‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 2 sur 64 · EE · texte numérisé non relu

EE

ne be: 4 Dé: > à ef ki 4 ER EN RE. :

hi

inattendu de Laynès va encore une fois mettre sa modestie aux prises avec les dignités.

Caractère concentré, esprit qui avait besoin de recevoir l'impulsion, mais qui, après l'avoir reçue, ne s’arrêtait devant aucun obstacle, Borgia était admirablement formé pour développer les plans d'ignace et de Laynès. Il n'avait ni l'immensité des conceptions du fondateur, ni l'ardeur initiative et le rare ensemble de talents que déploya le second Général de l'Ordre ; cependant, au contact de ces deux hommes qui ont exercé une si puissante influence sur lui, Borgia a inspiré de toute leur vigueur sa faiblesse maladive. D'un tempérament mélancolique, il aurait, aux agitations de l'existence du missionnaire, préféré les calmes délectations de la vie contemplative. Ignace l’arracha au repos de la solitude qu'il ambitionnait. Laynès le jeta dans les travaux de l'apostolat ; il le prépara par de difficiles épreuves à accepter son héritage. Les Jésuites allaient réaliser cette pensée.

Le lendemain de la mort du Général, les Profès résidant à Rome se réunissent et choisissent pour Vicaire, pendant la vacance, le Père François de Borgia, un des assistants de Laynès. Séance tenante, Borgia convoque la Congrégation générale pour le 21 juin de la même année 1565. Trente-neuf Pères y assistèrent; ils étaient députés des Congrégations provinciales, qui, après la mort du Général, doivent s’assembler pour nommer chacune, aux termes de l’Institut, deux Jésuites chargés de se rendre à Rome et de procéder à l'élection.

La Congrégation s’ouvrit à l’époque indiquée. Parmi les Pères qui y représentaient l'Ordre, on comptait Salmeron, Bobadilla, Araoz, Polanque, Palmio, Miron, Mercurian, Ribadencira, Emmanuel Sa, Lannoy, Domenech, Valdervano, Christophe Rodriguez, Roillet, Michel de Torrès, Lopès, Martin Guttierez, Coudret, Canisius, Adorno, Natal, Hoffée, Azévedo, Henriquez, Roman, Loarte, Cogordan, Vittoria, Govierno, Hernandez et Charles Pharao. |

Les premières séances furent employées à promulguer vingtsept décrets concernant l’intérieur de la Société. Le 28 juin, au moment de commencer les quatre jours de retraite précédant la nomination, Borgia qui, par sa charge, était appelé à prendre

to mi 0 an cé ni

DE DE De 1° A A Gr PO mn ge

la parole devant ses frères assemblés, prononça le discours suivant. En faisant connaître les pensées qui animaient l'orateur, il servira à démontrer le but auquel la Compagnie aspirait. Borgia s'exprima ainsi :

« Vos dispositions et votre tendre sollicitude pour le bien général de la Compagnie m'étaient si parfaitement connues, je vous voyais tous embrasés d’un si vif désir de lui donner un Général, qui non-seulement fût embaumé de la bonne odeur de Jésus-Christ, mais qui, revêtu en quelque sorte de la grâce divine, en répandit les bénignes influences jusqu'aux confins de l'univers, que je craignais de vous adresser une exhortation, à vous dont je devrais plutôt recevoir les instructions et les conseils. Je rougissais presque de vous faire connaître mon incapacité en balbutiant quelques paroles aux oreilles de ceux dont les discours et les travaux sont devenus, par la grâce du Seigneur, si célèbres dans les diverses contrées de la terre. Mais puisque l’obéissance m'y oblige, j'ai dû ouvrir la bouche. Dieu veuille, par sa parole, suppléer à l'impuissance de la mienne ! Je tàcherai de m'exhorter moi-même et je vous exposerai en toute simplicité ce que statue, sur la délibération si grave qui nous réunit, la huitième partie des Constitutions. C’est ainsi que, si mon travail ne vous est pas utile; et certes vous n’en avez pas besoin, j'en retirerai du moins un grand fruit pour moi, celui d’avoir pratiqué l'obéissance qui me défend de me taire.

» Nos Constitutions, en premier lieu, portent que le Vicaire- Général adressera un discours à la Congrégation pour l’exhorter à faire un choix tel que l'exigent le service de Dieu ct le gouvernement de la Compagnie. Il ne suffira point d’avoii nommé un Général qui se contente de ne pas embarrasser l’œuvre de la Compagnie ou qui l’aidera faiblement à l'accomplir; il faut qu'aussi distingué par sa vertu et sa sainteté que par sa science et sa sagesse, il soit en même temps très-propre à l’administration des affaires, plein de bonté pour guider le troupeau laissé à ses soins, d'énergie pour le défendre, de zèle pour l'augmenter, en un mot, qu'en tous points il réunisse toutes les

