‹ Histoire révolutionnaire contemporaineChapitre 76 sur 92 · CHAPITRE XL1X · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL1X

Le 18 mars.

Ordre donné d'enlever les canons. — Oubli des attelages. — Mauvaises dispositions de la foule. — M. Thiers au ministère îles affaires étrangères. — Panique du Gouvernement. — Départ précipité de M. Thiers. — Réunion des ministres effarés chez M. Galmon. — Révocation du général d'Aurelle de Paladines accordée à l'émeute.

La journée du 18 mars tient une médiocre place dans l'Enquête. Elle a consisté, en effet, en ordres donnés avec imprévoyance et dont l'insuccès, dû à une négligence inexplicable, a été suivi d'un abandon général et d'une évacuation rapide des divers points de Paris. A la première nouvelle de son échec, le Gouvernement, et surtout son chef, n'ont songé qu à quitter Paris. Il n'y a eu aucune tentative de résistance ; l'émeute n'a eu qu'à occuper des positions, évacuées avant d'être réellement menacées.

Nous donnons d'abord les déclarations de MM. Vinoy, Picard et Choppin. Ce dernier était resté auprès du nouveau préfet de police pour l'assister. La Commission ne parait pas avoir songé à appeler M. le général Valentin lui-même, comme si elle pensait que ce haut fonctionnaire n'a rien à lui dire sur les événements auxquels il a eu pourtant une part officielle :

Le 17 mars, le Conseil des ministres se réunit à Paris, et, d'après mon avis, M. Thiers et le général Le Flô donnent des ordres pour faire, dans la nuit, une tentative pour reprendre les canons, de vive force au besoin. Les dispositions des mouvements sont discutées devant eux.

Une grande agitation se manifeste place des Vosges, et la garde nationale enlève dix-huit canons, qu'elle place au faubourg Saint-Antoine.

Dans la nuit du 17 au 18 mars, les buttes Chaumont et Montmartre sont enlevées et occupées par l'armée, mais la garde nationale se réunit pour les reprendre. Les attelages sont insuffisants pour emmener tous les canon-, et une eoixantaine seulement peuvent être ramenés, h aurait fallu près de quarante-huit heures pour terminer l'opéraiion.

A neuf heures vingt, les soldats sont encore maîtres de la rue de

Flandre et démolis?ent la barricade. A onze heures vingt-cinq, la situation est changée ; une manifestation descend sur l'Hôtel de ville; elle est mélangée de troupes de ligne. A onze heures trois quarts, au Luxembourg, le 135e de ligne se laisse désarmer: à midi, à la Villette, la troupe fraternise avec l'émeute : vingt hommes de la garde républicaine, qui gardaient la salle de la Marseillaise, sont désarmés. A deux heures cinquante-deux, les insurgés sont maîtres de la barrière d'Enfer; à irois heures cinquante, une compagnie de la garde républicaine est désarmée et enfermée à la mairie du 18e arrondissement. La caserne du Piince-Eugène, occupée par le 120e de ligne, est envahie par la foule ; le régiment fraternise avec le peuple et dépose ses armes sans en avoir fait usage. A quatre heures et demie, les communications sont interrompues.

Général Vinoy, p.

Enfin, le 17 mars, nous résolûmes, dans les conseils du Gouvernement, de ne pas tolérer une situation aussi dangereuse; on disait : Paris ne peut pas vivre avec des canons qui le menacent ; il y a là une insurrection qui s'apprête, il faut en finir.

J'avais reçu avis d'une réunion du Comité des fédérés dans la nuit, dans le 14e arrondissement, je crois ; je vis les chefs de la police et je leur indiquai ce que je savais ; il fut convenu qu'on ferait deux choses à la fois : qu'on mettrait la main sur ce Comité pendant la nuit, et que le général Vinoy irait s'emparer des hauteurs de Montmartre et ramènerait les canons.

Nous prîmes rendez-vous à cinq heures du matin au ministère des affaires étrangères. A sept heures, nous apprîmes que tout s'était bien passé du côté de Montmartre. Quant aux fédérés, il ne paraît pas qu'on eût pu les saisir.

Les choses s'étaient bien passées, quand, une heure plus tard, nous avons appris que la foule s'était portée vers les lieux que la troupe occupait, que là, il n'y avait peut-être pas eu une action assez grande de la part des chefs sur les soldats; on avait entraîné ceux-ci dans les cabarets, et ils avaient fait défection.

