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CHAPITRE LI

Pouvait-on organiser la résistance dans Paris?

Abandon prématuré de l'Hôtel de ville. — Le colonel Vabre laissé seul, et ne trouvant à qui demander un ordre. — On refuse d'autori?cr mie lent itive de cet officier. — Oa refuse également de conserver ies trois portes de Pas^y. — Abandon regrettable des foi ts d'Issy et de Vanves. — Le 24 mars on pouvait reprendre Paris. — Portes déf-endnes parles hommes d'ordre, qui les -conservent •après l'abandon du Gouvernement et finissent par exécuter l'nrdïe de. les évacuer.

Dans sa précipitation à s'éloigner de Paris, le gouvernement n'a point tenté la résistance que la situation comportait encore. 11 a cédé le terrain à l'émeute, et les insurgés n'ont même pas occupé les positions les plus impoi tantes, aussitôt après leur évacuation. Voici le récit du colonel Vabre qui, à l'Hôtel de ville, fut abandonné par le ministre de la guerre, par le préfet, par le général Valentin. 11 aurait pu, il le dit luimême, défendre plusieurs jours l'Hôtel de ville, mais il lui fallut obéir à l'ordre de se replier sur l'École militaire.

J'avais pris toutes mes précautions pour une attaque; j'avais trois cents gendarmes à pied et quarante gendarmes» cheval, plus le 100e et le 110e régiments: j'avais organisé, avec plus de cinq cents matelots, un système de barricades à chaque fenêtre, ce qui rendait l'Hôtel de ville inexpugnable. J'avais, de plus, organisé une série de feux convergents pour arrêter sur le seuil tous ceux qui voudraient en approcher. Enfin il aurait fallu une armée tout entière, avec des canons, pour prendre l'Hôtel de ville, et encore cela n'aurait pas été sans une longue résistance.

Dans la journée est arrrivé à l'Hôtel de ville le général Deroja avec son état-major. Je lui ai indiqué toutes les dispositions que j'avais prises. 11 s'est formé des attroupements derrière la caserne Napoléon; j'ai été les sommer, et j'ai commande le feu sur eux; une vingtaine de personnes ont été tuées, et les autres sont parties.

Le soir, vers cinq heures, on m'apprend que des hommes non limés

voulaient enfoncer la porte du souterrain qui fait communiquer l'Hôtel de ville et la caserne; j'y cours, et voyant qu'ils n'avaient pas d'armes, je fais sortir cinquante gendarmes en leur défend mt de faire feu et de se servir de la baïonnette, mais avec l'ordre de tomber sur cette foule à coup de fusil. Il- y eut pas mal de bras et de jambes cassées, mais les attroupements se sont dispersés sans coup de fusil et sans l'usage de la baïonnette.

A six heures, nous allions nous mettre à table, le général Deroja, le colonel Lespion, plusieurs officiers et moi, lorsqu'un adjudant monte et nous dit : « Les gendarmes ont déguerpi de l'Hôtel de ville par le souterrain. »

Je descends et je m'aperçois, en effet, qu'ils s'étaient retirés par le souterrain Lobbau, d'où ils ont gagné, comme je l'ai su plus tard, la préfecture de police, et de là Versailles. Je fais fermer tout et je dis à ceux qui m'entouraient : « Personne n'entrera dans l'Hôtel de ville. » A ce moment, un factionnaire m'apporte un papier informe, — ce papier doit être maintenant dans les mains du général Deroja, qui se trouve actuellement au camp de Satory, — sur lequel étaient ces mots : « Évacuez la caserne de l'Hôtel de ville, signé : Vinoy. » 11 s'y avait pas de cachet; je dis au général Deroja que je n'obéirais pas; il insiste, ja lui dis : « Sortez, si vous voulez, général, pour moi, je ne sortirai pas d'ici sans un ordre exprès. » Il me propose alors d'envoyer chez le général Vinoy, demander si l'ordre est véritable. Nous envoyons un officier d'état-major, un lieutenant qui a été tué, depuis, à Châtillon, avec une lettre demandant au général Vinoy s'il me donnait réellement l'ordre d'évacuer. Mais on ne le trouva pas chez lui, il avait battu en retraite avec le Gouvernement, et notre officier rentra à une heure du matin, en disant : « J'ai trouvé un officier d'état-major, qui m'a affirmé que c'était bien la signature du général Vinoy. »

