. :C'était:un acteifor-

e d'accusation, un: réquisitoine ancompagaé de toutes les pièces probantes. Au premier coup.dtun fareil:canon d'alarme, retentissant. aux oréilles ‘de YEpisoopat, des familles et::de. l'Europe entière, l'Umiversité, mise:sur lasellette,:se jugeaibiesséeià:mert. Get'ouvrage la: saisissait dans ses œuvres vives, t'il en étalait les plaies. NÉ d'une:pensée catholique,:à sembluit:avoir été)inspiné-par : ces paroles de M; Dubois; Imembreidu: Conseil de l'instruction publiqueret directeur de l'Ecole Normale (1) : x Rien:de stable, rien ide grand ne peut. se tenter, idisons ‘plus, tien de’ moral, -ear aucune conviction libre ne: peut vivre dans un corps comme celui:de l'Université, sans cesse-exposé à démentir le kendemain ce qu’elle pro-

de débarrasser son parti de ce qu’elle appelle limpopuülarité des Jésuites. Sou plan de campagne ne réussit pas, quelque, peifide qu'ilfût. en apparence ; | il n’allait. à rien moins:en eflet. qu'à rendre les.Jésuites odieux, aux Légitimistes et aux Révolutionneires de toutes les nuances. Il dénouçait à l’Europe les énfanis de Eoyola comme les points d'appui d'un gouvernement personnel, comme les auxiliaires secrets du roi Louis’ Philippe, C’éfait presque conseiller à ce Prince de les perséemer pour prouver qu’il: n'avait avec eus aucune alhiaucc-secrète. El n’est.pas pnssible;que de pareils calculs soient entrés dans le cœur d’écrivains religieux*; nous ne nous y arrêtons que pour indiquer quelle fût à. cette époque la pénible situation de la Société de Jésus. Etté s'était tenu à l'écart'de toute affection, de toute hostilité politique. Elle ee contentait ide iprêcher: de hon ordre, la paix; et de faire surnager l'intérèt:de :la Religioneu milieu-de toutes, les convulsions ,des, partis. On:prit texte de. cette, prudence sacerdotale pour lui imputer des actes dont l'impossibilité était évidente, mais dont le soupçon seul pouvait lui coûter fort cher.

{1} Globe du 5 juillet 1828.

fessait la veille. Il y a longtemps que, pour la première fois et les nremiers, avec suite, méthode et f:fidélité, nous avons réclamé contre le monopole, destructeur €: toute croyance et de toule instruction. » ù

‘Le Monopole, dont, comme on le Yoit, un des chefs de l’université, a lui-même fourni le titre, développait celte terrible accusation porté par /e National! en septembre 1842 : « L'éducation que doune l'Université, disait là feuille républicaine, est impie, immoraïe, incohé:ente. Nous renonçons à tracer ici le sombre tableau qui est malheureusement sous nos regards ; mais que nos lecteurs songent un instant à ce que le régime où nous vivons a fait d'une grande partie de la jeunesse française, et ils pourront trop aisément suppléer à ce que nous taisons.

» L'éducation première, dont l'Université est responsable, a fait place chez nous à une école d'égoisme et de corruption prématurée. »

La plainte du National, passant dans les harangues des députés radicaux et calvinistes, empruntait quelque chose d'officiel au Journal des Débats. Le 6 novembre 1842, on lisait dans ses colonnes : « L’école éclectique, pour l'appeler par son nom, est aujourd’hui mattresse et maitresse absolue des générations actuelles. Elle occupe toutes les chaires de : l'enseignement ; elle en a fermé la carrière à toutes lés écoles rivales ; elle s’est fait la part du lion ; elle à tout pris pour elle : ce qui est assez politique, mais ce qui est un peu moins philosophique. Le public a donc le droit de demander compte à cette école du pouvoir absolu qu’elle a pris ct que nous ne lui contestons pas d’ailleurs ; elle a beaucoup fait pour elle, nous le savons ; mais qu'a t-elle fait pour le siècle ? qu’a-t-elle fait pour la société? où sont ses œuvres,

| preet frppole, struc-

s chefs veloptional > j'Uniie, imer ici le Jus nos stant à grande nt trop

est reségoisme

s haranpruntait bats. Le se « L'éest augénéraaires de à toutes ; elle à ue, Mais public a école du lui conour elle, e siècle ?

