‹ Histoire révolutionnaire contemporaineChapitre 12 sur 92 · XXVIII THÉORIE DFS RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

XXVIII THÉORIE DFS RÉVOLUTIONS

la capitale. Cette défection donna toute liberté et toute sécurité à l'émeute, et rendit à la fois déraisonnables et impossibles les tentatives de résistance qu'aurait pu concevoir et opposer au désordre le gouvernement de l'Impératrice-Régente.

La nouvelle de la catastrophe de Sedan se répandit dans Paris le H septembre, vers cinq heures du soir. Presque aussitôt eut lieu, dans la réunion ordinaire des députés de la gauche, rue de la Sourdière, un conseil auquel assistèrent les chefs de club et les hommes d'action; on y discuta et on y arrêta l'insurrection, ainsi que la liste des hommes qui devaient composer le gouvernement du lendemain (i). Le ministère de la guerre avait été déjà offert au général Le Flô (2). Des instructions furent envoyées immédiatement à tous ceux qui disposaient des forces dont le concours était nécessaire' et le rendez-vous fut fixé sur la place de la Concorde, à deux heures (3). En vue de vaincre la résistance qui pouvait être opposée, des bataillons arrivèrent armés ; d'autres, arrivés sans leurs armes, allèrent les chercher (4). Ainsi, le coup avait été bien médité et bien préparé ; et un grand nombre de députés et de journalistes de l'opposition, placés sur les gradins du péristyle du Corps législatif* encourageaient de la voix et du geste les émeutiers à portée, de leur parole ou de leurs signaux (5).

Cependant, quels que fussent le concours des uns et la complicité des autres, il fallait, pour envahir le Corps législatif, percer d'abord et dissiper ensuite les forces militaires dont il était environné. Ces forces, appartenant à la préfecture de police, composées d'hommei énergiques et éprouvés, et placés sous le commandement de chefs résolus et dévoués, résistèrent à la foule envahissante comme un mur d'airain.

Il fallait pourtant le renverser, le succès était à ce prix. M. de Kératry monta à la tribune; il dit que la dignité du Corps législatif ne permettait pas qu'il fût gardé par la police, et qu'il fallait en remettre la défense à la garde nationale, c'est-à-dire précisément an\

(1) Enquête sur le k septembre. Déposition de M. de Kératry. (a) Ibid. Déposition du général Le Flô, p. 155.

(3) Ibid. Témoignage de M. Daru, dans la déposition de M. Jules Simon . p. 160.

(o) Ibid. Déposition de M. de Kératry, p. 257. (5) Ibid. Déposition de M. Pietri.'p. 256.

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