Cela ne me suffisait pas : je télégraphiai au ministère de la guerre; le ministre était parti ; à la préfecture, le préfet était parti aussi. Je ne mets pas en doute, un seul moment, la valeur du général Valentin, il a fait ses preuves, mais il m'avait aussi oublié. Je télégraphie de nouveau au ministère des affaires étrangères, rien; je télégraphie au ministère de l'intérieur, un secréiaire me répond : « Attendez de nouvelles instructions. » La lutte durait toujours entre le général Deroja qui voulait partir et moi qui refusais d'évacuer l'Hôtel de ville sans des ordres directs. Enfin, vers dix heures et demie du matin, il nous arrive une dépêche ainsi conçue : « Le Conseil des ministres réuni et le président du Conseil ont décidé ceci : Faites évacuer la caserne Napoléon et

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retirez-vous sur l'École militaire. » Alors nous avons commencé notre mouvement de retraite et nous avons évacué l'Hôtel de ville et la caserne Napoléon, en laissant cinq hommes et quatre concierges, avec un oilicier. Les barricades étaient déjà commencées dans les endroits avoisinant l'Hôtel de ville. Nous avons traversé tout cela les armes chargées, mais personne ne nous a rien dit.

Je dois dire que je pouvais rester à l'Hôtel de ville plusieurs jours; j'avais G, 000 rations, qui ont été pillées une heure après; toutes mes précautions étaient prises; j'avais en munitions plus de 30,000 paquets de cartouches. En un mot, l'oubli qu'on a fait de la situation où je me trouvais, a été, selon moi, des plus fâcheux.

Je vous prie, de plus, de remarquer que, dans la dépêche que j'avais reçue, il n'ét lit question que de la caserne Napoléon : craignant un oubii à mon égard, j'ai prié le général Deroja d'assembler, en conseil de guerre, tous les officiers qui se trouvaient là, pour savoir si je devais évacuer, et ce n'est que sur leur décision que j'ai évacué.

m. le comte DAiuj. — 11 a été oublié, entre autres : trois régiments d'iufauterie et des canonnières blindées, qui n'avaient pourtant qu'à suivre le courant du fleuve.

Un membre. — 11 faudrait, peut-être, consulter le procès-verbal du bureau dont faisait partie le général Le Flô, lorsqu'il est venu y expliquer ses ordres.

m. le colonel vabre. — M. le général Le Flô m'a dit en me revoyant à Versailles : « Mon cher ami, quelle nuit vous m'avez fait passer! Je vous croyais perdu ; on vous avait oublié. »

Colonel Vabre, p. 558.

Le même officier proposa depuis, mais en vain, de tenter sur l'Hôtel de ville un coup de main qu'il avait le moyen de faire réussir. 11 ne demandait pour cela que 500 hommes ; on les lui refusa.

Plusieurs fois, apr's notre arrivée à Versailles, j'ai demandé au Gouvernement d'enlever l'Hôtel de ville : cela n'aurait pas été très-difficile. J'avais un beau-frère qui était employé à l'Hôtel de ville. Je lui avais dit de retourner à son service, et, par lui, je savais tout ce qui s'y passait chaque jour. Or, il m'avait écrit qu'il était facile d'arriver avec plusieurs bateaux-mouches, et avec 500 hommes, sur le quai de l'Hôtel de ville, qui était peu gardé. Je demandai l'honneur de conduire cette entreprise, mais on n'a pas voulu et je suis resté ici.

Colonrl Vabre, p. 558.

De môme, M. Lavigno tenait les trois portes »le Passy, et il «Hait en mesure de garder les forts du Sud et le Tvocadi ro. 11 eut beau supplier

M. Thiers, force lui fut de venir à Versailles et d'abandonner ses importantes positions.

Ainsi, le 24 au soir, non-seulement nous avions conservé nos portes, mais encore nous en avions repris deux des plus importantes, et entraîné avec nous un nouveau bataillon.

