‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 260 sur 338 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

vre, même à distance, les principales nations de l’Europe, et on pouvait encore constater, dans son état matériel et moral, plus de lacunes que de progrès.

Sa population, ses revenus, ses armées, sa marine, s’étaient légèrement augmentés.

La population totale de l’Italie s’élevait à près de 24 millions ainsi répartis : Lombard-Vénitien, 5 600 000; Naples et Sicile, 8 500 000 ; Sardaigne, 4 500 000 ; Église, 2 700 000 ; Toscane, 1 500000; Parme, 465 000; Modène, 400 000; Lucques, 140000; Saint-Marin, 7800; Monaco, 7000.

Ses revenus se montaient à 400 millions : Lombard-Vénitien, 150 millions; Naples et Sicile, 115 millions; Sardaigne, 80 millions; Église, 40 millions; Toscane, 21 millions; Parme, 7 millions; Modène, 5 millions; Lucques, Saint-Martin, Monaco, 1 500 000 francs.

Le Lombard-Vénitien et la Sardaigne supportaient assez aisément leurs charges. Les communes de la Lombardie trouvaient même encore 80 millions à employer pour des travaux d’utilité publique; et le roi de Sardaigne, en 1845, avait 50 millions de réserve à consacrer à des entreprises de chemin de fer. Mais les États de l’Église et Naples souffraient de la lourdeur des taxes et de leur mauvaise répartition, ce qui n’empêchait pas le saint-siège d’être en proie à un déficit qui atteignait le chiffre de ses revenus.

Les forces militaires de la péninsule pouvaient atteindre 260 000 hommes de troupes réglées : Sardaigne, 60000 soldats, 40 000 de réserve, 10 000 miliciens; Lombard-Vénitien, 60 000 soldats ; Naples et Sicile, 60 000; Église, 16000; Toscane, 8000; Modène, 7700; Parme, 1800; Lucques, 750 soldats, 2000 gardes nationaux; Saint-Marin, 40 soldats, 900 gardes nationaux. Parmi ces troupes, cependant, 15 000 Suisses servaient dans les troupes du pape et de Naples; 60 000 Italiens étaient enlevés au Lombard-Vénitien pour s’instruire et servir loin de leur patrie. Les deux seules armées nationales et sérieuses étaient celles de la Sardaigne et de Naples, la première surtout.

La içarine de l’État comptait à peu près 200 navires;

40000 marins : Lombard-Vénitien, 2 vaisseaux, 10 frégates, 4 vapeurs, 74 petits bâtiments, 20 000 marins; Naples et Sicile, 2 vaisseaux, 5 frégates, 2 vapeurs, 43 petits bâtiments, 10 000 marins; Toscane, Église, quelques petits bâtiments, plusieurs vapeurs.

La statistique industrielle et commerciale n’était pas trop défavorable à certains pays, quoiqu’elle répondît peu à la fécondité, au mouvement qui avait caractérisé l’Italie à l’époque de sa grande prospérité; mais pour d’autres les résultats étaient déplorables.

En l’année 1841 le mouvement commercial sur la côte vénitienne était en exportation : 157 vaisseaux de long cours, valeur 5 000 000 de fr., et 1320 vaisseaux caboteurs, valeur 16 000 000 de fr. ; en importation, 3059 vaisseaux de long cours ou gros caboteurs, valeur 22 000 000 de fr., et 953 petits caboteurs, valeur 5 000 000 de fr. Le mouvement de Trieste était encore bien plus favorable : importation, 868 gros vaisseaux, valeur70000000defr., et 3323 caboteurs, valeur 25 000 000 defr. ; exportation, valeur 40000000 defr. (gros bâtiments), et autant à peu près en caboteurs. Cette contrée était, il est vrai, la plus favorisée.

Dans le royaume de Naples, l’importation dans les provinces en deçà du Phare ne représentait en 1839 qu’une somme de 45 000 000 de fr., et l’exportation de 43 000 000 de fr. Dans les différents ports du royaume, on comptait seulement à l’entrée 2407 vaisseaux de toute grandeur, à la sortie, 2372. Dans les provinces au delà du Phare, l’exportation n’atteignait que 23 000 000de fr.; l’importation allait à 42 000 000 de fr. Le nombre des bâtiments était de 938 sortants et de 1569 entrants. Le mouvement maritime de la Toscane n’était pas non plus ce qu’il devrait être; 548 bâtiments à Livourne, 245 à l’île d’Elbe. L’importation était encore assez considérable, mais le commerce n’était pas en rapport avec le développement d’exportation que comportait la fécondité de ce beau pays.

Les États de l’Église étaient encore plus mal partagés; ils ne comptaient guère sur la côte occidentale qu’un mouvement de 169 petits bâtiments, et sur l’Adriatiquo, de

BIST. D’iTAUE.

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