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chie, il se réduisit au rôle, de spectateur. Le roi s'était montré
indécis, ne comptant ni sur lui ni sur ces nobles mineurs de la
Dalécarlie, qui avaient su seconder Gustave, son père, et qui
ne demandaient pas mieux que de revenir à leur vieille religion.
Le Protestantisme l'humilia dans sa Foi, dans son honneur, et
même dans sa dignité personnelle. [l reçut tous ces affronts
comme un coupable n’osant lever les yeux sur son juge. Quel-. ques mois plus tard, un Synode fut convoqué à Linkæping.
Rien de possible, rien de réalisable ne pouvait sortir de cette
volonté flottante au gré des partis et chancelant sous les attaques. Un an s'était écoulé pour Possevin dans les déboires de son ambassade et dans les fatigues plus consolantes de l’apostolat. |
La peste décima les habitants de Stockholm, elle ne trouva que les Jésuites pour se dévouer à la charité. Les ministres protestants prenaient la fuite ou se consacraient aux soins de leurs familles, abandonnant au désespoir le troupeau dont ils se prétendaient les pasteurs. En dehors de ces devoirs imposés par l'humanité et par la Religion, les Jésuites avaient encouragé les Catholiques fidèles ; des jours meilleurs ne pouvaient guère luire sur eux à travers les nuages amoncelés par l'erreur. Le roi retournait à l'hérésie; mais Sigismond, son fils, n'acceptait pas avec autant de résignation la loi des Luthériens. Il avait été élevé dans le sein de l'Eglise romaine ; il ne consentit jamais à abjurer. Pour confesser son Dieu il fit plus tard le sacrifice du trône de Suède, l'héritage que ses pères lui avaient légué; et 1l régna sur les Polonais, qui, afin de récompenser cette persévérance, l'avaient, plusieurs années auparavant, choisi pour roi.
Possevin sentait qu'il était de la dignité du Saint-Siége d’éloigner le légat apostolique de ces luttes, où le Catholicisme n'entrait que comme vaincu d'avance : dJésuite, 1l serait resté en Suëde avec le Père Warseviez ; Nonce du Pape, il ne songea qu'à sauver l'honneur de la tiare, etil demanda son audience de congé. Le 10 août 1580, il sortit de Suède, emportant l'amitié du roi, l'estime des plus hauts fonctionnaires de VEtat, la vénération des Catholiques et la haine des Luthériens,