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- d'Alexandre, elles avaient pris de vastes développe-
loin; il portait avec lui une signification que les Orientaux se montraient heureux d'admettre. Napo-
Jéon, au témoignage du colonel Mazorewicz, ambas-
sadeur de Russie à Téhéran, se garda bien de laisser échapper ce moyen d'influence.
On avait-calomnié les disciples de Loyola passant leur vie dans les glaces de la Sibérie et dans les montagnes du Caucase, entre la misère des indigènes et les langueurs des exilés. Lorsque le gouvernement apprit que la détermination de ces Pères était aussi immuable que celle de leurs compagnons, Galitzin, qui sent le besoin de les conserver, leur propose une dernière transaction. Ils sont libres de rester fidèles
‘à leurs vœux, on les accepte comme Jésuites; ils
doivent seulement se dépouiller de leur habit et de
‘leur nom. Les Missionnaires encore plus actachés à leur Institut qu'au calvaire sur lequel ils se placent
volontairement , calvaire qui ne leur manquera pas
-aillèeurs, refusent le compromis. Les négociations
durèrent plus d'un an; et, lorsqu'ils partirent de ces
‘lieux, où ils azaient adouci tant de souffrances. les Gouverneurs - Généraux les combièrent de témoi- . gnages. d’estine. Dans la Crimée comme sur les
bords du Volga, la séparation fut aussi cruelle. Le
“marquis de Pallucei avait déploré leur retraite, le
général del Pozro, qui commandait à Astrakhan, mourut de douleur, et les Chrétiens du Caucase
.essayèrent. de désobéir à l’ordre de l'Empereur: On
cherchaen Allemagne et en Pologne des Ecclésiastiquès pour remplauer les Jésuites qui évangélisaient ces montagnés, il ne s’en présenta point.
Les affiliations bibliques triomphaient en Russie
Sur les débris de la Compagnie de Jésus ; leur vic-
toire ne fut pas de longue d:rée. Sous .le: règne
58 Jeat HISTOIRE :
ments, mais peu à peu le Czars'avouia qu'il s'était donné des maîtres. Son âne irruniète cherchait: par tont la vérité comme un aliment spin à des
Sées; fl'esdaya dé comprimar l'essor du des Ecel tés, dont le but n’était plus pour lui un yatevtés Lorsque, aux portes du tombeau, il confessa, dit-on, la divinité et la prééminence du past (1); il
(A) Ce retour vers l'unité catholique ne se trouve coifirmté par anoun acte officiel, par aucun témois "ge! public, Le ca= ractère d'Alexandre, son peuchant pour. la vérité religieuse et les tristesses de ses dernières annécs unt sans doûte contribué à acéréditer un bruit qui jusqu'ici n’a peut-être d’autres fondements que l’entrevue du Czer aveo le prince abbé de Hohenlohe, doni le nom est si célèbre en Europe, Dansses Lichtbliehen und argebnissen, le Prince raconte ainsi lui-même cette entrevue:
« S. M. l’empereur Alexanure vint à Vienne au mois de sep= tembre 1822. Ce Monarque, qui avait voué une amitié sincère à la famille princièré de Schwartériberg, manifesta au prince Joseph de cette illustre maison le désir de me connaitre.
