II
^ Ti te-* Lire, IX , 20. La leçon des bons manuscrits et même de presque tous, Capuam pour Capuœ, approuvée par Gronove, est assurément la bonne; D^ckenbôrch l'a rejetée ' par de fort mauvaises raisons.
( 4oo ) rédaction de lois panicuKères par le préteur L. Fu-* rîus. En rapportant le feit, Tite-Live dit que les Campaniens l'avaient demandé pour remé<£er aux trou^ Ues dont leur cité était sans cesse agitée. Mais les interprètes se sont justement étonnés de voir dans la suite un chef de l'État campanien porter le titre osque de Meddix tuticus. D'ailleurs la dignité et la considération que Capoue sut conserver jusqu'à la guerre d'Annibal, exclut touteîdée de complète soumission. Il serait tout naturel au contraire qu'un magistrat d'une ville amie eût été appelé comme législateur. Dans l'état d'anarchie, les peuples de l'antiquité n'eussent attendu aucun bien des délibérations coU lectives d'une assemblée législative : cette seule idée leur eût paru absurde; La discorde qui régna entre la commune et la noblesse pendant la guerre latine, doit faire penser qu'il y avait toujours encore des inimitiés entre elles. Quoi qu'il en soit, la nomination d'un préfet ne pouvait être qu'une mesure temporaire, souhaitée par le parti romain, pour faire échouer les espérances de ses adversaires pendant la guerre samnite. Ces adversaires néanmoins parvinrent, quelques années plus tard, à donner cours à leurs passions insensées. Il est encore plus vraisemblable que la nomination des préfets ne regardait pas ces Campaniens eux-mêmes ni cette constitution, quand bien même le préteur romain aurait donné une constitution à Capoue.
( 4oi )
Il devait, y avpir en Campanie un bon, nombre de citoyens romains, et^même de citoyens établis, .comme il y en eut plus tard dans les provinces; car le territoire de Falerne, qui avait été distribué aux plébéiens, en était voisin. Les relations devaient être fréquentes non-seulement avec Capoue, si riche en professions, mais avec toutes les. villes de la .Campanie : elles étaient favorisées par le droit de commercium, de connubium, et les Romains aimaient les opérations d'argent et d'intérêts. Rien de plus naturel que de voir ces citoyens s'adresser aux autorités campaniennes , pour obtenir justice des indigènes : il était plus fâcheux d'avoir à répondre .devant elles aux plaintes de ces derniers; car en pareil cas, l'étranger est souvent sacrifié. Mais il eût été tput-à-fait inadmissible qu'un Quirite citât un autre Quirite devant les magistrats d'une ville isopolite. Peut-être le défaut d'autorités judiciaires était-il encore moins funeste que l'impossibilité d'introduire des actions de droit qui émanaient des magistrats romains. On aura pourvu à ce besoin, comme on y pourvut plus tard dans les provinces. On peut comparer à cet égard ce renseignement de Tite-IiVe àvfec un passage très-connu de Festus.495 Il dit que le peuple nommait annuellement des pré-
495 5. y. Prorfecturm»
fets^s^ pour rendre la justice à Capoue, à Cumes et dans huit autres villes campaniennes ; c'était pour la généralité des citoyens romains qui y demeur^ent, et y formaient sans doute une commune appelée conçenius; comme dans les provinces. On a bien tort de se figurer ici Capoue dans l'état où elle fut après sa révolte, lorsqu'on supprima toute l'organisation de la Gampanie. Ce qui prouve qu'il n'en était pas ainsi, c'est que parmi les dix villes où se rendaient ces préfets, on nomme aussi Cumes 497, qui , pour récompense de sa fidélité, conserva tous ses droits, et Puteoli, qui <3evint colonie après la guerre d'Annibal. Il ne faut pas se laisser prendre aux erreurs que Festus a mêlées à ce fait d'après ses propres vues. U est question ici d'un temps qui a précédé cette guerre, tout aussi bien que lorsqu'il est parlé des préfets nommés par le préteur. Je dirai même que le prëfet de Capoue 49^ ne devint le magistrat de tout le pays , que quand il n'y eut plus d'autorités campaniennes.
