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CHAPITRE LIV

La Banque de France et la Commune.

Récit de M. le marquis de Plœuc.

En quittant Paris précipitamment dans l'après-midi du 18 mars, M. Thiers et son gouvernement oublièrent des corps entiers de troupes, laissés sans ordre et exposés au massacre ou au déshonneur; ils oublièrent aussi la Banque de France et les richesses dont elle était dépositaire, la réserve métallique de ses caisses, ses dépôts et comptes courants, les titres qui lui sont confiés et les billets auxquels sa garantie donne la valeur d'espèces monnayées.

L'occupaiion et le pillage de la Banque par la Commune eussent entraîné un désastre financier sans précédent; mais, grâce à l'énergie de l'un des sous-gouverneurs de cet établissement et de son personnel tout entier, le dommage a été restreint, et l'on n'a guère perdu que les quelques millions inscrits au compte courant de la ville.

Nous reproduisons presque tout entière la déclaration faite par M. le marquis de Plœuc devant la commission d'enquête. Ce récit est trop attachant et trop sincère pour ne pas être conservé tel qu'il a été présenté.

Le jeudi 23 mars, au matin, je me suis trouvé investi du gouvernement de la Banque de France, par le départ de M. Rouland pour Versailles. Je n'avais eu aucun rapport jusque-là avec les délégués de la Commune ; le gouverneur avait reçu les délégués du Comité central de la garde nationale.

Ces délégués étaient lourde, Varlin et Billioray, je crois. Ils étaient venus demander un million et faire entrevoir la néces-ilé d'un second million. Le mercredi 22 mars, le gouverneur exposait au conseil qu'il avait fait délivrer un million dès le lundi, à la réquisition de Jourde, de Varlin et de Billioray.

Le motif de cette réquisition était la solde de la garda nationale et les secours à donner à leurs femmes et aux enfants.

11 est utile de rappeler dans quels termes le gouverneur justifiait cette remise.

« Dans ces conditions, disait-il, refuser absolument me paraît im- » possible. La Banque ne peut pas, comme les autres administrations, » se transportera Versailles, et échapper ainsi aux tristes conséquences » d'une collision armée. Il faut qu'elle fasse tout ce qui est en son » pouvoir pour éviter la collision. »

Le conseil ratifia ; il crut que cette attitude était sage, qu'il fallait éviter l'occupation de la Banque.

Ce même jour était celui de la manifestation de la place Vendôme, qui accentuait encore le péril.

Le 20 mars, le poste intérieur de la Banque était encore occupé par l'infanterie de ligne; mais le régiment auquel appartenait ce détachement avait quitté Paris.

Le commandant du poste reçut de nous un certiQcatet partit accompagné d'un de nos agents pour rallier une caserne .

La situation s'aggravait; les insurgés tentèrent dans la nuit, mais sans y réussir, de s'établir dans le quartier de la Bourse, qui était occupé par les gardes nationaux de l'ordre, difûciles à distinguer cependant à cause de la similitude des uniformes.

Le 23, le Comité central devait envoyer prendre 350,000 francs, deuxième à compte sur le second million qui avait été ^consenti par le conseil de régence.

Les délégués Jourde et Varlin se présentèrent vers 10 heures du matin. lis durent attendre, prirent peur et se retirèrent entendant les murmures et les menaces du personnel armé de la Banque qui se trouvait dans les cours.

Peu de temps après, je reçus la première sommation écrite du nouveau gouvernement. Elle était conçue dans ces termes :

« Affamer la population parisienne, telle est l'arme d'un parti qui se » dit honnête! La faim ne désarme personne, elle ne fera que pousser » les masses aux massacres et à la dévastation. Nous voulions éviter » tous ces maux; la Banque pouvait nous y aider. — Elle a préféré se » met re du côté des hommes qui veulent coûte que coûte triompher » de la République.

y> Nous ramassons le gant qui nous est jeté, laissant à ceux qui, t> pour leurs personnalités, n'hésitent pas à irriter les fureurs popu- » laires, l'épouvantable responsabilité de leur conduite.

