‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 277 sur 338 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

le 10) Radctzlci, flotte do nouveau sur les murs de Milan, 1 n’y a plus un ennemi sur le sol lombard. »

l.e» républiques h Venise, h Rome, À Florence ; assassinat de Rossi; fuite du pape (sept. ISIS-léTrler 184*).

La bataille de Gustozza ne frappait pas seulement la cause de l’indépendance, mais celle de la révolution. Radetzki jeta Welden sur Bologne pour forcer le ministre romain Mamiani à retirer ses troupes de la guerre. Les autorités, ne voulant pas exposer la ville aux horreurs de la guerre, laissaient déjà entrer les bataillons autrichiens, quand le peuple se jeta au-devant d’eux le 9 août, et les repoussa avec perte, au delà du Pô. Le pape protesta contre la violation de son territoire, mais il refusa de ratifier les propositions énergiques faites par son ministre aux députés romains; et Mamiani fit place à un ministère provisoire qui commença par proroger le parlement disposé à la guerre.

Le roi de Naples, Ferdinand II, tira encore plus résolument parti de la défaite du Piémont contre la Sicile. Le 3 septembre, il fit partir huit bateaux à vapeur et six mille hommes, avec ordre de prendre d’assaut Messine. Le gouvernement révolutionnaire n’était pas encoro parvenu à mettre une armée raisonnable sur pied ; la garde nationale seule était organisée, et on s’était résigné à accepter le service des forçats que le gouvernement napolitain avait lâchés pour compromettre la révolution sicilienne.

La malheureuse Messine n’avait guère d’autres défenseurs que ses habitants qui s’étaient armés et enrégimentés. Les feux de la citadelle, située sur une langue de terre qui commande le port, permirent aux troupes napolitaines de s’établir et de commencer les opérations dès le 4. Pendant la lutte, les Suisses et les Napolitains de Ferdinand, au nombre de quinze milles hommes, furent soutenus et ravitaillés par le camp établi de l’autre côté du détroit : Messine ne reçut par terre que des renforts insignifiants et tardifs. Ce combat inégal dura cependant huit jours.

La citadelle, la flotte et les batteries inondèrent la ville d’une pluie de bombes et de fusées qui fit les plus grands ravages et alluma plusieurs incendies. Les forts restés, encore au pouvoir des Messinois, furent bientôt éteints. Après avoir perdu les fortifications et les barricades, élevées hors de la ville, les Messinois se battirent encore dans les faubourgs, au milieu des décombres des maisons; et le sac commença. Les amiraux français et anglais, Parker et Baudin, intervinrent pour faire cesser la boucherie et sauver le reste de la ville, le 3 septembre au soir. Le parlement sicilien suspendit même Ja guerre et établit pour quelque temps une zone neutre entre l’armée napolitaine et celle de Sicile, venue trop tard au secours de Messine.

La liberté italienne (17) ne se défendait plus qu’à Venise. Le jour où les commissaires de Charles-Albert devaient recevoir l’investiture de la province de Venise (9 août), on avait appris la nouvelle de l’armistice. La république y fut de nouveau proclamée. Le pouvoir confié à un triumvirat avec Manin pour président, et la défense militaire à Pepe. Ce vétéran du libéralisme dont le patriotisme classique ne s’est jamais démenti, tira fort habilement parti du peuple vénitien et des volontaires qui lui restaient.

La Lagune ou l’Estuario est une sorte de lac oblong, formé par les cours d’eau qui se jettent au fond de l’Adriatique et séparé seulement de cette mer par des îles longues et étroites, coupées de canaux où les gros vaisseaux ne peuvent pénétrer. Elle couvre un arc de cercle de près de quarante lieues et renferme deux cent mille habitants. Vers le sommet de l’arc s’élève Venise, et çà et là de gros bourgs tels que Chioggia et Mestre, autrefois bien plus considérables; du côté de la terre et de la mer, quarante forts avantageusement situés, et dont les principaux sont ceux de Lido, de Malghera, de Brondolo et Treporti, protègent cette situation admirable pour la défense. Pepe depuis son arrivée avait augmenté les fortifications des points principaux, organisé en légions et discipliné autant qu’il était en lui les milices dont il pouvait disposer.

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