Il se pourrait que les monnaies sur lesquelles on lit Romanam^^ provinssent de ces corporations;
^ âana Festus, Ic^^if&e est allàré mis %ioix <e puisse restaurer.
^97 Le manuscrit porte en marge : NB. Formies'^ Fundi^ Anag^ia, Fmsino.
49» Tite-Lire, XXVI, i6.
4» Du nominatif JRomâtf, comme Campas pour Campa-
car, d'après leur empreinte et leur façon, on reconnaît qu'elles sont originaires de Campanie. Il est bien évident aussi qu'elles sont antérieures , à toute fabrication d'argent monnayé à Rome.
L'année d après, quand Capoue eut feit défection, il faut qu'on ait soupçonné que les conjurés avaient des complices, ou du moins des protecteurs, dans Rome même, ce qui était tout simple à cause des alliances qui existaient entre la noblesse dans ces deux villes. Le dictateur C. Mœnius reçut en termes généraux la mission d'informer sur les conspirations contre la république, le jugement en demeurant sans doute réservé au peuple. L'état de la nation paraît avoir beaucoup empiré : c'est toujours le résultat d'une guerre longue et fatigante; elle enlève les bons» elle enrichit les indignes, elle fait tout dégénérer. On reconnaît la main des partis dans l'inimitié qui divisait L. Papirius Cursor et Q. Fabius : Tite-Live luimême fait entendre que les grands se permettaient des intrigues et des associations illégales pour dominer les élections. Ces menées étaient étrangères aux anciennes divisions des ordres de l'État, et la noblesse dé l'uiEi n'était pa» moins coupable que celle de l'autre. Dans tous deux, les àmès pures étaient disposées à combattre le maL Le dictateur était plébéien; M. Fos-
nus, (Dans le manuscrit de Niebuhr il j a un NB. sur le mot Munzen, monnaies. Tojez les Etrusques de Mûller^ I, pag. 34^ remarque 76.)
lius, Tami qu'il avait choisi pour général de la cavalerie, était patricien : ils étaient exempts de reprochée^. Ils informèrent chacun sans ménagement et sans crainte ni respect humain. Le nombre des accusés s'accrut^ et Ton ne conçoit pas <3ans quelle espérance ils auraient pu invoquer la protection d'un tribun contre le dictateur; mais ils purent bien se donner l'apparence de la persécution: récrimiùer contre ceux qui mettaient au jour leurs intrigues, et soutenir que si elles étaient des crimes, d'autres magistrats à leur tour accuseraient leurs accusateurs. Le dictateur et son ami abdiquèrent leur dignité, et demandèrent aux consuls un tribunal qui répondit à leur intégrité. Peut-être désiraient-ils euxrmémes terminer des informations qui n'avaient plus de bornes, et qui devaient faire plus de mal que de bien dans
5o» Que personne ne m'impute d'aimer à faire ressiortir les Êiiblésses de Tite-Lire. Si je le réfute sur ce qu'il fait accuser les patriciens par G. Mamius^ cela vient plutôt de là connaissance que j'ai de préjugés semblables à ceux dont nous ayons été les témoins depuis notre enfance. Nous ayons yu dominer tantôt les accusations d'une caste ^ tantôt celles d'une autre, ir n'est donc pas étonnant que l'homme qui a manifesté l!opinion que la perfection était dans l'équilibre entre les ordres^ et qui s'est prononcé contre (ïelui dont la yanité et les courtes vues tendaient à le rompre^ se fasse le défenseur de Msenius^ même contre une innocente attaque littéraire. Si telles ayaient été les dispositions des esprits^ cet équilibre n'eût été que trop tôt rompu.
les dangers d'une guerre aussi pénible. Parmi les accusés acquittés se trouvait Q. Publilius Philoh, dont les coilsulats répétés avaient été salutaires à la patrie, mais qui peut-être n'était pas uniquement dévoué à son devoir et au bien général. Tite-Live raconte que ces instructions, commencées avec un zèle extraordinaire, demeurèrent infructueuses contre ceai^ qui occupaient dans la nation un rang élevé; qu'elles s'abaissèrent peu à peu sur des personnes toujours moins importantes, et s'éteignirent insensiblement; il dit que les intrigues et les coteries fiirent trop puissantes pour qu'il fût possible de lés découvrir et de les punir. Cette indication peut être considérée comme plus certaine que lit" plupart des choses qu'il nous dit sur les guerres, et cependant j'admettrais difficilement qu'elle eût été consignée dans les Annales; s'il l'a trouvée dans celles de date plus récente, par exemple dans Macer, c'est qu'elle aura été révélée par le sort qu'éprouvèrent les rogations de Mamilius et de Varus.
