‹ Histoire romaine de m. B. G. NiebuhrChapitre 8 sur 14 · XX · texte numérisé non relu

XX

( 348 ) époque les peuples de ces contrées se soulèvent contre Rome, d'abor(fll|^ Berniques, puis les Èqueâ, comme on voit ensuite les Marses et les Péligniens, ainsi, que les Marrucins et les Frentanes^ conclure la paix avec elle 445 (449)» ^^ 7 ^ quelque vraisemblance intrinsèque en faveur des Annales que suivait Tite-Live.

Les Ombriens se décidèrent subitement à la guerre; ils pouvaient pénétrer jusque dans les environs de Rome. Ce pressant danger rappela Fabius, et ]a prompte soumission de ce débile ennemi lui permit de ramener ses troupes. <

Amis et ennemis attendaient de grands évènemens de. la guerre d'Étrurie; il ne fallut, pour la terminer, que trois campagnes et deux grandes batailles. La puissance de Rome et sa considération s'en étaient considérablement accrues. Les Ombriens n'offraient plus qu'une proie facile et un riche butin. Mais l'alliance des quatre peuples sabelliques du nord fortifia leSamnium épuisé; enfin, les dispositions des Herni* ques et des Èques lui inspirèrent de nouvelles espérances. Tout cela cependant venait trop tard pour donner à la guerre une issue heureuse : déjà la puissance de Rome était devenue irrésistible. A l'époque où il était encore temps, quand, pour précipiter Rome de sa grandeur , il n eût fallu qu'une ligue entre les peuples de tace sabellique, la fédération marse obéissait à la jalousie et à une sorte de repu-

(549) gnance contre le Samnium ; elle était demeurée neutre. Désormais raSaiblissement du Samnium offrait des espérances à l'orgueil des Marses. Précédemment une ancienne habitude d'obéissance avait retenu les alliés; la jouissance de conditions trèsavantageuses avait lié les Herniques à la cause de Rome , et ils s'aperçurent enfin que ces conditions ne dureraient pas. Si d'une part ils ne pouvaient se cacher que le dernier moment était venu où il serait possible.de satisfaire une vengeance excitée par des évènemens qui nous sont inconnus; de l'autre, quand l'occasion fut passée, ils ne s'avouèrent pas qu'il était trop tard, et qu'ils n'avaient plus qu'à se prosterner* L'infidélité des Herniques se manifesta l'année suivante 44^ (44^)? Q- Fabius^ proconsul, conserva le commandement de l'armée, et remporta près d^Âlifœ une victoire si complète, que les vaincus, renfermés dans leur camp, furent obligés de capituler le lendemain matin ^^9, Annibal, inexorable aux citoyens romains, était doux envers les alliés, même après que de longs ménagemens furent demeurés sans succès: les Romains voulurent ôter toute con-^

4^ On ne comprend pas pourquoi Fabius n'a triomphé ni pour cette /Campagne ni pour la précédente. Il faut que le succès dont les Annales ont gardé la mémoire ait été compensé par des revers. Quant à la seconde année, nouscén- Etalssoxis des conquêtes des Samnites^ et elles supposent assurément une yictoire préalable.

fiance aux alliés des Samnites; ils voulurent arrftter par la terreur ceux qui seraient tentés d'embrasser leur cause. Ils accordèrent donc aux Samnites de sortir de leur camp sans armes; mais leurs alliés , leurs amis44o, au nombre de sept mille^ furent vendus en esclavage, excepté les Berniques. On interrogeait ceux-ci, on leur demandait s'ils servaient de leur propre gré ou par ordre de leur cité ; puis on les confiait à la garde des peuples ^iés, et sous leur responsabilité personnelle, comme des coupables de haute trahison44i. Sans nul doute, ils fiirent exécutés, puisqu'on vendit comme esclaves ceux-là même qui n'étaient liés envers Rome par aucun devoir.

