‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 33 sur 64 · SE HORS · texte numérisé non relu

SE HORS

© Palatinat. Jean Bovallan, moine apostat, se häta de leur prêter

le secours de sa parole et de combiner les efforts des deux sectes pour anéantir les progrès que le Catholicisme faisait sous la direction des Jésuites.

Sur ces entrefaites, la lettre du cardinal de Como à Possevin parvenait à Stockholm, le 26 octobre 1578. Si le Saint- Siège eût souscrit aux douze demandes du roi de Suède, il est à présumer que, malgré sa bonne volonté, ce monarque n'aurait pas pu réaliser le vœu des Catholiques; mais les restrictions que la Foi commandait semblaient le dégager de ses promesses. Il fit entendre aux Pères Good et Warsevicz que les articles refusés étaient le pivot sur lequel roulait l'œuvre de la réunion des Suédois au Saint-Siége. Warsevicz écrit à Rome, Typotius aussi ; et le cardinal de Como, le 4 avril 1579, pressant Possevin de häâter son voyage, termine sa dépêche par ces paroles, qui ont quelque chose d'aussi immuable que la vérité. C'est l'Eglise qui parle, l'Eglise qui aime mieux perdre un royaume que de sacrifier un principe. « Nous aiderons Votre Révérence par nos oraisons, mande le cardinal secrétaire des brefs au Jésuite ; quant à elle, qu'elle invoque la prière, ses talents et sa prudence. Ne désespérez pas, quelque épineuse que vous semble l’entreprise, et lors même que la reine partagerait cette opinion, bien que nous n'y croyions pas et que nous priions Dieu qu'il n’en soit rien; lorsque nous aurons fait tout ce qui dépendra de nous, si Dieu ne veut pas que ce royaûnie ressuscite, nous serons excusés devant sa divine Majesté, et nous continuerons à vivre sans lui, comme nous le faisons depuis plus de quarante ans. »

Telle était la situation de l'Eglise et du roi lorsque Possevin débarqua à Stockholm. Jean était à Upsal au milieu des Universitaires : le Légat s'y rend. Le 10 août, il fait son entrée dans cette ville au milieu d’une pompe toute mondaine, que le prince a commandée afin de consoler l’homme des chagrins qu'il prépare au chrétien. Jean ne se faisait point illusion; il élait catholique par ses sentiments, mais il n'avait ni la force de confesser sa foi, ni l'énergie de l’imposer à ceux qui auraient tout accepté des mains de la puissance, et que Gustave Wasa

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