‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 11 sur 338 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

changé l’ordre des destins. On le sentait dans tout l’empire. Il avait fait ce que n’avait pu ni Annibai, ni Mithridate. Après Babylone, Carthage, Corinthe et Numance, Rome était tombée. « Qui aurait pensé, s’écrie saint Jérôme, que cette Rome, la maîtresse de l’univers, s’écroulerait, qu’elle serait esclave à son tour. » Mais il ne désespère point, non plus que saint Augustin : « Il ne nous convient pas, écrit celui-ci, de croire aux prophéties qui ont annoncé tout cela, et de nous plaindre de leur accomplissement »; et saint Jérome ajoute : « Le monde romain s’écroule, mais notre tête ne fléchit pas; Romanus orbis ruit, et tamen nostra cervix erecta non fleclitur. »

Valentinien XIV; Constanilun et Aëtloa; aalnt i.éon devant Attila et CScnoérlc ; seconde prise de Bonte (411-4&S),

Ataulf, beau-frère d’Alaric, fut proclamé chef ou roi de la nation qui était maintenant maîtresse de l’Italie. Avec moins d’audace barbare, celui-ci avait une plus grande intelligence politique de l’état de l’empire. Après la malheureuse tentative faite par son prédécesseur, il n’avait d’autre but que d’obtenir pour lui et son armée un établissement solide dans une bonne province. De son côté, le nouveau ministre d’Honorius, Gonstantius, homme de courage et de prudence, comprenait l’impossibilité de détruire les barbares, et ne songeait qu’à les faire passer aux extrémités, pour sauver le centre, et à les établir dans les plaines, pour rester maître des montagnes et pouvoir les surveiller. Placidie, sœur d’Honorius, femme belle et ambitieuse, qui était restée prisonnière d’Alaric dans le sac de Rome, et qui avait touché le cœur d’Ataulf, facilita la négociation entre la cour impériale et les Goths. Sur la proposition de Gonstantius, Ataulf évacua la péninsule en 412, épousa Placidie à Marseille, débarrassa la Gaule des usurpateurs qui y contestaient l’autorité romaine, et mourut peu de temps après.

Cet événement fit triompher la politique de Constantius.

Il obtint la main de Placidie, et devint un instant toutpuissant. En Italie, il diminua pendant cinq ans le tribut des provinces de Campanie, de Toscane, du Samnium, d’Apulie et de Calabre, tant l’épuisement était grand ; il repeupla Rome, en y assurant par des distributions gratuites la subsistance de la population affamée des environs. Çors d’Italie, il châtia la révolte du comte d’Afrique, Héraclien, pour s’assurer des vivres; il confirma, après l’établissement de Wallia, chef des Visigoths, en Aquitaine, celui des Burgondes, dans la Séquanaise, entre la Saône et le Jura; il souffrit celui des Francs dans le pays de Tongres, et laissa les populations armoricaines proclamer leur indépendance. Toute son ambition, puisqu’il fallait renoncer à la domination de l’Occident, était de garder l’Italie intacte et puissante, en préparant insensiblement et avec ordre le démembrement de l’empire. Il méritait et il obtint, après la naissance de Valentinien, son fils, qu’Honorius, sans héritier, l’associât à l’empire, avec le titre d’Auguste pour lui, et d’Augusta pour sa femme Placidie. l’Italie eût été heureuse de trouver toujours un homme qui sût si bien faire, à son profit, la part du feu. Mais sa mort, en 421, et celle d’Honorius, 423, la replongèrent dans de nouveaux désordres.

L’héritier désigné d’Honorius, Valentinien III, était alors avec sa mère Placidie à Constantinople. Jean, premier secrétaire ou primicier de l’empereur, essaya de revêtir la pourpre, en s’appuyant sur les mercenaires. L’empereur d’Orient, Théodose II, envoya une armée avec le jeune Valentinien III. Jean chargea en vain un certain Aétius, officier romain d’origino barbare, qui avait longtemps vécu chez les Huns, d’aller lui recruter une armée en Hermanie. Surpris dans sa capitale, l’usurpateur fut livré à la risée du peuple et décapité. Valentinien prit le trône sous la tutelle de sa mère, Placidie, enfin devenue impératrice, et céda à Théodose, en retour de ses services, l’Ulyrie occidentale, dont l’abandon découvrit ainsi une des frontières de l’Italie. Aétius arriva quand tout était fini; mais scs soixante mille barbares lui valurent

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