‹ Histoire romaine de m. B. G. NiebuhrChapitre 9 sur 14 · I. , ■■ ■ . I I . I ■ . ■ .. I IP ■ I I ■■ I · texte numérisé non relu

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4^7 Voyez ci-dessus, pag/ ii4, remarque i58.

458 Tile-Live, IX, 43; Pline, XXXIV, ii. Je ne crois pas qu'il failk enlendre les Pelîgni par riaA/v/o/, ainsi qu'on l'a fait au mojren d'une correction. Selon Diodore, XX ^ 90, ces n^?^mo$ furent vaincus par les Romains en 44^ (44^) } ^^ prit leur territoire, et quelques-uns recurent le droit de bour-« geoisie. Je pense que ce nom est une faute de copiste et qu^l était primitivement Avd'yvtoi , ce qui a pu arriver facilement dans un manuscrit en majuscules. Qu'il ait appelé les Anagnietis ÂvoLyrrrctt au c, tto, ce n'est pas une difficulté de la gravite qu'elle aurait de la part d'un auffc auteur. Ainsi que le remarque Wessding sur le liv. XX, loi, Diodore est très > inconstant dans son orthographe des noms de peuples. Les Èques, par exemple, sont appelas par lut tantôt A?xo/, tantôt ArxPid/, tantôt enfin Ahavo).

IradKtioii des auteurs de cette réirolte, le sénat décréta i hii seul que le peuple èque eût à accepter le droit de bourgeoisie romaine 459. Si c'était le droit de bourgeoisie sans suffrage» tel qu'on l'avait constitué pour les Auagniens , cette innovation devenait une pénible oppression, qui n'était compensée par aucuÀ avantage décisif. A supposer qu'il fut question du droit entier, la portion de souveraineté qu'où pouvait y gagner était bien petite. Il n'y atait pour les campagnards nul espoir de prendre jamais part aux honneurs, c'est à peine si cette illusion pouvait se présenter comme un songe, et cependant les impots et le service mifitaire étaient bien durs, et l'a^ Béantissement des usages nationaux, des magistratures locales et de la noblesse, paraissait bien amer. Il ne faut donc pas s'étonner si le peuple èque préféra la guerre; car ces mêmes causes, deux siècles plus tard, firent prendre les armes à tous les alliés, qui soutinrent à ce sujet la lutte la plus sanglante. D'ailleurs les Èques espéraient que cette fois encore les négociations avec les Samnites seraient rompues. Mais le temps n'était plus où leur nom paraissait redoutable à Rome. Ils concentrèrent leurs forces dans un camp : deux armées consulaires les mena-

4^9 Je. pense que cela résulte clairement des. paroles de Tite-Live, liyi IX, c. 4^ ' ientaiionem esse ut incusso terron belU Romanos sefieri patereniur, etc. Nous démontrerons plu^ tard qu'en effet les Eques devinrent citoyens.

çë-ept de leur supériorité; apris une baïaUle^ lA Èques désespérés se dispersèrent Chaque condngeni^ regagna sa ville pour la défendre : il y en avai( qua^ i:ante et une. LevLr pays s'étendait des environs da mont Velino (Âlbe même était èque^^^), peut-être même des environs de Rieti jusque vers Preneste^ Tibur et les Hemiques. La plupart de ces quarante et un^ villes avaient des murs cyclopéens, comme l'atn testent encore les etnplacemens qu'elles occupaient^ mais dont les noms ne nous sont pas parvenus; ellea furent prises les unes après les autres en cinquante jours, et presque toutes furent brûlées et détruites.46^ Ce fut à cette époque, sans doute, que les villes qui,, selon Varron, étaient habitées par les anciens Abo-i rigènes, disparurent du soU^^. Si l'on peut ajouter foi au triomphe de Sulpicius, la soumission de9 Èques fut accomplie plus d'un mois avant son re-. tour du Samnium^^^ Selon Tite-Iive, leur sort

^ 460 Tite-LÎTe, X, 1. Conf, IV, 67, où Ton fait mention d'an casietlum au bord du lac Fucin. Dans la continuelle confusion qui régne parmi ces peuples 9 il importe peu qu'il soit appelé irolsqne.

46> L'exacte conformité de Diodore pour cette indication donne du poids à ses, divergences ^ car on Toit qu'en effet i|^ copie ûdèlement ses récits dans les Annales^ bien ^u'il ne. soit pas toujours exempt d'erreur.

