CHAPITRÉ XLIV
État numérique de l'armée au 18 mars. — Évaluations de M. Thiers. — Évaluations toutf s différentes du géuér.d Dunot. — M. Thiers désorganise l'armée en renvoyant les clauses. — Il laisse les soldats restés sous les drapeaux en proie à l'inaction et à l'indiscipline.
Pour expliquer le succès de l'émeute au 18 mars, M. Thiers allègue l'insuffisance numérigue et l'état moral de l'armée dont il disposait.
En définitive, au 18 mars, nous pouvions à peine disposer de 2/i ou 25 mille combattants.
Les soldats du général Vinoy étaient fatigués et malheureux. Ils avaient cependant à leur tête un homme de sang-froid, de vigueur, qui les tenat bien, et .qui faisait du mieux qu'il pouvait. Il avait une réelle influence sur ses troupes. En somme, nous avions, je le répèle, 1h ou 25,000 hommes disponibles.
Paris est grand, vous le savez. Pour agir sur un point quelconque, il fallait diriger sur ce point au moins 12 ou 15,000 hommes; il fallait en outre garder les bords de la Seine et une quantité de postes. Mon intention était d'attendre que nos forces fussent plus considérables; mais où prendre des troupes? Telle était la difficulté. Nous avions laissé B idéaux presque sans défense. Partout ailleurs, il y avait une véritable désorganisation. Le lendemain de l'armistice de Paris, on s'était tiré d'affaire comme on avait pu. L'armée qui avait été envoyée vers l'Est, par suite d'une conception malheureuse, avait été rejetée en Suisse; il n'y avait rien à prendre de ce côté. Nous ne savions où trouver les Z»0 ou 50,000 hommes qui nous auraient été nécessaires, car ce n'était qu'avec une force pareille qu'on pouvait tenir d'une manière solide dans Paris.
M. Thiers, p. 10.
M. le général Ducrot estime qu'au moment de l'armistice on avait une