‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 17 sur 338 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Règne d’Odoacre; invasion des Ostrogoths (476-490). — Établissement des Ostrogoths; Théodoric le Grand (490-526). — Décadence des Goths et conquête grecque; Bélisaire et Totila (526-552).

Règne d’Odoacrc ; invasion des Ostrogoths (4M-4N).

La révolution, qui mit fin à l’empire d’Occident en 476 et soumit l’Italie au barbare Odoacre et à ses mercenaires, n’était que l’établissement définitif d’étrangers qui défendaient depuis longtemps la péninsule et exigeaient pour eux ce qui avait été accordé à des armées plus étrangères encore, en Gaule et en Espagne. Par là cependant tout lien fut rompu entre l’Italie et le reste de l’Occident, entre le passé et le présent; la péninsule recommença une vie nouvelle, une vie à part, au milieu du démembrement de l’ancien empire.

Odoacre, ce roi couvert de fourrures, ne semblait point tout à fait dépourvu des talents nécessaires pour faire du débris d’un empire un royaume puissant et libre. Il ren-

1. Voy. du Roure, Histoire de Théodoric le Grand, roi d'Italie; Uanso, Geschichte des Ostgothischen Heiches; Jornandès, Annales des Goths; Procopc, de Dello gothico. Panégyrique d’Ennodius, lettres de Cassiodore.

roya à l’empereur Zénon les ornements impériaux, satisfait de conserver la réalité de la puissance, sous le titre modeste de patrice. Selon la promesse faite aux barbares, le tiers des produits des terres du fisc, des maisons, des esclaves, leur fut partagé; des bandes de mercenaires arrivées après coup eurent même part aux dépouilles. Odoacre s’efforça de mettre autant d’ordre qu’il était possible dans cette prise de possession des nouveaux habitants. Il conserva l’administration civile, qui continua à être exercée sous ses ordres par un préfet du prétoire. Les soldats et les compagnons d’Odoacre formèrent seulement en Italie comme une garnison militaire, dont on avait payé la Bolde, une fois pour toutes, par une large concession de terres ou de produits qui assuraient leur subsistance.

Le barbare montra en tout, au dedans comme au dehors, la même fermeté. A la suite d’une émeute, à laquelle avait donné lieu le choix du pape à Rome, il défendit de procéder désormais à une élection sans son aveu. Assez fort pour se borner dans ses désirs, il céda la Provence aux Yisigoths établis dans la Gaule ; il recouvra sur Genséric l’ancien grenier de Rome, la Sicile, mais à la condition d’un tribut. Il échoua cependant dans le projet de fonder une domination puissante et durable en Italie, comme semblaient alors faire les Yisigoths à l’Occident. Ses mercenaires, recrutés dans toutes les nations, étaient trop peu nombreux et formaient un corps trop hétérogène. Les Italiens, qui voyaient en eux des spoliateurs, et dans leur chef un arien, un hérétique, étaient plutôt disposés à le trahir qu’à faire cause commune avec eux. Enfin Odoacre, qui connaissait les ressources du despotisme impérial, continua à son profit toutes les exigences du fisc, et la population de l’Italie diminua encore, maintenant qu’elle était privée des blés de l’Afrique. Le pape Gélase rapporte qu’il y avait alors des contrées, dans l’Emilie et la Toscane, où l’on rencontrait à peine un homme.

Le roi Odoacre ne put défendre sa conquête lorsqu’une nouvelle nation de barbares se présenta en 489 sur la frontière des Alpes. C’était le second ban de la vaillante etva-

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