œuvres,

ses monuments, lesvertus qu'elle a semées, les grands. caractères qu elle a formés, les institutions qu'elle: anime de son souffle? Il est malheureusement plus. facile de s'adresser ces questions que d'y répondre. » : L'auteur du Monopole Universitaire ne s'élait pas montré d'aussi facile accomodement que la feuille doctrinaire. Comme elle, il s'adressait la même inierrogation ; mais dans les œuvres de ces philosophes, se faisant du professorat un marchepied pour arriver aux honneurs et aux richesses, il trouvait la réponse que leurs frères es Débats n'osaicat | donner. Cetle réponse M. Thiers l'avait audacieuse- : ment livrée dans {e Nzéional le 6 mai 1850. Alors

toutes ses doctrines fausses ou perverses. n'étaient

qu'en germe. Il n’y avait ni promesse de iiberté d’enseignement ni déclaration implicite que l'enfant appartient à l'Etat avant d’appartenir à la famille, et. M. Thiers, cependant s'écriait : « Nous ne croyions pas qu'un corps qui a tant d'adversaires et dont l'existence est si chancelante, pût avoir la témérité d'appeler la discussion sur son iliégalité. Être monopoleur et inique.. Le corps £nseignant n'est pas de force à soutenir tant d'abus à la fois. » M. Thiers ne se connaissait pas encore lui-même ; il ne connaissait pas surtout l'Université. Elle était impuissante à parer les coups d’un jouteur ne marchant au combat qu’appuyé sur les biasphèmes, sur les textes, sur les propositions, sur les théories des chefs et des principaux agrégés du corps enseignant. On accusa les Jésuites de Lyon d’avoir fourni !es matériaux de l’ouvrage de l'abbé des Garets; on désigna même quelques Péresominativement. Ce n'était pas démontrer d'une manière invincible la fausseté du, livre ou en. paralyser l'effet, Les hérauts d'armes de l’Université. jugèrent-bientôt qu'ils faisaient fausse route. M de-

5087 OMISTO NÉ

venait impossible d'expliquaret d'atténuerteurstristes" doëtrines;:n6 respectant pasplus la liberté hiüniaine

quelles:croyances catholiques; on'seffores de dépia cer la question.

Comme:dans chaque œuvre, où: la polémique domitieret oùssouvent la colère:a dWbouillohner ‘at’ cœur: dé:Fécrivain:probe, il:s'était glissé quelques’ phrasesitrop vives, nuisant à l'ensembie sans offrir un’ avantage dedétail. Ces mots amers, dont la plilosophic, la tribuneet lé journalisme surtout ne furent ja: maisiavares, étâierit égarés dans lè Monopole. On'tes : recueillit «vec affectations on les encadra dans des” articles artistemsat:combinés » on les tortura, afin d'en extraire loutrage provoqué par'un débordement deprincipes!anlisociaux > puis, ‘en {aisant les: fou: droyantés:eitations de! l'abbé‘des Gärets, on le dénonçacommeun: diffamateur'aux'gages de la Société de: Jésus: On ne: pouvait répliquer'à'ses arguments d'une manière:péremploire : on transforma sa'plume en stylet de fanalique, s’attaquant aux gloires les plus pures: de l’énseignement. Il'avait presque toujours: discuté; on:renouvela emr'sa faveur le système que Voltaireemplôyait contre ses adversaires. La raison etiia:vérité:étaient pour lui ; on'tâcha de l'écraser” sous: le persiflagp:: |

Lésprofesseurs da/Collége dé France et:de la Sorbonne; qui guerroyaient:depuis lohg-:temps contte la: Retigion’et la'Société de: Jésus; recommencèrent, dans leurs-chaires 'patentées ainst'que dans les jour: nawx.:un feu roulant d'invectives, dé'sarcasmres et de : mensonges ‘énthousiastés.: MM: Michelet... Librt ‘et Quinet furent'tes Plérre-l'Ermite'de cette Sfriguliére : croisade: L'un poursuivit: les Jésuites avec la crédulité d'un honnête ‘hômme dévent maniaque; l'autre, .

réfagié italierr, mit'au service dés féuiltés ‘hébdoria-

istes" ï naine à épit à

je do-

0] 5. Là eiques ri un ilosoent ja:

Ones” ns des” a, afin dement es: fou ‘le dé- Société uments

î ‘plume :

tes plus pujours e que ‘raison écraser"

la Sorontrela:

cérent, es jour?

es et de ibré ‘et igulière :

‘crédul'autre, .