Lorsque par des raisons inconnues, Fabius eut retiré son armée, les Samnites, en dépit de cette défaite, ou peut-être par suite d'une victoire qui la compensait, reparurent avec des forces nouvelles et plus terribles que jamais. Calatîa, Sora et les gar^* nisons romaines de ces villes tombèrent en leur pouvoir. L'exaspération allait toujours croissant; les prisonniers furent cruellement maltraités : probablement ils fiirent battus de verges et décapités. Les Samnites prirent aussi Arpinum et Cesennia,

44* Et parmi cnx de» Èqacs. Ute-Liye^ IX^ 45* 44i La proposition de distribuer les complices de Gatilina dans les munidpcf ayait le même sens.

( 55i ) TÎlle sur le nom de laquelle il règne de rincerti* tude44a. Probablement ils étaient venus à Sora et à Arpînum par le pays des Marses; ces deux places étaient doublement importantes y car il fallait se mettre en communication avec les Hemiques, dont la fidé* lité envers Rome était déjà ébranlée.

Depuis bien des années, aucune armée romaine n'avait marché vers FÂpulie le long de la mer Adria-* tique. Il faut que cela ait eu lieu dans c^le-ci, puisque L. Volumnius, le collègue de Fabius , fit la guerre aux Salentins, qui apparemment avaient attaqué les alliés de Rome dans l'Apulie. Les Vestins, qui, au commencement de la guerre, s'étaient seuls joints aux Samnites, s'en étaient sans doute déjà séparés , •quand tous les autres se réunirent à eux; car on ne les trouve point nommés parmi les peuples qui conclurent la paix en 44^ (449) > ^^ àeux, ans plus tard, on les voit contracter une alliance avec Rome443. Cette neutralité des Vestins livrait aux Romains la partie la plus difScilè du chemin, quoiqu'il en restât encore une assez grande étendue à par» courir dans le pays ennemi. On dit que Volumnius fut vainqueur en plusieurs combats, qu'il prit beaucoup de villçs, et qu'il enrichit ses soldats d'un

44« La correction qui en fait Cerfennia parait inadmissible; car cette yille était fort arant dans le pajs des Marses. 443 Tite.Lîre, K, 45; X, 3.

butm considérable; mais il n'y eut pas non plus de triomphe pour cette guerre. Diodore garde un si-lence absolu sur la campagne de cette année: peutêtre ce qu'il rapporte pour la suivante doit-il être attribué à la campagne de Yolumnius en Apulie.444. Les Romains (il ditJes consuls)' seraient venus en Apulie avec de grandes forces, et y auraient pris une ville appelée Silvium, qui était défendue par une garnison samnite; enfin, 5ooo prisonniers seraient tombés en leur pouvoir.

Les recherches que faisait le sénat sur les secour» accordés par lejs Berniques à l'ennemi, détermine* rent les auteurs de cette défection à hâter l'explosion de la guerre. Dans une réunion à Ânagnia, tous les peuples berniques, excepté Alatrium, Ferentinum* et Verulae, résolurent la guerre contre Rome. L'expression de l'historien , en lui supposant la moindre exactitude j ferait croire que le peuple bernique occupait une bien plus grande étendue que nous ne le pensons ordinairement. Anagnia est désignée comme si elle était aux autres Berniques ce que Rome était d'abord aux Latins445. C'était d'ailleurs une assez grande ville pour ce pays-là.

On envoya contre les Berniques C. Màrcius; l'au-

444 XX, «o.

^^ Jam Anagninis Hemicisque aliis hélium jussum erai» Tite-Live, IX, 43» J^f Anagninis Hemicisque : Fastes tiiomphaxix.

