‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 237 sur 338 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

proposé par le Directoire, aux termes duquel il devait recevoir 25 000 Français dans ses places, et payer dix millions, Berthier avait expulsé les récalcitrants et imposé le traité. Enfin, l’introduction si brusque d’une liberté nouvelle, l’établissement d’institutions tout à fait exotiques et mal greffées sur les coutumes et les traditions nationales, causaient plus d’un froissement et d’un malaise.

Le roi de Naples Ferdinand IV, le premier, ordonna subitement une levée de 40 000 hommes, s’assura des secours de l’Angleterre, et, en novembre, entra sur le territoire romain avec 50 000 hommes, commandés par le général autrichien Mack. Les troupes françaises, commandées par Cliampionnet, étaient dispersées; le roi de Naples fit son entrée à Rome le 29 et détruisit le gouvernement républicain. Son succès fut de peu durée. Le Directoire demanda à Charles-Emmanuel le secours de ses Piémontais et, sur ses hésitations, ordonna à Joubert, chef de l’armée d’Italie, d’entrer dans le Piémont. Une partie des villes comprimées par le roi ouvrit ses portes; les soldats piémontais passèrent dans les rangs français; Charles-Emmanuel, sur la sommation de Joubert, abdiqua et se réfugia en Sardaigne. La chute du dernier gouvernement monarchique du Nord paya d’abord l’attaque du roi de Naples contre la république romaine.

Sûr de ne plus être inquiété sur ses derrières, Championnet revint sur le roi de Naples. L’armée de celui-ci, rassemblée à la hâte, était fort indisciplinée. Parmi les officiers, les uns, attachés à la cour, étaient sans habileté ; les autres, ayant quelque instruction, étaient imbus des idées françaises. Ferdinand abandonna Rome, qui fut reprise, repassa les frontières de son royaume et rentra dans sa capitale. Accueilli par les murmures de la noblesse et de la bourgeoisie, voyant tomber au pouvoir de l’ennemi les forteresses de Pescara et de Gaëtc, il abandonna lâchement la partie et s’embarqua lui et sa famille sur la flotte anglaise avec ses trésors, en chargeant de la défense Pignatelli, nommé vice-roi, et l’Autrichien Mack. Le premier demanda une trêve qu’il obtint au prix de deux millions;

le second, dont les soldats désertaient eu masse, dont les officiers étaient d’accord avec les républicains, conclut un armistice, et s’enfuit bientôt dans le camp français. Les lazzaroni seuls voulurent se défendre et commencèrent assez singulièrement par le pillage de plusieurs maisons et le meurtre de quelques patriotes. Les républicains, aidés de la bourgeoisie effrayée, appelèrent les Français et s’emparèrent du fort Saint-Elme. Après un combat de trois jours, livré par les Français et les républicains aux lazzaroni, Championnet ne leur fit poser les armes qu’en promettant de faire respecter saint Janvier. Le lendemain 22 février il entra dans la ville ; il y fut reçu avec joie par les lazzaroni mêmes, quand il eut assisté au miracle du patron de Naples, et établit dans la ville un gouvernement provisoire qui proclama, le 23 janvier 1799, la république par thénopéenne.

Des anciens souverains de la péninsule il ne restait plus que le grand-duc de Toscane, Ferdinand ! La dénonciation laite à la France d’une nouvelle coalition fut le signal de sa chute. On ne pouvait compter entièrement sur le grandduc de Toscane, toujours neutre depuis le commencement de la guerre. Le 25 mars, Berthier entra sur son territoire, lui signifia de quitter le pays, entra dans Florence et y installa comme partout un gouvernement provisoire aux tendances républicaines. Depuis les Alpes et l’Adige jusqu’au golfe de Tarente, les troupes françaises et les institutions républicaines couvraient la péninsule. Le Directoire croyait avoir atteint son but.

Huplde destruction de* république* Italienne* pur le* ancien* souverain*; réaction* sanglante* (1989).

Cependant, à la veille d’une lutte solennelle, l’Italie n’était pas tout entière, corps et âme, avec la France. Elle n’en portait que les trois couleurs. La révolution n’était qu’à la surface. L’aristocratie et les paysans protestaient contre le nouvel état de choses et tournaient les yeux vers les anciens souverains; les institutions nouvelles ne se sou-

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