212 HISTOIRE HÉVOLUTIONNAIKK

» Quant à nous, nous avons fait notre devoir, et si notre attitude > conciliatrice a été prise pour de la crainte, nous prouverons que l'on » s'est trompé. Puisse la Banque revenir sur les décisions funestes » qu'elle paraît avoir prises!

» Nous ne nous représenterons pas devant elle. — Si la Banque est » disposée à verser le complément du million demandé, soit sept cent » mille francs, elle le fera parvenir au ministère des finances avant » midi. — A partir de celte heure, toutes le.; mesures nécessaires et les » plus énergiques seront prises!

» Vive la République I

Signé: »Jourde et Varlin. »

Les hostilités étaient bien déclarées, il ne s'agissait plus que d'éviter, Si possible était, toute collision, ou de la soutenir, si nous ne pouvions faire autrement.

J'envoyai le contrôleur de la Banque prévenir les délégués aux finances qu'il ne fallait pas compter, pour midi, sur la somme demandée ; que le conseil de régence serait réuni à une heure, que c'était la seule autorité qui pût me couvrir de toute remise de fonds que j'aurais à leur faire.

Je dépêchai le caissier principal au premier et au deuxième arrondissements et à l'amiral Saisset, pour demander si nous pouvions engager la lutte, c'est-à-dire si nous serions secourus.

L'amiral Saisset n'était pas arrivé de Versailles, et on ne put le trouver. L'adjoint du premier arrondissement, M. Méline, m'envoya dire d'éviter la lutte, d'user de conciliation.

Au deuxième arrondissement, M. Quevauvilliers, commandant d'un bataillon, me faisait dire, de eon côté, que si la Banque était attaquée, elle serait défendue.

Je réunis le conseil de régence pour délibérer sur la demande comminatoire du Comité central, et il fut décidé qu'on ne changerait rien aux engagements pris, qu'on ne tiendrait aucun compte de la forme comminatoire et qu'on pouvait venir prendre 350,000 fr. et non 700,000 fr., et qu'on ne les porterait pas au ministère des finances.

Eicortés de un ou deux bataillons qui s'arrêtèrent aux abords de la Banque, deux envoyés des délégués, dont l'un s'appelait Meillet, vinrent, vers h heures, recevoir les 350 mille francs promis.

Le même jour, je fis un paiement de 200,000 francs à un agent du trésor envoyé de Versailles. Ce paiement fut connu du Comité central, qui me fit notifier que tout paiement pour le compte de Versailles serait considéré comme un crime de haute trahison.

J'en donnai connaissance au Gouvernement, à Versailles, qui ne fut sans doute pas suffisamment écouté, car il fut délivré sur moi des mandats du trésor jusqu'au 1" avril, et je fus obligé de donner ordre que l'entrée de la Banque ne fût plus permise à aucun agent du trésor. m. le président. — C'est à l'amiral Saisset que vous avez donné cet argent ?

m. de ploeuc. — Non, c'est à deux agents qui partaient pour Versailles.

Je ferai remarquer à la commission qu'il est impossible que, dans une administration nombreuse, il n'y ait pas quelqu'un qui révèle ce qui se passe.

L'adjoint au maire du 1er arrondissement vint me demander un local pour délibérer avec les députés de Paris sur les mesures à prendre. Je refusai. Je note ce petit incident, parce que ce refus me servit plus tard pour repousser l'accusation de la Commune de favoriser les conciliabules à la Banque.

Très-inquiet de l'audace de ces hommes qui osaient venir me menacer alors que les hommes d'ordre étaient encore sous les armes et me couvraient jusqu'à la gare Saint-Lazare, je fis demander une entrevue à M. l'amiral Saisset. Il me reçut à la mairie du 2e arrondissement, vers une heure du matin, dans une réunion très-nombreuse. J'y reconnus M. Tirard et M. Schœlcher.

