‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 305 sur 338 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

part des contrées même catholiques de l’Europe. La civilisation moderne y était dénoncée comme coupable de lèsereligion. Un Syllabus ou résumé des erreurs de la raisou qui pouvaient encourir condamnation de l’autorité catholique, sur les choses de la foi, de l’Église, et les rapports de la société civile et de la société ecclésiastique, y était joint. La papauté du dix-neuvième siècle restait inébranlablement attachée à ses doctrines antérieures, et elle considérait tous les événements qui s’accomplissaient dans le domaine de la politique et dans celui des idées comme le progrès du mal. Bien que, adressée à toutes les nations catholiques, cette encyclique visait surtout l’Italie nouvelle. Le gouvernement de Victor-Emmanuel, regardant cet acte comme une simple déclaration de principes , à laquelle la curie romaine était hors d’état de donner une valeur pratique, laissa ses évêques, en réservant les droits de l’État, promulguer l’encyclique; et, après quelques nouveaux désordres à Turin, et les démonstrations évidentes du mauvais vouloir de sa municipalité, Victor-Emmanuel, le 13 février 1865, quitta la capitale séculaire de sa maison pour se rendre à Florence, nouvelle capitale de l’Italie inachevée, où vinrent bientôt le rejoindre la chambre des députés le 28 avril, et le sénat le 14 mai. Un nouveau pas de plus était fait dans l’œuvre de l’unité italienne. Le gouvernement français, non sans difficulté et sans sacrifices de sa part, l’avait encore facilitée.

Alliance du royaume d'Italie avee le royaume de Pruaae. —

Défaite* de Cmtona et de LUm; annexion de la Vénétie

Le gouvernement du royaume italien , installé dans sa nouvelle capitale, plus appropriée en effet à l’efficacité de son action sur le reste de la péninsule, avait à faire maintenant des choses peu brillantes, mais solides. L’opinion dominante demandait l’introduction du mariage civil, l’abolition dans tout le royaume de la peine de mort qui avait disparu depuis longtemps du code toscan , la suppression

des couvents, la sécularisation des biens ecclésiastiques. Telle était la réponse qu’on voulait faire à Y Encyclique et au Syllabus. Le rétablissement de l’ordre dans les finances était une première nécessité qui s’imposait davantage, et la suppression des couvents avec la sécularisation des biens ecclésiastiques était un moyen révolutionnaire qui, seul peut-être, pouvait aider, pensait-on, à l’obtenir.

L’introduction du mariage civil fut votée par les deux chambres, l’abolition de la peine de mort rejetée par le sénat. Sur la suppression des couvents, à l’exception d’un certain nombre regardés comme d’utilité, et sur la réorganisation des évêchés et la sécularisation d’une partie des biens d’Êglise, la gouvernement et le parlement, d’accord en principe, ne différaient que sur le mode d’exécution. On se fût décidé bientôt, si le pape Pie IX n’eût écrit au roi Victor-Emmanuel, de sa main, pour offrir de s’entendre avec lui sur un point qui affligeait les consciences, l’abandon d’un grand nombre de sièges épiscopaux par les évêques. Le roi, très-conciliant par nature, ne pouvait refuser, dans ce cas au moins spécial, la main qui lui était tendue pour la première fois. Il fit suspendre la délibération sur la suppression des couvents, pour entrer en négociations avec le Vatican et permit à un grand nombre d’évêques de rentrer dans leurs diocèses. L’état des finances restait le point inquiétant de la situation. On ne pouvait recourir de nouveau à l’esprit de sacrifice qu’on avait invoqué l’année précédente, et le déficit se comptait chaque année par centaines de millions. Si l’on ne créait de nouvelles ressources , et cela était difficile, il fallait diminuer sérieusement les dépenses ; et cette diminution, vu le peu qu’on faisait déjà pour les travaux publics et l’instruction, ne pouvait porter que sur l’armée et la marine. Mais c’était là justement que l’opinion publique n’en voulait point souffrir. Etait-ce au lendemain d’un indépendance et d’une unité si extraordinairement conquises qu’on pouvait songer à diminuer l’effectif de terre et de mer? L’Autriche ne surveillait-elle point toujours du quadrilatère la nouvelle Italie? Était-ce une indépendance vraie que de compter toujours sur l’appui de la France? et

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