Dora

daires ses'haines antisacerdétales. Proscrit lui-même, : ilappeta l& proscription: sur lävtête' de quelques:ci:

toyens français qui, par l'impôt, contribuaient: à ft

payer une: hospitalilé trop: magnifiquement rentée. Letvroisième nechercha qu'à faire faire un‘peu de bruit autour ‘de! sa tribune délaissée. Il enivra' d'éloges : boursoufffés la! jeunesse des écoles rénamérant ses: flattértes'par des applaudissements convenus; il lui: prépara chaque four un triomphe, afin de:le forcer‘ à lut:accorder une petite ovation. Il s'improvisa thaumaturge à la'‘rechèrehe d’une nouvelle religion et'du: toxte'alléré des:Cénstitutions de l'Ordre dé’ Jésus: Ceshommes ne parlaïent pas, n'écrivaient pas comme des'rhéteurs isolés. Ils semblaient enseigner au nont de l'Etatsle brait:que lei journaux dynastiques fat: saient de leur gloire éphémère'tendait à accréditer : cette opinion. Cein'est done pas'en letr qualité d'historiens'ou de poètes; mais de professeurs du Collége : de-France, qu'il: nous'importe de juger l'œuvre com: mune, Pour faire sainement'apprécier M: Michelet, ila'yia qu'un moyen aussi nattirelque concluant : it: fautiie citer: Dans:5a einèuième teçon:il disait *(#)!: “Hier encore, je l'évoue; j'étais tout entiér dans'mon: travaik! enfèrmé’entte Louis XFêt Charles-le-Témés raire;:et fort occupé de lesaccordert:.…. lorsque, ent: tendantià:mes:vitres ce 'grand 'vot:de chauve-souris: il na bien: fallusmettre la tête; à’la fenétre etregar>: derce qui se pusstit: Qw'ai:jevu lé néant qui prertd | possession -dümondé!.…. et’le monde! qui se’ laisse” faire, le mondé‘qui sen va flüttant éomme sur 16 rai” :

deau de /a Méduse, et qui ne veut plus ramer, qui

délie, détruit le radeau, qui fait signe... à l'avenir?

à la. voile.de. salut ?, Non, mais. à l'ablme,.au. vide,

Byrne pr81::

L'abime murmure doucement : Venez à moi, que craignez-vous? Ne voyez-vous pas que je ne suis

Puis, dans la sixième leçon, s 'adressant: aux J ésuites. (1) :. Vous avezquarante mille chaires que vous faites parler de gré ou de force. Vous avez cent mille confessionnaux d'où vous remuez la famille; vous tunez dans la main ce qui est la. base de la famille ; vous.tenez.la mère : l'enfant n'est qu'un accessoire... Et que ferait le père quand elle rentre éperdue, qu'elle se jette.en ses bras en criant : « Jesuis damnée! « Vous êtes sûrs que le lendemain il voùs livrera son fils. Vingt mille enfants dans vos petits Séminaires, deux cent. mille tout à l'heure. dans les écoles que vous gouvernez! des millions de femmes qui n'agissent que par vous! »

Tels étaient les principes que l'Etat laissait enseigner à la jeunesse catholique du royaume. M, Quinet, de. son côté , et dans le même temps, s'attaquait systématiquement à la Compagnie de Jésus. En s'appuyant sur des textes tronqués, défigurés ou falsifiés, il instruisait le procès des Exercices de sain£ Ignace etdes Constitutions : «La vie:morale. spirituelle, afirmail-il(2),est tarie danscette loi. Feuilletez-la de bonne foi, sans arrière-pensée ; demandez-vous , si vous le voulez, à chaque page, si c'estla parole de Dieu qui sert de fondement à cet échafaud: ge. Pour que cela fût, il faudrait au moins que le nom de Dieu fût prononcé, et j'atteste que c'est celui qui y paraît le plus rarement (5). Le fondateur se fie beaucoup aux combi-

(1) Des Jésuites, p, 100.

(2) Ibidem, p. 197. ÉE .