Il s'agissait de bien déterminer sur quoi je pouvais compter. J'avais donné pour instruction qu'aucune provocation ne partît des défenseurs de la Banque, mais que, si elle était attaquée, elle se défendît avec énergie .

L'amiral Saisset me répondit qu'il me défendrait, mais, en me reconduisant, il me fit comprendre qu'il n'était pas en mesure de le faire. C'était le 2k mars.

Le lendemain, la nouvelle de la proclamation de la Commune à Lyon fut affichée dans Paris; des colonnes de fédérés suivies de canons venaient à la mairie du 1er arrondissement faire consentir les maires aux élections de la Commune pour le dimanche suivant.

Vers quatre heures, arrivèrent aux abords de la Banque et de la mairie du 2e arrondissement, les mêmes fédérés. Des hommes vêtus d'uniformes garibaldiens et suivis de canons venaient sommer le maire du 2e arrondissement de consentir aux élections de la Commune pour le lendemain.

Il faut avoir vu et entendu ce qui se passait alors pour s'en rendre compte. Il semblait, à la surface, que tout fût sauvé, et c'était l'abdication des autorités municipales de Paris.

Un monsieur qu'on me dit être M. Bonvallet, passa devant la Banque dans l'exaltation d'une joie indicible; il s'adressa à moi. Je ne dirai pas qu'il m'a embrassé, mais peu s'en est fallu. Il se félicitait de la solution survenue.

Le lendemain, 25, je fis rechercher l'amiral Saisset. Je lui avais envoyé des fonds par son aide de camp (100,000 francs); on ne le trouva plus; il était parti vraisemblablement dans l'après-midi.

Les bataillons qui avaient couvert la Banque, de la gare Saint-Lazare à la rue Saint-iïonoré, se dispersèrent. La Banque était livrée; il ne restait plus personne au dehors sur qui elle pût compter.

Le moment était venu de fa;re notre inventaire matériel et moral.

On a beaucoup dit à Versailles et on me le disait à moi-même, le 2 avril, que la Banque de France ne renfermait, à cette date, que des valeurs sans importance.

La situation, au 28 mars, était la suivante :

Encaisse de la Banque 243,000,000 fr.

Numéraire 77,000,000 fr.

Billets de L'anque 166,000,000 fr.

Le portefeuille ordinaire et le portefeuille

des prorogés étaient ensemble de 899,000,000 fr.

Les valeurs déposées ou garanties d'avance 120,000,000 fr.

Lingots 11,000,000 fr.

Les bijoux eo dépôts 7,000,000 fr.

Les titres en dépôt 900,000,000 fr.

Ensemble 2,423,000,000 fr.

Il y avait aussi des billets de Banque qui n'étaient pas encore émis, mais auxquels ne manquait que la griffe du caissier principal, pour 900,000,000 de francs.

11 n'eût pas été difficile de faire faire une griffe par un graveur et de les lancer dans la circulation, sans qu'on pût les distinguer des billets régulièrement émis. Si on ajoute à la somme totale ces billets, on arrive à un total de 3,413,000,000 de francs.

On a dit qu'il n'y avait eu qu'à peine 5 à 6,000 hommes. Je le conteste absolument.

Les mairies des 1er et 2e arrondissements avaient mis à notre disposition, dans la semaine du départ de l'amiral, des détachements qui nous aidèrent à créneler nos ouvertures, h disposer des s;us à terre et

des barricades intérieures, à renforcer enfin les points faibles qui sont nombreux, parce que nous sommes encore en construction.

La Banque de France aurait pu, à ce moment, avec les auxiliaires dont je viens de parler, soutenir une lutte prolongée, et peut-être provoquer un mouvement général.

Les maisons qui avoisinent la Banque étaient occupées par des gardes nationaux des bataillons de l'ordre-, mais, au 26 mars, c'est-à-dire le dimanche, nous ne pouvions plus compter que sur nous-mêmes.

Pour évacuer la Banque, comme on nous l'a dit aussi, il eût fallu 60 ou 80 voitures et un corps d'armée peut-être, car la Commune ne nous eût pas laissés sortir, et il n'y avait plus ni corps d'armée, ni bataillons.