Nous apprîmes que les troupes étaient bloquées par la foule, qu'il \ avait péril, dépendant la division Faron résistait, et dans le milieu de la journée, le général Faron était revenâ avte armes et bagages.

A la fin de la journée, certains symptômes très-graves se r vêlèrent Nous étions au ministère des affaires étrangères. M. TUiers nous ;iv;ui dit : « J'ai des devoirs envers Paris, mais des devoirs plus grande envers la France. C'est moi qui ai amené l'Assemblée ù Versailles; je ne veux

CONTEMPORAINE it>7

rien risquer qui puisse compromettre la sécurité de l'Assemblée. » Le départ d'une partie du Gouvernement pour Versailles avait été décidé, et, en même temps, M. Thiers déclara que, dans sa pensée, des demi-partis n'étaient pas ceux qui sauvaient pareilles situations. Nous voyions les soldats qui jetaient leurs armes et se promenaient dans les rues; c'était déplorable.

C'est alors que M. Thiers partit vers quatre heures pour Versailles, avec le ministre des finances et celui des travaux publics.

Je rentrai au ministère de l'intérieur. Je n'y étais que depuis quelques instants, quand on m'annonça un homme qui se recommandait de moi et qui voulait me voir. On le fit entrer. Cet homme me dit qu'il venait de la rue des Rosiers, qull avait assisté à l'assassinat des généraux Lecomte et Clément Thomas.

Un membre. — A quelle heure cela se passait-il? m. picard. — Vers six ou sept heures. M. Thiers était parti. Cet homme me raconta les détails.

Il n'avait pas vu l'assassinat, parce qu'il fallait s'élever au-dessus d'un petit mur, le cœur lui avait manqué; il avait entendu la décharge; il me dit : « Je sais qu'on en veut à vos jours. »

Les ministres présents à Paris s'étaient donné rendez-vous pour le soir chez M. Calmon, rue Abaltucci, afin de pouvoir délibérer sans être pris tous ensemble. Je fis partir ma famille. J'avais pensé rester quelque temps; j'aurais été d'avis de tenir l'Elysée, le palais de l'Iadustrie et, au moins, la Muette. Mais l'autorité militaire décidait souverainement et elle avait donné l'ordre au général Vinoy d'évacuer.

Je reçus de l'Hôtel de ville une dépêche de M. Ferry, qui ne voulait pas évacuer ; j'avais le même sentiment.

Pendant ce temps, on venait pour prendre le ministère de l'intérieur. Je répondis que j'en référerais au Gouvernement. Il n'y avait qu'un prste de vingt-cinq hommes commandés par M. Oscar de Poli ; il m'avait dit : « Nous nous défendrons seulement nous sommes vingtcinq. » 11 y avait aussi quelques gar liens de la paix.

C'était un bataillon de Grenelle qui se présenta. Je fis entrer l'officier; je lui demnndai son nom et son adresse. Quand j'eus ce renseignement, cet homme parut très-intimidé. Je lui dis : « Vous pouvez dire à vos amis que nous ne vous laisserons pas entrer. » Il se retira et le bataillon n'essaya pas l'attaque.

Je restai sans être inquiété jusqu'à huit heures et demie, et j'allai au rendez-vous. Nous eûmes une conférence avec le général d'Aurelle de Paladines, M. Dufaure, M. Jules Favre, l'amiral PothuaU. Le général nous dit qu'il ne fallait pas compter sur la garde nationale, que la place

168 H1ST01HE RKVOI.TUIONNAIRE

Vendôme était occupée, que l'insurrection allait jusqu'au faubourg Saint-Honoré.

.1/. Picard, p. 5ij.

C'est ainsi que j'assistai, le 17 mars, à une sorte de conseil de guerre, où il fut décidé qu'on engagerait l'action, et je rentrai à la préfecture de police, où je passai la nuit à faire la liste de ceux que nous connaissions comme devant diriger le mouvement insurrectionnel. Naturellement, nous y avions compris tous les membres du Comité central, et les agitateurs les plus dangereux.

On mit à la disposition du général das commissaires de police chargés d'agir derrière chaque colonne et organisés par groupes de deux à trois. Ils avaient à leur disposition une certaine quantité d'agents. Nous avions décidé qu'on exercerait une action particulière sur la rue de la Corderie, car il fallait pénétrer dans le domicile de l'Internationale.

