‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 146 sur 338 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

pes des deux républiques, Philippe-Marie se rejeta dans les bras de son gendre , et l’appela à son secours en lui promettant pour le décider sa succession même. François Sforza, avec l’assentiment de Cosme de Médicis, son banquier, depuis longtemps en relation avec lui, se mettait en route pour secourir son beau-père, lorsque la mort simultanée de Philippe- Marie et d’Eugène IV fit tourner les choses tout à fait à son profit (1447).

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de MedlcU à Florence; Stefano Porcaro (H4I-t4&S).

L’élection de Nicolas V par les cardinaux siégeant à Rome termina le schisme. Félix V fit un acte de soumission, et tout prétexte fut enlevé aux ambitions qui prétendaient se satisfaire aux dépens des États de l’Église. Rome, redevenue le séjour exclusif de la papauté restaurée, fut de nouveau la capitale de l’Église réunie et l’une des plus importantes villes de la péninsule. Mais, en Lombardie, l’ouverture de la succession de Philippe-Marie, mort sans héritier légitime, tourna toute l’attention de ce côté.

Le duc de Milan avait fait quatre testaments contradictoires. Alphonse V, roi de Naples, s’appuyant sur un de ces testaments, le duc d’Orléans sur les droits de Valentine Visconti mariée à son père, François Sforza sur ceux de sa femme, s’apprêtaient à se disputer cette succession. Quatre citoyens milanais, dont un Trivulzio et un Lampugnani, pensèrent que le peuple rentrait dans ses droits au milieu de ce conflit ; ils le soulevèrent et rétablirent la république. Mais cette forme de gouvernement dura peu dans la capitale de la Lombardie. Toutes les cités voisines, Pavie, Lodi, Parme, Tortone, avaient imité la métropole, au grand déplaisir de celle-ci qui prétendait les tenir sous le joug en redevenant libre. Venise, aussi jalouse de la république milanaise que du seigneur qu’elle remplaçait, ne voyait dans les difficultés d’un gouvernement nouveau qu’une occasion favorable pour s’agrandir encore au delà de l’Adda, et continuait ses agressions en s’emparant de Plaisance.

L’ITALIE ANARCHIQUE. 29 i

Obligés dès les premiers jours de leur indépendance de contenir les uns et de se défendre contre les autres, les Milanais s’exposèrent à un autre danger en traitant avec Sforza et sa brillante armée.

! Ce puissant condottiere consentit à se mettre au service de ceux dont il avait voulu faire ses sujets dans l’espoir d’arriver par ce moyen même à son but. Dépouillé de tout ce qu’il possédait dans le domaine pontifical et au midi, maître seulement de Crémone et de Pontremoli au nord, n’ayant plus aucun prétexte de s’immiscer dans les affaires de l’Église, il ne pouvait se faire une principauté qu’en Lombardie. Son nom seul maintint dans la fidélité quelques villes prêtes à se détacher de Milan ; d’autres, comme Pavie, préférèrent se donner à lui que de retourner à la métropole, et il les accepta. Un de ses lieutenants repoussa quelques troupes françaises du duc d’Orléans qui voulaient entrer dans le Milanais ; lui-même assiégea Plaisance, la pressa vivement malgré les tentatives de défense d’un condottiere de Venise, la prit et la livra à un sac dont elle ne s’est jamais bien relevée. Milan, commençant à se méfier de ses intentions, profita des premières défaites de Venise pour entamer avec elle des négociations. Sforza fut assez puissant pour les rompre et continua la guerre. Il enleva aux Vénitiens tout ce qu’ils possédaient sur la rive droite de l’Adda, brûla leur flotte sur le Pô près de Cassai Maggiore, et remporta sur eux en septembre 1448 une dernière victoire à Garavaggio, où il fit presque toute leur armée prisonnière. Les Vénitiens étaient complètement découragés ; il leur offrit alors la paix en son nom, leur confirma la possession de Brescia avec le Bergamasque et leur promit Crème et la Ghiara d’Adda, à condition qu’ils l’aideraient à conquérir Milan contre laquelle il se tournait maintenant.

La nouvelle république se vit dans le plus grand danger; parmi les condottieri à sa solde, plusieurs abandonnèrent son service pour s’attacher à la fortune d’un soldat heureux ; . parmi les villes, Plaisance, Tortone, Alexandrie, allèrent elles-mêmes au-devant du sort qui les attendait; Milan s’a-

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