(8) Cette accusation a ie e chosé de matériel qui permet de la saisir et d'y réponére. Les éditeurs de la nouvelle traduction des Constitutions de l'Ordre de Jésus, publiéechez Paulin (Paris,

Di, que ne suis

x Jésuiue vous nt mille >; VOUS famille ; ssoire...

perdue, ais dam- 1s livrera Séminaies écoles mes qui

it ensei- Quinet, uait Sys- En s'apfalsifiés, ni Ignace elle, afñrde bonne si vous le quisert cela fût, prononplus rax combi-

ui permet traduction Hin (Paris,

naisons industrieuses, très-peu aux ressources de l'âme, et, dans cette règle de la Société de Jésus, tout se trouve, excepté la confiance dans la parole et le nom de Jésus-Christ. »

Pascal avait altéré les textes des casuistes de la

Compagnie et produit un ouvrage plein d’une mer-

veilleuse malice. M. Quinet essaya de s'atteler au même char ; mais, pour se faire pardonner ces super cheries, il fallait le génie et l'esprit des Provinciales. Par malheur, M. Quinet n'eut que la bonne volonté. « Je vois, professait-il dans sa sixième leçon (1), de longues ordonnances sur la philosophie. Je suis curieux de savoir. ce que peut être la philosophie du Jésuitisme..…. Ce qui brille dans ce programme (2)

1842), sont les adversaires des Jésnites, et néanmoins ils avouent, à la page 470, que le nom de Dieu revient plus de cinq cent fois dans les Constitutions. Or, dans l'édition de Pragne de 1757, les

mêmes Constitutions, avec l'esamen général qui les précède,

sont renfermécs dans cent quarante-huit pages, d'où il résulte que le nom de Dieu se trouve à peu près répété quatre ou cinq fois dans chaque page.

(1) Des Jésuites, p. 265.

(2) Les ordonnances dont M. Quinet a tiré an si étrange parti ont été étudiées par nous avec autant de soin que les faits euxmèmes ; il ne nous sera donc pas difficile de redresser les erreurs

-du docte Universitaire.

Quelques Pères de la Société s'étaient plaints dans les Ville et 1X° Congrégations générales que plusieurs régents de philosophie s’écartaient de leurs progranimes, suit en traitant certains sujets du domaine théologique, soit en perdant le temps à établir des discussions oiseuses sur des subtilités et des arguties de l’école, La Compagnie de Jésus n'était pas si tolérante que le Collége de France ; elle ne laissait pas à ses professeurs le droit de vagabondage; elle voulait que chacun se renfermêt dans le plan même. de son cours, afin que tout tendit au but commun.

-Ea (X° Congrégation, tenue en 1649, inrite le Pére Piccolomini-

qui vient d’êire élu Général, à porter remède au mal en faisant

- rentrer les maîtres dans les limites de leur programme. Picco-

Hist. de la Comp. de Jésus. —T. Yu. 22

ÿ10 HISTOIRE

est ce qu'on ne peut y faire entrer ; c’est l'habititéà éloigner tous les grands sujets pourne maintenir que les petits. Devinériez-vous jamais de. qui d'abord:il est défendu de parler dans la philosophie du Jésuitisme ? Il faut premièrement ne s'occuper que tembins possible de Dieu , et même n’en pas parler du tout. Quæstiones de 'Deo... prætereantur. Que l'on'ne s'arrête pas à l'idée de l’Être plus deitrois où quatre jours. Quant à la pensée de la'substance, il faut absolument n'en rien dire, ##/1/ dicant; surtout bien ‘évite detraîter des principes, et par-déssus tout s'abstenir, tant ici qu'ailleurs, muw/o vero magie abstinendum, de s'occuper!en rien ni: de la cause première, ni de la libertè, ni de l'éternité de Dieu.

» Qu'ils ne disent rien! qu’ils ne fassent rien! Paroles satrammentelles qui réviennent sans césse et forment tout l'esprit de cette méthode philosophique.

lomini, en 1651, adressa aux Supériours l’ordonnänce que ‘M. Quinet dénature, Elle est insérée dans l’Institut à la suite: du Ratio studiorum, et nous devons montrer :de quelle:manière M. Quinet en a abusé.