* qualités qui le rendent capable de remplir cette charge, Si dans

Dee sn

ours oraruit,

| gés, je r un un de grâce nfins tion, t les h inceux e du Mais Dicu nne !

ai en qui ainsi n’en pour e me

aire orter iverdé un de la

faut ience straaissé augs les dans

les guerres que les hommes se font entre eux on ne manque point de confier la conduite de l'armée au meilleur général, combien cette précaution est-elle plus nécessaire à cette sainte cohorte, qui combat pour les intérêts du peuple de Dieu! Nous voyons aussi non-seulement le prêtre ressembler au troupeau, mais encore le troupeau se former sur le modéle du prêtre. En outre, les Constitutions nous fixent le jour présent et les trois qui vont suivre pour traiter de l'affaire avec Dieu. Car, s’il faut toujours prier et ne jamais se lasser, pouvons-nous douter de ce que nous avons à faire, nous qui savons qu'avant de choisir ses Apôtres, le Sauveur lui-même passa une nuit entière en oraison ? La toute-puissance prie; il prie, celui qui lit dans les cœurs; et nous, faibles, nous, aveugles, nous ne pricrions pas !

» Cependant il nous est ordonné de considérer quel sera le plus capable de tenir les rênes du gouvernement; c'est ce que Dieu exige de nous dans la coopération de son œuvre. Or, comme c’est l'ensemble de la Compagnie qui doit nous fournir le sujet que nous avons à choisir, il faut nous mettre devant les yeux chaque Profès, tant les absents que les présents; car, plus d’une fois celui qui attire le moins l'attention des hommes a mérité, comme David, le suffrage du Seigneur. Veuille donc la Bonté souveraine ne permettre jamais que notre Compagnie choisisse quelqu'un qui ne soit recommandable qu'aux yeux de la raison humaine! qu'il le soit aussi aux yeux de Dieu, car celui-là seul véritablement mérite nos suffrages. Quoique, bien loin de pouvoir l'expliquer, personne ne puisse même scruter la raison première de nos Constitutions, tant y brillent avec éclat la Sagesse et la Bonté infinies, voici, je erois, «nel est le but du décret qui défend d'arrêter son choix en soi-même avant la réunion à l'assemblée. C'est d'empêcher que le choix ne

vienne de l’homme ou ne soit dicté par des motifs humains ; mais qu'il le soit principalement par la grâce du Saint-Esprit. Si pour obtenir cette grâce il faut, comme personne n’en doute, imiter ceux à qui ce même Esprit l’a communiquée avec le plus de perfection et d’abondance, considérons les Apôtres, qui, sans décider eux-mêmes qui ils admettraient dans le Collége apostolique, proposérent au Seigneur les deux candidats en lui

disant : « Seigneur! vous qui savez ce qui se passe dans le cœur des hommes, faites-nous connaître celui que vous avez choisi. » Or, que servirait-il de consulter le Seigneur, si chacun avait déjà arrêté ce qu'il fera! D'ailleurs, lorsque nous sommes réunis et que nous prions ensemble, notre voix est bien puissante; et ce que Dieu refuse aux prières de l'individu, il Bac corde aux prières de tous. Ceux qui sont réunis dans un seul et même! esprit sont sans doute mieux disposés pour recevoir ce qu'ils demandent d'une même voix, d'un même élan de cœur, en même temps et tous ensemble. Si autrefois ce peuple insolent et rebelle, voulant avoir un roi, n’osa pas le choisir luimême, mais voulut le recevoir de la main de Dieu, la Compaguie, se fiant en ses forces, ira-t-elle nommer elle-même un Général plutôt que de le demander dans la prière au Père des lumières, de qui découle tout don excellent ?

» Enfin, nos Constitutions frappent d'anathème quiconque aura ambitionné cette charge, ou qui, complice d'un pareil dessein , ne l'aura pas révélé. O profondeur de la sagesse et de Ja science de Dieu! Une telle maladie réclamait un tel remède! Les Anges précipités du ciel, nos premiers parents chassés du paradis terrestre, voilà l'œuvre de l'orgueil, Qu'il soit done retranché, qu'il sait séparé et banni du milieu de ses frères, celui qui serait infecté d’une pareille contagion! Qui voudrait se donner pour guide un aveugle? Or, je vous le demande, n'est-il pas un aveugle, l’ambitieux qui, n'étant rien, se croit quelque chose? N'est-il pas un véritable insensé, celui qui, incapable de se conduire lui-même, aspire néanmoins à des emplois si lourds à exercer? Cet homme qui descendait de Jéricho, et que des voleurs laissérent presque sans vie, après l'avoir accablé de coups, quel nom lui donnerions-nous s'il eût prié les passants, non de l'enlever sur leurs épaules, mais de le charger d'un pesant fardeau? O poussière et cendre ! ne te vois-tu pas couvert de plaies de la tête aux pieds? Tes blessures demandent un appareil, des fomentations de vin et d'huile ; des épaules étrangères sont obligées de te porter au bercail, et tu oses t'offrir pour y porter les autres! Vois tes mains, si tu n'es pas encore cffrayé de tes œuvres; vois tes pieds qui ne connaissent pas la voix de

