‹ Histoire romaine de m. B. G. NiebuhrChapitre 7 sur 14 · XX · texte numérisé non relu

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43» Ici et en beaucoup d*tfntres endroits il nomme les Jaigrges sourent les Apuliens. Ayait-il sous les jeux tantôt un auteur grec (Timée), tantôt un auteur romain (Fabius)?

k guerre d'Étrurie, et par un bonheur plus grand encore, elle y était inutile, parce que la victoire avait été complète, de telle sorte que le plan des Samnites serait devenu sans objet, alors même qu'ils auraient anéanti l'armée de Marcius. La réserve put encore la sauver ; mais il y eut à vaincre de grandes difficultés pour nommer, dans les formes constitutionnelles, L. Papîrius Gursor, qui, plus que tous ses contemporains, inspirait la confiance : on ne pouvait arriver jusqu'à C. Marcius, et l'autre consul, Q. Fabius , le vainqueur *des Étrusques , ne s'était jamais réconcilié la vec celui dont la colère avait à peine accordé son salut aux prières et à l'humilia* tion du peuple entier. Cependant s'il ne sanctionnait pas la résolution qui désignait Papirius, s'il ne proclaipait l'élu du sénat, cette résolution demeurait sans effet, et chaque instant de retard pouvait amener un malheur. Il faut bien qu'à cette époque la proposition du sénat ait encore été un préalable nécessaire; sans cela, Fabii^s aurait pu enlever cet honneur à son ennemi mortel, et le conférer à un autre. Papirius Cursor n'était pas sans doute la seule ancre de salut. Fabius était donc placé entre l'odieux devoir de préparer, à l'ennemi qu'il haïssait, de nouveaux honneurs, et la terrible responsabilité de rendre l'envoi d'une armée dans le Samnium, et la délivrance des lésons, sinon tout-à-fait impossible, au moins fort douteuse, car le secours pouvait ar<-

river trop tard. Il faut que dans le sénat il y ait eu une faction hostile à sa personne : autrement Teuton abreuvé d'amertume? Teût-on ainsi récompensé de sa victoire dans une guerre qui avait rempU Rome de terreur? L'existence de cette faction se manifeste encore dans les efforts tentés pour Tem* pécher de franchir les monts Ciminiens.

ic Le sénat envoya sa résolution à Fabius par des consulaires, afin que son estime pour eux vînt fortifier le respect qu'il devait à ses décisions, et le déterminât à sacrifier un' sentiment de haine personnelle. Quand ces députés eurent remis le décret entre ses mains, et qu'ils eurent parlé conformément à leur mission, 1& consul les quitta silencieux, les yeux baissés vers la terre, et ils demeurèrent incertains de ce qu'il allait faire. Mais dans le calme de la nuit (comme c'était l'usage), il nomma L. Papirius dictateur. Les députés le félicitant de cette belle victoire remportée sur lui-même, il garda obstinément le silence, et sans leur répondre, sans parler de ce qu'il avait fait, il les congédia d*un air fait pour annoncer qu'il comprimait dans sa grande âme une extrême douleur. 433 1>

A la tête des légions de réserve, le dictateur alla

^^ Tite-Liye, IX, 38. Il fallait omettre ceci, ou Iradain ce qu^il j a d'essentiel dans Tite^Live. — J'ai en recours ici tt la traduction que M. Verger a faite des livres IX et X ddus la collection de M. Panckoacke<

( 345 ) faire sa jonction avec l'armée menacée : on peut juger de l'étendue du danger, en le voyant, lui, dont le caractère était si bouillant, observer long^ temps les Samnites sans les forcer au combat. Tite^ Live décrit ici la magnificence de l'armée samnite : on dirait qu'il s'agit d'une circonstance particulière à cette campagne; mais après une guerre si longue, si ruineuse, et depuis tant d'années que la fortune avait abandonné les Samnites, on ne concevrait pas l'innovation : et l'on est plus disposé à y voir la continuation d'un usage établi, dont l'auteur parle ici pour la première fois. Les Samnites, dit-il, avaient deux armées équipées et habillées uniformément; les uns avaient des vétemens de pourpre434, les autres des. vétemens blancs. Les boucliers étaient de même forme, larges par en haut, ils ée rétrécissaient par en bas; les uns ciselés en or, les autres en argent : quant aux boucliers, ils étaient de brOQze^^^. Les cas-

434 VersUohres : au sujet de la loi Oppia. Tite-Live emploie aussi ce mot dans le même sens que pourpre. C'était la qualité particulière à la pourpre que de nuancer beaucoup ^ il faut la regarder comme ajant été d'un violet foncé, quand il n'jr â pas d'indication contraire. A Constantinople, et ensuite à Rome , le Gocous a ôté à la pourpre le premier rang dont elle était en possession.

435 Sans doute ceci n'est qu'une conséquence; mais qui aurait youlu décorer de métaux précieux des boucliers comme éttient ceux des Romains? Tous Us boucliers osqnes encore conseryéi dans le sud de l'Italie , sont aussi d'airain. La saule

ques d'airain portaient des panaches ; les armes dçfensiyes étaient trèsJégères : il n'y avait de bottine que pour la jambe gauche; la poitrine était garantie par un plastron tissu en forme d éponge, et qui était plus propre à amortir un coup que ne l'eût été le fer ou l'airain. On n'a point de raison de douter que telle ne fût l'armée des Samnites dans la bataille li* vrée à Papirius ; les boucliers ainsi décorés ont pu laisser de longs souvenirs, et ils passèrent aux gla* diateurs. Mais bien que le récit de Tite-Live le dise, il ne faut pas croire que l'armée entière eût d'aussi beaux boucliers. Quel est le peuple libre qui eût consenti à cette dépeâse énorme pour la parure des soldats? Ces bataillons n'auront été composés que de riches : ainsi, chez les Romains, les princes portaient des armes distinguées* Bien que la Campanie fût hostile aux Samnites , et qu'ils eussent perdu l'Apulie, ils avaient des artistes très -habiles parmi leurs sujets de Lucanie.

