CORPS
Le 21 Somme -sur -Suippes 20 kil.
22 Ville-sur-Tourbe 16 »
23 Sainte-Menehould P »
24 Glermont 12 B
25 Verdun M *
5e CORPS
Le 21 de Mourmelon à Bettinville 18 kil.
22 à Vouziers. . . • • • 2^ w
23 Grandpré la *
24 Varennes 20 *
25 Chasny ou Verdum 24 »
Le 24 tous les corps pouvaient être réunis entre Verdun et Chiers c'est-à-dire sur une longueur de cinq heures, et assurer leur marche sur Etain en se rapprochant les uns des autres, après avoir détruit les ponts derrière eux sur la Meuse.
De deux choses l'une : ou le corps du prince de Saxe, fort de 70 000 hommes, qui était encore le 24, d'après tous les rapports qui nous étaient parvenus, entre la Meuse et le Chiers, au-dessus de Verdun se serait trouvé tourné par l'armée française pivotant sur son aile'gauche appuyée à Verdun ; ou il aurait cherché à livrer bataille étant menacé à dos par l'armée de Metz ; celle-ci, qui avait, les 14 16 et 18, lutté sans désavantage contre les armées prussiennes réunies, n'aurait plus eu que l'armée du prince Frédéric-Charles et de Steinmetz à combattre, et les positions des deux armées françaises, enveloppant les armées allemandes, plaçaient celles ci dans une situation critique.
Voilà quel était le plan tel que je l'avais combina
Général Pal'kao, p, 184.
Enfin le général présente, de la manière suivante, ses rapports avec le maréchal Mac-Mahon et les indications qu'il lui donna. Il établit que c'est au maréchal et non à l'Empereur qu il s'est adressé, S. M. ayant cessé, depuis le 21 aoiU, de recevoir les communications de son ministre de la guerre sur les opérations militaires.
M. le général de PAi.iKAo. — Voici ce qui s'est passé. Dans le Conseil des minisires on avait discuté deux plans que j'avais proposés, et on s'était arrêté à celui qui consistait à marcher au-devant du prince royal de Prusse ; mais quand nous fûmes sûrs que le prince royal de Prusse ne descendait pas dans la vallée de l'Aube, nous revînmes au premier plan qui était de secourir ie maréchal Bazaine. J'écrivis alors au maréchal Mac-Mahon, et non à l'empereur, car je ne communiquais plus avec l'empereur au sujet du commandement à partir du 21, jour où le maréchal fut investi du commandement en chef. J'écrivis donc, au nom du Conseil, au maréchal Mac-Mahon, que cous désirions qu'il marchât sur Metz, que l'abandon de Bazaine produirait le plus mauvais effet dans Paris. Le Conseil, d'ailleurs, était unanime à ce sujet. Le maréchal Mac-Mahon me répondit : « Puisque je dois marcher sur Metz, il faut faire une dépêche simulée qui tombera entre les mains du prince royal de Prusse; dans cette dépêche, vous me direz de me retirer sur Paris avec mes 150,000 hommes. » On augmentait avec intention le chiffre, qui n'était en réalité que de 130,000 hommes. La dépêche fut faite, tomba entre les mains du prince royal, et à la suite de cette dépêche, le maréchal se dirigea vers Metz. Arrivé à Bethel, il m'écrivit de nouveau. Sa marche était très lente. On a dit pour expliquer ces retards que cette armée était mal composée. Cela n'est pas exact. Cette armée était composée de quatre corps : le premier était formé par les débris de l'armée de Mac- Mahon, des combattants de Reischoffen, par conséquent d'anciens soldats, qui avaient vu le feu plusieurs fois et sur lesquels on pouvait compter; ensuite du corps de Canrobert, qui était complet; puis du 5* corps de Failly, qui, n'ayant pas encore lutté, était intact ; puis, du 7e corps du général Douai qui était dans les mêmes conditions que le précédent: c'était un corps d'armée parlai lement organisé, et auquel il ne manquait qu'une brigade de cavalerie qui n'avait pu rejoindre ; enfin, du 12° corps, commandé par le général Lebrun, qui était si bien composé, que vous pouvez lire dans les relations fa l'affaire de Sedan, les succès qu'il a remportés. Une armée formée de tels éléments ne pouvait être une année mauvaise.
Un membre. — Ne résulte-l-il pas de la déclaration laite a la tri-
bune par le général Trochu, que le maréchal Mac-Mahon, le prince Napoléon et tous les généraux présents à Ghàlons au conseil de guerre, ayant déclaré qu'ils n'étaient pas d'avis de suivre le plan que vous indiquiez, n'en iésulte-t-il pas qu'il y aurait eu, de votre part, contre-ordre ?
m. le général de palikao. — Permettez, il n'y a pas eu contreordre. Je ne pouvais pas donner d'ordre au maréchal Mac-Mahon. Il est impossible à un ministre de la gaerre de donner des ordres à un commandant en chef d'une armée, quand ses ordres peuvent être modifiés d'un instant à l'autre par les événements eux-mêmes. On ne peut donner qu'un plan général, des indications générales, mais on ne peut envoyer d'ordres à un maréchal commandant en chef une armée.
Comte de Palikao, p. 183