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LIVRE XIII

veaux remparts le château Saint-Ange, élevait une muraille sur le Monte Cavallo, un arsenal sur les terrains de la bibliothèque du Vatican, une manufacture d’armes à Tivoli ; il creusait un port à Givita-Vecchia et rassemblait de nombreuses troupes. La mort prochaine du duc de Mantoue, Vincent II, à la fin de 1627, paraissait une circonstance favorable à l’indépendance italienne. Celui-ci allait laisser pour son plus proche héritier le chef de la branche des Gonzague établie en France, Charles, duc de Nevers. Un prince tout Français d’origine et d’éducation devait être salué avec espoir par les Italiens, auxquels il assurait l’appui de la France. Le pape fit venir en secret auprès du duc mourant le jeune duc de Nevers, pour prendre possession du duché, et chercha à garantir encore davantage ses droits en lui faisant épouser une petite-fille d’un des derniers ducs, François IV. Il semblait que l’empereur et le roi d’Espagne, qui n’avaient point été consultés, eussent seuls à se plaindre. On vit trop clairement que la servitude n’avait point guéri l’Italie de ses divisions et de ses rivalités. Les États italiens restèrent ou hostiles ou indifférents à cette affaire capitale.

Le duc de Guastalla et le duc de Savoie réclamèrent l’un Mantoue et l’autre le Montferrat. Le grajnd-duc de Toscane, Ferdinand II, et Édouard, duc de Parme, depuis 1622, flottèrent irrésolus entre l'Autriche et la France. A Modène, Alphonse III tombait, après la mort de son épouse, dans une noire mélancolie, en attendant qu’il se retirât chez les capucins et laissât sa succession à son fils François. Dans la république de Venise, à la suite de longues querelles entre les Coméristes et les Zénistes , entre la bourgeoisie et la noblesse, cinq correcteurs nommés contre l’institution du fameux conseil des Dix (1628) mettaient des bornes à ce pouvoir prompt et secret qui, depuis plusieurs siècles, assurait, mais à un prix terrible, la tranquillité publique.

Le pape Urbain VIII fit tout pour arracher les Italiens à leurs rivalités ; mais l’intempérant duc de Savoie cherchai t encore querelle, à Gênes. Il complotait avec le chef

du peuple Vachero, homme perdu’ de vices et capable de tout, le renversement du sénat et le massacre des nobles. Au bout de cette conspiration Vachero voyait la couronne de doge, et le duc de Savoie la possession même de Gênes. La conspiration fut découverte, Vachero pendu ; et Gènes éleva contre le duc de Savoie cette quatrième enceinte de murailles qui s’étend dans un espace de huit milles du phare à la vallée de Bisagno.

L’intervention de Richelieu, au commencement de 1629, parut seule favorable à l’indépendance italienne. L’apparition de Louis XIII sur les Alpes décida le pape et Venise jusque-là indifférente. Le duc de Savoie lui-même, battu à Suse par les Français, fut forcé de faire cause commune avec les confédérés contre l’Autriche et de revenir à sa politique naturelle. Mais, en se contentant de débloquer Casale, Louis XIII exposa à une grande catastrophe l’Italie, laissée sans défense.

L’empereur, irrité, envoya en Italie, par l’Addaet l’Oglio, une armée de trente-cinq mille hommes. C’était ce qu’il y avait do plus remuant et de plus avide parmi ces féroces soldats que produisait la guerre de Trente ans. « On montrera aux Italiens, disait-on à Vienne, qu’il y a encore un empereur. — Depuis sept ans, ajoutait le champion du catholicisme en Allemagne, Ferdinand II, Rome n’a pas été saccagée. » Venise n’était pas moins menacée; l’ambassadeur espagnol prononçait sur elle le delenda est Carthago. Charles-Emmanuel Ier, en retournant à la maison d’Autriche aussi facilement qu’il l’avait abandonnée, consentit tacitement à la leçon qu’on méditait, et qu’il ne prévoyait pas si terrible.

Richelieu en personne, avec une armée conduite pai Bassompierre et Schomberg, essaya en vain de détourner le coup : le duc de Savoie l’arrêta aux sièges de Saluces et de Pignerol (1630); et l’armée allemande, arrivée sous les murs deMantoue, la prit d’assaut le 18 juillet etla mit àsac; elle ne s’en releva jamais. Charles-Emmanuel Ier, cœur vraiment italien, mais esprit intempérant et fantasque, mourut de douleur, laissant sa succession à son fils Victor-Amédée

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