D'autres commissaires de police devaient pénétrer dans les quartiers insurgés, à Montmartre et à Belleville; on renonçait provisoirement à s'occuper des quartiers de la rive gauche. — Vous savez que le plan militaire consistait à s'emparer des hauteurs de Montmartre. Ce plan a à peu près réussi, puisqu'à cinq heures du matin on était les maîtres des positions presque sur tous les points. — Il y eût des gens arrêtés — il y en eût qui depuis ont été membres de la Commune, qui ont passé la journée du 18 mars en prison. On aurait pu, si on y avait pensé, en amener un certain nombre du dépôt de la préfecture à Versailles. Seulement, à huit heures du matin, nous avons su que le 88e de ligne avait levé la crosse eu l'air. Quand je connus cet événement, comprenant que je n'avais plus rien à faire à la préfecture de police, je me rendis au palais du quai d'Orsay. Vous savez quelle consternation y régnait. J'avais repris mon habit de garde national, je suis allé trouver le bataillon dans lequel j'avais servi au commencement du siège, pour voir si, de ce côté, il n'y avait pas quelque chance de trouver des éléments honnêtes pour essayer la lutte. Dans le même esprit, je me suis rendu à l'état-major de la garde nationale ; j'ai causé avec M. Roger, du Nord, et avec M. le général d'Àurelle de Paladines. La partie était bien perdue. Je retournai au siège du Gouvernement, la retraite vers l'ouest de Paris était décidée. Nous avions lait replier sur la préfecture de police, tout ce que nous avions pu de gardes républicains et de gardiens de la paix, isolés, ou les fusillait. Ces braves gens, s'ils eussent été cernés dans la Cité, eussent manqué do vivres et d'artillerie. Les insurgés les eussent canonnés de loin. J'ai pose la question aux gén'raux qui se trouvaient là. Je leur ai dit : « Faut-il faire Hier

inutilement des hommes qui seront demain votre meilleure réserve ? Voulez-vous un nouveau Chàteau-d'Eau ? »

Le gnéral Vinoy m'a donné l'ordre, c'est ce que je réclamais, et il a bien fait de les rappeler, car ce sont ces hommes, ramenés de la préfecture, qui ont été placés en première ligne et qui vous ont défendus à Versailles. — Je suis arrivé à huit heures à la préfecture, tout le monde a pris les armes et je suis sorti le dernier, mon fusil sur l'épaule comme les autre*. Je croyais encore, quand nous nous relirions ainsi sur l'École militaire, que l'on tiendrait dans Paris. Le lendemain, je revenais à Versailles.

M. Thiers prit de bonne heure la résolution d'Jvacuer Paris et de se porter au plus vite à Versailles. M. d'Aurelle de Paladines dit à ce sujet :

m. le général d'aurelle de paladines.— Non, j'étais étranger à cela. Le Conseil des ministres a siégé en permanence au ministère des affaires étrangères, dans la journée ; j'y étais allé vers cinq heure?, au moment où M. Thiers y était, avant son départ. Je causai avec lui des événements ; M. Thiers était très-pressé, il voulait partir pour se rendre à Versailles.

Général d'Aurelle de Paladines, p, 436.

M. le général Le FJô explique ainsi qu'il suit la panique à laquelle céda le chef du pouvoir exécutif :

Je me rendis au Conseil, et j'y exposai la situation qui était extrêmement grave. J'allai trouver M. Thiers, — il était midi ou une heure. — Il m'offrit de l'accompagner au quartier général du général Vinoy, au Louvre. Mais dans l'espace d'une heure à une heure et demie, depuis mon départ de la phee de la Bastille, la situation avait pris un caractère de gravité plus considérable. Plusieurs bataillons avaient été désarmés. Les corps des troupes étaient éparpillés et coupés les uns des autres. M. Thiers pensa que dans le cas où le succès ne répondrait pas aux espérances qu'on avait conçues, il faudrait se résoudre à abandonner Paris.

Un membre. — A quelle heure ?

m. le général le flô. — Il était une heure de l'après-midi, à peu près. C'était le 18. L'ordre n'en fut pas donné d'une manière absolue. C'était plutôt une prévision. Les circonstances devaient décider de son exécution, et, je le répète, elles s'aggravaient de plus en plus. Je me

170 HISTOIRE RÊVOLUTIONNAIIU;

rendis donc au quartier du général Vinoy avec M. Thiers; nous y passâmes trois quarts d'heure.

Nous fîmes une nouvelle tournée à travers les rues, puis nous rentrâmes au gouvernement. 11 était trois heures. Il y avait un assez grand nombre de députés réunis à l'hôtel des affaires étrangères; nous étions dans une vaste salle qui donne sur le quai.

