‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 34 sur 64 · PRE · texte numérisé non relu

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Typotius l'effrayaient sur les conséquences d’un pareil changement, ci blesserait au vif les Luthériens. Bien assurés de voir le Saint-Siége inébranlable dans ses résolutions, ils persuadaient au souverain qu'il devait obtenir intégralement ses douze demandes pour calmer l'irritation de son peuple et le ramener avec lui au Catholicisme.

Au milieu de ces intrigues. de cour et d'apostasie, Possevin parait devant le roi, dont il a été l'ami et le guide. Aucune parole de reproche ne tombe de ses lèvres ; à l’empressement de l'héritier des Wasa, le Jésuite répond par des témoignages de respectueuse affection; mais il restait à. trancher la grave question que Jean III n'osait aborder. Possevin la traita en lui présentant les lettres amicales du Pape, de l'Empereur, du roi d'Espagne et des monarques catholiques d'Allemagne. Le Jésuite retraça les démarches faites auprès de la cour de Rome pour obtenir un ambassadeur de l'Eglise à Stockholm. De la politique passant à la Religion, il lui remit sous les yeux les combats qu'il avait livrés, les joies qu'il avait éprouvées, lorsque, le 16 mai de l’année précédente, il s’écriait : « Mon Père, je vous embrasse, vous et la sainte Eglise, pour toujours. »

A cela Jean n'avait rien à répondre; il était catholique par le cœur, mais il redoutait la colère des princes protestants, le soulèvement de ses sujets, et l'usurpation de son frère Charles. Pour sortir de la position dans laquelle sa docte faiblesse le jetait, il désirait que le Pape souscrivit à ses douze demandes. Cet ultimatum refusé, il se voyait forcé de rompre toutes négociations et tous rapports avec le Saint-Siége.

L'intrigue était trop savamment ourdie pour ne pas préparer une défaite à l’éloquence du dJésuite; elle s’appuyait sur la peur, l'argument que la logique elle-même ne vainera jamais. La pusillanimité du souverain était l’auxiliaire de ses menées; aucun moyen ne devait donc en triompher.

Le 19 février 1580, Jean présida la première séance de la Diète de Wadstena. Possevin y assistait ; mais le Sénat et le haut clergé formaient une majorité tellement évidente que, pour ne compromettre ni les intérêts de l'Eglise ni ceux de la monar-

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