‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 7 sur 338 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

L’empereur Honorius et le barbare Stilicon; l’empire perdu (395-598). — Prise de Rome par Alaric (410). — Valentinien III; Constantius et Aétius; saint Léon devant Attila et Genséric; seconde prise de Rome (411-455). — Les derniers empereurs; les barbares Iticimer et Odoacre (455-476).

Honorlua et Stilicon ; l’empire perdu (395-508).

Après la mort de Théodose, l’empire mit près d’un siècle à s’écrouler dans la péninsule, tant il fut difficile encore do renverser le colosse. Le premier personnage du monde romain, partagé entre deux enfants, l’Orient à Arcadius, l’Occident à Honorius, était alors un barbare, le Vandale Stilicon. C’était à lui qu’était remis en 395 le sort de l’Italie, au moment où la grande invasion des barbares la menaça comme le reste de l’empire.

1. Voy. Gibbon, Histoire de la chute et de la décadence de l'empire romain; Le Nain de Tillemont, Histoire des Empereurs; Amédéo Thierry, Récits de l'histoire romaine au cinquième siècle ; Grégorovius, Histoire de Rome, en allem.; J. Zeller, Entretiens sur le moyen âge. 1°' volume. Voir aussi notre Histoire d'Allemagne, 1" volume, pour tout ce qui concerne les barbares avant et pendant l’invasion : chez Didier ; Jornandés, Annales des Goths ; Aschbach, Geschichle der tV'esigothen.

Revêtu du titre de maître général d’une milice qui comptait plus d’étrangers que de nationaux dans son sein, époux de la nièce même de Théodose, la belle et adroite Sérène, Stilicon avait été chargé de la tutello d’Honorius et de la régence de l’Occident, peut-être même du soin des deux empereurs et des deux empires. Le poète Claudien, interprète de la flatterie publique, avait dit à ce propos que si Stilicon était heureux d’avoir l’empereur pour beau-père, l’empereur était encore plus heureux de l’avoir pour gendre :

Principe, tu felix, socero, felicior ille

Te genero.

Stilicon s’assure d’abord en homme de précaution du pouvoir militaire. Tandis que Sérène, à Milan, s’empare de l’esprit du jeune Honorius, auquel elle donne sa fille et qu’elle domine longtemps, il met la main sur l’armée rassemblée dans la haute Italie ; et, en la partageant entre les deux empereurs, il a soin de garder pour Honorius, c’està-dire pour lui-même, les troupes les plus braves et les mieux disciplinées. Habile et ambitieux, plein d’énergie et d’astuce, soupçonneux et vindicatif, il avait les qualités et les défauts qu’une si haute fortune, au milieu d’un monde civilisé et corrompu, devait développer dans un barbare. Le sort de l’Italie et de l’empire était attaché au soin do son intérêt personnel et de son ambition jalouse ; le jeune Honorius, faible de corps et imbécile d’esprit, n’avait d’autre souci que celui d’élever des poulets pour son plaisir.

, Le noble désir de gouverner et de défendre l’Occident et l’Orient portait Stilicon à vouloir exercer dans tout l’empire le pouvoir que lui avait laissé Théodose. Il sentait que l’unité du commandement était une condition do salut pour tout le monde romain, et il regardait l'empereur d’Orient, Arcadius, et son ministre comme incapables de contenir la nation barbare alors la plus redoutable pour tout l’empire, celle des Visigoths qui, fuyant devant les Huns, avait déjà franchi en Orient le Danube afin de s’y faire place. Sous prétexte de reconduire lui-même à Arcadius les troupes de l’Opent, qu’il avait composées des

UUT. b’jTAUF,

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