Pendant que nous étions là, le Gouvernement commença à s'inquiéter de la physionomie que les choses prenaient, et on agita la question de savoir si on ne devait pas se retirera Versailles. Ut. certain nombre dt membres du Gouvernement s'y opposèrent absolument. Cependant, il fut décidé que M. Thiers y retournerait; il semblait indispensable que le chef du pouvoir s'y rendît pour se mettre en communication avec les députés, associer la Chambre à son action, et lui faire prendre part aux mesures qu'exigerait la situation.

Sur l'observation faite par quelques membres du Gouvernement et que M. Thiers appuya, il fut convenu que j'accompagnerais M. Thiers à Versailles. Je fis des objections. Je déclarai qu'en ma qua Uté de ministre de la guerre, mon devoir était de, rester à Paris. Le Gouvernement persista, et je dus consentir à accompagner M. Thiers.

Vers trois he.ures, il se produisit un incident qui inquiéta un moment le Gouvernement et les représentants qui se trouvaient là. Trois bataillons de !a garde nationale, tambours et clairons en tête, passèrent devant l'hôtel des affaires étrangères. Nous étions défendus par un seul demi-bataillon de chasseurs à pied, qui était en dehors de la grille, et dans une situation assez compromise par conséquent. Les hommes étaient disposés en tirailleurs tout le long de cette grille. Le moment me parut critiqué et je dis : « Je crois que nous sommes flambés ; nous allons être enlevés. » En effet, les bataillons qui passaient n'avaient qu'à faire un demi-tour à droite et à pénétrer dans le palais, et nous étions pris tous jusqu'au dernier. Je dis à M. Thiers : « Je crois qu'il est important que vous vous sauviez; il y a peut-être un escalier dérobé par lequel vous pouvez vous retirer et gagner la rue de ÎTJmversito de là partir pour Versailles. — Il est important que vous le fassiez. Sans quoi le Gouvernement va être absolument désorganisé. » M. Thiers suivit mon conseil. Mais les trois bataillons passèrent sans rien dire ; ils allèrent faire une manifestation à l'Hôtel de ville, et en revinrent une demi -heure après.

Les soldats arrivaient sans sacs, ayant laissé le ira bagages, les uns au Prince- Eugène, les autres au Luxembourg, dans les casernes situées sur tous les points de Paris, d'où ils étaient partis le matin. Pouvait-on

Jes y envoyer pour aller les reprendre ? 11 était difficile de les envoyer si loin isolément. Cependant nous envoyâmes des troupes au Luxembourg. -Ce sont celles qui y restèrent ; d'autres corps partirent et ne revinrent pas, parce qu'ils furent désarmés.

Puis arriva le moment où la situation des corps qui se trouvaient à l'Hôtel de ville, au palais de l'Industrie et sur beaucoup d'autres points, devint très-inquiétante. Un agent de police vint me prévenir que déjà des attroupements se formaient autour des points que je vous indique ; — l'Hôtel de ville, la préfecture de police, le palais du Luxembourg et le palais de l'Industrie. Le général Vinoy fut d'avis avec moi qu'il était nécessaire d'évacuer ces points. — Je dois dire que plusieurs membres du Gouvernement s'y opposèreut absolument, — et ils avaient raison, en apparence du moins, au point de vue politique, — parce que, suivant eux, c'était tout à fait abandonner Paris; c'était Paris livré à l'insurrection, et l'émeute devenant absolument maîtresse de la situation.

Général Le Flô, p. 79.

Cette fuite si précipitée arrache à M. Tirard cette exclamation : « Paris a été abandonné !» Et le général d'Aurelle nous peint les ministres réunis le soir chez M. Calmon et préoccupés d'avoir leurs voitures assez près pour partir sans retard, pas trop près cependant, de crainte que leur stationnement n'attirât, sur la maison qui abritait les membres du Gouvernement et sur leurs personnes, les bandes des émeutiers.

Quel autre aspect offraient les Tuileries le 4 septembre, et quelle autre attitude avait, six mois avant, une souveraine abandonnée cependant, et trahie par le général qui lui avait juré de la défendre ! Elle ne songeait ni à préparer sa fuite ni à écarter le danger dont elle était menacée.

m. le président. — Avez-vous remarqué ce soir-là un certain désarroi chez M. Calmon, un certain trouble chez les ministres?

m. le général d'aurelle de paladines. — Évidemment. Bien que je fusse dans la pièce à côté, je vis que le trouble était assez grand. Cette réunion, si je puis m'exprimer ainsi, était faite d'une manière clandestine; on avait craint de donner l'éveil à la populace. On allait même jusqu'à se préoccuper de savoir si les voitures qui stationnaient en bas devaient y rester; quelques-uns avaient émis l'avis qu'il fallait répartir ces voitures; il n'y en avait guère que quatre ou cinq à la porte de M. Calmon ; pourtant certains disaient qu'il fallait les disperser d'un côté ou d'un autre, de manière à les retrouver dans le voisinage. Quant à l'cgitation, elle éiait grande, très-grande.