tre coiisiil s!avança contre le Sammum. U voulut contraindre les Samnites à défendre leurs foyers » et les empêcher de porter continueUeinem la guerro au cœur du Latium. Si, en ponant ses regards suir les lieux ^ on fait attention qu'Anagnia était hostile^ que Sora et^Ârpinum étaient au pouvoir de l'enne^ mi, on ne pourra guère douter que ce consul n'ait traversé le pays des Marses; il se trouva bientôt coupé de toute communication avec Rome. On craignait si fort que cette campagne n'eût une issue malheureuse^ que l'on appela sous les drapeaux tous les hommes depuis dix-sept ans à quarante-cinq, et que quatre légions furent toujours prêtes à marcher. Mais P. Cornélius sut si bien se soutenir dans le pays d'un ennemi formidable; quoique cerné, quoique inter** cepté, il eut tant d'habileté, tant de bonheur, que lé but de son expédition fut atteint : sqn'oollègue put terminer la guerre contre les Berniques, et venir en«. suite le rejoîindre. Toutefois il se pourrait que Coih nelius n'ait échappé au soit de Varus, que parce que les Samnites craignaient d'attaquer dans ses fortes po^ sitionset dans une situation désespérée, un ennemi devant lequel ils- avaient déjà plié sur un terrain plus favorable : ils attendaient que la faim le forçât à décamper. La résistance qu'avait rencontrée C< Bifordus, était' loin d'être ce qu'on pouvait attendre, de l'ancienne réputation des Herniques. Il les battit et. les expulsa de trois fortes positions; après quoi V. a3

ils achetèrent une trêve de trente )ours, à prix d'aiv

gebt, de viirres et d'effieu d^habillemem : sans doute,

te général ronam profila de rarmistice pour accoa-

lir.vers l'autre armée, et la dégager. Il éuît déjà

près de cette armée » qpiand sa colonne de marche

fai attaquée avec impétuosité par les Samnitea, qm

avaient jusque-là bloqué Comelms : le succès étmt

incertain; tout à coup des flammes, s'éievant du

camp samnite , firent savoir aux deux armées que

P. Comelitts avait vaincu la garnison insuffisante

qu'on y avait laissée, et qu'il allait prendre en queue

Tarmée opposée à celle de son collègue. Une terreur

panique s'empara des Sanmites; la fuite fut générale*

Que l'on nous dise si l'on veut que dans cette bat-

taille (qui cependant ne valut le triomphe à auoim

des consuls) So^ooo ennemis demeurèrent sur la

place, nous ne pouvons y voir qu'un conte du genre

de ceux que faisait Vaterius d'Antium, et peut-être

même un conte de sa façon, L'assertioB est j^gée

par cela seul qu'on ajoute que les consdla ne pour*

suivirent point Fennemi, et qti^ils se comcntèrem

d'opérer leur jonction. Il y a une v^té intrinsèque

dans tout cela, c'est qu'à la nouvelle du mauvais

succès des Berniques et de leur prompt abattement,

le gouvernement du Samnium aura fidt des prépa-^

ratifs et des levées^ pour le^ envoyer au secours de

ces troupes; celles-â auront rencontré la seconde

armée consulaire, et ce renfort ne sera avivé qo'a^

près ractioti; un peu plu» tôt« U eût peùt-étfe assuré la TÎctoire à sa nation. Tite^Iive dit qu'il vint im-* médiatement après la bataille , et cela n'est pas sans exemple; mais si ce corps d'armée a pu recueillir l«s fuyards; si, au Ueu de se retirer avec eux, il a pu marcher vers le camp des vainqueurs et prendre une position sous leui's yeux, il en fiiut conclura que l'armée samnite n'avait pas été mise dans une entière déroute : quand on ne connaîtrait la guerre que par oui-dire, on saurait assez que des fuyards qui survivent à la destruction d'une armée, entrai-* nent dans leur terreur des corps de troupes beau-* coup plus considérables, mais que jamais ils ne ,se rallient , ne se rangent ni ne se portent en avant le jour même; une seule nuit amène de grands change* mens. Quoi qu'il en soit du mosnent de la seconde bataille , et malgré l'exagération du récit de la pre^ mière, il faut bien admettre en fait que cette nouveUe armée, attaquée par l'armée combinée des Romains, fbl rejetée de ses positions et dispersée 446; car en gftiéral nous en sommes réduits à accepter comme historique tout ce qu'on nous dit de cette guerre« L'espérance étant perdue du côté des Berniques, les Sfttunites demandèrent un armistice pour pouvoir négocier la pix; ils donnèrent des grains pour tnm

