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LIVRE XVI

sont aux prises avec les Italiens; dans son Adelchi , où le royaume lombard d’Italie tombe sous l’épée de l’empereur Charlemagne. Le poète lyrique Berchet, moins timoré, anima ses odes d’un amour passionné pour l’Italie. Silvio Pellico, dan» son Eufemio di Messina , mit en action la haine de la domination étrangère. Encore inconnu, le jeune Léopardi adressa à Angelo Mal, qui venait de retrouver la république de Cicéron, une canzone toute frémissante de douleur et de colère.

La littérature se partagea en deux camps. Silvio fonda en 1818 la revue littéraire le Conciliateur , contre la Bibliothèque italienne, revue austro-milanaise, qui défendait les théories classiques et méritait les sympathies autrichiennes. Le noble Confalonieri, le jurisconsulte Romagnosi, tous les nouveaux écrivains en vogue y concentrèrent si puissamment leurs efforts,, que le gouvernement autrichien comprit bientôt le danger, interdit la représentation à'Eufemio, et supprima le Conciliateur, qui ne vécut qu’une année.

Chassée de la littérature, l’opposition se réfugia dans les sociétés secrètes. La charbonnerie, mystifiée par la maison d’Autriche et les anciens souverains, s’était faite bonapartiste et française. Elle couvrait toute la péninsule, soit par ses propres ventes, soit par ses liaisons avec les autres sociétés secrètes des adelchi, des adelfi et des apofasimeni. Le principal foyer était dans le royaume de Naples ; tous les muratins, nombreux dans l’armée, y étaient affiliés, et des communes entières, dans la Calabre, étaient organisées en ventes ; mais il rayonnait en Romagne, en Lombardie, en Piémont, et les voyages mystérieux, les correspondances occultes sillonnaient et enlaçaient toute la péninsule.

Il ne fallut, en 1820, que la nouvelle de la révolution espagnole et la proclamation d’une constitution à Madrid, pour allumer l’incendie. A Naples, Guillaume Pepe, général muratin, lié avec les ministres, affilié à la haute vente, organisateur des milices, guettait l’occasion favorable de forcer la main à la cour et croyait pouvoir compter même

sur le nls du roi. Au milieu d’ordres et de contre-ordres, Je mouvement éclata tout à coup au mois de juillet 1820, à Nola et à Avellino, aux cris de : Vive le roi et la constitution! poussés par les carbonari et les soldats. Guillaume Pepe, alors à Naples, s’échappa sous le coup d’une arrestation, entraîna quelques régiments, se rendit à son quartier général et demanda une constitution. Ferdinand envoya contre lui Carascosa; celui-ci était à moitié gagné. La révolution fit aussitôt son explosion à Naples. Abandonné de tous, le roi fut obligé de proclamer la constitution d’Espagne ; il nomma Guillaume Pepe général en chef de toutes les forces du royaume-uni, composa un nouveau ministère, une junte pour l’établissement de la constitution, et nomma son fils vicaire général pour aviser à l’exécution de ses décrets. Guillaume Pepe entra en triomphe dans la ville de Naples à la tête de l’armée constitutionnelle, au milieu d’une population ivre d’enthousiasme ; le roi et le vicaire général prêtèrent serment à la constitution, et convoquèrent le parlement ; la révolution était achevée sans une goutte de sang, presque sans désordre.

L’Italie tout entière en fut émue. En Lombardie, le comte Gonfalonieri, Porro, Pallavicini, etc., se concertèrent sur les moyens de soustraire la patrie à la domination autrichienne. Là dù il n’y avait point d’armée nationale, il ne pouvait être question d’insurrection ; on tourna les yeux vers Turin. L’armée piémontaise s’enhardissait ainsi que les sociétés par l’exemple de Naples. Un des princes du sang, le prince de Savoie-Garignan, avait toujours paru favoriser ies pensées d’émancipation. On pouvait espérer en lui, on le lui fit comprendre. Il ne s’agissait de rien moins que de réunir la Lombardie au Piémont, et de reconstituer le royaume d’Italie. Les Lombards et les Piémontais voulurent cependant voir la révolution napolitaine à l’œuvre.

Quelques dissentiments parurent d’abord l’entraver. Tandis que toutes les villes, dans un élan unanime, élisaient leurs députés pour le parlement de Naples, Palerme, qui voulait un parlement sicilien, avait tué le prince de la

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