‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 33 sur 338 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Grand a relevé, grâce à d’autres principes, le drapeau de la centralisation et de la civilisation latine.

Bttharb) constitution et législation des Lombard*

La mort de saint Grégoire et celle de Théodelinde, arrivées à peu de distance l’une de l’autre (620-625), arrêtèrent un instant cette félicité relative. Mais, après la minorité turbulente du fils de Théodelinde, sa fille, Gundeberge, renouvelant l’exemple de sa mère, accorda sa main et la couronne de fer à Rotharis, duc de Brescia (636), et rétablit ainsi les affaires. Celui-ci renferma strictement dans les occupations intérieures du palais une femme qui avait l’ambition de Théodelinde sans en avoir les qualités, et reprit le cours interrompu des victoires et de l’organisation lombardes. Rotharis s’empara sans peine de la ville et des côtes de Gênes, de la Lunigiane et de tout le littoral de l’ouest, depuis les frontières du royaume de Burgundie jusqu’à la Toscane.

L’œuvre la plus importante de son règne fut la promulgation des coutumes et usages de la nation, rédigés par les grands dans différentes réunions tenues à Pavie, et ratifiées en assemblée solennelle, comme corps de droit, en 644, par 1 & peuple fidèle et l’armée fortunée des Lombards : législation territoriale et non personnelle comme les autres lois barbares, qui s’imposa à tous les anciens habitants compris comme les Lombards sous le nom de sujets du roi, et ne fit exception que pour quelques villes qui tenaient de leur capitulation une position à part!

La première loi de Rotharis prononce la peine de mort non-seulement contre ceux qui attentent à la vie du roi, mais contre ceux qui prendront même les armes sans permission dans la résidence royale. Des six premiers rois lombards, quatre avaient péri de mort violente. Chez les Lombards, le roi représente la nation; son autorité n’y est limitée que par les hautes assemblées de Pavie, qui traitent les questions de paix et de guerre et discutent les lois.

Il commande les armées, promulgue les décrets et rend la justice. La paix publique est mise sous sa protection; il prononce la peine de mort contre les traîtres, les transfuges et les rebelles, à moins qu’il ne leur permette de racheter leur vie au prix de neuf cents sous d’or. Une partie de l’amende prononcée contre les coupables lui appartient. Il a de plus la tutelle, ou mundium , des femmes et enfants privés de leurs tuteurs naturels ou mundoald , la possession des terrains et des esclaves sans maître, l’héritage des affranchis morts sans enfants, et la moitié de celui des hommes libres qui ne laissent que des filles ou des enfants naturels.

Une cour véritable (curtisregia) relève l’éclat de la puissance royale. Le maréchal (marpahis) , le chambellan, le majordome en sont les premiers serviteurs. Ils sont à la tête de ces gasindes, c’est-à-dire de ces fidèles du roi, attachés à sa fortune, à son service, et, à ce titre, en possession de certains privilèges; ils surveillent les comtes envoyés dans les domaines du roi, les gastaldes et les sculdahis chargés de commander et de juger les Lombards et les Romains, et de lever les impôts royaux.

Au-dessous des rois viennent les ducs résidant chacun au centre d’une grande ville comme lo roi dans Pavie, exerçant aussi dans leur duché la puissance militaire et judiciaire. Us ne forment point une noblesse de naissance ayant des droits particuliers, mais ils sont par le rang, la dignité, la puissance, les premiers des Lombards après le roi. Dans une monarchie, où l’hérédité est l’exception au lieu d’être la règle, les rois tiennent leur pouvoir de leur choix ou au moins de leur approbation. Les hommes libres choisissent et le roi institue le nouveau duc. Les gasindes royaux ou ducaux forment ensuite la classe la plus élevée des Lombards par leur importance et leur richesse.

Les hommes libres, mansnadieri ou exercitales , forment le fond du peuple et de l’armée des Longobards. Ils doivent tous le service militaire. Seuls, ils sont admis dans l’armée. L’homme libre est maître dans sa maison, qui se compose des membres de sa famille, de ses serviteurs et

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