‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 289 sur 338 · LIVRE xvrii · texte numérisé non relu

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de la réaction générale déchaînée sur l’Italie. Le malheureux Charles-Albert était mort à Oporto, en Portugal, le 28, en repoussant avec colère une adresse du parlement, qu’il accusait de sa perte. Le 6 août suivant, le jeune roi Victor-Emmanuel II signa la paix avec l'Autriche à de dures conditions. La démarcation des frontières était conservée ; mais le roi de Sardaigne s’engageait à renoncer à tout titre sur le Lombard-Vénitien et à payer une indemnité de guerre de 75 millions de francs. L’Autriche se serait montrée plus accommodante sur l’indemnité si elle avait pu obtenir du Piémont d’autres sacrifices sur les institutions libérales qu’il possédait depuis peu ; mais Victor- Emmanuel refusa de transiger sur ce point. Il jura do nouveau, au mois de décembre de l’année 1849, le statuto fondamentale donné par Charles-Albert, et inaugura avec résolution et prudence le régime libéral, en s’entourant de ministres éclairés et fermes. Il faisait de la liberté constitutionnelle l’espoir de la péninsule.

La constitution sarde était à peu près celle qui avait été donnée à la France en 1830. Le sénat nommé à vie répondait à l’ancienne chambre des pairs française ; il représentait l’élément conservateur. Les députés de la seconde chambre étaient élus par les citoyens qui possédaient un certain capital ou qui payaient un certains cens. Cette chambre votait sérieusement l’impôt. L’égalité de tous les citoyens devant la loi et l’impôt, leur admissibilité à tous les emplois, la liberté individuelle, l’inviolabilité du domicile, la liberté de la presse sauf l’abus, étaient garanties. La religion catholique était déclarée religion de l’État, mais la tolérance proclamée.

Peu de princes avaient reçu des dons naturels plus appropriés à sa tâche que le roi Victor-Emmanuel II : soldat brillant et brave, cavalier intrépide, gentilhomme plein de rondeur et de franchise, il plaisait à l’armée et au peuple; avec la fermeté nécessaire au roi qui doit prononcer au besoin, il n’avait pas cette volonté souveraine, ce besoin d’agir et de conduire les affaires qui lui aurait rendu si difficile l’exercice du régime constitutionnel; aussi était-il,

L’ITALIE

comme il l’est encore, adoré de son parlement, dont les factions les plus opposées étaient prêtes à l’accepter comme arbitre, sachant qu’elles n’avaient rien à redouter de son intervention. Il avait assez de prestige pour attirer la confiance, pas assez pour l’alarmer.

Le ministère, dérobé pour toujours aux mains du comte Solarde la Marguerite, passa d’abord aux mains de M. d’Azeglio, homme d’un haut mérite et de tendances modérées, qui servit de transition entre le parti féodal et le parti de la classe moyenne. La chambre de 1850 vota silencieusement la paix et régla courageusement la situation financière. Elle accepta la fusion des banques de Gênes et de Turin qui fut l’origine de la banque nationale. Les prétentions de la cour de Rome et du clergé, encouragées par les restaurations opérées dans le reste de la péninsule, furent repoussées par les lois Siccardi, qui mirent fin aux abus restés du moyen âge et restreignirent la mainmorte. C’était un exemple ou un défi pour les autres gouvernements de l’Italie. Le pape Pie IX restauré à Rome sembla y répondre en prenant du moins sur le terrain religieux une attitude de résistance plus résolue. Rejeté par la révolution du libéralisme qu’il avait commencé à pratiquer au mysticisme le plus ardent, il proclama en 1853, de sa seule autorité, le dogme de Y Immaculée Conception, releva par des bulles de la même année la hiérarchie catholique en Hollande et en Angleterre, et en 1855 fit avec l’Autriche et les États catholiques du sud de l’Allemagne un concordat ou des conventions si favorables à l’autorité romaine qu’elles effrayaient l’opinion libérale. Mais à ce moment parut dans le royaume de Sardaigne un nouveau champion du libéralisme, qui devait avoir la plus grande influence sur les destinées de l’Italie.

Victor-Emmanuel II et IM. de Cavour, le Piémont et l'Italie

(ISSS-ISSS).

Parmi les nouveaux hommes d’Ëtat du roi Victor-Emmanuel H, le comte de Cavour, wiuislro du commerce, connu

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