Tite-Live attribue à l'année 4^4 (4^9) le changement de l'ancienne législation sur les dettes; ùiais il pourrait bien appartenir, comme on l'a conjecturé depuis long-temps, à la dictature de C Pdetelius Li* bon, et dans ce cas, l'erreur s'expliquerait; car Pœtelius avait été consul en cette année. Outre le passage cité par Sigonius^^^ (que l'on peut rectifier,
5«« Sur Varron, d. h l VD, 5 (VI, p^. loi). "
(4o6) malgré toutes les fautçs du manuscrit) , il est prouvé que la tradition dominante attribuait au désastre de Gaudium la ruine du malheur^ix jeune homme; car deux' narrations entièrement indépendantes Tune de l'autre le disai^t, et par conséquent ce progrès de la liberté plébéienne serait postérieur au consulat dePœtelius.5o^
A cette époque 9 les évènemens sont encore bien incertains; cependant l'histoire prend plus de précision, plus de développemens. li devient possible de pénétrer plus avant que la simple individualité d'un homme. U en est désormais comme de l'histoire contemporaine; sauf l'appréciation erronnée de qudrques acéons en particulier^ elle permet assez gêné* ralement de porter un jugetnent juste et décisif sur l'ensemble de la conduite d'un personnage. Appiu& Claudius^ surnommé l'aveugle, à cause de l^s^raûlé qui frappa sa vieillesse, est l'un des Bomains les plus reinarquables du cinquième siècle. Grâces à l'inflesibilité qu'il déploya quand Pyrrhus offrit la paix, lea malleurs citoyens le nommèrent toujours avec res* pect et reconnaissance. Les nombreux monumens (qu'il fonda transmirent à des milliers d'individus le souvenir de sa personne, et cette notion, liien que vague, se conservera plus long -temps que la mé« moire d'aucun de se$ contemporains. Quelques
s°» Voj€z ci-dessu$; pag. 211 çl suit,
(4o7) traits 9 répandus dans des ouvrages populaires , rap-* pelaient l'existence des hommes célèbres ; mais sou» ce rapport Q. Fabius ^ du même temps, du même ordre qu'Appius, fut beaucoup plus mal traité; et cependant 'Rome lui devait son salut à l'intérieur comme dans la guerre. Un caractère sjemblable n'au->> rait rien de surprenant daps l'histoire grecque; il étonne beaucoup dans celle de Rome, surtout dans ce bon vieux temp, et même il y a quelque chose d'énigmatique dans les contraditions de ce caractère. La tendance à la tyrannie peut essayer des moyens les plus opposés; mais pour Rome, on ne peut con-» cevoir la route que suivait quelquefois Fabius. Ce fut une conséquence de la fortune extraordinaire de Rome, mais les grandes choses qu'il entreprit eurent un résultat étemel, et le mal qu'on pouvait lui repro<bher, fut paralysé par les efforts de citoyens meilleurs. On n'est donc pas obligé de se demander si son existence fut un bonheur ou un malheur; trop souvent, au contraire, on voit, dans les histoires d'autres peuples, des hommes d'un esprit supérieur poussés par le hasard et comme entraînés à devenir les mauvais génies de leur patrie.