446 Pline, XXXIV, ii, fait atisAAniîdii de la doubk TÎctoire sur les Samnites.

(556) xnQÎs; ils équipteent toute l'armée, ^t payèrent, lat spld^ d'u|i an. Marcius, ayant triomphé des Hernit ^ue8 le i>^ de Quinctilis, aura quitté le SamniuQ^ ^ès le printemps. La soumission absolue des Anar gniens ne peut avoir eu lieu qu'après l'armistice, et après son retour. P. Cornélius resta dans le Samniuin ' jusqu'à la fin de l'année, et Marcius paraît y ^tre revenu quand les négociations furent rompues, 447. Cette rupture vepait sans doute de ce que les Samr lûtes ne pouvaient se résoudre à re^noncer. à leur dignité et à leurs droits d'État indépendant C'esl à cela que se rattache le récit de Diodore448. il dit que, pour les contraindre à la paix, le pays fut ravagé pendant cinq mois. Les armées passaient à'usK canton dans un autre, et n'en quittaient aucun ^ns avoir brûlé toutes les demeures, détruit toutes. les récoltes, coupé tous les arbres fruitiers. Ces cinq mois de ravages laissent encore assez d'espace pour. une trèVe de trois mois.

Je ferai connaître ce qui fut résplu à l'égard des Berniques, en rapportant rhistoi;*e int^^ieure de Rome.

Il n'y a pas daàs toute cette guerre d'histcûjre plus obscure que celle des (^ux deraières cs|^p^,

4^7 Les élections fwmat présidées par un dictateur : çnnr neuier coruulum potue^il^eUo rf>me. Tit^^Iive^ Ui, 44.

44aXX,8o.

(557) ghes. Quand les Romains eurent enfin abandonné ces déserts qui étaient leur ouvrage, les Samnites s« vengèrent par une incursion en Campanie, et firent souflrir aux campagnes de Stella et de Faleme449 les maux qu'avait éprouvés leur patrie; ce territoire avait été distribué à des citoyens romains. Non-seu-^ lement dans Diodore la suite du récit diffère de celui de Tite-Live, mais cet auteur lui-même convient qu'il connaît à cet égard deux versions. Selon Diodore, les Samnites furent contraints d'évacuer la Campanie par une bataille dans laquelle ils perdirent no drapeaux et aooo prisonniers ;«après quoi les Romains prirent Bovianum^So, Selon Tite-Live, la première action eut lieu dans l'intérieut du jpays des Pentriens, où les deux armées consulaires avaient pénétré, et, sans s'éloigner l'une de l'autre, avaient campé séparément : L. Postumius près de Tifernum, TL Minucius près de Bovianum. Postumius donna seul. U est des Annales qui portent à 20,000 le nombre des prisonniers, évaluant toujours les pertes dés Samnites à ce que les peut souffrir et réparer un grand État; mais il en est d'autres qui représen-^ tent la victoire comme tellement douteuse, que le consul s'estima heureux de pouvoir faire sa jonction

449 Conf, Diodore, XX, 90.

45<» Qae Bols soit indiquée par erreur de cet auteur luiméthe 9 ee n'en est pas moins une erreur.

