CHAPITRE LVIII Le 18 mars à Saint-Etienne et an Creuzot
Agitation au Creuzot.— Connivence du préfet de Saône-et-Loire, M. Charles Ferry, avec les insurgés parisiens. — Assassinat de M. de l'Espée3 préfet de Saint- Etienne.
Le 18 mars a eu en province un contre- coup que l'Enquête constate. Nous extrayons des documents parlementaires les données suivantes sur l'insurrection de Saint-Étienne, où le préfet fut assassiné, et sur les désordres du Creuzot.
Dans cette dernière affaire, le préfet, M. Charles Ferry, que M. Thiers a récompensé en l'élevant à la préfecture de la Haute-Garonne, a joué un rôle sur lequel s'explique la lettre du colonel du 9» cuirassier, qui a vu de ses yeux les inqualifiables dépêches où M. Charles Ferry adhérait à la Commune de Paris.
Le 31 octobre, le jour même où on proclamait la Commune à Paris, avec une coïncidence qui dénote une communauté de direction, éclatait à Saint-Étienne un mouvement qui se traduisait par un tumulte sur la place publique et par des cris de : « Vive la Commune! » Ces cris partaient d'im groupe de 300 ou 400 personnes, — conduit par un nommé Duvant, qui appartient à l'Internationale, et qui, à cette époque, sortait de la rédaction de l'Éclaireur, journal de Saint-Étienne. Ce Duvant conduisait ses hommes à l'assaut de l'Hôtel de ville, suivi par le préfet du département, criant également de tout ce qu'il avait de voix : « Vive la Commune! » Ils s'installèrent vers les quatre heures à l'Hôtel de ville, et le préfet prit un arrêté que je regrette de ne pas avoir apporté. Je pourrai le communiquer en placard à la commission. — Cet arrêté disait à peu près textuellement ceci : « Le préfet de la Loire, sur la volonté manifestée par le peuple, arrête : qu'il sera procédé à