En 4^6 (44^)9 Appius Claudius fut élu à la censure avec C. Plautiùs , saps avoir été préalablement consul. C'était assurément une chose extraordinaire, bien que le mauvais état où sont les Fastes ne nous permette pas d'affirmer qu'elle fût inouïe: d'ailleurs,
(4o8) la préture alors et rédilité curule étaient en bien plus grande considération que dans la suite: Si le mauvais vouloir de la majorité du sénat l'avait exclu du consulat, on s'explique comment il conçut la pensée d'outrager les sénateurs en rayant ses ennemis personnels, pour y substituer des fils d'affranchis. lie sénat nf avait plus, sans doute, le droit de pro* position préalable; mais il a pu influencer le consul , ou le magistrat qui présidait les comices, et le déterminer à refuser nettement de recevoir aucun suffrage pour Âppius. En cas de divergence d'opinion, le veto l'emportait dans chaque collège; l'opposition de Plautius a donc pu anéantir, selon les formes du Droit, l'opération d'Âppius, et comme sa liste ne fut pas reconnue, on en pourrait conclure que les historiens ont seulement oublié de faire mention de cette opposition de Plautius; mais on nous dit que la honte le fit abdiquer : ce qui indique un caractère faible, facile à se laisser subjuguer par l'în-» solence, et sans autre soin que de Sauver son lion^r tieui*.
Les tribuns à l'unalximité se déclarèrent pour les consuls, et le sénat établi, il ne s'agissait plus eii effet de vieilles prétentions de caste , il y allait de la considération , de l'existence même du gouverne^ ment et de l'aristocratie des deux ordres 5o5, et h
^<>^ En marge dû manuscrit i|n NB.
(4o9) faiblesse de C Plawius les. avait compromises, en laissant échapper tous les moyens légaux d'empêchement. Alors Appius, demeuré seul censeur, se; disposa à une entreprise qui. ne fut plus une dé» rision comme ses nominations au sénat; car elle amena dans TÉtat un changement fondamental*
Pour avoir Je droit de se compter parmi les plébéiens, la condition de deux générations libres n'était pas moins nécessaire que la propriété foncière ou l'exercice d'une possession agricole. C'est ce qui résulte de l'usage des Fastes de nommer toujours. le pèr^ et le grand-père, et l'on sait d'ailleurs qu'an*' ciennement les fils d'affranchis étaient compris parmi les Jibertini II est très -vraisemblable qu'un muni^. ceps qui justifiait de ces conditions, pouvait se £are inscrire dans une. tribu, et l'on ne saurait douter que lorsqu'on en créait dé nouvelles, on ne <se conformât aux mêmes conditions, en n'inscris vaut que ceux qui auraient eu le droit de faire partie de la plebs, s ils eussent été d'anciens citoyens : les autres devenaient aussi citoyens, mais seulement œrarii De plus, il est évident que l^s libertinij pas plus que les autres œrarii, ne participaient aux droits accordés à la plebs ^ et que celle-ci les défendait avec jalousie contre tous les autres. L'extension de ces droits fut vi^iment une chpse salutaire pour la ré7 |)ublique; mais d'un autre-côté, quelque nom défa^ Yorable que l'on veuille donner à l'étroit égoisme
(4io>
qui ne veut que pour soi-même la jouissance des droits acquis, cette jalousie fut la garantie la plus forte, la digue la plus efficace qu'on pût opposer à une démocratie effrénée : ce fut une aristocratie d'hommes libres à côté de l'aristocratie des nobles.
Telle était la règle: mais les censeurs avaient k puissance d'inscrire dans les tribus et d'en eSàcev qui bon leur semblait, comme pour l'ordre des chevaliers, comme pour le sénat; sans doute, leur autorité n'était pas restreinte à ce point qu ils fussent obligés de refuser l'honneur plébéien à un /jh bèrtinus qui s'en montrait digne, s'il remplissait toutes les conditions qui dépendaient de lui, c'est-> à*dire, s'il renonçait aux professions de sa classe, et s'il avait la propriété quiritaire. Ces restrictions dont nous avons parlé n'étaient elles-mêmes que le résultat de l'usage : eUes étaient dans la nature des choses j la disposition légale aura été générale, et, dans l'intérêt des mœurs, elle aiira recommandé, ici comme pour le sénat, d'honorer ceux qui '«i étaient digues. Si Appius eût violé le texte de la loi, il eût plus tard expié sa faute.