Ces paroles : Quæstiones de Deo...prætereantur, sont extraites de la règle 11 du professeur de philosophie (Instit. Soc, Jes., t. 11, p. 194), et au lieu de cette formule:presque athée : res questions touchant Dieu doivent étre omises, dont l'Universitaire éclectique’ se fait une ame, on litsur le texte original ; « Dans la métaphysique, en traitent de Dieu’et:des intelligences, il faut passer les questions qui dépendent en tout ou en grande partie de la révélation: »

. Quant à l'accusation de ne pas permettre qu’on s'arréle à ‘l'idée de Etre plus de trois ow quatre jours, M. Quinet s’est servi du même procédé de sonstraction. Dans l'ordonnance du Péré Piccolomini, on ne trouve pas idea Entis, l'idée de l’Etre seulement, ais PEtre de raison, :Ens ralunis, ce qui constitue la plus noble de toutes les différencespvar l’Etre, c'est Dieu, ‘et l'être de raison'est'une de ces subtiliéès scolastiques dont s'occupaient 1ès philosophes du moyen: âge. à

bititérà nirique bord:il 1 Jésuilermtoins lu tout.

lon'ne | quatre faut about bien ut s'ats- 6. abstiuse preeu.

rien! Pase-et forophique.

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‘Qu'ils passent sans examiner, non evaminando. C'est le fond de: la théorie... Concevez:vous un mo- * ment: ce que pouvait:être cette prétendue science de Yesprit décapitée, dépossédée de l'idéé de cause, de , substance et même dé Dieu, c'est-à-dire de tout ce qui en fait la grandeur ? »

"Dans ces débauches de l'intelligence universitaire, ameutant les passions sur les bancs du Collége de France, il y eut pour les esprits honnètes quelque ‘chose de profondément triste. Ils déplorèrent cet abus de la‘science ét de la parole (1} que le gouver-

‘ nement se condamnait à ne pas réprimer; mais tous

les échappés des Facultés du Royaume étaient descendus dans l'arène. Ils jetaient à.la publicité leurs | noms ignorés. leurs écrits encore plus ‘inconnus que leurs noms. A l'instant même la presse leur décernait une couronne murale. Ils furent de grands,

. Le texte relatif au'silence sut la penséé de la substance a été sommis aux'mêmes mütilations que les précédentes. Nous le rétablissons en entier : « Que les professeurs ne parlent pas de la substance'ou Etre surnaturel, De sudrantid vel Ente supernatarals, lorsqu'ils éxpliqueront le prédicament de lu substance. v

Duns le langage’ de l'Ecole, ce mot prédicament a le même

“ns que celui de'catégoric.

‘La defnière recommandation dé Pidcoiomini relative aux principes n’a pas été plus heuretise :sous la plame dé M. Quinet. On lit dans l’ordonnance : « Que le préfet des étades prenne garde qu'à l'occasion desprincipes'et des causes, les professeuts n’en-

‘trent dans:la question des principes 'et des processions'divines.s C'esttout simplement défendre aux régents de philosophie naturelle ‘de ‘’s’immiscer dans les: questions théologiques et surnaturelles qui regardent la Sainte-Trinité. Toutes ‘les autres citations de M. Quinet reposent sur lu même base. Elles rentrent dans ce-précepte général qui oblige les professears de philosophie'ène pas empléter sut le domaine de la théologie : «Ve ad'ea

:tract@nda digrodianturquæ théologiet instituté propria suñt.»

(1) M. Lherminier; profésseur lui-même'au Collége de France, a, dans la:Revte des deux mondes du 15 ootobre 1843, porté un

512 HISTOTAR

d'ingénieux écrivains par cela seul qu'ils délayèrent dans un langage aussi plein de violence que d'incorrections grammaticales Îles naïves apostrophes d'Etienne Pasquier, les éloquentes accusations des Arnauld et les spirituelles calomnies de Pascal.

jugement impartial sur ses deux oullègues : « Nous pouvons, dit-il à la page 1823, parler en toute liberté des Jésuites de MM. Michelet et Quinct. La publication a réussi ÿ le coup a porté, trop bien peut-être, Les deux auteurs ne s’étonneront pas que tout en défendant les mêmes prinoipes, la liberté de l'esprit humaia, nous ne partagions pas toutes leurs opinions. - » Entrant pour la premiere fois dans la solémique, M.Michelet s'y est lancé à corps perdu, et il s’est mis à combattre avec une animation tout à fait extraordinaire. La vivacité des exclamations de M. Michelet, la franchise de ses exagérations, tout, jusqu’au désordre de son style, montre combien il est sincère ct convainon ; mais, qu’il nous permette de le lui dire, ni la nature de sun esprit, ni le genre de son talent ne le destinent à la polémique. Pour bien combattre , il faut moins d’emportement. L'esprit n’est véritablement puissant dans la polémique que lorsqu'il est maître de lui-même et de sa co'ère ; les combattants novices sont toujours en fureur; l'uthlète expérimenté reste calme, il prend son temps, choisit son terrain et frappe avec discernement, Enfin il est d'autant plus redoutable à ses adver. saires qu'il leur fait équitablement leur part, et qu’il « pour eux * une désespérante et magnanime justice, En lisant ce que M. Michelet a écrit contre les Jésuites, on se surprend parfois à prendre contre lui leur défense: à coup sûr ce n’est pas là l'effet qu'il a voulu produire...