46a Dcnjrs, I, i4.

463 Sempronius triompha VU Kal.Oti.; Sulpicius, KaL

détermina les Marses, les Marruetiis^ les Pélîgnîeii» et les Frentanes, à condnre un traité avec Romey et si l'on pouvait regarder Fexpression de Diodore eomme réfléchie^^^y ce fut de la part de Rome on traité de protection; il serait difficile d'admettre qu'il y eut égalité.

Le plus ancien de tous les documens romains appartient sans dôme à cette époque de la seconde guerre samnite, oii la fidélité des sujets de Rome lut mise à une épreuve à laquelle elle ne résista pas toujours. C'est un sénatus- consulte rédigé sur la proposition du préteur L Ck>melius. Ce L. Cornélius^ fils de Cneus, est assurément le même que K Cornélius Barbatus, engendré par GnœçoSj et dont le cercueil est l'un des plus vénérables monumens de l'ancienne Rome. L'inscription dit for^ melleihent qu'il fut préteur 465. X^ sénatus-consulie donne l'assurance aux Tiburtins que leur justifie»'^ tion en réponse aux accusations d'infidélité portées contre eux est acceptée comme bonne et valable,'

^ i Sifjtôç P. ^fèç — (aJrtJç) *— (jVfjLfjiet;)^i<tv i'jrosiffitrù. Diodore, XX^ loi.

^ Aa éeitièttie siéclô, lorsqu'on ne cônnaûsait pas encore ee tombeau , qui ne fnt trouvé que deux cents ans plus fard^ Ott s'appujait du nom des sénafears cttés comme témoins de la rédaction^ pour assignera ce sénatos- consulte une époque beaucoup plus ancienne; on voulait qn'il eût suhri presqfie immédiatement la prise de Borne par les Gaulois ; mais alors il n'j avait pas encore de préteur.

( 567 ) et (Jae le séttat n'a jamais ajouté foi a ce» açcusations^ (c parce que nous savions , y est-il dit, que nous n'avions point mérité cette défection , parce qu'elle n'eût pas été digne de vous, et que d'ailleurs die n'eût pas été utile à votre cité. Le sénat a entendu vos discours, et nous croyons plus fermement encore qu'auparavant que vous n'avez point péché. Et comme vous vous êtes justifiés de ce reproche devant le sénat, nous pensons et vous devez croiref que vous serez aussi sans faute aux yeux du peuple romain. 466.»

^ Coinine la collection de Grater n'est pas entre les main» de tout le monde ^ )e transcris ici le sënatiis-* consulte tout entier, tel qifil le donne page 449^ «u supprimant toutefois Its abréviations et sans garantir toutes les leçons. Je croirais par exemple que pour L. Postumius il devrait y avoir L. et non S. F. etc. i. Cornélius Cn. F* Prœior Senatwn consuluit à, d, III, Nonas Maias sub œde Kasiorus : scrihendo adfueruni A. ManUus A. F. Sex. Julius, l. Postumius S. F. Quai TrfhirUs verha fectrunt , tfuihusque de rébus vos purgadstis , ta saiatus ardmum adçortit ita uiei œquom fuit : nosque ea ita ondiçeramus ut vos deixsistis vobeis fia^iata esse : ea nos ontmum nùsirum non inJoucebamus ita fada esse propter ea quo3 scihamus ea vos meriio nostro facere non potuisse : neque vos àignos esse, quei eafacereiis, neque H volets, neque reipopVcaf iostrœ oitiU esse facere : et postquam vostra verba senaius au^ diçit, tanto magis animum nostrum indôucimus, ita utei ante ^rbiirabamur de eids rébus af vobeis peccatum non esse, Quon^ ^ue de eieis rébus Senatuei purgatei estis , credimus vosque animum vostrum indàucere oportet , item vos populo Ramano pur* gatosfore, La table d'airain qui contient ce sénatus-eonsulte

