‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 170 sur 338 · livre xn · texte numérisé non relu

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vère, disposant en maître de l’Italie, et remuant l’Europe par ses intrigues, commence contre les Français une guerre d’indépendance.

Louis XII ne pouvait plus se méprendre sur les intentions du pape. Il obtient d’un concile d’évêques français l’autorisation de repousser la force par la force. Jules II, de son côté, jette les clefs de saint Pierre dans le Tibre , et saisit l’épée de saint Paul. Tandis que Venise reprend Vicence et attaque Vérone, il vient s’établir lui-même dans la ville de Bologne et jette sur la Romagne ferraraise le duc d’Urbin, qui s’empare de Modène. Le général français, Chaumont, marche contre son quartier-général ; Jules II dénonce son attaque comme un outrage à sa sainteté, arme les milices bolonaises jusqu’à l’arrivée des secours de Venise, sort alors de la ville, met en personne le siège devant la Mirandole , et, malgré une embuscade du chevalier Bayard et les rigueurs de la saison, il y entre par la brèche (20 février 1511).

Mais derrière lui une faction soulevée à Bologne rappelle les Bentivoglio, et brise sa statue, œuvre de Michel- Ange. Le cardinal de Pavie, qu’il avait laissé dans la ville, s’enfuit; le duc d’Urbin, dans un moment de colère, assassine le cardinal au milieu de ses gaçdes. De retour à Rome, tantôt sombre, tantôt menaçant, Jules II fut encore abattu par une maladie qui le laissa pour mort quelques heures ; mais, en apprenant que Louis XII et Maximilien convoquaient un concile général à Pise pour y réformer l’Église dans son chef et dans ses membres, il se releva plus terrible que jamais.

Ses adversaires avaient fait une faute en transportant la lutte sur le terrain spirituel. Jules II ne parla plus seulement au nom de l’Italie, mais au nom du catholicisme attaqué dans sa personne. Gomme chef de la chrétienté, il renouvela ses négociations avec Ferdinand le Catholique, avec Henri VIII d’Angleterre, avec les Suisses qu’il honora du titre de défenseurs du saint-siège, et les amena à conclure à Venise, pour sa défense, une sainte ligue. L’interdit fut lancé sur Pise, sur les cardinaux dissidents, et un

autre concile convoqué à Saint-Jean de Latran pour le conara en cernent de l’année suivante. Gomme l’avait prévu Machiavel, la flamme s'éleva jusqu’au ciel. Raymond de Gardone, à la tête des troupes espagnoles du royaume de Naples, vint se joindre aux troupes pontificales et mettre le siège devant Bologne. Enfin seize mille Suisses, levés par le cardinal de Sion, Mathieu Schinner, descendirent des Alpes dans le Milanais.

Le roi Louis XII résista d’abord à celte attaque formidable, grâce à la vaillante épée d’un héros. Le jeune Gaston de Foix, âgé à peine de vingt-deux ans, rejette les Suisses dans leurs montagnes en décembre 1511, délivre en janvier suivant Bologne, assiégée par le pape et par Raymond de Gardone, reprend le 20 février la ville de Brescia qu’il punit de son héroïque résistance par un massacre et un pillage de deux jours, reparaît en mars dans la Romagne, attire Raymond de Cardone en livrant deux assauts à Ravenne, et remporte sur lui la plus sanglante victoire de toute La guerre (11 avril 1512). C’en était fait de Jules II peut-être, si Gaston, emporté à la poursuite des fuyards par la furie française, n’avait été tué au milieu de ses triomphes par un soldat espagnol.

A cette nouvelle, Jules II, qui avait été sur le point de traiter, rompit toutes négociations ; il détermina Maximilien à entrer dans la sainte ligue , dispersa le conciliabule de Pise, ouvrit le concile de Latran, s’y fit conseiller la poursuite de la guerre et la poussa vivement. Vingt mille Suisses se jetèrent dans la Lombardie pour y rétablir un fils de Ludovic le More, tandis que Ferdinand le Catholique et Henri VIII s’apprêtèrent à envahir la France même. Le successeur de Gaston de Foix, La Palisse, obligé d’abandonner la Romagne devant l’armée de Raymond de Gardone ralliée et augmentée de nouveaux renforts, se trouva pris entre deux armées, et n’eut que le temps de laisser quelques garnisons dans les places fortes, pour évacuer Milan.

L’armée de la sainte ligue détruisit sur ses pas l’œuvre de la domination française. Le duc d’Urbin rentra dans BIST, d'italie, 22

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