J'envoyai un officier prévenir de ce résultat l'amiral Saisset. Cet officier ne put voir que M. le lieutenant de vaisseau, Clément, son chef d'élat-major ; et, pendant la nuit, je pus faire des rondes à cheval, de la Seine à la porte Maillot, et constater le bon esprit du bataillon qui venait de se rallier à nous, le 33e.

Malheureusement, le lendemain, M. le lieutenant de vaisseau Mignard m'apportait officiellement, de la part de l'amiral, l'ordre, que je reçus officieusement depuis, de cesser toute résistance.

C'était le premier ordre que je recevais, car j'affirme que, contrairement à ce que l'amiral a dit à la Chambre, le 38e bataillon n'a jamais refusé de descendre dans Paris, et cela, pour une bonne raison, c'est qu'il n'en a jamais reçu l'ordre.

Le premier, le seul ordre que j'aie jamais reçu, a été de cesser la résistance, alors que je venais d'obtenir un succès qui avait donné à nos bataillons une confiacce du meilleur augure.

M. Lavigne, p. 464.

Deux fois je me rendis à Versailles, auprès de M. Thiers, pour lui demander du secours, lui affirmant que je pourrais conserver cette partie de Paris.

Je ne pus l'obtenir. Je demandai alors une note de lui, désavouant la lettre de l'amiral Saisset; il m'autorisa bien à affirmer aux bataillons fidèles qu'il regrettait la décision prise, mais ne voulut pas me donner d'ordre écrit.

Je rentrai alors à Paris, et à force d'obstination, je parvins à maintenir ouvertes, jusqu'au 31, les trois portes de Passy. (Les 33e et 72e bataillons s'étaient encore laissé reprendre les portes Maillot et de Saint-Cloud.)

M. Lavigne, p. 464.

Grâce à un stratagème, je parvins encore à faire ouvrir les portes et je sortis de Paris pour tenter un dernier effort auprès du Président, et l'avertir surtout du danger que couraient les forts d'issy et de Vanves.

Arrivé à pied à Versailles, je ne pus voir M. Thiers que le lendemain, et je compris bien vite que toute insistance était inutile. Je restai dès lors à Versailles et me mis aux ordres de l'élat-niajor.

En résumé, ma conviction formelle est qu'il était possible, après le 18 mars, de conserver non-seulement les forts, mais encore l'importanLe position stratégique du Trocadéro.

M. Lavigne, p. 465.

Le 24 mars, ou pouvait encore, au témoignage de M. le marquis de Plœuc, de M. Schoelcher et de M. Héiigon, reprendre l'Hôtel de ville et le pouvoir à Paris. M. Thiers refusa tout concours, découragea toute tentative, et la désorganisation gouvernementale était si complète, qu'il fallut subir deux mois d'oppression, assister à l'assassinat des otages et à l'incendie d'une portion de Paris, pour venir à bout d'un soulèvement favorisé par l'incurie du pouvoir et par l'abandon où il laissa la capitale et les hommes d'ordre.

Je voudrais qu'il nous dise jusqu'à quel point on transigeait ou on résistait, et quelle était la pensée générale de la municipalité ; — je ne parle pas, bien entendu, des instructions qu'elle pouvait avoir reçues. — Je désirerais savoir quelle était la pensée de M. Schoelcher luimême, lorsqu'il venait à Paris organiser la résistance, comptant, par conséquent, avoir recours au besoin à la force, lorsque celle-ci serait suffisante, alors qu'il transigeait cependant, dans une certaine mesure, puisque l'affaire des élections était une transaction. Je demande pardon à M. Schœlcher de cette nouvelle question.

m. schoelcher. — Votre demande est très-claire et il est très-facile d'y répondre. Voilà ma pensée. Je crois qu'on aurait pu résister si on avait eu le temps d'organiser les forces nécessaires. Quant à ma conduite, elle a précisément consisté à tenter des transactions en attendant qu'on fût en état de résister. J'ai travaillé, pour ma part, à organiser la résistance, sous les ordres de l'amiral, bien entendu, et si j'ai donné ma voix à la transaction qui a eu lieu, c'était pour gagner du temps.