Dans la bataille, le dictateur en personne commandait Vaile droite ; C, Junius , le général de la cavalerie, dirigeait la gauche : là commença la victoire , que décida l'émulation des troupes du dictateur, et que compléta une charge de cavalerie cxé-

explioation admissible ^ c'est que oes ornemens incrustés représentaient divers emblèmes ; c*est aussi celle qui convient ic plus aux paroles de Tite-Live. On ne peut se figurer. aoAp" rnent les boucliers des Arg^çaspides*

( 545 ) cutée sur les deux flânes de rennemi. M. Valerîus et P. Decius436 commandaient cette cavalerie. Les Samnites se retirèrent, il est vrai, dans leur camp retranché; niais dans la nuit, il fallut Fabandonner au vainqueur.

Les armes conquises rendirent le triomphe du dictateur fort brillant, et l'éclat d^ces armes était encore relevé par la simplicité de celle des Romains. On distribua^ les boucliers ciselés en^ or aux comptoirs des banquiers autour du forum, pour les en orner sans doute dans les pompes solennelles. Ceci démontre assez qu'il n'y avait pas de ces boucliers par milliers. Les Gampaniens' s'en servirent pour parer des gladiateurs, vraisemblablement c'étaient des captifs samnites ; depuis lors l'armure et le nom sont restés. Ce que nous avons déjà dit du droit des Gampaniens sur le butin et de leur participation aux guerres de Rome, prouve qu'ils ont pris part à ces trophées obtenus au prix de tant de sang.

C'est la dernière fois qu'on nomme L. Papirius Cursor : il en était, après cinq consulats, à sa seconde dictature, et l'on peut supposer qu'il mourut peu

436 s[ Tite-Live dit vrai, en rapportant que pour récom- .pense de cette victoire M. Yalerius fut rannée suiyante créé préteur pour la quatrième fois, il s'agit de M. Yalerius Goryus^ qui eut vingt et une fonctions cundes : autrement on songe^ rait plutôt as M. Yalerius Maximus^ collègue de Decius dans son premier consulat;

(H6) après ; sans cek oï^ le reverrait encore souvent dicr tateur* lite-Iive dit que 1^ voix publique.attribua le principal mérite de la victoire à ses liçutenans, ce qui prouverait qu'il n'avait pas pour lui l'amour du peuple. Celui-ci prenait toujours parti pour Q. Far bius, alors même qu'il ne courait pas le danger de sa vie, Papirius était au contraire l'homme du sénat U eut la réputation du plus grand général de son temps, et l'histoire, en en consacrant le souvenir, a suivi sans doute l'opinion de juges compétens. La fortune cependant l'a moins favorisé que son jeune ennemi Fabius, et moins encore que d'autres de ses contemporains. U n'a point étendu le territoir/s de la république par ses conquêtes, mais ce fut lui qui releva le courage de Rome après la paix de Caudium, et nous nous ferions difficilement une idée de la grandeur du péril, qu'il sut transformer en un succès brillant 4^8 (444)* ^ P^^ m^^ ^^^ savons de lui, ndus le fait connaître comme un soldat grossier dans un temps qui n'avait rien de barbare. Il était d'une force athlétique, qu'il entre** tenait par l'abondance des alimais et du vin, et il se montrait fier de n'avoir pas de rival , même en ce point. On ne sait s'il avait hérité le nom de Cursor, ou s'il fut ainsi nommé, parce que personne ne l'égalait à la course. Cétait un plaisir pour lui que de rendre le service difficile ; il se complaisait à l'idée que ce qui était intolérable pour d'autres, lui était

( 347 ) * Êicile. Dans les punitions, il était cruel, inexorable; quand même il n'avait pas J(P projet de faire subir une peine 4^7^ il jouissait des angoisses de celui qui se croyait perdu. Ces dispositions féroces n'excluent pas les hautes qualités du véritable général; il peut en avoir eu le génie : toutefois les généraux de cette espèce peuvent aussi vaincre sans posséder ce génie. Papirius, malgré ses qualités, est loin d'être, aux yeux de la postérité, romement de sa nation , comme M. Valerius Corvus, comme Q. Fabius.

En l'année suivante 4^9 (44^) > celui-ci fit victorieusement la guerre au Samnium ; mais il n'y eut ppint de batailles assez importantes pour motiver un triomphe. Il réussit dans l'importante conquête de Nucérie, et il remporta un avantage dans le pays des Marses. Diodore et Tite-Live sont ici en opposition directe ; le premier dit que les Romains étaient venus au secours des Marses^^^, le second soutient que lès Marses et les Péligniens s'étaient déclarés pour les Samnites contre les Romains, et que les Marses avaient combattu les Romains. U parait évident que les Samnites cherchaient à se mettre en communication militaire avec TÉtrurie: tel était déjà leur but l'année précédente. Peut-être voulurent-ils forcer l'accession des Marses. Comme depuis cette

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4»7 Tile-LWc, IX, 16.

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