‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 238 sur 338 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

tenaient qu’avec l’appui déjà suspect et redouté de l'étrange-

Le gouvernement provisoire de la république parthénôpécnne, sous l’inspiration de Ghampionnet, avait pris d’abord d’heureuses résolutions. L’abolition des fidéicommis, des biens communaux, des juridictions baroniales, corvées, dîmes, etc., lui avait mérité l’approbation de la bourgeoisie et des villes, mais bientôt l’établissement d’une taxe de guerre, l’éloignement de l’ancienne armée et des hommes d’armes des barons, firent des mécontents. Championnet fut obligé d’ordonner le désarmement général du pays conquis. La discorde des vainqueurs, le renvoi du commissaire Faypoult par Ghampionnet, la destitution de Ghampionnet et son remplacement par Macdonald, les exactions des soldats français, achevèrent de dépopulariser le nouvel établissement républicain. Les prédications du cardinal Ruffo dans les Calabres suffirent pour grouper autour de lui sa célèbre armée de la sainte-foi. Des brigands dans la terre de Labour, dans les Abruzzes, entre autres le célèbre Fra-Diavolo, réunirent les bandits avec les paysans, et soulevèrent toutes les campagnes contre les Français et contre les républicains.

A Rome, après le départ des troupes de Ferdinand, on était parvenu à établir un gouvernement républicain régulier; mais les Romains chargés du gouvernement se montraient bien neufs dans les fonctions politiques, le peuple avait encore peu de respect pour une loi qui ne lui paraissait point entourée du prestige de la foi. Des émeutes éclataient à Givita-Veccliia et le brigandage s’organisait dans les Apennins. Dans le midi de l’Italie, la masse de la nation confondait dans une môme haine les institutions républicaines et la domination étrangère. Au nord on savait les distinguer ; mais cela n’était pas plus favorable à l’union, si nécessaire alors, de la France et de l’Italie.

La république française avait pesé un peu lourdement sur sa fille aînée, la république cisalpine. Les ambassadeurs français qui s’y succédèrent avaient trois fois changé la forme du gouvernement républicain, et ne pouvaient

réprimer les excès des agents, commissaires ou fournisseurs, qui, s’enrichissant aux dépens des Français et des Italiens, rendaient les protecteurs odieux aux protégés. En face des ennemis de la liberté nationale qui regrettaient encore le joug de l’Autriche, et des partisans forcés de la France, il s’était formé un parti nouveau dit italien. Ses chefs étaient Pino, Lahoz, Teuillié et Birague ; ses soldats se recrutaient dans la Société des rayons. Leur but était de rester affranchis de l’Autriche, mais sans dépendre des Français, et d’assurer l’indépendance de l’Italie par l’union des classes, sous la protection d’un patriciat républicain, et par la coopération de tous les États de la péninsule réunie contre tout étranger. Idée patriotique sans doute, mais que les circonstances rendaient alors inopportune.

Les alliés eurent beau jeu au milieu de ces divisions et en l’absence de Bonaparte, alors en Égypte. En 1799, l’Autrichien Kray et le Russe Souvarov n’eurent qu’à paraître sur les Alpes, les Anglais en Sicile, les Russes et les Turcs dans le royaume de Naples. Schérer, chef de l’armée d’Italie, battu par Kray, à Magnano sur l’Adige (5 avril), abandonna le Mincio, et se réfugia derrière l’Adda. Moreau, qui lui succéda, perdit à son tour, contre Souvarov, le bataille du pont de Gassano (27 avril), évacua Milan, passa le Pô et prit position entre Yalenza et Alexandrie. Au midi, Macdonald battit en retraite avec les troupes françaises de la Toscane et des États romains pour regagner les Alpes, et laissa seulement quelques régiments à Naples, à Florence et à Rome.

Après son départ, les gouvernements révolutionnaires italiens ne tinrent pas longtemps. Les républicains de Naples, retranchés dans les forts quand les lazzaroni so soulevèrent à la première apparition du cardinal Rulfo et des sanfédistes, ne cédèrent que sur la foi d’une honorable capitulation, qui fut bientôt violée ; triste prélude de la restauration des Bourbons napolitains. Dans la Toscane, le gouvernement provisoire, récemment établi par les Français, tomba tout seul. L’autorité du grand-duc Ferdinand fut rétablie à Florence le 16 juin.

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