M. Schœlcher^ p. 3-2$.

m. delpit. — Je voudrais prier M. Schœlcher de nous dire, en sa qualité d'ancien colonel de la garde nationale, son opinion p rsonnelle sur la possibilité qu'il y avait, au moment où l'amiral Saisset s'est retiré, de garder des positions importâmes comme Passy, la Muette, l'Ecole militaire, le quartier de la Banque, le Grand-Hôtel.

m. schoelcher. — 11 est bien difficile, pour moi, de répondre à cette question. D'ahord je no suis | as militaire et je no puis avoir quo mon opinion personnelle là-dessus. 1/amiral Saisset, au contraire, est un militaire, un homme de guerre, dont personne au momie ne peut cttt-

■COTSTEMPOBAINB loi/

lester l'énergie et le courage, et, s'il a jugé la résistance impossible, c'est que certainement elle devait l'être.

Cependant, voici mon opinion personnelle, que je ne puis nullement metlre en parallèle avec celle de l'amiral Saisset.

"Nos approvisionnements augmentaient tous les jours, ainsi que le nombre de gardes nationaux qui venaient se ranger autour de nous,, lesquels étaient animés d'un très-bon esprit et étaient très-décidés à se battre quand le moment viendrait. Nous avions déjà douze mitrailleuses, et il me semble que, dans ces conditions, si nous avions pu tenir encore quelques jours, nous aurions pu réussir.

W. Schœlcher, p. 327.

Vous pouvez vous rappeler d'ailleurs que le lendemain du jour où eut lieu la fusillade de la place Vendôme, plusieurs gardes nationaux sont venus à Versailles me prier de les introduire auprès du général Le Flô, dans le but d'obtenir de lui des canons avec lesquels, disaient-ils, il leur semblait très-facile de prendre la place Vendôme, Je me rappelle que M. Le Flô dit à cette occasion : « Mais, c'est très-difficile de confier des canons à la garde nationale, car nous n'en avons pas beaucoup ; » et il finit par ne pas les donner.

Le lendemain ou le surlendemain, nous sommes encore venus trouver M. Thiers. — Je me rappelle cria parfaitement; je crois même que M. Tirard et quelques maires se trouvaient avec nous; nous lui avons dit : « La garde nationale est disposée à se battre ; elle est très-résolue, mais elle est un peu embarrassée (c'était un peu avant que l'amiral Saisset ne fût nommé général en chef de la garde nationale), elle est inexpérimentée, et si vous adjoigniez seulement 5,000 hommes de troupes régulières, cela lui donnerait de l'assurance. » Les paroles que M. Thiers nous répondit sont encore présentes à ma mémoire :«Ni 5,000 ni 500, ni 5 ; j'ai besoin du peu de troupes que j'ai à ma disposition et dont je ne suis pas encore complètement sûr, pour défendre le Gouvernement et l'Assemblée nationale. Si je vous donne 5,000 hommes et qu'ils soient battus, il faudra en envoyer 5,000 autres pour les remplacer ou les soutenir. » — Et il refusa très-catégoriquement.

Quant aux dispositions de la garde nationale, elles étaient exceî-

M. Schœlcher, p. 327.

lentes.

Me demanderez-vous si mon opinion est que la résistance pouvait être efficace? Je vous dirai qu'avant le samedi 25, c'est-à-direavant cette dispersion des bataillons de l'ordre, contenant de quinze à vingt mille

hommes environ, échelonnés du quartier Saint-Honoré à la gare Saint- Lazare, la résistance était possible.

Marquis de Plœuc, p. 489.

C'est le vendredi 2h, que les événements ont commencé à approcher de leur dénoûment. 11 y a eu encore quelques pourparlers, mais qui n'ont jamais abouti à rien. Les délégués du Comité central acceptaient ce que nous leur proposions ; mais ensuite le Comité central refusait ; ainsi les délégués de Varlin avaient accepté de nous rendre la mairie, et quand on est arrivé au Comité central, le Comité central a refusé.