œur si. »

avait mes US Pac seul ir ce pur, lui- Npa= un des

nique areil et de ède!

s du done res, it se st-il ique e se ds à des de nts, l'un ouun an— our ayé de

la paix, mais qui marchent dans les sentiers dificiies; pose la main sur ton cœur pour en palper la dureté; considère les miaères que ton âme enfante, que ta bouche vomit, qui germent dans ton esprit. Tes vaines pensées n'ont d'autre effet que de torturer ton cœur ; suis mon conseil, et alors, comme le Publicain, tu n’oseras plus lever les yeux vers le ciel.

» Mais non, lève, lève tes yeux vers Jésus-Christ, vois ce qu'a fait le médecin pour guérir la mortelle plaie de l'ambition qui ronge le monde. Il n’a pas trouvé de place à l'hôtellerie de Bethléem, afin de t'apprendre à ne pas rechercher les places ; il s’est dérobé par la fuite aux honneurs de la royauté, afin que tu ne désires pas le commandement ; il est venu pour être serviteur de tous, afin que tu ne dédaignes pas d’être au moins ton propre serviteur. Mais où ne rencontrons-nous pas, en Jésus- Christ, des exemples d’'humilité ?

» Une seule fois il a voulu être élevé, et c’est sur la croix, pour t'apprendre que le titre de roi eu de chef n'appartient qu'à celui qui est cloué sur la croix. Ainsi, celui qui n’est pas sur la croix, pourquoi recherche-t-il le titre de monarque? Et s’il le recherche, il n’est pas sur la croix, ilne connaît pas la croix. Car pour celui qui est véritablement crucifié, les honneurs sont des clous; les plaisirs, des épines; les louanges de l’homme, des outrages et des insultes. Vous donc qui aspirez aux hautes charges, ignorez-vous quele Fils de Dieu a été élevé sur le Calvaire pour expier l’orgueilleuse élévation de votre âme? Insensé qui t’estimes toi-même! Le disciple de Jésus-Christ est bien différent de ceux qui demandent à la terre des titres honorifiques. Voyez les titres dans lesquels met sa gloire celui dont le nom est au-dessus de tout nom : Je suis un ver de terre et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut de la populace. Quel châtiment ne mérite donc pas l’ambitieux, et quoi de surprenant si nes lois n'ont pour lui que des foudres? Ainsi, quand nous serons assemblés pour élire un Général, loin, bien loin de nous l'ambition! Qu'elle ne trouve pas même le chemin de notre porte; si elle venait à pénétrer jusque là et à frapper, craignons de lui prêter l'oreille. Réveillons dans nos âmes le zèle pour la gloire du Seigneur notre Dieu ; souvenons-nous de

ge à À nr tip

notre vocation, car nous avons été choisis par les entrailles de la miséricorde divine pour fouler aux pieds l'ambition mondaine,

. pour élever au-dessus de notre tête l’opprobre de la croix! Si

au contraire j'ouvre encore la porte de mon âme à l'ambition, que j'avais bannie par mon entrée en religion, je suis un prévaricateur. Notre Compagnie n'est-elle pas la Compagnie de Jésus ? n'est-elle pas glorieuse de ce nom? n'est-ce pas là son rempart? Et parmi les Compagnons de Jésus , il se rencontrerait quelqu'un qui oublierait Jésus-Christ pour se chercher lui-même?

» O mes très-chers Pères! je vous y exhorte, et je vous y exhorte encore; considérons notre vocation, écoutons notre maître, ce même Seigneur Jésus qui nous crie : Les rois des Gentils les tiennent sous leur domination, et ceux qui ont l'empire sur eux sont appelés Bienfaisants : pour vous, qu'il n'en soit pas ainsi; que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et que le chef soit comme le serviteur de tous. Je vous l'ai déjà dit, tous les yeux sont fixés sur nous pour voir, quand il s’agit de faire un choix, si la Compagnie sait le faire excellent comme elle le prescrit. S'il en est autrement, à douleur! qui pourra nous souffrir convaincus de mensonge, lorsqu’à peine on nous tolère maintenant que nous sommes véridiques? Profitons done du conseil que Jésus-Christ nous donne, et que personne ne craigne, comme un enfant du siècle, d’affliger quelque ami. Car nous donner un Général à notre goût, dont les pensées et les sentiments s'accordent avec les nôtres, c’est peine perdue. Il arriverait ce que Samuel prédit aux Israélites du roi qu'ils demandaient : qu'il leur enlèverait leurs biens, juste punition d'un Dieu vengeur, qui change en tristesse la joie qu'on se promettait d'abord. Il n’est pas rare de voir que les sources où l'on ne puisait auparavant que des eaux douces n’en donnent bientôt plus que d’améres.

