TOME a
oh HISTOIRE RÉVOLUTIONNAIRE
auxquelles M. Picard s'associe, en déclinant la responsabilité de cette opération :
m. le président. — Maintenant, il y a eu l'emprr.nt Laurier.
m. ernest picard. — Oh ! cela ne rentre pas dans mon administration.
Mon Dieu, lorsque je suis entré aux finances, j'ai trouvé les finances bien organisées par M. Magne, auquel je suis heureux de rendre cet hommage. \1. M;>gne, en faisant son emprunt, avait fait élever la faculté d'émission par la banque ; il y avait au ministère des finances 230 millions, si je ne me irompe, lors de l'investissement. Je Os passer à la disposition des départements 150 millions; par conséquent je restais à peu près dépourvu, cir je vous ai dit que rien que po.r la garde nationale, nous payions de 7 à 800,000 fr. par jour. Si les départements s'étaient adressés à nous, nous aurions pu nous entenJre pour avoir de l'argent. Il < ût été îacile d'en avoir, soit par contrat avec la Banque, soit même par en; runt. Nous n'avons reçu aucune espèce de communications. J'ai aprris seulement plus tard, par des journaux anglais qui me sont parvenus, qu'un emprunt avait été l'ait. Gela a donné lieu à des discussions as^ez vives dans le Conseil, et j'ai dit que, quant à moi, je n'acceptais pas la responsabilité de cette négociation, que je supposais avoir été faite à des conditions désavantageuses de nature à troubler notre crédit. Et je mis au Journal officiel une note dans laquelle je disais que je n'avais reçu aucune nouvelle. [Nous avions déjà organisé un système de communications et nous recevions des dépêches par pigeons. La première qui en ait parlé est, je crois, du 16 ou du 18 novembre, et l'emprunt est du 2h oct bre. Ce n'est qu'au milieu de novembre que nous l'avons connu.
M. Picard, p. 490.
i/appel de Garibaldî, en France, restera l'une des fautes les plus graves du gouvernement de Tours. La région de l'est n'a pas oublié le mal fait par les bande- indisriplinées que l'agitateur italien traînait à sa suite et qui, devant Dijon, fuient les dupes de la stratégie prussienne et laissèrent écraser l'armée de l'héroïque général Bourbaki.
La première pensée de recourir à Garibaldi parait due à M. S'nart. M. Glais-Bizoin a employé ses loisirs à écrire officieusement au héros de Marsala, et M. Crémieux explique sa propre adhésion en rappelant qu'il est un révolutionnaire et qu'il faut le prendre comme il est.
m. crémieux. — 11 y a deux réponses à faire: la première, c'est que ie n'ai pas appelé, c'est que le Gouvernement n'a pas appelé- Garibaldi.
C'est Glais-Bizoin qui nous a affirmé qu'il lui avait écrit officieusement. Une dépêche nous apprit tout à coup son débarquement à Marseille.
Dans l'intérieur de notre Gouvernement, il y a eu discussion pour savoir comment il serait reçu. Mais il est arrivé par Lyon, Valence, où il a été accueilli avec des transports de joie. La réception qui lui a été faite à Tours n'a rien eu de pompeux. Quant à moi, j'ai été le trouver à la préfecture et j'ai eu avec lui une très-longue conversation. Je le connaissais depuis les événements d'Italie, dans lesquels il s'est fait admirer de tous. Pour moi, partisan déclaré de l'unité italienne, j'avais alors applaudi Garibaldi de toute mon âme. Que voulez-vous? je suis un révolutionnaire. Il faut bien me prendre comme je suis.
Ma seconde réponse est relative aux proclamations de Garibaldi. Je n'en connais aucune.
M. Crémieux,p. 606.
m. l'amiral fourichon. — J'ai regardé comm" un grand scandale d'appeler cette aventurier en France. On disait que son arrivée serait le signal d'une grande manifestation. J'avais proposé à M. Crémieux et à M. Glais-Bizoin de lui faire rebrousser chemin avant son arrivée à Tours. Ils n'ont point accepté ma proposition. Peut-être ont-ils eu raison ?
Un membre. — Qui l'avait appelé à Tours?
m. l'amiral fourichon. — Je ne connais pas les détails de cette histoire. Je sais seulement qu'on impute à M. Senard d'avoir été le premier promoteur de l'idée de faire venir Garibaldi en France.
Amiral Fourielrn, p, 6i3.