» Ici me retient en mémoire cette phrase de M. Michelet : «On a dit quo je-défendais, on a dit que j'attaquais, Ni l’un ni » l'autre... j'enseigne, » Faut-il souscrire à cette prétention ? Alors la critique historique serait obligée d’être plus sévère, car elle aurait à demander compte à l’écrivain de ses jugements, si incomplets ct si passionnés, M. Michelet se fait illusion à luimême dans les leçons qu'il a publiées; ce n’est pas l'histoire, c'est la polémique qui est présente, polémique dont le retentis -

. sement et l’âpreté placent désormais M. Michelet dans ‘es rangs des plus ardents adversaires du Catholicisme. » . A la pege 184, M. Lherminier juge ainsi M, Quinet :

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L'Ordre de Jésus était mis en cause; on ne tarda pas à faire intervenir l'Episcopat. Le clergé et les familles chrétiennes réclamsient à haute voix les lis bertés promises ; la Révolution et l'Université leur

e Ce n'est pas M. Quinet qui so défendra d’avoir fait de le polémique dans ses remarquables leçons. On s'aperçoit en les lisant que les attaques qui ont si fort surpris M. Michelet et l’ont troublé outre mesure n’ont pas trop déplu à l’auteur d'Ahasoérus. 11 e compris sur-le-champ Île parti qu'on en pouvait tirer pour traiter avec applaudissement des questions que les passions ecclésiastiques remettsiont à l’ordre du jour...

» C'est l'Evangile à la main que M. Quinet attaque les Jésuites. ll oppose leur doctrine à l’esprit de liberté chrétienne, et il demande ce qu'ily a de commun entrele Christ et Loyola.Notre auteur a pensé, non sans raison, qu’il aurait beaucoup de farce en parlantau nom d'un spiritualisme s'inspirant de l'Evangile. Toutefois cette situation, siellea sesavantages,a aussi ses inconvénients. En effet, les Catholiques répondront à M. Quinet : Vous parles en Protestant, Les mêmes raisons par lesquelles vous condamnes les Jésuites peuvent s’appliquer à la Religion catholique elle-même à ses développements, à sa Constitution, à la Papauté.. Vouloir mettre les Jésuites en dehors du Christianisme est une chose plus spécieuse que solide. C'est aussi plutôt penser en religionnaire qu'en politique et en philosophe.

» Nous regreltons que M. Quinet n'ait pas accordé plus de temps à l'examen des Constitutions des Jésuites... Nous eussions désiré aussi que, tout en s'autorisant de la bulle de Clément XIV

‘qui supprimait les Jésuites, M. Quinet cxeminät les causes qui

avaient pu déterminer le Pape à ce grand coup d'état, que ne tardèrent pas à déplorer les plus fidèles soutiens de l’Eglise. Au surplus, sans recourir à des témoignages catholiques, Jean de Müller, historien protestant, ne craint pas, dans son impartialité, de terminer le chapitre qu'il a uonsacré à la cour de Roince et à la Compagnie de Jésus par ces paroles : « Les sages ne tardérent pas à penser qu'avec Îles » Jésuites était tombéc une barrière nécessaire et commune à tous les pouvoirs*.» 1] ya tout un ordre de considérations politiques dont l’absence est sensible dans les chaleureux développements de M. Quinet. »

* Histoire universelle de Jean de Muller, livre XXILI, cha. 1X de l'édit. allemande de 1817. Tubingue.