« L'audience que S. M, devait me donner fut fixée au 21 septembre, à sept heures et demi du soir, Ce jour sera toujours pour moi un des plus remarquables de ma vie. J’adressai la parole en français à S, M., et je lui dis :
+ Sire, la divine Providence a placé V. M. sur un des degrés » les plus élevés de la grandeur terrestre ; c'ést pourquoi le » Seigneur éxigora aussi beaucoup de V. M. $ our la 1esponsa—
.» bilité des rois est grande devant Dieu. Il a fait choix de V. M. » comme d’un instrument au moyen duquel il a voulu donner » le repos et la paix aux nations européennes. De son côté, V. M. » a répondu aux vues de la Providence, en exaltant la bénddie- > tion de la Croix et en relevant par Votre puissante volonté la s Religion qui était renversée, Je regarde le jour d’aujourd’hui » comme le plus heureux de ma vie, parce que j'ai le bonbeur, » dans ce moment, de témoigner à Y. M. la profond respect » dont je suis pénétré pour elle. Que le Seigneur vous confirme » par sa grâce, et qu’il vous protége par ses saints anges! Telle »' scrâ l'humble prière qu'à pertir d’à peu j'adresserai au is + pour V. M. »
«Ces paroles furent suivies d'ase pause fin dent laquelle! Em-
il s'était ait par ses pen- A | tés, re. Lorsiit-on, la ja (1), il
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léguait en même temps à son successeur le soin.de renverser cette agrégation protestante. L'Empereur Nicolas se montra fidèle à la dernière politique d'Alexandre et les Sociétés Bibliques subirent le . destin qu’elles avaient préparé à l'Institut de, Eoyola. ‘Tandis que les Jésuites servaient de mot de ralliement aux Hérétiques s'efforçant de tuer la: Foi, l'Institut de Loyola, rétabli par le Souverain Pontife Pie VII, se livrait à Rome à un grand travail intérieur (1). Le Gésu et le Noviciat de Saint-André leur
perour ne cessa de me regarder ; puis il se jeta à gsnonux.en me demandant la bénédiction sacerdotale. 11 me serait diffeile -d'exprimer par des paroles l’émation que j'éprouvais dans ce moment. Voicitoutoe que je pus lui diredela plénitude du cœur:
» Je dois permettre qu’un aussi grand Monarque:s'abaisse de » la sorte devant moi, parce que le respect que V. M. me témei- » :gnene s’adresse:pas À moi, mais à celuique je serset qui veus » a délivré par son sang précieux, à grand prince, comme il = nous a délivréstous. Que le Dieu triple et un répandée donc sur » V. M. la rosée de sa grâce céleste ! Qu’il soit votre bouclier » contre tous! vos «ennemis, votre force dans chaque: combat ! » : Que son amour rémplisse votre cœur; etque la paix de Notre- » Seigneur Jésus-Christ demeure sur vousen tout temps. »
2 : C’est: tout:0e que je pus dire, parce que les larmes s’écheppaient de mes yeux de tous côtés, S. M, ne pressa contre son cœur; après quoi, ému moi-même d’une manière inexprimable, je le serrai à mon tour contre mon sein palpitant,
» Notre entretien roula ensuite sur divers événements qu’il ne m'est pas permis de raconter ici, l'Empereur m’ayant imposé:.le silence en me les confiant. Je demeurai auprès de $, M. jusqu’à nze heures moins un quart. Comme mon cœur saigna lorsque j'appris sa mort deux ans après! Non il ne se passe point de jour ‘que je ne me souvienne de lui dans mes prières au Tout-Puissant. »
(1).Ee cardinal Paoca, l’ami.et le conseil du Pape Pie VII, fut un des princes du Saoré-Collége qui, dit-on, exercèrent le plus d'influence auprès du Pontife pour le déterminer à proclamer la résurrection dela Société de Jésus, résurrection à laquelle le car dinal Consalvi semblait s’opposer par des motifs politiques. Dans le manuscrit inédit où Pacca raconte les événements de son
second ministère, nous trouvons un passage qui laisse toute la
ROUES Di. x PRESS ra Et ©
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60 BISTOIRS ‘étaient rendus. ils y revenaient pleins de joie et d’es-
pérance. Les Papes avaient voulu que la maison-inère ‘fut conservée dans l'état où elle sé trouvait au jour ‘de l'arrestation du Père Rieci. La bibliothèque seule
‘avait été vendue à l’encan par ordre des cominissaires “de Clément XIV. L'église du Gésu était dépouillée ‘de la statue en argent de saint Ignace et de plusieurs
objets précieux qui ornaient le ternple (1); mais, à
gloire. de l'initiative à Pie VII, Pacoa s'exprime ainsi : « Uue des premières opérations que le Pape désira faire fut celle, si glorieuse pour lui, du rétablissement de la Compagnie de Jésus.