» Malheur donc, malheur à l’homme qui attend son bonheur de l’homme! Mais pourquoi vous tenir un pareil langage ? Tout cela, mes très-chers Pères, ne le savez-vous pas mieux que moi? tout cela n’excite-t-il pas en vous une plus grande sollicitude qu’en moi? N'en aperçois-je pas parmi vous quelques-uns qui ont travaillé aux Constitutions. même ? Puis-je

ns y otre rois ont qu'il nme ous.

pour it le

ER © 7 ss rate ds

dônter que vous ne soyez tous revêtus de J.-C. et que vous ne persévériez dans l'esprit qui nous a réunis? Il ne vous reste plus qu’à supplier humblement le Seigneur de répandre la iumière dans nos âmes, afin que celui qu'il a choisi lui-mème pour être le pasteur de ce troupeau, la tête de ce corps, fixe aussi notre choix et nos suffrages, et de confirmer son œuvre par sa grâce. Alors nous pourrons dire : Il nous est né un chef; le Seigneur nous a donné un père; une merveille s’est opérée sous nos yeux. Réjouissons-nous dans celui qui nous l'a imposé comme pasteur, qui nous a choisis pour son peuple ct son bercail, et comme des enfants nouveau-nés, renouvelonsnous dans l'esprit de notre Compagnie. Que notre foi devienne plus robuste, notre espérance plus ferme, notre charité plus ardente, notre obéissance plus prompte, notre chasteté et notre pauvreté plus parfaites ! Que l’adversité et les malheurs nous trouvent plus intrépides ; dans les affaires du siècle, soyons plus réservés et plus prudents; montrons-nous plus ardents à travailler au salut du prochain, plus vigilants sur nous-mêmes ! C'est là notre vocation, c’est là notre sort et notre partage. Il est saint de viser à ce but, très-saint d'y être parvenu.

» Si la Compagnie accomplit son œuvre, tous les jours de notre vie nous serons en présence du Seigneur, dans la sainteté et la justice : nous éclairerons ceux qui marchent dans les ténèbres, et nous guiderons leurs pas dans la voie de la paix. Que celui qui est la paix véritable et l’auteur de la paix nous accorde cette grâce et sa bénédiction pour le choix. que nous allons faire. Qu'avec nous demeurent pour nous conserver et nous diriger la puissance du Père, la sagesse du Fils, ia bonté et l'amour du Saint-Esprit. »

L'homme qui parlait en termes si sublimes de conviction avait sujet de redouter que l’on chargeñt sa maturité d’un commandement dont il était digne. Il s’adressa donc à Salmeron et à Ribadeneira pour tâcher de détourner le coup qui allait être porté à son abnégation, et il leur écrivit :

‘« Je crains que quelques-uns ne se laissent encore éblouir par je ne sais quel faux éclat de la misère dont je me suis sé-

paré en quittant le monde. Cela peut contribuer à leur inspirer la pensée de m'imposer une tâche pour laquelle je reconnais devant Dieu n'avoir ni la force du corps, ni la santé nécessaire, et bien moins encore les forces de l'esprit et de la vertu.

» La grâce que j'ai à solliciter de vous est que vous me déclariez sincèrement et en véritables amis si vous jugez que je doive ou que je puisse, selon Dieu, m'’aller jeter avant l'élection aux pieds de tous les Pères pour les conjurer de ne jamais songer à un choix si fort au-dessous d'eux, qui me serait à moimême si préjudiciable et qui le serait encore bien davantage à notre Compagnie. »

Salmeron et Ribadeneiïra combattirent cette humilité par des raisons même d’humilité. Ils lui représentérent que vouloir détourner ainsi le suffrage d’électeurs dont le choix n'était pas connu serait en provoquer la pensée, et qu'il y avait plus de vertu à laisser faire l'esprit de Dieu.

Le Père se soumit. Le 2 juillet 1565, fête de la Visitation de la sainte Vierge, jour où huit années auparavant Laynès avait été nommé, don François de Borgia fut élu troisième Général de la Compagnie de Jésus. Au premier scrutin il avait réuni trente-une voix. Les sept suffrages qui, en défalquant le sien, ne s'étaient pas portés sur lui, étaient ceux des Jésuites qui connaissaient plus intimement Borgia. Ils n'avaient pas voulu contraindre un homme, si amant de la solitude et de la priére, à déserter les choses divines pour s'appliquer aux affaires terrestres. Le choix comme la répulsion était un hommage rendu de différentes manières. Les autres, en le nommant, avaient pensé que le duc de Gandie saurait bien encore, comme du temps d’Ignace et de Laynès, abandonner Dieu pour Dieu.

