‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 62 sur 338 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

ninsule, comme au temps d'Otton le Grand. Un Hugo, do race allemande, fidèle serviteur (jÎBs Ottons, fut investi du marquisat de Toscane. Le puissant marquis d’Ivrée, Arduin, qui avait vaiçcu et tué l’évêque de Yerceil, son rival, fut mis au ban de l’Empifte. L’ancien, précepteur d’Otton, déjà archevêque de Ravenne, devint pape, sous le nom de Sylvestre II. Get homme, l’un des plus savants et des plus distingués de cette époque, tout en réformant quelques-uns des abus de la cour de Rome, songeait, avec Otton, à enlever le midi de la péninsule aux Grecs et à réunir toute l’Italie sous la domination impériale. Mais il avait de plus grands desseins que les souverains allemands. Dans son imagination ardente, il voulait unir étroitement la papauté et l’Empire, l’Église et l’État, l’Italie et l’Allemagne, pour arracher les peuples chrétiens à leurs discordes, et les lancer dans une de ces saintes expéditions connues plus tard sous le nom de croisade. L’accord du Pape et de l’Empereur dans cette grande entreprise eût comme consacré l’Empire aux yeux de toute la chrétienté. Sylvestre II rédigeait déjà la constitution impériale qui devait unir la chrétienté sous l’Empire et sous le sacerdoce pour vaincre l’infidélité. L’an 1000, qui approchait, allait-il voir la fin du monde ou le commencement d’une grande chose? On attendait.

Mais Otton III et Sylvestre II n’étaient pour les Italiens que des étrangers. L’an 1002 le jeune Empereur mourut à Givita Gastellana, empoisonné, dit-on, par la veuve de Grescentius, Stéphanie, devenue sa maîtresse ; et, l’année d’après, le pape, haï des Romains qui l’accusaient d’avoir donné son âme au diable pour avoir la science, suivit son élève dans la tombe, victimes tous les deux du vertige donné aux puissants par l’éternelle Rome, même en décadence !

Les Allemands avaient choisi, pour succéder à Otton III mort sans enfants, Henri II, de race saxone il est vrai, mais parent fort éloigné du dernier Empereur. Le pacte d’obéissance, qui liait les Italiens à Otton le Grand et à ses fils, paraissait annulé par l’extinction de la descendance directe du grand homme.

Arduin, marquis d’Ivrée, l’un des plus puissants princes de l’Italie, avait eu des démêlés avec Otton III; il convoqua une diète de prélats et de seigneurs italiens à Pavie pour aviser aux circonstances; il dominait dans Ivrée, Suse, Verceil, et jusqu’aux crêtes des montagnes de la Savoie. De là devait sortir, mais bien plus tard pour l’Italie, la délivrance et l’unité. Arduin espérait déjà restaurer une royauté nationale. Ses partisans se trouvèrent en nombre à Pavie, ville d’ailleurs toute patriotique; il fut proclamé roi. Mais le marquis allemand de Vérone, Thédald, le fils d’Azzo, le protecteur d’Adelhaïde, qui avait obtenu d’Otton II, Modène, Mantoue et Reggio, enfin surtout l’archevêque de la ville de Milan, rivale de celle de Pavie, et la plupart des évêques, proclamèrent Henri II, roi de Lot&h?rdie, dans une assemblée de seigneurs et de prélats réums à Roncaglia, et décidèrent l’Empereur à descendre en Italie.

Devant des forces supérieures, Arduin, épuisé par un premier conbat à Vérone, s’enfuit dans les châteaux forts de ses montagnes. La ville de Pavie elle-même ouvrit ses portes au vainqueur (1003). Mais le jour du couronnement, les Pavesans insultés par quelques Allemands ivres se révoltèrent; un combat s’engagea dans les rues. L’Empereur assiégé dans son palais se sauva à la faveur d’un incendie, mais en se cassant la jambe. Arduin redescendit de ses montagnes et acheva de rejeter Henri II au delà des Alpes, parle lac Majeur. Pendant l’absence de dix ans que fit l’empereur Henri, l’Italie avec deux souverains couronnés n’eut réellement pas de roi. Arduin persécuta ses adversaires plutôt qu’il ne régna. Les seigneurs et les évêques qui ne voulaient pas de lui affermirent leur indépendance. A Rome, les comtes de Tusculum, partisans des Allemands et les successeurs de Grescentius, s’arrachèrent la nomination des papes. Trois d’entre eux finirent par le poison; c’était l’image de l’anarchie générale.

Henri II ne termina ces troubles qu’en 1015. Après avoir forcé Arduin à s’enfermer dans un couvent, dispersé à Rome les restes de la faction de Grescentius et affermi

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