(568) avec soncoUègae, au moyen d'une retraite prudente et d-une marche nocturne. Celui* ci avait en tète une autre armée samnite, et l'arrivée de Posiumius, ajoutent- on, décida une bataille non moins douteuse, qui s'était prolongée fort avant dans la journée. Mais alors les Saranites, complètement dé&its, auraient perdu vingt et un drapeaux. De là les armées romaines réunies auraient marché sur Tifernum, où elles auraient remporté une victoire non moins décisive, qui mit en leur pouvoir vingtsix drapeaux, l'imperatôr samnite Stat^us GeQiust et un grand nombre d'autres prisonniers. Le letar demain Bovianum fut prise d'assaut sur-le-^cbamp, Diodore, au contraire, parle d'une seconde bataille après la prise de Bovianum; c'est alors seulement que Gellius aurait paru devant cette ville avec six mille hommes, qui périrent pour la plupart, tandis qu'on le faisait prisonnier. Il y a lieu d'adopter ces nombres plus modérés; mais les Fastes triom«phaux confirment d'un autre coté la version que Tite-Live rapporte comme peu diSerente de la sienne. Cette version disait que Minucius avait été mortellement blessé dans lacûon; or, les Fastes triomphaux attribuent un triomphe à L. Fuivius, consul subrogé à sa place. Cette indication donoe aussi plus de durée à ces évènemens. Un point sur lequel les deux historiens sont d'accord, c'est qu'à la fin de la campagne Sora, Arpinum, ci celte Ce*

fiaunia dont le nom est incertain ^fiinent n^ri^e» par les Ramains.

Si la yanibé des familles a mêlé aux images d^ aieux des triomphes imaginaires, les Fastes triom* phaux eax'^mèmes^ quelque soin qui ait présidé k leur rédaction, ne pourront nous donner la certi*- Inde qu'en 44^ (449) ^' Sulpicius ait ga^é des imtaiUes dans le Samnium. D'après Tite-Live, oette année se passa sans auamiait d'armes; on négocia^ tandis que l'armée romaine était cantonnée et nour^ rie dans le Samnium.

Q dit que l'on rétablit l'ancienne alliance a^ec les Sonmites^^' ; mais pour démoS^rer l'erreur de cette assertion, nous avons ndb-seulement des preuves intrinsèques, nous avons encore un témoigpiag^ foraieL Penys, qui, dans ses expressions, est un modèle de précision, dit que par ce traité les Smx^ lûtes reconnurent la suprématie de Borne 4^^. Or, celle-ci eut conclu k paix à celte conditi(»i d^s Tannée 4^7 (43^)? et de fait c'était la seule dîâi-' collé qui rompît toujours les négodiations; car les Romains ne voulaient pas rei^oncer k cette préteop tion, et les Samniles aimaient mieux toui risquer^ tout soulSfrir , que de s'y soumettre. La conséqueDce

^* FtBdus antiquum reddiium, IX, 4^*

^* 0T# Tovç fhmnoouç éfxoKoyi^ttvrttç é^ffBâttjij «rî rôtira r^ Aae«i«> itctreiXv^atfMVovç rof WAf/Ltof , Soforrti TtftAtAu» «^î* Tojç W9tfu?<nf9^i rnv aêp;^^. Exe Ugai., pag. aJSi , *.

(569) de €|Btte paix fut la renoaoiation, de ia part des Samnites, à toute souveraineté sur la Lucanie, et U Ifur fallut rompre leur alliance avec les Marses, les Péligniens, les Marrucins et les Frentanes. Us furat donc réduits à leur propre territoire, dont les limites étaient déjà fort restreintes par les conquêtes des Romains. Toutes les villes volsques désormais furent soumises aux Romains, comme Noie et Nucérie» On ne sait si dès-lors les Samnites perdirent Salemum et Buxentum453^ ^t par conséquent leur communication avec la mer inférieure; dans tous les cas, iU étaient déjà éloignés de la mer supérieure par leur séparation d'avec Iff^ Fi^ntanes. Il importait aux Romains de s'ouvrir un^oute vers la Lucanie, non moins que d'enfermer eUtièrement les Sanmites dans leur pays. A l'intérieur aussi, les Apuliens et les Lu^ cains séparaient le Samnium de Tarente.