Salmeron, l'assistant du Vicaire-Général et le plus ancien des Jésuites, proclama le décret d'élection. Il était ainsi conçu :

« La Congrégation étant légalement assemblée et complète, le nombre des suffrages ayant été exactement compté, comme le révérend Père François de Borgia se trouve nommé et élu par plus de la moitié des votants, moi, Alphonse Salmeron, . par l'autorité du Siêge apostolique et celle de toute la Compa-

gnie, j'élis et je choisis ledit révérend Père François pour Supérieur général de la Compagnie de Jésus, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

2e jour de juillet de l'an 1565.

s Au nom de tous, j'ai signé : ALPHONSE SALMERON

Les traits altérés et les yeux pleins de larmes, Borgia en dit lire ce décret, qui était pour lui une condamnation. Son esprit était tellement bouleversé qu'il ne trouva même pas de paroles pour protester. Quelques heures après, et au moment où les Profës se rendaient au palais pontifical pour annoncer À Pie IV le choix qu'ils avaient fait, le nouveau Général s'écria « J'avais toujours désiré la mort de la croix, mais je ne m'étais jamais attendu à une croix aussi pesante que celle-là. »

Lorsqu'ils furent en présence du Pape : « Vous ne pouviez rien faire dans votre Congrégation, leur dit le saint Pére, de plus utile au bien commun de l'Eglise, de plus avantageux à votre Institut et de plus agréable au Siëége apostolique. Je vous montrerai par les effets, dans toutes les circonstances que j'aurai de vous favoriser et de vous protéger, combien je vous sais gré d'un si digne choix. »

L'approbation hautement manifestée par Pie IV devint un encouragement pour Borgia. Ses frères en Relig:n, le Pape et la cour romaine, le jetaient dans la vie active. On le forçait à délaisser la sainte oisiveté de la contemplation. A partir de ce jour il sut commander et gouverner par obéissance.

La Catholicité s’associait aux félicitations du Pontife. Le cardinal d’Augsbourg faisait chanter des Te Deum dans son diocêse pour rendre grâces au Ciel de cette élection. Les rois et les princes prenaient part à la joie commune, et le cardinal Stanislas Hosius, évêque de Warmie, écrivait au nouveau Général : « Je remercie Dieu qui a pourvu aux besrins, non-seulement de cette sainte Compagnie, mais de l'Eglise universelle, par le choix d’un homme placé si haut par l'intégrité de sa vie,

sa gravité et sa prudence, d’un homine dont la sollicitude ot la diligence peuvent pourvoir aux nécessités de toutes les églises, en veillant à ce qu'elles ne manquent pas de ministres de la parole divine, distingués entre tous par la sainteté de leur vie, non moins que par la profondeur de leur science. Comme mon diocèse semble en avoir un besoin plus urgent que tous les autres, c'est pour moi un devoir plus pressant d'adresser mes L félicitations à Votre Révérence et de m'en féliciter moi-même; car j'ai confiance que, par ses soins, ni les autres églises ni la

mienne ne manqueront d'ouvriers fidèles pour y travailler à la . vigne du Seigneur. »

Araoz, Palmio, Mercurian et Miron furent déclarés Assistants d'Espagne, d'Italie, de France et d'Allemagne, du Portugal et du Brésil. Polanque, Secrétaire général de la Compagnie et

; Admoniteur sous Laynès, fut continué dans ces deux -harges.

La Congrégation avait fait vingt-sept décrets avant le 2 juillet. À Lorsque le Général fut nommé, elle reprit la suite de son travail 4 et en fit quatre-vingt-treize. Voici les plus remarquables : | ‘4

Par le 9e décret il est enjoint d'établir dans chaque province et, autant que faire se pourra, en lieu convenable, un séminaire de la Compagnie. On y formera des professeurs et des ouvricrs évangéliques à la connaissance des lettres humaines, de la philosophie et de la théologie.

L'enseignement de la-jeunesse était un des principaux mobiles de l'institut; mais les Pères assemblés avaient une trop juste idée de leur mission pour précipiter dans cette carrière difficile des maîtres inexpérimentés. Il fut résolu qu'on n'y entrerait que par degrés et de manière à s'acquitter dignement d'une œuvre dont mieux que personne les Jésuites comprenaient la grandeur.

Le 8° décret servait de point de départ à ces sages précau- L; tions. Toutes les villes, tous les royaumes de l’Europe se montraient jaloux de posséder une maison de l'Ordre. La précipitation, le désir d'étendre l’Institut pouvaient entraîner de graves inconvénients. Borgia et la Congrégation s’appliquérent à limiter cette extension. Par le huitième décret, ils recommandérent la modération et l+ réserve dans la réception des colléges. Il E

à: ÉTSHE

ot la ises, e la vie, mon y les mes me ; ii la à la

ants il et e et ges.

Ilet.

\vail

Mi ou-

, de

no- Op ière enent ent

ince

fut décidé en principe que l'on s'occuperait plutôt à fortifier ct à perfectionner les maisons déjà établies qu'à en créer de nouvelles

Le 62 décret oblige le Général à veiller à ce que les prédicateurs et les confesseurs de la Société soient plus que suflisamment instruits. A cet effet, on doit leur cominuniquer un avertissement particulier.

