‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 54 sur 64 · RES · texte numérisé non relu

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aussi mal interprétés par l'ignorance ou par l'exaltation que par les paroles tombées de la bouche des Universitaires r! des Jésuites, devaient faire fermenter le crime dans des nitures incultes ou enthousiastes. Au pius fort des tourmentes politiques, lorsque le meurtre lui-même, bien loin d'être toujours un attentat, se transforme, dans la chaire ou sous la plume de l’écrivain, en acte de patrintisme, il doit surgir des hommes qui rie iennent aucun compte des entrainements de la pensée ou de l'improvisation. Ges hommes répondent par le poignard à l'appel fait à de sauvages passions. Ils tuent, parce qu'ils ont compris qu’il était beau de tuer; et ils meurent en accusant parfois des innocents, ou en laissant à une justice partiale le soin de découvrir dans ses haines ou dans ses craintes le coupable qu’elle veut frapper.

Ce qui s'était déjà vu dans l'histoire, ce qui s’y rencontrera encore, se présente à l'heure même où Barrière est exécuté. « Barrière, racontent les Mémoires de la Lique ‘. confessa, à la torture, qu'un Capucin de Lyon ct un ecclésiastique lui avoient dit que ce ne scroit point mal fait de tuer le roi. Arrivé à Paris, ce monstre s'adresse à Christophe Aubry, docteur de Sorbonne, qui l'afermit dans son dessein, en lui disant qu’il gagneroit une grande gloire en Paradis. Barrière alla ensuite chez le Père Varade, Jésuite. Il lui parla sans témoins, et Varade l'exhorta à persévérer dans sa résolution. Il se confessa à un autre désuite, mais il ne hui dit pas un mot de son projet. Le Journal de l'Estoile, de Thou et Mézerai racontent le fait dans les mêmes termes à peu près. Pasquier, qui a fourni le thème, se contente de corroborer son récit par la déclaration suivante © « Et m'en pouvez croire, aw jéril de mon bien, de mon corps et de mon honneur, car je l'ai appris d’un mien ami qui est un autre moi-même. »

L'assertion de Pasquier, étayée d'un témoignage anonyme, ne nous parait pas plus concluante que les accusations qu'il basait naguère sur la parole des morts. Un avocat peut arranger ainsi sa cause ; l’histoire va au fond des choses, et dans le for-

1 Mémoires de la Ligue, .\, p. #34 et suivantes. 2 Catéchisme des Jés., ne partie, p. 44.

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fait inientonnel de Barrière, dans ses réponses aux interrogatoires, il n'est pas question des Jésuites. Il avoue bien que les conseils d'un Carme, d'un Capuein, de plusieurs eeclésiastiques, et ceux surtout d'Aubry, docteur de Sorbonne, l'ont poussé au crime; mais il ne nomme aucun dJésuite. Il est démontré qu'il se confessait à un Père de la Compagnie; et ce soldat qui était catholique, mais qu'un sombre fanatisme égarait, cache à son confesseur, de l'aveu : ‘me des annalistes les

plus hostiles à l'Institut, le me ' commettre, le meurtre qu'il doit regarder comm iction. Lorsque Antoine Arnauld, dans son plaidoyer iversité, accusa

le Père Varade de complicité , les Jésuites s'élevérent avec force contre l’imputation de l'avocat !; et, au dire de l'historien même de l'Université, Arnauld resta sous le coup d’un démenti aussi énergique. Henri IV lui-même, qui avait au moins autant d'intérêts engagés dans la question que l’Université ou ses avocats; Henri IV, répondant au premier président Achille de Harlay, a dit : « Touchant Barrière, tant s’en faut qu'un Jésuite l'ait confessé comme vous dites, que je fus averti par un Jésuite de son entreprise, et un autre lui dit qu'il seroit damné s'il osoit l'entreprendre. »

Ces paroles de Henri IV ne permettent pas le doute; elles ont été imprimées de son vivant, plus d'une fois citées dans les Parlements, et personne alors n’en a contesté l'authenticité ?.

Le 22 mars 1594, le roi fit son entrée dans Paris. Le 30, le Parlement, qui avait encouragé, sanctionné et enregistré les actes les plus déplorables de la Ligue, n'attendit même pas le retorr d'Achille de Harlay et des conseillers fidèles à la fortune du Béarnais. Il espéra se faire arimistier en annnulant les décrets, arrêts et serments qu'il avait rendus ou prètés. Le lendemain, l'Université fit comme lui, ct elle choisit pour son recteur Jacques d'Amboise, médecin d'Henri IV. Les Ligueurs ambitieux ou lâches, ceux qui, par conséquent, avaient dû se montrer les plus violents, s'essayaient déjà au rôle de flatteurs.

t Histoire de l'Université, (.1v, p. 884.

2 Voir Matthieu, Histoire de Henri IF, le Mercure français, le plaidoyer de Montholon ; et Schæll, Cours d’aistoire des Etats curopéens, t XNU.

SR. inde

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