Le droit qu'eut désormais Rome d'intervenir dans toutes les relations extérieures du Samnium, parut encore plus dur que ces pertes : aussi ce traité n'était-il vraiment qu'une suspension d'armes; con« sidéré comme une paix, il eût été intolérable* Chaque année, et tant qu'il dura, les Romains /con« soldèrent leur prépondérance; il devenait de plus

^^ Ces deuK yillçs et leur territoire furent donnes à Gapone. Yoj. ci-dessus, remarq. aoS. Surrentum a sans dout^ été rangée sous sa domination dans la mèatç guerre. ,

( 56i ) en plus difficile de secouer le joug. D'ailleurs le Samnium était tellement épuisé ^ qu'il ne pouvait être question de ressaisir ses possessions ; il fallait se refaire, se renforcer et attendre des circonstances plus heureuses. Quant aux Romsdns , ils se réjouirent de la paixj car ils avaient aussi besoin de se reposer de leurs efforts, et ce repos était nécessaire pour remédier à des maux intérieurs.

Diodore dit que la guerre dura vingt-deux anS et six mois, ce qui n'est pas exact; car elle ne commença réellement qu'en Tannée 4^4 (4^9)- U paraît évident qu'il comptait à partir de la guerre contrç Palœpolis, et même du commencement de l'annéç consulaire dans laquelle elle éclata, jusqu'à la fin de Tannée où fut conclue la paix. Or les consuls de 4^8 (433) prirent possession de leur dignité le premier du mois de Quinctilis, tandis que dans les derniers temps de la guerre cette prise de possession n'avait lieu qu'à la fin de Tannée civile : c'est ainsi que les Fastes 443 (449) fixèrent le triomphe du consul encore en charge au IV Kal. Nov., et un aiitre aux ides de Novembre 449 (4S5)*^^^

454 Vcyez tom. IV, pag. 33 7.

(5fo)

Rapports ai^ec les peuples limitrophes du Samnium après la paix.

Le sort des Berniques venait d'être décidé comme l'avait été trente ans auparavant celui des Laiins. Les trois villes qui nWaient point fait défection , gardèrent leurs lois, la réciprocité du connubium^ et probablement aussi du commercium. Je doute cependant qu'elles aient conservé le droit de tenir des. assemblées générales. Anagnia et les autres villes des Berniques devinrent des municipes sans suffrages : des préfets, nommés annuellement par le préteur, les administraient et y rendaient la justice^^^j car leurs majgistrats ne furent conservés que pour la forme et afin de ne pas troubler le culte religieux j ils se bornèrent désormais à accomplir Jes cérémonies sacerdotales de leur place ^^^* On leur enleva le droit de connubium envers les autres Berniques, et - on les priva du commercium par les mêmes raisons qui l'avaient fait retirer aux Latins. D'après Diodore,

Frusino perdit dès 44^ (44?) ^^ *^®^^ ^^ ^^^ ^^^' ritoire, et d'après Tite-Live, on ne le lui ôta qu'en 444 (4^^)' pour la punir d'avoir voulu insurger la nation. Le premier de ces historiens dit que ces terres furent vendues. Rome était désormais affranchie des obligatiçns que lui imposaient les traités :

455 Festus, s. V. Prœfectura.

456Tile-LiTe,IX,43.

dané ces derniers ti^nps, saas doute, il ne pouvak plus être question d'un tiers de tous les avantages conquis à ta guerre, mais seulement d'une part dans le partage des terres; on j avait probablement ajouté une solde prise sur le trésor pour le contingent d^ Berniques 4^7. On regarda ce résultat comme dim* portant, qu'une statue équestre fut érigée à CL Mar<» cius devant le temple de Castor. 4$^

Dans la dernière année de la guerre, lorsque le$ Samnites étaient déjà liés par la trêve, les Èques fu* rent menacés de punition pour avoir fourni un grand nombre d'hommes au recrutement des Samnites, ec parce qu'après la dissolution de la fédération hemi<» que , presque toute la nation avait pris les armes pour

les Samnites. il paraît que, non content d'exiger l'ex*

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