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dans leur cloître. Que firent les Jésuites? ils démurèrent leurs portes, mirent au-devant le Saint-Sacrement de l'autel, se moquant de Dieu et se servant des sacrés mystères pour exciter des séditions. »
L'exposition du Saint-Sacrement et les fulminations contre les Français sont deux faits dont il n’y a pas trace chez les historiens de l’époque; Arnauld les invente pour les besoins de sa cause, etle vœu homicide qu'i forme n’est dans sa bouche qu'rac de ces exagérations de Palais dont le Barreau n’a jamais été assez sobre pour son honneur.
Quand François de Borgia arriva en Portugal avec la légation du cardinal Alexandrin, les choses n’en étaient pas là; mais avant de reprendre le cours de la narration, nous avons cru opportun de résumer les charges qui pèsent sur les Jésuites à propos de don Sebastien et les faits vrais qui résultent d'une étude consciencieuse de ces événements étranges. Il ne nous reste plus qu'à suivre Borgia à la cour de Lisbonne.
Don Constantin de Bragance et Jean de Borgia, ambassadeur d’Espagne en Portugal et troisième fils du Général des Jésuites, reçurent à la frontière le légat et le Père François. La cour était divisée, car en 1571 les intrigues que nous avons développées étaient dans toute leur ardeur première. Don Sébastien n'avait que dix-sept ans. Au premier mot qui fut prononcé dans le conseil sur la Croisade, but principal de la légation d’Alexandrin, il prit feu et déclara qu’il était prêt à mettre ses vaisseaux à la mer. Cet acquiescement surprit peu François de Borgia, qui, après avoir réglé les affaires de la Chrétienté, s’occupa du mariage de Sébastien et des intérêts de la Compagnie. Le prince s’engagea à épouser Marguerite de Valois.
Aprés avoir rempli les intentions du Souverain-Pontife, Borgia prit avec Alexandrin .> chemin de la France, -*, vers le 20 janvier 4579, il parvint à Blois, où résidait la cour.
La France était déchirée par les cabales. Comme toutes les factions qui conspirent avec l'épée ou avec la plume, et qui se montrent insatiables de concessions, parce que c’est ainsi qu'elles espèrent affaiblir le pouvoir, le Calvinisme avait obtenu de Catherine de Médicis et de Charles IX beaucoup plus qu'il n’était en
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droit de demander. Cependant il sollicitait encore, il exigeait toujours. Ce n'étaient plus des temples qu'il lui fallait pour apaiser sa soif de liberté ; les Dévoyés de l'Eglise avaient conquis ces temples; ils n'aspiraient qu'à interdire aux Catholiques l'entrée de leurs vieilles cathédrales. Par amour de la nouveauté ou par devoir mal entendu de conscience, par ambition, par enthousiasme peut-être, ils avaient changé de culte, et déjà ils songeaient, eux, les hommes de l'indépendance indéfinie, à forcer les autres à passer sous le niveau de leurs croyances. La guerre civile sortait de cette contrainte morale qui pressait le pouvoir et les multitudes. La guerre civile était acceptée par les Calvinistes comme un nouveau mode de prédication. Ils l’entreprenaient avec leurs propres troupes; ïls la continuaient avec l'appui des étrangers. Il y avait de l’autre côté du détroit un peuple qui, comme les Calvinistes, s'était violemment séparé de l'Eglise universelle. Ce peuple était l'ennemi naturel de la France; naguère encore il possédait dans le royaume des provinces et des citadelles. La politique des rois, la bravoure de l’armée et l’instinct national s'étaient coalisés pour délivrer le territoire de la présence des Anglais. Les Protestants crurent avoir besoin de l'appui de leurs coreligionnaires ; ils l’invoquérent : mais les Anglais ne donnent jamais ce qu'ils peuvent vendre. Ils offrirent leur interven‘ion armée, et ils exigèrent des gages. En 1563, la ville du Havre leur fut livrée par les Calvinistes français. Ainsi, l'œuvre que Duguesclin, Clisson, Jeanne d'Are, Dunois, les Montmorency et les Guise avaient si héroïquement commencée et si glorieusement achevée, se trouvait brisée par ie Protestantisme. Maîtres du littoral, les Anglais n'étaient plus des alliés, mais des dominateurs, ‘qui, après avoir laissé les partis s’épuiser, viendraient recueillir le prix de leurs calculs et remettre la France sous le joug.
Pendant ce temps. l'Université de Paris, la Faculté de théologie et le Parlement, qui avaient des intérêts de foi et de dignité engagés dans la question, persistaient à s'acharner sur la Compagnie de Jésus. Au fond des provinces, celle-ci leur donnait l'exemple de la lutte contre les Huguenois, mais cet exemple les laissait froids on indifférents. À l'aspect des dangers que
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