Par le 73e décret, le Général est nommé supérieur de la Maison-Professe de Rome; mais pour ne pas consumer son temps dans les soins du gouvernement intérieur, on lui adjoint un procureur et d'autres ministres.

Quelques autres décrets, relatifs à la pauvreté, furent dressés. Tous tendent à la rendèe plus étroite. Le 3° fait renoncer solennellement la Compagnie à l'autorisation accordée par le Concile de Trente. Grâce à cette autorisation, tous les Ordres religieux, à l'exception des Capucins et des Frères-Mineurs de l'Observance, pouvaient posséder des biens-fonds en commun. Les Profès qui constituaient la Société de Jésus abandonnèrent ce privilége.

La Congrégation n’avait pas encore terminé ses séances lorsqu'on apprit à Rome que Soliman, à la tête d’une armée musulmane, mettait le siége devant l’île de Malte. Le boulevard de la Chrétienté dans la Méditerranée allait être enlevé; on ne le savait défendu que par le courage de ses Chevaliers. Aussi, Philippe Il d'Espagne et Pie IV s’empressérent-ils d'expédier des forces navales à leur secours.

Un nouveau danger menaçait l'Eglise. La Congrégation offre à l'instant même six Jésuites au Souverain-Pontife. Ils seront sur la flotte les prédicateurs de la croisade, après le combat les médecins et les garde-malades des blessés. Les Pères Domenech, Fernandez, Jacques Suarez, Gurrea, Vital et Hyparque, revêtus des pleins pouvoirs du Saint-Siége, prennent la mer ; mais la bravoure des Chevaliers et l'héroïque résistance de La Valette, leur Grand-Maitre, rendirent inutiles l'intervention des Espagnols et des Jésuites. Les Turcs se virent contraints à lever le siége de Malte.

Le 3 septembre 1565, la Congrégation se sépara. Au moment de rester seul à la tête de la Compagnie, François de

Borgia adressa aux Profës une allocution en forme d'adieux.

« Mes Pères, leur dit-il, je vous prie et vous conjure d'en agir avec moi comme ont coutume de le faire avec les bêtes de somme ceux qui les chargent. Ils ne se contentent pas us mettre le fardeau sur leur dos, mais ils prennent un grand soin pour qu'elles arrivent au but. S'ils les voient broncher, ils les soulagent; s'ils les voient marcher lentement, ils les stimulent ; s'ils les voient tomber, ils les relèvent; si, enfin, ils les voient trop fatiguées, ils les déchargent. Je suis votre bête de charge, c'est vous qui avez mis sur mes épaules le fardeau; traitez-moi au moins comme une bête de charge, alin que je puisse dire avec le Prophète : Jumentum sum apud vos, et ego semper vobiscum. Soutenez-moi donc par vos prières; soulagez-moi vous qui êtes appelés à partager la sollicitude du gouvernement de la Compagnie; poussez-moi si je marche trop lentement; excitez-moi par vos exemples et par vos avertissements ; si je plie sous le faix, déchargez-moi.Enfin, mes trèschers Pères, si vous voulez alléger mon fardeau, que je vous voie tous n'avoir qu'un sentiment, qu'une opinion, qu'un avis. N'ayez qu'un cœur ct qu’une âme; portez les fardeaux les uns des autres, afin que je soie en état de porter les vôtres. Donnez la plénitude à ma joie, et notre joie à tous sera pleine, et personne ne pourra nous l'enlever. Mais, afin que cette prière que je vor: fais demeure dans vos cœurs, afin que vous vous souveniez de moi et des paroles que je vous ai adressées, afin de vous témoigner l'amour que je vous consacre, je vais vous baiser humblement les pieds, en priant le Seigneur notre Dieu de rendre ces pieds agiles dans ses voies comme ceux du cerf, de sorte qu'après avoir marché sur la terre en annonçant la parole divine et en établissant la paix, nous allions jouir de l'éternel repos, le monde vaincu par nous, et sans crairure d'être jamais ébranlés. »

A ces mots le Général se prosterna à terre, il baisa les pieds de chaque auditeut. À leur tour, les Pères émus de ce spectacle se jettent aux genoux de Borgia; puis, dans les larmes et les embrassements de la charité, ils se séparèrent pour reprendre la suite de leurs travaux.

LA

ieux, d'en bêtes ns ue rand cher, s les nfin, votre

far-

afin vos, res ; tude rche vertrèsvous

avis.

uns

La Société de Jésus possédait alors cent trente Maisons réparties oi dix-huit Provinces, et le nombre de ses Pères s'élevait au chiffre de plus de trois mille cinq cents,

Borgia avait à pourvoir au gouvernement. Il :evait conti nuer les Provinciaux dans leurs fonetions ou en choisir de nouveaux. Il s'acquitta de cette tâche, visita les Coiëges de Rome, pourvut aux besoins de uns, veilla aux études des autres, s'occupa du bonheur de tous, et, avec le concours de Jeanne, duchesse d'Aragon, mére de Marc-Antoine Colonne, il commença à jeter les fondements du noviciat de Saint-André. À peine cet établissement fut-il formé que Stanislas de Kostk., le prélat romain Claude Aquaviva, c'une des plus illustres familles de Naples, son neveu Rodolphe, fils du duc d'Atri, et un grand nombre de jeunes gens distingués par leur mérite et leur naissance, sollicitèérent d’être admis au noviciat de la Compagnie.

