‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 185 sur 338 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

et politique du saint-siège, partit pour ramener l’Allemagne aussi à la soumission impériale et pontificale.

Le succès complet de Charles-Quint au delà des Alpes rompit cependant cette union si bien cimentée. L’Allemagne protestante entièrement domptée, toute espérance était perdue pour le saint-siège et pour l’Italie. Paul III rappela tout d’un coup ses troupes de l’armée impériale, et transporta de Trente à Bologne le concile, qui voulait maintenant réformer la cour de Rome et la hiérarchie. En même temps Pierre-Louis, de sa nouvelle principauté de Parme et de Plaisance, fit mouvoir les fils de l’intrigue qu’il avait nouée partout. L’empereur, encore vainqueur des protestants, malgré les inquiétudes que lui donnait l’Italie, adressa de graves plaintes au pape. « Paul III avait voulu, disait-il, l’embarquer dans une mauvaise entreprise pour l’y abandonner ensuite. » Il envoya un nouveau gouverneur , Ferdinand de Gonzague, dans le Milanais. Le pape se tourna vers la France; il demanda pour Horace Farnèse une fille illégitime de Henri II. On vit tout d’un coup les factions italiennes groupées comme autrefois sous les drapeaux de l’empereur et du pape : d’un côté, les gouverneurs de Milan et de Naples, Gosme de Médicis à Florence, Doria à Gênes, les prélats demeurés à Trente; de l’autre côté, les Farnèse, Sienne, Lucques, les émigrés et les prélats qui s’étaient rendus à Bologne.

En 1547 on en vint aux mains sur plusieurs points à la fois, sur les bords du Pô, dans la rivière de Gênes et même à Naples. Le vieux parti guelfe échoua partout. Don Pèdre, à Naples, désarma les Napolitains, en renonçant à son projet. A Gênes, Jean-Louis de Fiesque, comte de Lavagna, appuyé par la France et le duc de Parme, réussit à faire assassiner Gianettino Doria, neveu du grand Doria, et jeta dans Gênes le cri de Vive la Liberté! Mais, au milieu du tumulte, il tomba à la mer en voulant passer d’un vaisseau dans un autre et se noya; les conjurés se dispersèrent éperdus. André Doria garda son autorité dans la ville et la citadelle à l’empereur. Dans la Lombardie enfin, où

deux ennemis les plus terribles, Ferdinand de Gon-

zague et Pierre-Louis, s’épiaient de plus près, le 10 septembre, Anguissolo surprit la garde du palais de Louis et l’assassina; le surlendemain Ferdinand de Gonzague survint, s’empara de Plaisance et de son territoire et échoua seulement devant Parme, dont les habitants proclamèrent Ottavio Farnèse.

La colère du pape, qui aimait son fils plus que ne le méritaient ses abominables vices, fut d’abord excessive. Il parla de s’allier avec la France, avec Venise, avec les Suisses, mais sans oser franchir le dernier pas. En 1548, il réclama Plaisance et Parme comme biens immédiats de l’Église, et enleva Parme à Ottavio. Mais c’était un acte d’hostilité indirect, et une dernière douleur l’attendait. Ottavio refusa d’obéir, et s’entendit avec Ferdinand de Gonzague pour rester maître de ce qu’il appelait son patrimoine. Le cardinal Alexandre Farnèse lui-mème, qui conduisait toutes les affaires du saint-siège, était d’accord avec le rebelle. Paul III, frappé de stupeur et plein de colère, eut une explication terrible avec Alexandre, et mourut quelques jours après (1549).

L’avénement du pape Jules III, pontife ami du repos, qui négligeait les affaires pour la construction de son magnifique jardin, la V igna di Papa Giulio, n’était pas favorable à une lutte d’indépendance.

Jules III rappela le concile à Trente (1550), et rendit Parme à Ottavio. Celui-ci, pour arracher Plaisance à Ferdinand de Gonzague, invoqua l’appui du nouveau roi de France, Henri IL Seul, en Italie, il croyait pouvoir ce que le Pape Paul III n’avait pas osé. Il reçut dans Parme une garnison française, commandée par de Thermes, et appela aux armes tous les bannis et les mécontents, qui aidèrent Sienne à chasser Mendoza et la garnison espagnole. Mais Jules III s’emporta contre Ottavio, « ce misérable ver de terre qui osait se révolter en même temps contre un pape et un empereur. » Ferdinand de Gonzague et le pape envahirent ensemble le territoire de Parme; le duc de Florence, Cosme Ier, déclara la guerre aux Siennois. Parme fut laissée à Ottavio; mais Sienne fut la dernière victime de cette lutte

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