CHAPITRE XXV
Les comités de -vigilance pendant le siège.
Ce qu'étaient les comités de vigilance. — Leur création après le 4 septembre. — Leur composition. — M. Ranc est un de ceux qui les ont favorisés. — M. Rochefort s'est associé à leur création. — Caractère sssentiellement dangereux de ces comités.
Pour ajouter encore à l'action démoralisatrice de la plupart des mairies et pour entraîner dans le mouvement celles qui tenaient au maintien de l'ordre, on avait imaginé l'institution de Comités de vigilance. C'étaient des groupes d'individualités compromises et violentes, se donnant à elles-mêmes le mandat de poursuivre 1 œuvre révolutionnaire, et préparant, dans la situation officielle qui leur était faite, l'explosion du 18 mars.
Après la création de la fédération de la garde nationale, on forma dans chaque arrondissement des comités centraux dits comités de vigilance. Tous ces comités étaient composés d'éléments fort dangereux, et, pendant que le gouvernement restait inactif, ils se constituaient fortement, et ce sont eux qui sont devenus la source du comité central et de la Commune.
M. Marseille, p. 197.
Les hommes dont je vous parle commencèrent à organiser une armée de l'insurrection; voici comment : M. Ranc était maire du IXe arrondissement. Avec lui, ils ont
constitué ce qu'ils ont appelé un comité de vigilance; les maires avaient des fonds pour venir en aide; aux malheureux ; quelquesuns se sont setvi de ces fonds pour donner de l'argent à un certain nombre de gardes nationaux, dont ils ont formé des compagnies franches, tels que les Tibaldiens, les Flourens, etc. Ils, leur ont fait contracter des enrôlements avec engagement formel d'être à leurs ordre; quand le moment serait venu. En effet, ce sont ceux que nous avons vus au 31 octobre. Ils ont donc organ se, dès le principe, l'armée insurrectionnelle.
Général Ducrol, p. 2.
m. corbon. — Pendant le siège, on m'avait imposé, dans ma mairie, — c'était M. Rochefort, — un comité de vigilance. Ce comité de vigilance, j'ai bien voulu l'accepter.
m. de la rochethulon. — Permettez-moi de préciser la question. Lorsque M. Rochefort vous a engagé à accepter un comité de vigilance, agissait-il en son nom personnel, ou était-il l'organe du comité central?
m. corbon. — En son nom personnel. Mais il était membre du gouvernement, et son invitation était d'un grand poils pour moi.
M. corbon. — C'est moi même, je dois le dire, qui, par une réminiscence des traditions américaines, à cette réunion ai donné le nom de comité de vigilance.
Les hommes qui devaient former le comité de mon arrondissement se présentèrent à moi avec avec une lettre de Rochefort qui me les recommandait en me disant : « Ce sont de bons patriotes, tous ont souffert, je vous prie d'en tirer parti. ■» En effet, je les constituai en comité à côté de moi, et je pensais en faire, dans une certaine mesure, mes collaborateurs; j'avais donc autour de moi des membres de l'Internationale, et parmi eux il y en avait quatre ou cinq qui étaient très-actif-.
M. Corbon, p. 608.
Ces messieurs vinrent me dire qu'ils étaient le comité de vigilance du 2'' arrondissement. Je leur demandai oe que * que ce comité; ils me répondirent qu'il y avait vingt comités
de même nature qui devaient s'installer dans chacune des mairies pour apporter leur concours à raduainistratiQn municipale. Je leur demandai de quelle nature de concours il s'agissait, et de qui ils tenaient leur mandat. Ils me répondirent qu'ils venaient de l'Hôtel-de-Vdle, et je leur fis observer que je n'avais reçu aucune communication à cet égarl. <t J'ai déjà un comité d'armemeut de la garde nationale, ajoutai-je; plus, quelques commissions que j'ai organisées pour les cantines, pour les secours et différents services pour la municipalité, je ne saurais donc à quoi vous employer. » — Ils insistèrent beaucoup. — J'eus l'occasion d'aller à l'Hotil-de-Vilie. Je parlai de la visite que j'avais reçus. Oa me répondit d'une façon assez évasive, on médit: « Ce sont des gens qui pourront vou* rendre des services; les municipalités vont avoir à jouer un très-grand rôle, vous pouvez avoir besoin de quelques jeu ues gess. » — « Enfin, qu'estce que vous voulez que j'en fasse? Ma mairie est très-petite, je n'ai qu'un cabinet pour mes trois adjoints et pour moi, et la salle des mariages elle-même est occupée par des employés. Je n'ai donc pas &e pièces disponibles. » Enfin, les membres de ce comité étant revenus à plusieurs reprises, et voulant s'imposer, je finis par les mettre à la porte.
M. Tirard, p. 333.
Il y avait un comité de vigilance , dont faisait partie Ferry, employé de la mairie du 18e arrondissement, qui avait un dé^ôt de bombes; je. n'ai jamais osé le prendre; le comité d'artillerie ne savait pas non plus quelles mesures employer. Oe comité de vigilance était sous les ordres de Clemenceau, lequel, sous prétexte de soutenir le gouverneme nt de la Défense, fomentait la guerre civile ; du moins, il la patronait.
M. Macé, p. 220.