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de la Réforme venaient déclarer « qu'il serait de leur devoir d'aller consoler les pestiférés, mais qu'aucun d'eux n'aurait assez de courage pour le faire, priant le Conseil üe leur pardonner leur faiblesse, Dieu ne leur ayant pas accordé la grâce de voir et d'affronter le péril avec l'intrépidité nécessaire. »
C'étaient des soldats qui désertaient leur drapeau le jour du combat; Calvin, leur chef, se montra encore plus timide devant la mort. Il se fit de sa peur même une arme pour exalter son orgueil. Les sectaires qui travaillaient sous lui avouaient que Dieu leur refusait la grâce de se dévouer pour leurs frères. Calvin est plus audacieux. Il sollicite, il obtient du Conseil l'incompréhensible défense d'aller visiter et secourir les moribonds, « attendu les grands besoins que l'Eglise et l'Etat avaient de lui. »
Pie V et les Jésuites ne songèrent jamais à invoquer un pareil subterfuge.
Dans le même temps, l'infatigable Pontife choisissait quatre Evèques pour visiter les diocèses du patrimoine de l'Eglise. A ces prélats renommés par leur science et par leur vertu, il adjoignit des Jésuites, afin de rendre plus facile la tâche qu'il imposait. Témoins des'merveilles opérées dans la Romagne par ces visiteurs apostoliques, les autres Evèques d'Italie prient le Pape de leur envoyer des Pères de la Compagnie. Borgia désigne ceux qui doivent être investis de ces fonctions; ils partent. Bientôt de toutes les cités il ne s’éleve qu’un cri de bénédiction.
Il n'existait pas encore de prêtres spécialement attachés aux troupes de terre et de mer. Des ecclésiastiques volontaires, pour ainsi dire, des moines principalement, suivaient les expéditions militaires et s’eflorçaient de rendre chrétienne la bravoure des soldats. Le Pape et le Général régularisent cette conception. Les Jésuites encore sont désignés par le Saint-Siège pour la faire prospérer.
Salmeron, Provincial de Naples, se reposait de ses travaux passés, de ses légations aux Pays-Bas et en Pologne, en déclas rant la guerre à l'hérésie, et en composant les ouvrages qui ont fait de ce disciple de Loyola l’un des écrivains les plus res
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marquables de son temps. Mais, dans ce royaume si voisin de 1! Rome et alors sous la domination espagnole, le Protestantisme [l n'osait pas marcher tête levée; il s'infiltrait par voie d’insinua- | tion. Salmeron pressentit les progrès que ces voies tortueuses allaient multiplier; il les paralysa en les démasquant, et « la ville de Naples, dit le chroniqueur d'Oultreman, luy sceut bon gré de ce qu'il descouvrit les petits renardeaux d'hérétiques, qui finement s’étoient glissez dans cet Estat et y commencoient à jouer de leurs tours. » Bobadilla visitait les diocèses || d'Italie; de là il passait en Valteline, puis en Dalmatie, où les fl ” intérêts de la Foi étaient compromis. L'âge et les fatigues ne qi lui avaient rien fait perdre de sa première énergie. C'était, avec Salmeron et Rodriguez, le dernier des dix compagnons ï d'Ignace. Ce titre d'honneur lui imposait envers la Compagnie des devoirs qu’il remplissait comme dans les beaux jours de sa maturité.
Tant de veilles consacrées à l'administration ne satisfaisaient : ti point l’ardeur de François de Borgia. Ignace de Loyola et Laynès À | avaient toujours été en correspondance directe avec les rois de l'Europe. Ces princes étaient presque tous alliés à la fa- 1! mille de Borgia : ce fut un double titre pour eux. Ils le consul- | taient dans les affaires religieuses; ils l’entretenaient de leurs | intérêts politiques, et l'ancien duc de Gandie, si détaché des || choses de la terre, trouvait sans cesse dans son cœur une nou- F
velle sollicitude pour de nouveaux besoins. Aux uns, il recommandait la gloire de Dieu; aux autres, il parlait des obligations qu'entraîne le gouvernement des peuples; à tous il | donnait des avis appropriés à la nature de leur pouvoir ou de à | leur caractère. Les monarques lui écrivaient de leur propre main : Borgia devait donc leur répondre de la même manière. Cette vaste correspondance aurait suffi seule à occuper la tête la plus assidue au travail. Pour cet homme, accablé sous le poids des infirmités, elle n'était qu'une distraction. Quand on relit toutes ces lettres écrites au courant de la plume par un morwond, et pourtant si pleines de la connaissance du cœur humain, on commence à s’aperccvoir qu'il n’est rien d’impossible à celui qui veut. Ces correspondances, si variées dans
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leur multiplicité, ne détournaient pas le Père François de ses fonctions. Ses heures de prières et de surveillance de la Compagnie étaient réglées, il les employait comme elles devaient être employées; mais, afin de donner satisfaction à chaque œuvre, le malade prenait sur son sommeil. Sans s'inquiéter du soin de sa santé, il s’acquittait avec une merveilleuse aptitude de toutes les occupations dont son zèle acceptait la charge.
En 1567, Pie V, cédant à d'anciennes préventions et par respect peut-être pour la mémoire de Paul IV, son protecteur et son ami, renouvelle aux Jésuites les mêmes demandes que’ ce Pape; il veut supprimer le réglement qui les dispense des offices du chœur, et l’engagement par lequel ils se lient à l'Institut sans réciprocité. Une commission de cardinaux était réunie dans ce temps-là pour veiller à la réforme des Ordres monastiques. Les Jésuites présentent un mémoire à la commission. Ce mémoire, véritable traité de politique sacerdotale, renferme des considérations si neuves sur la prière et sur le travail que nous le traduisons et le repreduisons en entier :