‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 101 sur 338 · LIVRE VIT · texte numérisé non relu

LIVRE VIT

do Mcloria achevait ce que celle de Gortcnuova avait commencé. Grégoire lança encore l’excommunication et mourut peu de temps après à l’âge de cent ans (1241).

Innocent IV ; mort de Frédéric II ; Conrad IV ; ctante de la domination allemande (lt4t-ltSt).

Pendant un interrègne pontifical de près de deux ans, Frédéric, qui ne ménageait pas ses railleries au conclave, fut tout-puissant au midi et au centre de l’Italie, sinon dans le nord. Mais l’élection de Sinibaldo Fieschi, sous le nom d’innocent IV , changea (1243) la face des affaires.

Sinibaldo Fieschi était un caractère fier, un profond canoniste, un homme d’énergie et de ressources. Encore ami de Frédéric la veille de l’élection, il était le lendemain même son ennemi déclaré, comme l’avait prévu l’Empereur. Les Mongols menaçaient alors non-seulement l’empire latin et Jérusalem, mais la chrétienté tout entière ; ils approchaient de Vienne en vainqueurs, et Frédéric était obligé de se priver d’une partie de ses forces pour les arrêter. Le pape ne perdit point de vue néanmoins les intérêts politiques du saint-siège. On se battit encore partout ; on exerça les uns contre les autres des vengeances terribles, de véritables carnages, souvent à cause de la parenté des familles rivales, mais l’épuisement était général. Si les Gibelins étaient vainqueurs dans le Midi, les Guelfes résistaient dans le Nord. Après quelques commencements de négociations, au succès desquelles aucun des deux partis n’avait foi, Innocent IV s’entendit avec le podestat de Gênes prévenu de tout, s’échappa de Rome, s’embarqua à Civita-Vecchia, et, reçu avec enthousiasme dans le port de sa ville natale, il ne s’arrêta que dans la ville de Lyon, où il convoqua, pour l’année 1245, le concile que Grégoire IX n’avait pu rassembler.

Un concile en effet paraissait bien nécessaire. Les Mongols étaient toujours là. L’empereur latin Baudouin implorait le secours du pape pour son empire déjà en ruine

les Templiers vinrent dépeindre le triste état des colonies syriennes. Innocent IY songea surtout à sa querelle : «Détruisons d’abord le dragon, disait-il, les serpents seront bientôt écrasés. » La nouvelle de l’évasion du pape et de la réunion du concile, où l’on ne compta cependant que cent quarante-quatre membres, frappa Frédéric comme d’un coup de foudre. Il envoya, pour se défendre contre les accusations d’hérésie, d’impiété et d’alliances sacrilèges avec les Sarrasins, son chancelier Pierre des Vignes, et son grand justicier Thaddée de Suessa. Le premier se tut; le second vengea son maître par d’éloquentes paroles et promit pour lui de partir à la tête des chrétiens contre les Mongols; il obtint d’abord un sursis ; mais Frédéric refusa de comparaître dans une assemblée où l’attendait une condamnation certaine; et, en son absence, malgré les larmes de Thaddée, sans consulter le concile, sans recueillir les voix, le pape Innocent IV, au milieu d’un silence plein d’effroi, déclara Frédéric II impie, sacrilège et parjure, déchu de ses couronnes d’empire, de Jérusalem et de Sicile, et ses sujets, déliés du serment de fidélité, appelés en Allemagne à choisir un nouvel empereur, ce Jour de colère, de tribulations et de douleurs, s’écria Thaldée , réjouissez-vous, hérétiques! races de païens, soyez satisfaites! Sarrasins et Mongols, faites vos invasions sans crainte et sans pitié ! — J’ai fait mon devoir, reprit le pape, le reste est à Dieu. » Frédéric II jura que sa couronne ne tomberait que dans des flots de sang. La fureur des deux ennemis en effet épouvanta la chrétienté. De Turin, l’Empereur voulut s’élancer sur Lyon pour y saisir le pape. Il en appela à tous les rois de la chrétienté. «Gomment pouvez-vous, leur ditil, obéir aux fils de vos sujets, à des hommes qui s’engraissent des aumônes et ensuite se tournent contre les bienfaiteurs de l’Église. Si je péris, c’en est fait de vous.» Innocent IV fit élire un anticésar en Allemagne, prêcha une croisade contre l’excommunié en Italie , ordonna la fonte des vases et des cloches des églises, déchaîna ses moines au nord pour ranimer la résistance des villes lombardes, et dans la Sicile pour introduire la révolution communale

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