Le vendredi, vers quatre heures, nous apprenons que les gardes nationaux se dirigent pour prendre la mairie du 1er arrondissement. Immédiatement on fait prendre les mesures nécessaires pour résister et au besoin pour se porter au secours de l'arrondissement menacé. Tout était bien préparé, et ce jour-là, je crois que si nous avions eu un général dans Paris, on prenait l'Hôtel de ville et on sauvait la situation. Il y avait à la Bourse 10,000 hommes. J'avais près de trois ou quatre cents officiers d'infanterie, venant de captivité, à qui j'avais fait distribuer des chassepots; il y avait parmi eux un colonel. Tous étaient prêts à marcher. Seulement, il manquait un homme ayant le droit de dire : « Je veux. » J'avais bien un commandement, mais il était illusoire, puisque j'étais délégué uniquement par les maires et que l'amiral Saisset était au Grand-Hôtel, où je croyais qu'il allait prendre des mesures pour activer les choses. Rien n'a été fait, et quand les fédérés sont arrivés à la mairie du 1er arrondissement, aucune résistance n'était possible.

M. Héligon, p. 548.

Enfin, voici le témoignage de M. Hervé, qui résume et confirme les précédents :

Cependant, il y eut sur certains points des actes de courage : on garda les postes que l'on occupait; le ministère de lïntéiieur, place Beauveau, fut gardé jusqu'au dimanche à midi par un certain nombre de gardes nationaux des 2° et 3e bataillons; et ce fut seulement sur une dépêche envoyée par M. Calmon, que nos bataillons évacuèrent la place Beairyeau. Le gouvernement avait quitté Paris la veille.

l a conduite de la garde nationale n'a pas été aussi mauvaise qu'on a pu le croire.

Le dimanche, 19 mars, Paris se trouvait livré à l'insurrection, les forts avaient été évacués, la garde nationale de l'ordre était maîtresse d'un petit nombre de points, comme Fassy, Auteuil.

Un membre. — Quels étaient les termes de la dépêche de M. Calmon?

m. le président. — Cette dépêche a été déposée dans vos mains. Al. Picard a été dans une maison voisine du ministère ; il est parti à cinq heur s du matin, et, après son départ, M. Calmon a donné l'ordre d'évacuation.

m. hervé. — Auteuil, Pas-y, le Trocadéro étaient gardés par les

bataillons de l'ordre. Ce quartier était très-bien disposé en ce moment.

11 n'y avait plus de Gouvernement dans Paris, plus d'administration; il

n'y avait plus que les maires et les adjoints qui pouvaient conserver

l'apparence de la légalité, rien de plus. Au 19 mars, nous étions livrés

à nous-mêmes.

M. Hervé, p. 171.

On fit encore une nouvelle tentative de résistance à main armée ; on s'organisa sous les ordres de M. l'amiral Saisset, on occupa certains points de Paris, notamment le Grand-Hôtel, la gare Saint-Lazare ; sur la rive gauche, l'Ecole polytechnique , cela prenait une certaine consistance, il y avait quinze ou vingt mille gardes nationaux sous les armes, mais ne sachant à qui obéir, ne sachant pas, quand ils se trouvaient près d'un autre bataillon, s'il était favorable à Tordre ; mais oh tenait un peu l'insurrection en respect.

Malheureusement, cette résistance ne dura pas. Le 25 mars, les maires consentrent à abandonner les points occupés et à convoquer les électeurs pour le lendemain dimanche. Il se trouva que cet essai de résistance fut funeste, parce qu'il désignait à l'hostilité du Comité tous les bataillons qui y avaient concouru ; tous les officiers supérieurs de ces bataillons furent obligés de quitter Paris ; tous les bataillons qui y avaient pris part furent désignés pour être désarmés. C'est ce qui fit que plus tard, quand on voulut provoquer un mouvement dans Paris, afin de donner la main aux troupes qui venaient de Versailles, on ne trouva plus les éléments qu'on cherchait ; ils avaient été détruits par le Comité central et la Commune. On avait fait une liste des noms des bataillons et des officiers qui avaient pris part à la tentative de l'amiral Saisset.

Cependant les hauteurs de Passy et du Trocadéro furent occupées jusqu'au 28 mars, quatre jours avant le commencement de la lutte entre Paris et Versailles. Si cette occupation avait duré quelques jours de plus, vous voyez le résultat.

Le 2 avril, les troupes du Comité occupèrent ces points.

M. Hervé, p. 172.

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