Général d'Aurelle de Paladines, p. 430.

Ah ! messieurs, je ne voudrais pas être amer, mais je l'ai dit à la tribune : « Paris a été abandonné, sans même que nous ayons été prévenus et tans que nous ayons été mis à même de prendre les mesures que comportait la situation. »

.}/. Tirant, p. 338.

Dans ce désarroi de gens éperdus et fuyants, on parlemente avec l'insurrection; on négocie ; on sacrifie à l'émeute le général qui devait la combattre, et M. d'Aurelle de Paladines est révoqué et remplacé par M. Langlois, sans mûme qu'on le prévienne officiellement de cet abanlon.

m. le président. — Quand avez-vous reçu l'ordre, à votre hôtel de la place Vendôme, de renvoyer les gardes nationaux chez eux?

m. le général d'aurelle de paladines. — Je n'ai pas été prévenu par le Gouvernement; je ne savais pas quelle décision avait été prise par lui. Je fus informé qu'on se retirait à l'École militaire; il n'avait pas été question des mesures prises pour l'évacuation de Paris. Je me rendis à l'École militaire.

Mon commandement avait cessé; je ne pris dès lors aucune part à ce qui fut décidé. — Le général Vinoy commandait les troupes. — Je ne commandais plus, de fait, et comme je savais la délibération prise chez M. Culmon, bien que mon commandement n'eût cessé qu'à onze heures du soir, au moment où je me rendis à l'École militaire, il avait cessé de fait, puisque je savais que j'étais remplacé.

Général d'Aurelle de Paladines, p. 435.

Lors d'une réunion qui avait eu lieu chez le secrétaire général du ministre de l'intérieur, M. Calmon, on avait reçu une députation de l'insurrection...

m. le président. — A quelle heure?

m. le général d'aureli.e de paladines. — Je crois que c'était vers sept heures du soir, le 18 mars.

Dans celte réunion, les ministres demandèrent à conférer entre eux, particulièrement. J'étais là, avec deux ou trois autres personnes, dans une pièce à côté. 11 fut question des propositions faites par l'insurrection. Ces propositions étaient celles-ci : « remplacement du général commandant la garde nationale par M. Langlois; remplacement dû général Vinoy par le général Billot. » On demandait encore d'autres remplacements dont je ne me rappelle plus. — Je ne pris aucune part

à cette discussion ; je me retirai. CV'tait le 18 mars au soir. — Mon comm :ndement cessa vers onze heures, comme je l'ai dit.

Général d'Aurelle de Paladines, p. 435.

Je ne parle pas des événements qui suivirent, vous les connaissez; je n'y pris aucune part. J'ai cessé de commander la garde nationale le 18 mars, vers onze heures du soir, par ordre de M. Jules Favre et de M. Picard, ministre de l'intérieur, qui avait demandé cet ordre par le télégraphe à M. Thiers. M. Thiers avait répondu que c'était une mesure à laquelle il ne donnait pas son approbation • mais que cependant, si les intérêts du service l'exigeaient, il laisserait faire.

Général d'Aurelle de Paladines, p. 435.

Le général a dit que, le 18 mars, il avait quitté le commandement à onze heures du soir. A-t-il su le nom du général par qui il était remplacé, et a-t-il pu conférer avec ce général avant de quitter le commandement?

m. le général d'aurelle de paladines. — J'ai quitté le commandement par ordre de MM. Picard et Jules Favre, et c'est alors que je me suis rendu à l'École militaire.

m. m arc. aine. — Quel est le général qui vous a remplacé?

m. le général d'aurelle de paladines. — On a parlé de M. Langlois; mais je n'avais rien à faire avec lui. J'en ai été informé par M. Picard.

Il y a eu, à ce sujet, une discussion extrêmement vive dans le ministère. On a blâmé vivement M. Picard. M. Jules Simon a voulu donner sa démission, M. Dufaure également. Sans consulter le Conseil des ministre:», MM. Picard et Jules Favre avaient décidé mon remplacement.

Général d'Aurelle de Paladines, p. 439.

Page 1