Les montagnes de la Calabre recélaient dans leurs profondeurs un venin d'hérésie vaudoise que la sumvage âpreté des habitants ne permettait pas d'extirper. Les ellbrts de plusieurs envoyés du Saint-Siège avaient échoué dan: cette mission. Borgia fait partir Christophe Rodriguez pour ces montagnes. La patience du Jésuite dompte l'obstination. des Calabrais : mais pendant ce temps (9 décembre 1565), le pape Pie IV expirait entre les bras du cardinal saint Charles Borromée et de saint Philippe de Néri. Le 7 janvier 1566, le dominicain Ghislieri, plus connu sous le titre de cardinal Alexandrin, lui succédait sur la Chaire de saint. Pierre. Né d'une famille noble, mais pauvre, près de la ville d'Alexandrie , qui plus tard s’honora de lui donner son nom, Ghislieri, à peine âgé de quatorze ans, entra dans l'Ordre des Frères-Précheurs. L'éclat de ses talents, l'austérité de ses mœurs et la sévérité qu'il déploya contre les abus introduits dans le clergé, l'élevèrent au cardinalat. Un jour enfin, ce moine sans fortune fut appelé par le Conclave à s’asseoir sur le trône électif d'où venaient de descendre les Médicis et les Farnèse. L'Eglise comprenait et appliquait ainsi le principe de l'égalité.

Le nouveau Pontife était un homme qui possédait au plus

PP Re ressens =

haut degré l'énergie du bien et qui ne savait pas courber ses convictions sous le joug des considérations humaines. Pie V avait suivi l’Institut de saint Dominique; par la propension ordinaire au cœur humain, il était naturel de prévoir qu'il serait peu favorable à l'Ordre religieux que le monde posait en rival de celui des Dominicains. L'acharnement avec lequel Melchior Cano poursuivit la Société de Jésus n'était pas oublié, et les méchants, ou plutôt les sages selon le monde, jouissaient à l'idée de voir le Pape donner un corps aux prédications furibondes d'un de ses anciens frères de couvent. Mais dans les esprits droits, dans les cœurs qui se passionnent pour la vérité, il peut bien exister une émulation généreuse ; il devient im-

* possible d'y faire germer une de ces répulsions à courte vue,

sacrifiant l'avenir au présent. Ghislieri, comme les chefs de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, avait salué la Compagnie de Jésus à son aurore, il l'avait accueillie en sœur. Le cardinal Alexandrin était l'ami de la plupart des Jésuites, celui de François de Borgia en particulier. Il ne se laissa pas prendre au piége que des jalousies ambitieuses tendaient à sa ferveur de Dominicain. On répandait le bruit que le Pape allait détruire l'Institut de Jésus, établi, disait-on, et protégé par ses deux prédécesseurs au détriment des autres Instituts. Pie V sentit qu'il devait protester par sa conduite contre d'aussi perlides insinuations. [l le fit avec cet éclat de franchise qu'il mettait

dans tous ses actes. Au moment où, entouré des pompes de la

cour romaine il se rendait processionnellement à la basilique de Saint-Jean-de-Latran pour procéder, selon la coutume, à l'intronisation du Pontificat suprême, le Pape s'arrête en face de la Maison-Professe du Gesk. C'est violer l'usage, l'usage qui, à Rome, à plus force de loi que la loi elle-même; mais Pie V comprend qu'il faut réduire au silence les suppositions hasardées.

On a prétendu qu'il serait hostile aux Jésuites : le Saint Père veut leur offrir une marque solennelle de son estime. François de Borgia est appelé; il s'approche du trône portatif sur lequel est assis le nouveau souverain. Pie V l'embrasse avec eflusion , il l'entretient longtemps et à haute voix des

M ee ARE L .

ses Pic V nsion qu'il posait lequel ublié, saient s furins les vérité, it im le vue, efs de nie de ardinal : Frandre au veur de détruire is deux sentit perlides mettait es de la pasilique ume, à en face l'usage 1e; mais positions

le Saint estime.

e portatif embrasse voix des

ANT RC

services rendus à la Catholicité par les disciples de Loyola; il les encourage à persévérer ; puis il s'éloigne, laissant toute sa cour et les Jésuites eux-mêmes stupéfaits de cette démonstration insolite.