Il n'y avait donc qu'à se résigner et à faire son devoir.

Les employés de la Banque formaient alors trois compagnies du 12e bataillon, réduites à 430 hommes, si, de 500 personnes environ, on déduit les non-valeurs, malades ou autres, etc.

Nous avions un mauvais armement, trois sortes d'armes et 10,000 cartouches, c'est-à-dire une défense de quelques instants ; ceci connu, fort heureusement, d'un petit nombre.

Notre inventaire moral valait mieux. Chacun avait, à un haut degré. le sentiment que la défense de la Banque était d'un grand intérêt national, et qu'à ce résultat tout devait être sacrifié.

Ces 430 hommes ont eu, pendant les longs jours de la Commune, la plus ferme, la meilleure attitude. — Ils m'ont permis, avec la Commune, un langage que je n'aurais pas pu tenir si j'avais eu des doutes sur leur dévouement.

Bien des jours ont dû leur paraître sans lendemain, et ils sont restés étroitement unis au milieu de la désagrégation générale. Il faut, comme moi, les avoir vus à leur poste de combat, dans cent alertes, pour leur rendre, comme ils le méritent, la justice qui leur est due.

Leur commandant, Bernard, ancien chef de bataillon, qui ajoutait à sa retraite le produit d'un modeste emploi à la Banque, a été pour tous un exemple de fermeté et de sagesse. Sa préocupation, comme la mienne, était de ne pas pouvoir toujours arrêter les impatients du combat et d'empêcher les imprudences qui nous eussent compromis. Qu'un coup de fusil partît, et nous étions perdus.

Les quatre chefs principaux du service intérieur étaient, à leur poste, vigilants et dévoués.

Le conseil de régence se trouvait réduit à un petit nombre de membres, et ce nombre devait encore diminuer par la maladie.

C'est dans ces conditions que nous allions avoir à vivre, si nous le

pouvions, face à face avec le gouvernement qui s'installait en maître dans Paris.

Le lendemain du jour où nous sommes arrivés, c'esl-à-dire le 28 mars, la Commune fut proclamée. La veille, une demande de 500,000 francs nous avait été faite parle Comité central, qui ne devait céder le pouvoir que le lendemain. J'envoyai immédiatement le caissier princ'pal au Comité central, pour déclarer que, s'il s'agissait de demandes imputables à l'État, je n'y ferais pas droit, mais que si la demande était faite au nom de la ville de Paris, alors seulement elle serait examinée, et que je réunirais le conseil de régence.

La réponse fut, comme toujours, qu'il s'agissait de la garde nationale, des femmes et des enfants. Ceci, je vous le dis une fois pour toutes afin d'établir, sans avoir à y revenir, que nous entendions profiter de toutes nos apparences de force militaire pour créer le plus d'obstacles possibles à ces exigences. Le même jour, el non sans beaucoup d'apréhensions, je fis sortir de Paris 32 clichés, pour mettre obstacle à la fabrication des billets par la Commune, si on venait à s'emparer de la Banque.

Le lendemain, 28, l'un de nos régents, M. le comte Pillet-Will, fut averti qu'il allait être arrêté. Son âge et son état de santé ne lui permettant pas d'affronter cette éventualité, il dut partir, nous privant d'un collègue courageux et de bon conseil.

m. le président. — Il est mort peu après en Belgique.

m. de PLQEuc. — Le jour suivant fut celui où j'entrai en rapport avec M. Beslay, le doyen de la Commune.

M. Beslay appartient comme moi aux départements de l'Ouest, et pendant le siège des Prussiens, nous avons eu quelques rapports mauvais, violents même, mais enfin nous nous connaissions.