répondirent par des injures ou par des menaces d’un éternel despotisme. L'Episeopat, les’ pères de famille: et-les' Jésuites exposaient leurs plaintes avec moins dé rudesse que M! Ledru-Rollin, député radical: ils ne disaient pas comme lui au mois de janvier 1844 : « Existe-t-il une souffrance plus grande pour l’individu que l'oppression de:sa conscience, que la déportation de ses fils dans des écoles qu'il regarde comme des lieux de perdition, que cette conscription de l'enfanice tratnée violemment dans un camp ennemi et pour servir l'ennemi? » Lamartine, le Protestant Agénor de Gasparin.. les publicistes et, les journaux : eurent: le droit de.flétrir.la servitude: intellectuelle que l’éclectisme faisait peser sur la France:; ee droit fut dénié aux: Pasteurs des âmes, aux Prêtres à qui est confiée la mission d'enseigner. IIS accusaient plutôt avec douleur qu'avec passion. À ces hommes dont. les vertus: sont une des glaires de la nation, les pamphlétaires de l'Université se: mirent à prêcher la morale dans des feuilletons immoraux. Au fond de quelques ouvrages latins déstinés.à révéler à la pureté du Prêtre les crimes ou les vices qu'il doit combattre au tribunal de la pénitence, ils cherchèrent uneimage obscène, et on les entendit pousser des cris de moqueuse pudeur, comme si la luxure découlait à pleins bords de l'enseignement théologique. C'était un combat sans fin, Les amis de la Religion et de la Société de Jésus y avaient pris. partayec. ua: courage et’un talent dont lessarçasmes neparvinrent pas à étouffer l'essor. Les Prélats militaient à leur tête; mais jusqu'alors les Jésuites s' ’étaiént tenus sur’ la réserve. On les signalait. comme imposant leur direction aux, Evêqueset:à la presse religieuse, On pré: tendait qu'ils étaient tout. disposés. à immoler les libertés de l'Eglise Gallicane aux piéds du Souverain

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Pontife, devenu. pour les Catholiques de l'Université un,prince étranger. On affirmait que. la France entièr'e.passerait.sous le joug de Rome, et que le com, plot de. l'Ultramontanisme, et. de. l'Obscurantisme, était l'œuvre des Jésuites. Pendant çe temps, les dis: ciples de Loyola laissaient l'orage s’amonceler sur leurs têtes ; puis, retirés dans leurs maisons de Paris et.des Provinces, ils. s'étonnaient de l'omnipotence qu'on leur; attribuait. Les choses. furent poussées si loin. que les chefs de l'Institut crurent devoir une.ex-» plication publique.

IL y avait parmi eux un,orateur dont la voix était

connue, dont les loyales et chaleureuses inspirations

avaient souvent excité dans les âmes des sentiments d'admiration.et de respect. Le Père Xavier de Ravi-. gnan fut chargé d'apprendre au monde ce que c'était en réalité qu'un Jésuite. Sa parole retentissait. dans. les, chaires, elle fécondait partout des germes de salut. Son nom même, en une occasion solennelle. frappa les voûtes de l'Académie, française, et il y fut justement. glorifié par le chançelier, de France. Le 8 décembre 1842, jour de sa réception à l’Académie comme successeur de l’'Evêque d'Hermopolis, le duc Pasquier, le descendant d'Etienne Pasquier, eut le bon goût de répndier ün rôle d'acçusateur sans preuves qu'il trouvait dans ses traditions de famille ; et, au moment où les pouvoirs de l'Etat, ligués avec les écrivains irreligieux apportaient chacun sa pierre pour, écraser, la, Compagnie de Jésus, lui l'honora dans l’un de ses membres.

« Il fut, disait-il en parlant de Frayssinous, sacré à Issy, et le premicr usage qu’il fit, en descendant de l'autel, des droits que l'Episcopat venait de lui conférer. eut lieu à l’occasion d’un jeune Néopayte qui élait depuis quelque temps l'objet de ses soins parti-

culiers, qu'il tonsura, auquel il adressa de touchantes. de prophétiques paroles, #t dont la vocation dévait être bien prononcée, car il renonçait. pour la suivre, à une carrière où ses débuts avaient été marqués par de brillants succès. C'était l'abbé de Ravignan.

» Et voilà qu’au mois de février 1839, monseigneur l'Evêque d'Hermopolis, courbé sous le poids des années, mais toujours plein de cette vie qui se puise dans les plus hautes facultés de l'âme, est aussi dans l'Eglise de Notre-Dame, .en face de la chaire où va paraître l’orateur dont la voix, depuis que la sienne a cessé de se faire entendre, est en possession de remuer les âmes et d'entraîner les convictions avec une puissance qu'aucun autre peut-être n’exerce au même degré, et cet orateur qui semble avoir reeueilli son héritage tout entier, c’est le Néophyte d'Issy.c’est cet abbé de Ravignan auquel il imposait les mains en 1822. Son Apostolat a décidément passé sur la tête de son disciple. Admirable succession, profitable à tout le monde, et où le bonheur de celui qui la recueille ne pourrait être surpassé que par le bonheur de celui qui l’a transmise. »