Les Tîburtins ne peuvent avoir élé accusée; d'autre &ute envers le peuple romain, que d'une intelligence ipivec ses ennemis. Cela se rapporte peut-être à 4^6^ (45 1) ou 454 (459)- Toutefois, comme les Èques^ étaient limitrophes du territoire de Tibur, il y a

fat découTerte "dans le seizième siècle à Tivoli près de la eathedirale ^ à l'endroit où était le temple d'Hercule et sa bi-^ bliothéijiie. Vers le milieu du dix-«huitième siècle encore 9 Ficoroui la. yit dans la bibliothèque Barberini^ qui était riche ea^ antiquités. Mainteiïant elle n'j est plus, c'est ce qu'on m'a assuré en réponse à toutes mes investigations. Je présume que les pillages qui firent perdre tant d'objets d'art et d'antiquité à la maison Barberini> peu aprèf le temps où vivait Fiooroniy auront atteint aussi ce monum^t, dont on cou* laissait alors tout le prix. Garatoni, qui fut secrétaire de cette mfiison. princière pendant presque tout le temps que dura le, règne de Pie YI, ne cite pas ce sénatus -consulte,, ce que cependant il eût été amené à faire s'il se fût trouvé sous se$ jeux.. Malheureusement ce précieux reste de l'antiquité a totalement disparu. Je l'ai vainement cherché dans toutes Its collections d'Italie qui peuvent s'être enrichies de celle de Barberini| et je n'ai rencontré personne qui sût même par ouï-dire ce qu'il est devenu. Le séna tus-consul te sur les honneurs décernés à Germanicus a disparu de même : heureusement que M. Fea en a pris une empreinte en plâtre. Gruter répète, d'après Fulvius Ursinus, que l'écriture du sénatusçousulte relatif aux Tiburtins, était de la plus haute antiquité.. Aujourd'hui on pourrait en parler avec beaucoup plus de oer* titude qu'on ne le faisait alors. Une copie plus récente peut,, comme celle de l'inscription de Duilius, avoir autant d'au^ thenticité qu'un original — Puissent d'autres savans se mettre a la recherche, de cette table d'airain l

une plus forte vraisemblance en faveur de là suppo» sitîon qu'on accusa les Tiburtins avant, la (^rre des Èques et après^ la soumission des Berniques. Le cQUiSulat de L. Scipiôn en 44^ (4^4) ^^^ ^^ argument de plus.

La dignité, les égards, la fidélité envers une ville fidèle, sont les principaux caractères de ce document. Ce mérite est, je. crois, de nature aTéconci* lier avec les Romains de cette époque le lecteur impartial; il peut les absoudre de plus d'un reproche. J'en excepte tQujours la rupture de la paix de Caudium, que rien n'excuse : sans cette déloyauté^ il nerfaudrait jamais oublier que, dans cette lutte pour la souveraineté, il y allait de l'existence même de Rome. La Providence avait destiné \e^ Romains à /donner à l'Italie une nouvelle face : les Samnites seuls résistaient, parce qu'eux aussi en eussent été çapj8di>les. Et si les Romains ont pesé. durement sur les peuples qui les arrêtaient dans l'accomplissement de leurs destinées, ou les mettaient en danger, ils ne faisaient, en cela, qu'obéir à la nécessité. . Dans la guerre contre les Èques on gagna d'au' tant plus de terrains communaux, que leurs nom^» breuses villes avaient été prises de vive forôe. Aussi « ' quand on résolut d'envoyer à Albe, sur les bords du lac Pucin , une colonie pour tenir en respect les Èques et les Marses, 11 se trouva un territoire assez vaste pour l'assigner à six mille colons, 444 (4^^)* T* ^4

Albe était une ville oyclopéenne, et on la regoitlait comme l'une des places les plus fortes de Tltatie. Dan^s la même année , on établit à ,Sora une nouyelle colonie de quatre mille hommes; trois467 on quatre 4^^ ans plus tard, Carseoli, dans le pays des Èques, fut fondée avec quatre mille citoyens pour colons. Cette forteresse était, ainsi qu'Albe, située sur le chemin qui fut, depuis, la voie Yalérienne; comme la plupart des voies . romaines , elle était grande route avant d'être construite avec art; elle conduisait de Tibur, à travers Ja vallée de TÂnio, vers Carseoli, puis à Albe, etde là, à travers le pays des Marses, à l'embouchure du Tronto^ Ces établisdémens rendaient la domination romaine inébranlable, et le désespoir que les Èques en conçurent les poussa deux fois à une révolte qui fut bientàt répri-^ mée, 44^ ^^ 44^ (4^^^ ^^ 4^^)* J^^^ la première année, un même intérêt avait attaché les Marses à leur cause 4^9 : cette fois, les nouveaux citoyens d'Albe se suffirent à eux-mêmes pour ^repousser cette violente attaque. Les Marses n'étaient ,pas plos capables que les Èques de résister aux armées ro«

46? Velléjo», I, i4.

