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LIVRE XVI

bard-Vénitien à Monza, le nouvel empereur Ferdinand IV prononça une amnistie générale, flatta l’aristocratie lombarde par la création d’une garde noble, et annonça quelques mesures heureuses. L’institut de Milan fut rétabli, un nouveau fondé à Venise; les deux universités de Padoue et de Pavie obtinrent quelques faveurs. On forma le projet d’un chemin de fer qui devait relier Milan, Mantoue, Vérone, Venise, et qui est aujourd’hui achevé; un pont rattacha Venise à la terre ferme.

Dans la plupart des États, les sciences positives, l’industrie, cessèrent au moins d’inspirer les mêmes défiances. La nation s’y adonna avec un certain entraînement. Pendant plusieurs années, depuis 1838, les congrès scientifiques se succédèrent avec rapidité dans les principales villes, à Turin, Pise, Florence, Padoue, Lucques, etc. Les plus intéressantes questions sur l’établissement d’écoles industrielles , l’amélioration du sort des ouvriers, la réforme des prisons, la propagation de l’enseignement dans les basses classes, l’abaissement des douanes, l’association des libraires ou l’établissement d’une foire pour les livres, comme celle de Leipsick en Allemagne, y furent posées et débattues avec autant de savoir que de zèle.

Deux États seulement ne jouirent ni de la paix ni du progrès lent, mais réel, du reste de la péninsule, le royaume des Deux-Siciles et le territoire romain surtout.

Ferdinand II ne tint point tout ce qu’il avait promis le jour de son avènement. Une émeute assez grave ayant éclaté à Syracuse (1837) à l’époque du choléra, il fit fusiller cinquante-cinq personnes et profita promptement de l’occasion pour achever de fondre les deux administrations des provinces, en deçà et au delà du phare. La Sicile n’eut même plus sa constitution particulière, ses magistrats nationaux, sa commission représentative à Naples. Cette unité administrative eût pu être au moins un bienfait ; on en fit un fléau. Ferdinand ne songea qu’à étendre à la Sicile le monopole du tabac et du sel, le timbre et la conscription. Il laissa l’île sans routes, sans instruction primaire, et la soumit à un régime de commissions militaires, de tribunaux

d’exception et de délation, qui lui fit regretter encore davantage sa vieille constitution.

Le roi prit un peu plus soin des provinces napolitaines. En 1842, la taxe sur les livres fut diminuée de cinq pour cent. Naples s’embellit; un port militaire fut creusé à Gastellamare. Une chaire d’agriculture s’ouvrit à l’université de Naples, des agriculteurs instruits furent envoyés dans différentes communes; l’immense tavolière de la Pouille fut attaqué, mais l’essentiel fut négligé.

Le pape Grégoire XVI fit encore moins d’améliorations dans ses États, malgré les recommandations de plusieurs des puissances qui avaient signé le mémorandum. En 1836, il revint même sur les concessions faites en 1831 à la ville de Bologne, et y détruisit l’élément laïque introduit dans l’administration. Pendant tout son règne il n’eut pas un instant de repos; il lui fallut chaque année prononcer des sentences de mort, d’exil, de galères et de pri- Bon. Ami des arts et de la science, il fit reconstruire la basilique de Saint-Paul hors des murs, créa un jardin botanique, un musée étrusque, fonda, dans les dernières années, une école d’agriculture, deux écoles gratuites à Rome; mais il ne voulut point entendre parler de l’établissement de télégraphes, de chemins de fer, d’industrie; à grand’peine il autorisa un service de vapeur sur le Tibre. Il défendit à ses savants d’assister aux congrès scientifiques de l’Italie; il augmenta les privilèges du clergé, de la noblesse, et laissa tomber les finances dans un état qui rappelait les plus déplorables jours du gouvernement pontifical.

Stattattque de la population, deo foret» de ierre et de mer da commerce, de l’Induotrle, de riaatruetlon publique, ete («84*-184»).

L’Italie, sinon sous le rapport politique, au moins sous le rapport moral et matériel, avait donc réalisé quelques progrès, vers l’an 1840, si l’on en excepte les États de l’Église et la Sicile. Partout, cependant, elle était loin de sui-

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