LIVRE XII
mise sous le commandement d’Antonio de Leyva, gouverneur de Milan. L’Italie payait elle-même les Irais d’une servitude qui devait durer un siècle et demi!
Paul 111 et J nie h lia ; la domination espagnole ; la renaissance proscrite; ehute de Mienne (lftU*lMi).
L’avénement du pape Paul III (1534) acheva la soumission de l’Italie. Ce pontife paraissait persuadé que la restauration de la foi catholique et la réforme de l’Église étaient les meilleurs moyens de rendre au saint-siège son indépendance et son pouvoir, et par là même à l’Italie sa liberté. Il ne fut d’abord occupé que de relever le pape avant le prince temporel; il fit entrer au conclave l’onctueux Contarini, l’ascétique Caraffa, le docte Sadolet, le patriotique Giberti ; il opéra quelques réformes dans la rote, la chancellerie, la pénitencerie, fonda pour le recrutement du haut clergé l’ordre des Théatins, et manifesta à Gharles-Quint le désir de s’entendre avec lui pour régler les affaires spirituelles de la chrétienté qui, depuis LéonX, voyait s’élargir un abîme entre la catholicité et le protestantisme.
Il fallait se tenir éloigné des affaires politiques alors fort compliquées. La mort de Sforza, à Milan, ranimait les prétentions de François I" qui, maître de la Savoie, attendait maintenant sur les Alpes que l’empereur se prononçât sur ses droits. Philippe Strozzi, chassé de Florence par celui qui l’y avait installé, et prêt à tenter un coup de main contre lui, accusait, auprès de l’empereur, Alexandre de Médieis, qui venait de faire empoisonner son frère Hippolyte comme une méchante guêpe. Enfin, Frédéric, duc de Mantoue, réclamait la succession ouverte du Montferrat, et prenait encore le maître de l’Italie pour juge. Le pape Paul III, pour recevoir dignement Charles-Quint à Home, en 1536, mit un impôt extraordinaire sur les Romains, et fit démolir plusieurs maisons et palais qui gênaient sa triomphale entrée.
L’empereur, récemment vainqueur des infidèles à Tunis,
et enivré de sa gloire, ne tint même pas compte des désirs, des prières d’un serviteur aussi auguste et aussi dévoué. Il se laissa gagner par l’habile défense que fit l’historien Guicciardini de son maître Alexandre, et donna sa fille illégitime à celui-ci, malgré la haine que lui portait Paul III; il daigna reconnaître les droits de Frédéric sur le Montferrat; mais, malgré la protestation du pape, il s’adjugea le Milanais, et, en dépit de ses exhortations à la paix, il prodigua l’insulte à François Ier en plein consistoire, et lui déclara la guerre comme au perturbateur de la chrétienté (1536).
L’Italie ne secourut la France, dont le territoire fut envahi, que par une conspiration et une entreprise de bannis, toutes deux inutiles. Le 6 janvier 1537, un dilettante de crime, qui commettait le mal pour le mal, et ménageait une mauvaise action comme une œuvre d’art, pour l’effet dramatique et la difficulté vaincue, Lorenzino Médicis, assassina dans un prétendu rendez-vous d’amour le nouveau duc de Florence Alexandre. A cette nouvelle, Philippe StroZzi rassembla les bannis sur le territoire de la Mirandole pour rentrer à Florence et restaurer la liberté. Les piagnoni s’agitèrent , encourageant les nobles à tenter quelque chose. Mais les ministres du duc, Guicciardini, Yettori et les autres, se rendirent maîtres de la situation ; ils pesèrent sur les délibérations du sénat et firent donner, pour successeur à Alexandre, Gosme de Médicis, fils de Jean des bandes noires, descendant d’un frère de Gosme, le père de la patrie. Rien ne fut changé, si ce n’est le nom du maître. Philippe Strozzi trouva déjà tout-puissant le nouveau duc reconnu par Charles-Quint, fut défait par son général Vitelli et jeté en prison, où il se donna la mort en demandant un vengeui
Le pape Paul III acheva de tout apaiser en ménageant entre l’empereur et François à Nice une trêve qui devait durer dix ans. Ges dix ans servirent surtout à raffermissement de la domination espagnole.
Le duc de Guasto, nommé gouverneur de Milan, et don Pedro de Tolède, vice-roi de Naples, commencèrent à transformer en un gouvernement régulier ce qui n’avait été