W Tite-Livo, X, i3.

^ Carseoli. a'était pas encore fondée : probablement on en arait déjà décrété rétablissement. Dans tous les cas cette yille n'était pas dans le pajs des Marses (Tîte-Iiye^ X^ 3); mais au cœur du pays des Èqnes.

• (571) maines* Us furent battus, et trois villes, Mklionia^ Hestina etFresilia, furent prises; puis une nouvelle alliance leur fut accordée sur leurs prières , et bien certainement ils reconnurent la suprématie de Rome, puisque, par forme de punition, ils furent obligés de céder une partie de leur territoire. L'accession des Marses était tellement le résultat immë« diat d'une communauté d'intérêt avec les Èques, que leurs alliés ne paraissent avoir pris aucune part à la guerre, et qu'en la même année les Vestins sol^ licitèrent et obtinrent Ji'alliahcé de Rome« Deux ans après, les Piceniins firent de même.47û

Ces défaites réitérées ne pouvaient manquer d'à* baisser beaucoup la nation^ des Èques; mais quand on nous dit qu'elle fut presque détruite, il ne faut pas prendre l'expression aussi rigoureusement que s'il s'agissait, par exemple, de la destruction soufferte par les Épirotes47i. Les Èques étaient un peuple nombreux; le peu de durée des dernières séditions ne permettait pas une grande effusion de sang* U faut qu'il soit resté debout une grande population, et qu'elle se soit accrue autant que le comportaient les limites du territoire. Cicéron dit que les Èques obtinrent le droit de bourgeoisie 47» : lui-même était

470 Tile-Live, X, 3, 10.

47' Nomen jEguorum propé ad intemecionem deleium. Tite* Liye, IX, 4^*

^i* Gtcéron^ deùjf,, I, u (35)»

(570 • Volsqae; il paraît avoir eu qudque connaissance de l'histoire de son peuple et de celle des Èqués, liés à' ce peuple de rapports de parenté; il parait avoir su des détails sur des grands hommes qui leur appartenaient 473. Il est impossible qu'il se trompe dans cette. assertion. Si, dans le recensement des peuples italiques au temps de la grande guerre cisr alpine, on ne cite pas plus les Èques que les Volsques, c'est précisément parce qu'ils étaient citoyens romains. Us le devinrent complètement après cette guerre : peut-être après la. fondation des deux colonies, qui ne permettaient plus qu'à des insensés la tentative de secouer le joug , ce droit de bourgeoisie fUt-il élevé à celui des Quintes^ et par conséquent dès. 443 (449)- E^ effet f en 44?» P- Sempronius et P. Sulpicius , les mêmes qui avaient soumis cette nation en 44^ (449) > formèrent les deux nouvelle;» tribus Terentina et Aniensis, qui ne renfermaient sans doute pas d'autres citoyens que les Èques. La première n'était pas éloignée des Arpinates et des Atinates474, et la situation de la région où était la seconde, est assez marquée par son nom : c'était vers l'Anio supérieur; car vers la partie inférieure de cette rivière tout était latin ou divisé en régions depuis long-temps. Il résulté, de ce qu'on leur donna

^73i?^r^^W.,ni, 4(7).

^74 Cela résulte de ce que dit Gicéron, pnfj^landà; 16 (39).

( 375 ) deux tribus, qu'ils étaient encore' fort nombreux; car les Samnites, dans la suite , n'en eurent pas davantage.

En 444 (4^0 ), on conféra le droit de pîté sans suffrage aux Arpinates et aux Trébulans, qui habi-^ taient la frontière samnite, entre Casilinum et Cau* dium.475

Les Lucains avaient à peine recouvré leur indé* pendance, qu'ils reprirent le cours de leurs hostilités contre Tarente, qui n'avait point encore fait la paix avec les Romains. Ceux-ci, de leur position en Apulie ^ menaçaient sinon les murailles de cette ville, du moins son territoire ^7^. Privés de l'assistance des Samnites^ les Tarentins en revinrent à leur ancien système y celui ^e prendre à leur solde un prince étranger avec soû armée 477. Quoique tout fût changé en Grèce, ils tournaient toujours leurs regards vers Sparte ^ leur métropole (45o). Depuis que la courageuse entre* prise d'Agis avait eu une si malheureuse issue^ Sparte

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