Le Pape n'était pas homme à s'arrêter en aussi beau chemin. Membre du sacré collége et Grand Inquisiteur , il avait pu étudier à fond les mobiles de corruption qui travaillaient le Clergé et le peuple : il était dans ses intentions de les étouffer. Afin d'y parvenir, il ne crut pouvoir mieux faire que de demander au Général des Jésuites un prédicateur qui, avec l'autorité de la vertu, retracerait aux Papes et aux cardinaux les obligations imposées par la pourpre et par la toute-puissance pontificale. Salmeron remplit le premier ces fonctions ; François Tolet lui succéda. Le Consistoire avait un Jésuite pour orateur. Pie V désira que d’autres Pères prêchassent aux officiers de son palais et à ses gardes nobles la réforme des mœurs.

Paul IV avait chargé Laynès d'introduire la régularité et l'ordre dans les bureaux de la Daterie. Pie V enjoignit à la Compagnie de mettre la dernière main à l’œuvre commencée. D’autres Jésuites encore traduisaient en toutes les langues vulgaires le catéchisme du Concile de Trente pour l'instruction des prètres. Emmanuel Sa et Pierre Parra travaillaient sous ses yeux à rendre correcte l'édition de la Bible, dont tant de doctes personnages se sont occupés. La vigilance du Pape s'étendait plus loin. Il venait de pourvoir aux besoins des classes élevées : dans son zèle apostolique il lui restait un devoir plus sacré à remplir. Îl fallait propager la lumière et la consolation de Dieu chez les pauvres : les Jésuites furent choisis pour cette mission.

En 1566, dans la première année de son exallation, une maladie contagieuse, d’une nature extraordinaire, sévit à Rome. Les personnes atteintes par le fléau tombaient dans une langueur mortelle qui se communiquait rapidement aux habitants du même logis. La mort était instantanée; mort affreuse, car: elle saisissait dans les bras de la vie et elle au tribunal de Dieu. Ainsi qu'il arrive ple, toujours indigent, toujours pris

abandonné à ses miséres de chique QE

emportait sans transition

dans ces pestes, le peu-

au dépourvu, se voyait

heure et à l'abattement

nouveau que ce mal propageait. Îl mourait à l'improviste, sans rien espérer des secours humains, sans pouvoir compter sur les secours religieux.

Pour se précipiter à l'encontre de tant de malheurs et pour les conjurer, Borgia et ses frères n’attendent pas les ordres du Pape. L'humanité leur révèle ce qu'ils ont à entreprendre, ils l’exécutent. Ils avaient devancé la pensée de Pie V; elle leur vint en aide. En sanctionnant ce qu'ils avaient fait, Pie V leur commande de faire encore davantage, et d'organiser partout la charité. Les Jésuites se partagent les différents quartiers, Borgia est à leur tête; ils pénètrent dans les plus pauvres réduits; ils soignent, ils consolent, ils bénissent les mourants; ils apprennent aux valides à ne pas perdre courage; ils enseignent aux riches que c’est dans de pareilles calamités qu’ils doivent savoir jeter leurs trésors en bonnes œuvres.

La Société des Jésuites avait lutté avec tant de succès contre le fléau, que le Souverain-Pontife résolut de les récompenser selon leurs mérites et surtout selon leurs désirs. Il promit à Borgia d'employer toujours les Pères lorsque la Ville-Eternelle serait en proie à de semblables® désastres. Il y avait dans cette promesse faite par un grand Pontife à une grande Société religieuse un tel parfum d’héroïsme chrétien que les peuples, êmus, applaudirent à ce dévouement. Il honorait la religion et l'humanité, il écrasait surtout sous les splendeurs de son abnégation l'égoïsme des pasteurs luthériens et calvinistes qui, dans des circonstances aussi critiques, reculaient à l'aspect du danger et confessaient tout haut les frayeurs du sacerdoce protestant. Les Jésuites se précipitaient tête baissée au milieu des périls que la contagion faisait naître ; les ministres de la Réforme ne se sentaient pas cette audace que la Foi seule inspire. Ils fuyaient; souvent même, comme à Genève, ils se faisaient donner par le Conseil d'Etat un brevet de lâcheté. Ainsi, à la honte. éternelle des pasteurs et du troupeau, on lit encore dans les registres de l'Etat, sous la date du 5 juin 4543, cette supplique que le Calvinisme garde dans ses archives et qui est un monument de l’égoïisme établi par son culte.

En 1543, la peste s'était abattue sur Genève, et les ministres

3) AT + “ A, DR aile 70 ai Égheèts se à Dr an ” sic é is PR PNR $ SRE ; P

SON a na OUR <

sans w les

pour

es du

e, ils

e leur V leu:

out la Borgiu its; ils pprennt aux L savoir

s contre npenser romit à

iternelle ans cette été repeuples, ligion et pn abnétes quis spect du oce proilieu des a la Réinspire.

faisaient insi, à la ore dans ette supui est un

ministres

5. je Ai Re € RS Se te IR me * 4, te FES ie UT CENTS DES 1118 CPR UReS c 5 Re

Page 1