- Dans lesentretiens que j'avais chaque jour avec lui, durant notre -‘exil de Fontaincbleau, nous avions souvent parlé des graves pré- : judices causés &l’Eglise et à la Société civile par la suppression
de cet Ordre; aussi justement célèbre dans l’éducation de la jeu-
- nesse que dans les Missions anostoliques. J’avais donc lieu d'es- - pérérique le Pape ne sersit pas ‘éloigné de songer un jour à
ressusoiter les Jésuites à Rome, ainsi que dans toutes les contrées
-qui; à l'exemple de l’empereur Paul de Russie et de Ferdi- -mand IV; roi de Naples, les avaient réclamés pour leurs peuples, ! Arrivé à Rome le 24 mai 1814, les entretiens de Fontainebleau se
présentérent tout à coup à mon esprit; mais, suivant les:vues de la politique humaine, cette opération me paraissait encôre peu môûre;.et; à dause des circonstances, je la regardais peut-être
“comme imprudente et très-difficile. Nous étions à peine échappés “ax tempêtes soulevées par la secte philosophique qui rugissait
au seul nom. des Jésuites, et nous ignorions ce que diraient les cotirs étrangères du rappel d’un Institut dont, peu d’années auparavant, tous les souverains catholiques avaicat cxigé cad
‘suppression.
-« Malgré ces motifs, v:rs la fin dojuin; environ un mois après
‘notre retour à Rome, je voulus faire une tentativo sur
l’esprit du Pape, et je lui dis un jour à l’audience : « Très-Saint Père, il faudra reprendre de nouveau notre conversation sur l'Ordre de Jesus, » et, sans que j’ajoutasse autre chose, le Pape
: répliqua : — Nous pouvons rétablir la Compagnie à la prochaine
fête de saint Ignace, » Cette réponse spontanée et inattendue de Pie-VII mesurprit et me remplit de consolation. » q es fut le traité de Tolentino qui forçga Pie VI à ces déplo-
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part ce tribut payé à la révolution française, la maison n'avait subi aucun changement. Devenue communauté de Prêtres dont le savant Marchetti.était le chef, elle fut presque entièrement composée d'anciens Jésuites. Ils y vivaient, ils y mouraient, ils y étaient ensevelis. On avait vu parmi ces vieillards les Pères Alberghini, Hervas, bibliothécaire du Pape François de Sylva, Eascaris, Ximenès et Velasco y terminer une carrière que les travaux scientifiques illustrèrent beaucoup moins que les vertus sacerdotales, Tout était maintenu par eux dans la même régularité ; ils n'avaient interrompu ni une cérémonie ni une instruction dans l'église. Muzarelli y avait même fondé l'exercice du Mois de Marie, que plus tard tous les diocèses de la Chrétienté adoptèrent.
Dans sa sollicitude pour l’accomplissement de ses .vœux, Pie VIT ne se déguisait point que l'éloignement -du Général entratnait des retards inévitables et que son séjour en Russie ferait naître des difficultés pour l'exécution de la bulle de rétablissement, Au moment même où cette bulle fut publiée, le 7 août 1814, il désigna le Père Louis Panizzoni pour remplacer Bzrozowski dans les Etats Pontificaux, jusqu’à ce que -le Général lui-même eut pris d’autres mesures. Le 21 décembre, Jean Perelli fut nommé Provincial de Rome ét Vicaire-Général. Proscrits sur tous les points du globe, les Jésuites s'étaient réfugiés autour de la chaire de Saint-Pierre comme dans un asile auvert à l’infortune: Il n'y eut pas de ville, pas de ‘bourg en Romagne qui ne reçût quelque Père espa-
‘rables spoliations. Bonapatte l'ubligeait de payer à la France ’yingtcinq millions. Rome était obérée, et au lieu de faire peser : sur le peuple ét impôt d’une injuste conquête, le Pape ‘aime |; hieux priver les églises de leurs richesses artistiques. …
:62 -ignol, portugais ou: napolitain. Les Missionnaires du - Paraguay, du Chili, du Pérou et du Brésil augmen- :itérent bientôt nombre de ces exilés. Au milieu des travaux qu'ils s'imposaient pour le:salut des Amesou ‘pour la gloire:littéraire de leur ‘patrie, ils conservè-