be Jésuite Ravignan avait obtenu à Notre-Dame de Paris de plus beaux triomphes que celui-là. Le 16 avril 1843, il avait vu, comme il voit chaque année au jour de Pâques, une foule d'hommes de tout rang et de tout âge, confondus dans la grande égalité chrétienne, s'approcher de la sainte table, et sa voix, qui avait inspiré à tant de cœurs le sentiment catholique, faisait vibrer de saintes paroles. Il s’écriait : « Cette multitude pressée autour de la Chaire sacrée, sous ces antiques voûtes, est la protestation la plus énergique contre le philosophisme du dix-huitième siècle. » Un journal ministériel, /e Globe, constatait

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lui-même cette victoire du Jésuite. « L'on ne saurait dire, comme on l’a.tant de fois répété, publiait-il dans son numéro du lendemain, que la Religion catholique est la Religion des faibles, des ignorants et des vieillards. Ces objections tombent en présence de la foule qui se pressait hier dans la vieille basilique ; car ces hommes pieusement réunis étaient des militaires, des gens du monde bien connus, des membres de l'Institut, des légionnaires, des médecins, des élèves de l'Ecole Polytechnique, des élèves en médecine, des élèves en droit, des élèves de l'Ecole Normale, etc. La jeunesse studieuse à laquelle on ne déniera probablement ni le savoir ni l'intelligence, et à laquelle personne sans doute n'avait caché les doctrines du dernier siècle, libre de choisir entre les maximes désespérantes du septicisme ét de l'erreur, ou les conselations de la vérité, est entrée franchement dans les añtiques voies du Catholicisme, et nous l'en félicitions. Nous enfélicitons encore plus Le pays; car cette génération nouvelle ramenée nécesstirement à des pensées d'ordre et d'honnèteté par les principes évangéliques, se répandra dans toutes Îes parties de la France ; c'est elle qui doit peupler les universités, les facultés, les cours judiciaires, l’armée, les barreaux; elle ne peut manquer d’y répandre l'irrésistible influence du savoir uni à la vertu, »

Tel fut le Père que la Compagnie choisit pour: interprète. Jusqu'alors les enfants de saint Ignace avaient jugé prudent de n’être Jésuites que dans leur for intérieur. Ce nom est exposé aux anathèmes, il peut servir du titre de proscription ; l'orateur chrétien s'en empare avec amour. Son opuscule était une réponse aux imputations dont l'Ordre de Jésus se voyait l’objet, un résumé aussi lumineux qu’éloquent

de ses moyens et de: sa fini: Ravignan: s'exprimuit ainsi dahs son introduction {(?) :

« Qu'avons-nous; fait, qu'avoas-nous: dit, neus Prèêtres de;:la Compagnie de:Jésus?! d'où vient 'ce : bruit? d'où: naissent: tant: d'orages?:Commenñnt;done: sommes-nous devenus de nouveau l'objet dé tant de haines, le but de tant: d'attaques, la eause-de tant de craintes? |

» Vous qui appelez sur nous; sur des prétres, sur : des Français, sur’ des ;citoyens libres et dévoués, toute la rigueur des proseriptions. nous connaissezvous? nous: avez-vous vus, nous avez-vous ;entendus?

» Quelle parole sortie de/netre bouche>a compromis la tranquillité publique etle respect: dû'aux lois? Cependant nos deux cents voix ont retenti dans un grand nombre des-Chaires ; depuis les: cités :les plus populeuses jusqu'aux plus humbles hämeaux ?

» Où sont des autorités civiles qui nous aceusent ? où sont les autorités ecclésiastiques qui nous: condamnent ?

» Un fait répréhensible et positifest-il imputé à l'un d'entre nous ?

» Des-préventions:, des :susceptibilités, -des présomptions ne suffisent pas ; ellés ne sauraient tenir lieu ni des faits ni des preuves; et la culpabilité d'üne Société ne peut avoir une expression pratique et juste que dans les fautes de-ceux qui la composent.

” À ceux-ci, aux individus, appartiennent l'action; le crime, la vertu.

» Quels sont parmi nous les coupables? :

» La vie, l'influence politique nous sont'étrange-

(1) De l'existence de l'institut des Jésuites, par le Révérend Père de Ravignan, de la Compagnie de Jésus, page 13.

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