‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 310 sur 338 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

par la violence, et cherchassent maintenant à pousser la victoire plus loin en ravissant Rome au pape.

Dès le commencement de l’année, Garibaldi, sorti de Gaprera, avait fait une tournée dans la Vénétie et dans le Piémont. Vers le mois de juillet il opérait déjà, de Sienne, des enrôlements avec l’appui de Mazzini contre Rome. C’était comme une revanche d’Aspromonte qu’il cherchait. Rien n’était plus dangereux. L’Italie avait promis à la France de faire respecter Rome et le territoire du saintpère. Pourrait-elle tenir la convention? Déjà en septembre de petites bandes garibaldiennes pénétraient à travers le cordon des troupes royales sur le territoire romain. Ratazzi fit saisir Garibaldi, et, après l’avoir gardé quelque temps dans la forteresse d’Alexandrie, le laissa repartir pour Caprera sans condition. Mais de là Garibaldi encouragea de nouveau les siens en leur envoyant son fils Ménotti. L’opinion surexcitée prit feu. On enrôla ouvertement à Florence. Le ministre Ratazzi, plein d’équivoques dans ses paroles et dans sa conduite, parlait contre le mouvement et laissait faire. Enfin Garibaldi, s’échappant de Caprera sur un canot à travers la flotte chargée de le garder, arriva à Florence. Le gouvernement français, justement ému, rassemblait une escadre à Toulon. Le ministère de Florence en effet était-il en mesure de faire observer la convention? Sur la demande de la France, Ratazzi offrit (19 octobre) sa démission au roi qui l’accepta et chargea le général Gialdini de former un nouveau ministère. Celui-ci le tenta inutilement devant l’hostilité du parlement. Durant cet intervalle qui était comme un interrègne politique, Garibaldi partit de Florence et prit le 23 octobre le commandement des bandes qui avaient déjà passé à travers le cordon des troupes italiennes destinées à garder les frontières du territoire romain. La révolution se remettait en marche maintenant contre Rome.

Le pape n’avait, comme on sait, pour se défendre, que l’armée des dix mille volontaires qu’il avait levée après la convention du 15 septembre; et il y avait certainement entente entre les Garibaldiens et une partie des Romains.

Le général Kanzler, chef des troupes pontificales, les partagea entre Rome et les principales localités du territoire. A Rome le 22 un mouvement eut lieu. Il le réprima. Garibaldi fit une tentative sur Viterbe, il fut repoussé. Mais les bandes envahissantes augmentaient à chaque heure. Il était impossible de tout garder contre le flot tous les jours grossissant. Garibaldi finit par arriver à la tête de quatre mille hommes le 26 octobre, au Monte-Rotondo, à quelques milles de Rome; et le pape ordonna à sa petite armée d’évacuer le territoire pour se concentrer dans la capitale. Rome, menacée au dehors et agitée au dedans par les partisans de Garibaldi, semblait perdue pour le pape. On faisait déjà voter J’annexion aux habitants du territoire romain. Gette question qui intéressait toute la catholicité, serait-elle aussi résolue par un coup de violence?

Le 27 le roi Victor-Emmanuel, mettant à la tête d’un nouveau ministère le général Menabrea, à la fois résolu et dévoué, blâma l’entreprise. Le 28 l’escadre française de Toulon débarqua le général Dumont à Givita- Vecchia, et les soldats français entrèrent encore une lois à Rome le 30, tandis que Gialdini avec des soldats italiens mettait le pied le même jour sur le territoire romain. Il y avait entente entre les deux gouvernements pour ne pas laisser terminer une si grave affaire par une aventure. On espérait arrêter pacifiquement le mouvement. Mais Garibaldi, à la tête des siens marcha sur Tivoli, pour éviter le ridicule et donna lieu à une collision sanglante et inutile. Les zouaves pontificaux, commandés par le général Kanzler, et les garibaldiens en vinrent aux mains à Mentana, et les premiers, en minorité, allaient céder quand l’intervention de quelques bataillons français qui les accompagnaient mit les derniers en fuite et força Garibaldi à repasser la frontière pour être de nouveau renvoyé, après cette échauffourrée, sur son rocher de Caprera. La question romaine rentrait dans la sphère diplomatique d’où elle n’aurait pas dû sortir et elle ne paraissait pas avoir avancé beaucoup puisque, le même jour où le général Ménabréa déclarait, pour réserver l’avenir, que « Rome

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