L'exemple de Cn. Flavius démontre l'obKgation où Ton était de quitter les professions regardées comme inférieures; condition sans laquelle on ne pouvait parvenir aux magistratures plébéiennes : elle subsista même après l'innovation d'A|^ius; il ne fut accepté comme éligible à Tédilité qu'après avoir
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renoncé à son greffe des édiles^. A en jtiger par ce que'Tite-Iive rapporte d'après Macer, celte profession rendait tout aussi indigne des magistratures inférieures,
Toutefois il ne fiiut pas se représenter les œrarU et les liberiifU compris dans cette classe comme une masse sans organisation ; ils étaient aussi réunis en tribus } ils Y exerçaient leurs droits et jouissaient de leurs honneurs particuliers. L'espérance d'arriver à ceux de l'ordre plébéien par leur mérite leur étaîf permise ^^5 j surtout ils se reposaient sur la certitude qu'ils appartiendraient à leurs descendans, s'ils voulaient échanger des profits plus riches, une vie plus tranquille, pour le fer plébéien de la charrue et du jgkdve^^^. Quoique dépourvus du droit d'éligibilité, ces œrarii participaient au drbit d'élection : seulement il était une grande partie de leur fortune dcHit on ne leur tenait pas compte, et par conséquent leur rang les plaçait dans des classes inférieui^s à celles où serait le plébéien à fortune égale<^ De ce qu'ils étatem exclus du service militaire, ex^
5*^4 Tite-Iite, IX, 46. Aulu-GeHc, VI, 9.
5o5 A la marge : NB. NB.
^°^ X Home comme à Athènes, le peuple aura sans demie récompensé de splencKdes libéralités. Sans les orateurs, nous ne saurions pas ce qui s'est pratiqué à Athènes dans ce genre» Pour Rome, on connaît Faffiiire de Tarratia. Aulu-Gelle, VI,.7.
cepté àms le cas d'un armement général, on ne saurait conclure qu'ils ne votaient pas' dans les centuries de l'assemblée générale de la nation. Car si, pour les hastaires par exemple, on prenait dans chaque tribu un soldat de chaque centurie, les citoyens de la même centurie, qui n'appartenaient à aucune tribu, ne participaient point au recrutement Cependant les comices par centuries devenaient de plus en plus rares, à mesure qu'on suivait la méthode plus facile de faire confirmer les sénatus* consultes par les plébéiens répartis en tribus, en sorte que l'importance de leur part de souveraineté diminuait beaucoup. De plus, les élections aux chairgés nouvellement créées, excepté la préture, se faisaient par les tribus, non par les centuries^ Il était une autre institution qui les confondait avec les citoyens d'un ordre plus élevé, peut-être avec les patricieus eux-mêmes ; c'était la division en pc^gani et en moniani^ qui avait de l'analogie avec les. dèmès de l'Âttique, et qui était conditionnée par le sol et l'habitation. Les montes difieraiént absolument des sept collines, et, chose singulière, ils comprenaient là vallée de la Subura sous cette même dénomination. Ce devait être une division de la circonférence du Pomœrium de Servius^ sans aucun rapport à l'enceinte fortifiée. 5^7
5°7 Tom. II, remarque 175.
(4tn
Il y avait neuf tribus primitives ^^ : lés tibicihéâ (musiciens), orfèvres^ charpentiers, teinturiers, corroyeurs, tanneurs, chaudronniers, potiers, et une neuvième renfermant toutes les autres professions. A en juger par ce qui se praûqua dans la suite, il n'est pas douteux que chacune n'eût, en véritable corporation , ses chefs, ses propriétés, ses dévotions particulières; la fondation remontait à un temps immémorial, raison pour laquelle on l'attribuait à Numa. Bien certainement il y avait déjà des ouvriers réunis en tribus dans les temps antérieurs : tels les banquiers, les marchands, les bateliers, l^s bouchers; la plus considérée de toutes, était celle des scribes, tous libertini^ en sorte que les honneurs plébéiens étaient inconcijiables avec leur profession^
L'écriture, qui est encore si commune en Orient, n'était pas, au temps dont il s'agit, une science bien rare à Rome, quoiqu'on ne l'appliquât qu'aux usages ordinaires, parmi lesquels ilfaut compter celui de noter quelques sèches mentions historiques. Du reste, elle n'était d'aucune utilité littéraire : dans les affaires publiques, on écrivait beaucoup et avec dé-