M. Beslay s'annonça. Je vous rapporte ses paroles textuellement, parce que je crois que ces premiers contacts entre lui et moi ont eu une telle importance, qu'il est intéressant peut-être que vous sachiez exactement dans quel ordre d'idées nous nous abordions, et comment nous avons pu nous entendre. M. Beslay a l'habitude du langage de son parti; il se fait annoncer, et, en entrant dans mon cabinet, il me dit : « Citoyen, les officiers payeurs des bataillons fédérés sont au ministère des finances devant des caisses placées sous des scellés ; il faut satisfaire aux nécessités de la solde, et la situation des esprits est telle que la Banquo va être pillée, je le crains bien, malgré tout ce que j'ai pu dire. »

« — Eh bien, M. Beslay, vous avez traversé les cours, vous y avez vu » des hommes armés, et quand je vous dis froidement que nous nous

» défendrons si nous sommes attaqués, c'est que je peux compter sur » le dévouement de ceux que vous venez de voir. »

« — Mais enlin, pour éviter l'effusion du sang, si la Commune nom- » mait un gouverneur ? »

« — Un gouverneur! non, je ne l'accepterai jamais, je suis ici le » gouverneur de la Banque; j'y ai seul autorité, et la force seule peut » me déposséder.

» Si vous me parliez d'un commissaire délégué comme il en existait » près des sociétés anonymes ; que ce délégué fût vous, et que vous » borniez votre mandat à connaître de mes rapports avec Versailles et » de mes rapports avec la ville de Paris, que vous appellerez le Com- » mune tout à votre aise, nous pourrions nous entendre : quanta me » demander d'aller au delà, à me demander, par exemple, un seul » compte-courant, vous ne l'obtiendrez jamais. Le secret du compte- » courant, c'est le devoir professionnel de la Banque.

» Mais, voyons, Monsieur Beslay (et je crois que c'est là que j'eus une » heureuse inspiration), le rôle que je vous offre a assez de gran- » deur. Aidez-moi à sauver ceci, c'est la fortune de votre pays, c'est » la fortune de la France ! »

Ma situation était désespérée ; si je ne réussissais pas, la Banque tout ou moins était aux mains de la Commune ; mais je vis au silence de mon interlocuteur, que j'avais fait vibrer en lui la corde de l'honneur. J'ajouterai, parce que je crains de m'attribuer tout le mérite de ce succès, que je crois avoir été au-devant des secrètes pensées de Beslay. Il est vraisemblable que si je l'avais renvoyé purement et simplement d'où il venait, les choses eussent tourné différemment. La Commune, après la prise de possession de la Banque et du sang versé, eût nécessairement nommé Beslay gouverneur; elle aurait nommé deux sous-gouverneurs, puisque avec moi tout le gouvernement de la Banque disparaissait ; et il est certain que les Comités connaissant les richesses renfermées à la Banque, vous auriez à enregistrer un désastre sans précédent.

Un détail anecdolique, si vous le permettez. Je dis à Beslay : — « Pourquoi ne prenez-vous pas l'argent qui est au ministère des finances, au lieu de m'en demander? Vous êtes en guerre, me dites-vous, avec Versailles. » — « Oui, mais c'est que les fédérés ne croient pas que Versailles ait été assez imprudent pour avoir laissé de l'argent dans les caisses, et on pense qu'il est inutile de rompre les scellés pour ne rien trouver. » Bref, il se retira. Le même jour, plusieurs Compagnies d'assurances étaient occupées. — Plus que jamais j'avais à craindre; j'envoyai prévenir à Versailles, et le ministre des finances écrivit

au gouverneur de la Banque, qui était à Versailles, une lettre qui approuvait d'avance ce que nous ferions à Paris. Le lendemain 30 mars, la poste, qui est dans notre voisinage, fût occupée par les fédérés; je ne pouvais plus douter que le Comité central ne voulût tout occuper, et plus encore la Banque qu'aucun autre établissement. Vers neuf heures du soir, M\I. Davillier, régent de la Banque, et de Beutque, secrétaire du Conseil général, se trouvaient dans mon cabinet, quand Beslay se lit annoncer. Il était porteur d'un mandat de délégué de la Commune, dont voici à peu près le texte :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Commune de Paris

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